DON FABRIQUE, DON HENRIQUEZ
entrant.
D0\ FABRIQUE. Décidément, depuis le Cid , il n'y a eu qu'un liômiue dans toutes les Espagnes, et cet homme est don Sandoval d'Ojedo.
DON HENRIQUEZ. Je suis de ton avis ; seulement, cet homme ne se nomme pas don Sandoval d'Ojedo , il s'appelle don Juan de IMarana.
D0\ FABRIQUE. Je connais don Sandoval, et je ne commis pas don Juan; je m'en tiens donc à ce que j'ai dit.
DON HENRIQUEZ. Je ne connais pas plus don Juan que tu ne le connais toi-même ; mais on m'a raconté de lui des entreprises merveilleusement hardies.
D0\ FABRIQUE. Tout ce que l'on t'a raconté de don Juan, je l'ai vu faire à don Sandoval.
DO.v PEoao. entrant. Qui parle de don Sandoval?... On vient de me dire une étrange histoire sur son compte.
DON HENRIQUEZ. Laquelle?
DOX PEDRO. Savez-vous de qui il est fils?
DON FADRiQUE. Mais, jusqu'à présent, je ne lui ai pas connu d'autre père que le mari de sa mère, don Carlos d'Ojedo.
DOX PEDRO. Oui certes ; mais vous oubliez de dire de qui il est fils. — Or savezvous par quel moyeu don Carlos obtint ce fils?
DON HENRIQUEZ. Par les moyens ordinaires, je suppose.
DON PEDRO. Voilà l'erreur... Don Carlos était marié depuis dix ans sans avoir pu malgré ses prières, obtenir d'héritier; lorsqu'un soir qu'il rentrait dans son château, après avoir fait une tournée dans ses domaines, désolé plus cjue jamais de ne saA-oir à qui léguer une fortune aussi considérable et un nom aussi noble, il passa dans une sombre galerie où se trouvait un vieux tableau représentant
une madone peinte sur le mur, et éclairée par une lampe, saint 3Iic]iel terrassant le démon, lorsqu'à son grand étonnement, il s aperçut que les personnages n'étaient plus sur la toile, et que leur place était vide... Au même instant, il sentit qu'on lui frappait sur l'é^ paule; il se retourna, c'était le démon... Don Carlos, qui était un vieil Espagnol, fut choqué de cette familiarité, et il demanda au maudit ce qu'était devenu saint Michel, et qui lui avait permis de se promener ainsi, au lieu de demeurer honnêtement sur la toile où le peintre l'avait cloué. . . A cette question , le démon répondit que tous les cent ans Dieu rappelait à lui saint IMichel pour lui donner des instructions nouvelles , et que , pendant que son gardien montait au ciel, lui jouissait de quelques heures de liberté, et d'un pouvoir assez grand pour accorder quelquefois aux hommes ce qu'ils ne pouvaient obtenir ni de Dieu ni des saints... {Sandoi>al entre.) Alors... {parlant plus bas) on assure que don Carlos lui demanda si ce pouvoir allait jusqu'à lui faire avoir un fils, et que le démon lui répondit que rien n'était si facile... Si bien...
SCÈISE II.
Les Précédens, DON SANDOVAL.
DON SANDOVAL. Si bien que j'ai deux pères , n'est-ce pas , Pedrillo ? l'un qui s'appelle don Carlos d'Ojedo, et qui prie au ciel, et l'autre qui se nomme monseigneur Satan, et qtii rôtit en enfer! . . . Merci de la généalogie I . . . ( // hausse les épaules^ marche vers une table , et désigne sa place en renversant une chaise.) Voici ma place, messieurs... Je vais donner une sérénade à dona Inès , comtesse d'Almeida ; s'il y a quelqu'un à Madrid à qui cela déplaise, il me trouvera sous ses fenêtres.
(H sort.)
DOX JDA?» KE MARANA.
Les PRÉcÉDENs^ra«^/^5 DON SANDOVÀL.
DON UENRIQUKZ. Eh bien ! Pedro j, que 4is-tu maintenant de cette histoire? . ,v
DOiv PEDRO. Je dis que tout-à-l'heure j'en doutais encore. .iA'v ,rr 1 y* , ,- ..
