PHOEBUS, M""^ COQUELET
H""^ COQUELET , qui est entrée myslérieuscmciit vers la fin du monologue et se trouve tout prés de Fhœbus. Me voici.
PHOEBl'S.
Ahl..
M'"'^ COQUELET
Chut !
PHOEBL'S.
Dieu! que vous m'avez fait mal!..
M™*^ COQLELET.
Attendez!.. 'Elle va fermer la porte au verrou. ' Fermons la porte !..
PHOEBUS
Elle est forte pour fermer les portes , celle-là ! Elle est fermée en dedans!., elle va la fermer en dehors : du diable , si elle s'ouvre toute seule !..
M°"* COQUELET
Monsieur!., vous ne m'avez pas reconnue tout a l'heure?
PHOEBUS
Si fait I je vous ai parfaitement reconnue !..
M™'' COQUELET
Vous ne m'avez pas trahie du moins... c'est d'un honnête homme !..
PHOECCS.
Très homiète !.. nous avons dit vingt-cinq louis , vieux style !..
«'"''COQUELET
Vous les aurez!., mais quoi qu'il arrive, vous persisterez à vous taire...
PHOEBUS
Ah ! mais écoutez donc ! il y a des circonstances., si on me flanque en prison!..
M""^ COQUELET
<;'est égal!
PHOEBUS
Connnent! c'est égal!..
M""" COQUELET
On n'a pas le droit ! . .
PHOEBUS
On le |)reiidra le droit... et (juanil j'\ serai , j > seiai ! . .
M""^ COQUELET
Mais mes \ingt-cinq louis...
PHOEBUS
Vos \ingl-(inq louis... je ne (li> pas, mais...
Mais, monsieur, je mets mon honneur entre vos mains!...
PHOEBUS
Votre honneur ! \ otre honneur ? fA part. ) Il est gentil son honneur!..
M""' COQUELET
Ah! monsieur!., vous vojez devant vous une pauvre femme qui a versé bien des larmes!., vous ne voulez pas me tuer!..
PHOEBUS
Ah! Seigneur, mon Dieu! je n'ai jamais tué personne !
M'"'' COQUELET
Vous me tueriez si vous me nommiez!.. Et ma pauvre fille !..
PHOEBUS
La fille de votre mari...
M""^^ COQUELET
Eli ! non !..
PHOEBUS
O ciel!..
>1™>' COQUELET
Grand Dieu!., jeu ai trop dit... Eh bien! oui, monsieur... oui... puisque j'ai commencé à rougir devant vous...
PHOEBUS
Bah ! vous avez rougi... v part.) Je ne m'en suis pas aperçu...
M'"e COQUELET.
Eh bien ! oui, je suis sa mère !..
PHOEBUS
Pas possible !.. oh !
.«■"6 COQUELET, après s'èUc recueillie un ic?lanl.
J'étais jeune et jolie !
PHOEBUS
En quelle année ?
M""^ COQUELET
C'était en 1813.
PHOEBUS
Que ça !
M"'« COQUELET
Trop jolie, hélas! puisque j'attirais sur moi tous les regards d'une jeunesse audacieuse et inconsidérée... C'était sous l'empire... j'avais un cousin dans les vélites... nousnousaimions... il allait repartir après un congé de trois mois, pendant lesquels ii m'avait fait une cour assidue... mais honnête !.. que voulez-vous, il allait me quitter... je pleurais, il paraissait si malheureux... c'était le dernier jour...
()li ! oui, j'entends... au bout du fossé...
.M"'e COQUELET.
I! devait être tnon époux à son retour.. -ViR nusiveau de .M. Masset.
«^>uand 011 est jeune, agréable et seusit)le, (ht'ou a du cœur, de l'abandon, dt;s nerfs ,
l'eul-on diMuander l'impossible...
l.ap.Ti\re femme est sujette aux revers.
l'IlOECS.
Poui sa veriu ipicllc épitaphe!
PHOEBLS.
H'^f COQllil.ET.
je me conlie à vous.
KiiCn je lis
Une fiiulc. .
l'IlOEBI s.
Oui ... ce que clicz vous On appelle un" faute d'orthographe.
M"« COQUELET
H partit. .. et moi je restai avec... avec son image !.. quelques mois après, on nous annonça sa mort en Espagne sous les yeux de l'empereur...
PHOEBl'S.
L'empereur!., ah oui !
M""» COQUELET
Ce fut alors que M. Coquelet demanda ma main... j'étais sans fortune... il était riche... on ne lui parla pas de ma fille...
PnOEBUS.
Votre... ah!., ah! diable! l'image du vélite ! anonyme !..
M"'e COQUELET.
M. Coquelet aurait tout rompu.
PH(ffiBUS , à pari.
Je crois bien ! pauvre cher homme!.. On croit épouser une demoiselle... demoiselle... et il se trouve qu'on épouse... (prenant une prise.l la mère et l'eiiPant se portent bien.
«"•e COQUELET.
Mais jugez, monsieur, jugez de mon maliieur!.. à peine eiis-je épousé mon époux... qu'il revient...
PHOEBUS
Monsieur votre époux !
M™« COQUELET
L'autre, le vélite!..
PHOEBUS
Il était mort!..
Il n'était que prisonnier!., il se chargea de son enfant dont la naissance était restée un mystère, et lorsqu'il mourut de...
PUOEBUS.
De son amour ?
M"* COQVEhtf.
Oui, et d'une maladie mortelle.
PHOEBUS
Il ne pouvait pas en réchapper.
SI""^ COQUELET
Il nomma M. Coquelet tuteur de safilic.de notre fille... et aujourd'hui, comprenez-vous cet infernal M. Coquelet qui veut marier Pauline... a notre fils!..
PHOEBUS
Ah ! oui! je saisis.
M"^ COQUELET
Concevez-vous! le frère, la sœur!., cela ne vous fait-il pas dresser les cheveux sur la tête?
PHOEBUS
IS'on 1... je n'en ai pas!., c'est tout gazon...
M"'e COQUELET.
Rien, hélas! ne peut arrêter M. Coquelet !.. il est pressé d'en finir!., parce qu'il a écorné la fortune
de Pauline... et qu'il craint d'èlre obligé d en rendre conque !.. au lieu qu'avec son fils!..
Ah! .seigneur Dieu!., j'y suis!..
M'"e COQUELET.
Silence !..
PHOEBUS
Hem! qu'est-ce que c'est?
M™" COQUELET , à dcmi-voix.
Pauline!., ma fille!., ah! monsieur!., silence î fl^auline entre par la même porte que M"" Coquelet.)