CN E>FA>T
Ah ! voilà notre bon ami Werther !
WERTHER
Oui , ton ami , votre bon ami à tous... Ah ! Lolotte, que n'étes-vous leur mère, et que ne suis-je votre adjoint? Mais continuez à leur donner la collation. Vous la leur donniez aussi le jour... néfaste... où mes yeux se croisèrent pour la première fois avec les vôtres !... C'étaient aussi du pain el des confitures. Vous eûtes la bonté de m'en offrir une tartine. Je me le rappellerai long-ternps , ce jour ! J'étrennais ce frac bleu, cette veste canarie. Ils ne m'ont point quitté depuis ; ils ne me quitteront jamais.
CHARLOTTE
Jamais!
WERTHER
Jamais ! du moins, tant que ce cœur effervescent, dont le délire encore irrité par la résistance... Ah! Lolotte, tu ne sais pas au juste le nombre des larmes que renferme l'œil d'un personnage sentimental !
CHARLOTTE
J'en ai bien quelque idée ; mais il me semble que vous auriez pu ne pas attendre que je fusse mariée , pour venir me débiter cette déclaration un peu tardive , vu que les occasions ne vous ont pas manqué.
Il est vrai , sur-tout lors<jue nous passions des
soirées entières... Mais je pense que je n'ai encore rien donné à ces enfants: tenez, petits, voilà des pistaches, des diablotins ; et allez voir là-dedans si j'y suis.