‹ Pièces de théâtreChapitre 436 sur 1069 · WERTHER, FRITZ · texte numérisé non relu

WERTHER, FRITZ

(Au moment où ils entrent, 'Werther, à moitié habillé, arrive avec précipitation, suivi de son domestique , qui porte son habit , et le lui passe pendant son monologue.)

AVERTHER.

Il est inouï, pardieu! qu'un homme naturellement sensible... Donne-moi l'autre manche... ne puisse se livrer un quart d'heure à la mélancolie profonde qui le subjuf.ue, sans être étourdi lies accents grossiers d'un tas de villageois, plus

WERTHER

étrangers les uns que les autres au sentiment de l'amour, et qui n'ont pas eu i'espric de s'affliger une seule fois dans leur vie.

FRITZ, achevant de l'habiller.

Ce sont des misérables qui ne savent que rire, Loire et chanter.

WERTHER

S'ils souffraient comme moi, au moral... et au physique. .. Ali! à propos, n'est-ce pas aujourd'hui que Lolotte se marie?

FRITZ

Ya, monsieur; c'est une affaire terminée; et les chants joyeux que vous venez d'entendre, étaient ceux des f;ens de la noce... Ah çà , mais on a dû être étonné de ne pas vous y voir?

WERTHER

A la noce de Charlotte!... Et quelle mine, {jrand Dieu! voulais-tu que je fisse? quelle figure voulais- tu que j'y portasse?... N'est-ce pas assez de savoir que... sans être obligé encore d'être le témoin auriculaire?

FRITZ

Vous l'aimez donc toujours?

WERTHER

A la fureur ! et tu dis donc qu'elle est mariée?

FRITZ

Vous saviez bien que ça finirait par-là ?

WERTHER

C'est vrai.

FRITZ

Que vous ne l'épouseriez pas !

WERTHER

C'est encore vrai... et le diable m'emporte, si j'y ai jamais songé... Mais , je te le répète , mon ami, depuis qu'elle est à un autre, je ne suis plus à moi... Ah! Lolotte, ah! Lolotte, quel mal tu me fais !... depuis le jour... T'ai-je narré ma première entrevue avec elle ?

FRITZ

Deux cents fois à-peu-près.

WERTHER

Eh bien, mon ami, ça va être pour la deux cent-unième.

FRITZ

Mais, monsieur, je vous assure que je me rappelle parfaitement bien...

II est possible que tu te lasses de l'entendre... moi , je ne me lasse pas de te la répéter. C'était un lundi soir, à l'heure du goûter; l'adorable Lolotte était entourée d'une demi-douzaine de marmots, ses frères et soeurs, qu'elle dépassait de toute la tête; de manière que, sans beaucoup d'efforts, je distinguai du premier coup d'œil sa figure, qui me parut d'une beauté tranchante!... Après avoir distribué autant de tartines qu'il y avait d'enfants... et cela avec une «jrace, dont tu essaierais vainement de te représenter le simulacre, elle se mit <à vaquer aux tra-

vaux qui caractérisent particulièrement le sexe dont elle fait partie.

AiH de la Nature.

Mon attachement commença En lui voyant, d'une main leste.

Broder uoe petite veste Pour donner à son grand-papa.

Elle était si {jentille,

Moi , pas du tout subtil ,

Je vis peu le péril...

Et l'amour vint de fil En aiguille.

FRITZ

A la bonne heure; mais iju' est-ce que vous comptez faire à présent?

WERTHER

L'aimer par continuation.

FRITZ

Et son mari ?

WERTHER

Je m'explique, d'un amour aussi honnête que concentré.

FRITZ

Un amour platonique, comme vous dites quelquefois ; j'entends.

WERTHER

Je t'ai dit aussi que le soir de l'entrevue, il y eut un petit bal de société... oh ! bien modeste ; deux violons et le serpent de la paroisse. J'eus l'inappréciable bonheur de la faire valser... te figures-tu voir valser Lolotte? (juelles délices de tenir entre ses doigts une créature aussi bien traitée par la nature!... Mon ami, si par événement tu fais une connaissance, ne la laisse pas valser avec un autre, je ne te dis que ça.

(KesseeseseeeeeeeeooMooosoeeeoeeeeeeeeaeeeeeeeeeseeeoeeoo

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