DO;v FADRIQUE. Et que maintcnaiit^.ff
D0\ PEDRO. Je n'en doute phis. . , .->j- ^ DON HENRIQUEZ. Eh bien ! cette histoire n'est rien près de l'aventure qui vient d'arriver à don Juai^i^ftéj^^ov^ > v , v i . ,><- (boa. j[uîw. entrç^,) • ; DON F^RïQUE . Qu'est-;céj-^, QUe ,^,|te aventure? . i ," . . ,
DON IIENRIQUEZ. D'abord, il faut que vous sachiez gujq le yiij. fayc|iH de.dp^iJuàn
est le porto.'* ^' ^ Tthrr'JO î^ u^ î^^.-, v-A |> ,DOiv JUAN, Yous vous tçcunpézV,spi,or;' il préfère le val-de-penas. , , -a^ AA
ji)Çt^ ;nENRiQUEZ. SoJt I.*. Hier dopcf, don Juan après avoir vidé deux bouteilles de val-de-pen?is.,.. , , , .^ '
pox JUAN. Vous êtes dans l'erreur, mon iïl,£^ître^ il en avait vidé quatre. i., „ DON, .hi;nriquez. Peu importe.... Se promenait sur l^^^i^îe .:gau|;he,du iWijaii-^ çanarès... ■-',■■■-, ,,.;■ ■.-'>' >,^>
r. DON. JUAN. Pu vpm a. mal rapporte la cliose, mon cavalier; c'était sur la rive 4roite-;,,, .;,,, /.pT, ,,,| .,.,„, f -,./:-,;..
DON J^ÇNRiQUE^.^.Si VOUS savez rhistôhe inieux que je, ne la sai^, il faut la raconter. , f DON (JU^^N. Volontiers, mes gentilsliomng^ç$i,,.,.Or) dou Juan se pro.menant sur la ^YjP (Jroite 4u Mançanarès , con;ime j 'ai dit, était fort embarrassé pour allumer sçpi.,£igare7 lorsqu^il aperçut sm- la rive gauche un homme qui fumait ; il lui ordonna aussitôt de passer le fleuve , et de lui. apporter du feu. . . Mais le fumeur préféra allonger le bras , et l'allongea si bien, que le bras.traversa le Mançanarès, et vint présenter sou cigare à don Juan. (1)
DON FADRIQUE. Et que fit don Juan?
DON JUAN. Dori Juan y alluma le sien , et dit merci.
(11 va s'asseoir à la place réservée pardon Sandoval.)
DON PEDRO, lui J'rappant sur V épaule.
Seigneur cavalier! . .
DON JUAN. Voulez-vous dire que ce n'est point ainsi que la chose s'est pa.ssée? ' ^^DPN. PEDRO. En aucune, manière. ' ' Doi^ .? Vi'KJ^; Qw'est-ce. al6rs,?
(i) Nous savons parfaitement que le tabac n'a ete' rapporté en Europe que depuis deux siècles à peu près ; mais une tradition espaf,'iiole attribue à don Juan la i'ai/lantisr([ai\ raconte ici, et nous n'avons pas voujiu lui faif c tort d'un seul trait de son caraôtâ»t(* •«*.■<* mtM^i y.«iiJ yrïiJ!o»inafi» m» .^.« ;/.ï'!V*!
DON PEDRO. Je vous préviens que cette place est retenue.
DON JUAN. Que m'importe !
DON PEDRO. Mais retenue par don Sandoval!
DON JUAN. Après?
DON PEDRO. Vous êtes étranger, sans doute ?
DON JUAN. Autant qu'un vieux Castillan paisse l'être à Madrid.
DON PEDRO. Alors, vous ne connaissez pas don Sandoval ?
DON JUAN. Si fait, de réputation.
DON PEDRO. Et VOUS vous exposez...
DON JUAN^ Cela me regarde... (Don Pedro'Va rejoindre à la table ses deux amis.) Gomès , une bouteille de malaga et deux verres! , • . .
