‹ Pièces de théâtreChapitre 383 sur 1069 · PHOEBUS, M""^ COQUELET · texte numérisé non relu

PHOEBUS, M""^ COQUELET

H""^ COQUELET , qui est entrée myslérieuscmciit vers la fin du monologue et se trouve tout prés de Fhœbus. Me voici.

PHOEBl'S.

Ahl..

M'"'^ COQUELET

Chut !

PHOEBL'S.

Dieu! que vous m'avez fait mal!..

M™*^ COQLELET.

Attendez!.. 'Elle va fermer la porte au verrou. ' Fermons la porte !..

PHOEBUS

Elle est forte pour fermer les portes , celle-là ! Elle est fermée en dedans!., elle va la fermer en dehors : du diable , si elle s'ouvre toute seule !..

M°"* COQUELET

Monsieur!., vous ne m'avez pas reconnue tout a l'heure?

PHOEBUS

Si fait I je vous ai parfaitement reconnue !..

M™'' COQUELET

Vous ne m'avez pas trahie du moins... c'est d'un honnête homme !..

PHOECCS.

Très homiète !.. nous avons dit vingt-cinq louis , vieux style !..

«'"''COQUELET

Vous les aurez!., mais quoi qu'il arrive, vous persisterez à vous taire...

PHOEBUS

Ah ! mais écoutez donc ! il y a des circonstances., si on me flanque en prison!..

M""^ COQUELET

<;'est égal!

PHOEBUS

Connnent! c'est égal!..

M""" COQUELET

On n'a pas le droit ! . .

PHOEBUS

On le |)reiidra le droit... et (juanil j'\ serai , j > seiai ! . .

M""^ COQUELET

Mais mes \ingt-cinq louis...

PHOEBUS

Vos \ingl-(inq louis... je ne (li> pas, mais...

Mais, monsieur, je mets mon honneur entre vos mains!...

PHOEBUS

Votre honneur ! \ otre honneur ? fA part. ) Il est gentil son honneur!..

M""' COQUELET

Ah! monsieur!., vous vojez devant vous une pauvre femme qui a versé bien des larmes!., vous ne voulez pas me tuer!..

PHOEBUS

Ah! Seigneur, mon Dieu! je n'ai jamais tué personne !

M'"'' COQUELET

Vous me tueriez si vous me nommiez!.. Et ma pauvre fille !..

PHOEBUS

La fille de votre mari...

M""^^ COQUELET

Eli ! non !..

PHOEBUS

O ciel!..

>1™>' COQUELET

Grand Dieu!., jeu ai trop dit... Eh bien! oui, monsieur... oui... puisque j'ai commencé à rougir devant vous...

PHOEBUS

Bah ! vous avez rougi... v part.) Je ne m'en suis pas aperçu...

M'"e COQUELET.

Eh bien ! oui, je suis sa mère !..

PHOEBUS

Pas possible !.. oh !

.«■"6 COQUELET, après s'èUc recueillie un ic?lanl.

J'étais jeune et jolie !

PHOEBUS

En quelle année ?

M""^ COQUELET

C'était en 1813.

PHOEBUS

Que ça !

M"'« COQUELET

Trop jolie, hélas! puisque j'attirais sur moi tous les regards d'une jeunesse audacieuse et inconsidérée... C'était sous l'empire... j'avais un cousin dans les vélites... nousnousaimions... il allait repartir après un congé de trois mois, pendant lesquels ii m'avait fait une cour assidue... mais honnête !.. que voulez-vous, il allait me quitter... je pleurais, il paraissait si malheureux... c'était le dernier jour...

()li ! oui, j'entends... au bout du fossé...

.M"'e COQUELET.

I! devait être tnon époux à son retour.. -ViR nusiveau de .M. Masset.

«^>uand 011 est jeune, agréable et seusit)le, (ht'ou a du cœur, de l'abandon, dt;s nerfs ,

l'eul-on diMuander l'impossible...

l.ap.Ti\re femme est sujette aux revers.

l'IlOECS.

Poui sa veriu ipicllc épitaphe!

PHOEBLS.

H'^f COQllil.ET.

je me conlie à vous.

KiiCn je lis

Une fiiulc. .

l'IlOEBI s.

Oui ... ce que clicz vous On appelle un" faute d'orthographe.

M"« COQUELET

H partit. .. et moi je restai avec... avec son image !.. quelques mois après, on nous annonça sa mort en Espagne sous les yeux de l'empereur...

PHOEBl'S.

L'empereur!., ah oui !

M""» COQUELET

Ce fut alors que M. Coquelet demanda ma main... j'étais sans fortune... il était riche... on ne lui parla pas de ma fille...

PnOEBUS.

Votre... ah!., ah! diable! l'image du vélite ! anonyme !..

M"'e COQUELET.

M. Coquelet aurait tout rompu.

PH(ffiBUS , à pari.

Je crois bien ! pauvre cher homme!.. On croit épouser une demoiselle... demoiselle... et il se trouve qu'on épouse... (prenant une prise.l la mère et l'eiiPant se portent bien.

«"•e COQUELET.

Mais jugez, monsieur, jugez de mon maliieur!.. à peine eiis-je épousé mon époux... qu'il revient...

PHOEBUS

Monsieur votre époux !

M™« COQUELET

L'autre, le vélite!..

PHOEBUS

Il était mort!..

Il n'était que prisonnier!., il se chargea de son enfant dont la naissance était restée un mystère, et lorsqu'il mourut de...

PUOEBUS.

De son amour ?

M"* COQVEhtf.

Oui, et d'une maladie mortelle.

PHOEBUS

Il ne pouvait pas en réchapper.

SI""^ COQUELET

Il nomma M. Coquelet tuteur de safilic.de notre fille... et aujourd'hui, comprenez-vous cet infernal M. Coquelet qui veut marier Pauline... a notre fils!..

PHOEBUS

Ah ! oui! je saisis.

M"^ COQUELET

Concevez-vous! le frère, la sœur!., cela ne vous fait-il pas dresser les cheveux sur la tête?

PHOEBUS

IS'on 1... je n'en ai pas!., c'est tout gazon...

M"'e COQUELET.

Rien, hélas! ne peut arrêter M. Coquelet !.. il est pressé d'en finir!., parce qu'il a écorné la fortune

de Pauline... et qu'il craint d'èlre obligé d en rendre conque !.. au lieu qu'avec son fils!..

Ah! .seigneur Dieu!., j'y suis!..

M'"e COQUELET.

Silence !..

PHOEBUS

Hem! qu'est-ce que c'est?

M™" COQUELET , à dcmi-voix.

Pauline!., ma fille!., ah! monsieur!., silence î fl^auline entre par la même porte que M"" Coquelet.)

Page 1