(Gomès les apporte. Moment de silence d'e'tonnement de la part des cavaliers et J'insoucîance de la part de don Juan.) '
■=^^^^=r-;v- SCEINE IV.
tks T&ÉcÉDE.xs , DON SANDOVAL. ' DON SANDOVAL ,e«/m«/ ci cillant à duf^' Juan . Senor ! ; , ' ■ - t
DON JUAN, ^iWPÉcmtèur'.'QviY al-t-^t DON SANDOVAiti Vous êtes âssis à cette place'..; "^" ■■'' ^ '.; :.";.■ :'■■■• i ":• , ■ ;. .: ■ DON JUAN.' Vous le voyezil!\;i ?^:h r< -r-j'à DON SANDOVAL. Et votre interitioiiiestl d'y rester? '; "!'')M!'..^ /'ï:'M y\y)
DON JUAN. Sans déutè. ■ > • • ■
DON SANDOVAL. Il n'y a qu'une difficulté, c'est que cette ])lace est à moi. .; ,, DON JUAN. C'est justement pour celà^ que je Kai prise. . ij.-. . ^ ,;,.%; ; .
DON SANDOVAL. Peu' î ;r( pas qui. je suis?
le ne savez-vous
DON JUAN. Si fait... un de ces messiems a pris la peine de me le dire.
DON SANDOVAL.» Et VOUS VOUS êtes assis à la place de don Sandoval , sachant qu'elle était à don Sandoval?... Alors, vous êtes don Juan.
DON JUAN, lui tendant la main. Touchez là, mon cavalier, vous avez trouvé votre homme.
DON SANDOVAL. Tant mieux ! car il y a long-tems que je désire vous rencontrer.
DON JUAN. Et moi aussi. .}
DON SANDOVAL. Je suis las d'entendre répéter qu'il y a dans les Espagnes une réputation qui balance la mienne.
DON JUAN. Et moi aussi !
DON SANDOVAL. De sorte que je vous hais.
DON JUAN. Et moi aussi.
DONiSANDOVAL. Alois, nous allons nous entendre... Asseyons-nous, et causons.
LE MAGASIN lUEAXaAL.
DON jvxs. V'olonliers.
D0\ S.WDOVAL, s^asscyanl. On vous dit brave cavalier?
DON JUAîV. Voici mon épée.
DO\ SANDOVAL. Beaiijoucur?
D0\ JUAN. A^oici ma bourse.
DON SANDOVAL. El boii coiupaguoiî auprès des fe m 111 os?
DON JUAN. Yoici ma liste.
DON SANDOVAL. La lisle d'abord; puis chaque chose aura son tour.
DON JUAN. Et aucune ne se fera attendre.
DON SANDOVAL, Elle est divisée en deux colonnes?
DON JUAN. Poiu" pUis de clarté.
DON SANDOVAL. D'uu coté , les fcn^.nies séduites?
DON JUAN. De l'autre, les inaiis trompés.
DON SANDOVAL. Elle commeiicc par dona Fausta, feninie d'un pêcheur.
DON JUAN. Et finit par la signora Luisa, maîtresse d'un pape... vous voyez que l'éciiclle sociale est parcourue , et que chaque classe m'a fourni son contingent.
DON SANDOVAL. Erreur!...
DON JUAN. Comment cela?
DON SANDOVAL. Le loup est entré dans le bercail, c'est vrai ; mais il a laissé échapper la plus belle et la plus tendre de toutes les brebis.
DON JUAN. Laquelle?
DON SANDOVAL. Celle du Seigneur.
DON JUAN. C'est par Dieu vrai! il n'y a pas de religieuses... Messieurs, j'engage devant vous ma foi de gentilhomme , qu'avant huit jours cette lacune sera remplie.
DON SANDOVAL. IMaintenant, jouons!
.' DON JUAN. A vos ordres.
DON SANDOVAL. Gomès , des cartes î
DON JUAN. Gomès, des dés!
DON SANDOVAL. Vous préférez?...
DON JUAN. Cela va plus vite.
DON SANDOVAL. Parfaitement.
DON JUAN. Votre enjeu ?
DON SANDOVAL , jetant sa bourse. Ce que j'ai sur moi.
DON JUAN , jetant la sienne. Va !
DON SANDOVAL. Votre bourse parait mieux garnie que la mienne.
DON JUAN. Oh! entre gentilshommes , on n'y regarde pas de si près.
DON SANDOVAL, secouant les dés. En trois coups?
DON JUAN. En unseul , s'il plaît à votj-e honneur?
DON SANDOVAL , amenant. Cinq!
DON JUAN, Sept!
DON s.%NDOVAL. Ma revanche.
DON JUAN. Volontiers... Que jouonsnous cette fois?
DON SANDOVAL. J'ai pcrdu tout ce que j'avais d'argent comptant.
DON JUAN. Votre parole est bonne?...
DON SANDOVAL. Cette agrafe vaut encore mieux.
DON JUAN. Cette chaîne!...
DON SANDOVAL. Tiès-bien... Neuf!
DON JUAN. Onze!...
DON SANDOVAL. J'ai dans les Algarves un vieux manoir de famille.
DON JUAN. J'en possède trois dans les deux Castilles.
DON SANDOVAL. Château contre château.
DON JUAN. Le vôtre se nomme?
DON SANDOVAL. Ahnonacil.
DON JUAN. Choisissez , de Villa-Mayor, d'Aranda ou d'Olmedo.
DON SAXDOVAL,/V/a«/ les dés sur la table. Onze! pour Villa-Mayor.
DON JUAN , les jetant à son tour. Douze î pour Ahnonacil.
DON SANDOVAL, se levant. Voyons si vous aurez le même bonheur à un autre jeu.
DON JUAN. Etes-vous déjà las de celui-ci?
DON SANDOVAL. Je n'ai plus rien au monde, que ma maîtresse.
DON JUAN. Son nom?
DON SANDOVAL. Dona Inès, comtesse d'Almeida.
DON JUAN. Cette bourse, cette agrafe et Almonacil , contre dona Inès d'Almeida.
DON SANDOVAL. Vous êtes fou, don Juan !
DON JUAN. Prenez garde, seigneur cavalier... car je dirai partout que j'ai proposé à don Sandoval un enjeu, et que don Sandoval n'a pas osé le tenir.
DON SANDOVAL , s'asseyant. Vous ne le direz pas.
DON JUAN. Gomès , des cartes !
DON SANDOVAL , montrant les dés. Vous avez assez de ces joujoux?
DON JUAN. Ils vous portent malheur.
DON SANDOVAL. Celui qui a dit le premier que vous étiez beau joueur a dit vrai, et je suis fâché de ne pas vous avoir rencontré hier.
DON JUAN. Pourquoi cela?
DON SANDOVAL. Hier , j 'aurais ajouté à mon enjeu dix mille piastres que j'ai perdues cette nuit et que j'ai payées ce matin.
DO.N JUAN Hier, j'aurais ajouté au mien une jolie fille d'Andalousie, que j'avais enlevée il y a trois jours à mon frère..
DON SANDOVAL. Et qu'est-elle devenue?
DON JUAN. Satan le sait ! je l'avais enfermée chez moi pour suivre avec plus de liberté une duègne qui avait eu l'imprudence de me remettre une lettre devant
DON JDAN DE MARANA
elle; jugez de ma sm'prise, lorsqu'en rentrant, j'ai trouvé...
DONSANDOVAL. La porte ouverte r
BO.N JUAN. Non, la fenêtre.
DOX SAiNDOVAL. Et elle donnait?
DOX JUA\. Sur le Mançanarès.
GOMÈS , entrant. Voici les cartes.
DO.\ SAXDO\ AL. Au premier as I
D0.\ JUAiv. Va pour la bourse, l'agrafe et Ahnonacil.
DON SAXDOVAL. Vapour Inès d'Almeida.
LES SPECTATEURS. Bravo ! c'est largeinent engagé.
DOX SAXDOVAL. Hemlquez , donnez les artcs !
(Henricfuer «lonne les cartes.)
DOX JUAN , montrant l'as qui lui est échu. Voue maîtresse est à moi , don Sandoval.
DOX SAXDOVAL. Gomès , du papier , de l'encre , des plumes I
GOMÈS. Voilà, votre lionneui-.
DOX SAXDOVAL écrit ^ plie et cacheté. Faites porter cette lettre à dona Inès, comtesse d'Almeida , place ÏMayor.
DOX JUAX. Que lui dites-vous?
DOX SAXDOVAL. Qu'un accident m'empêche d'aller chez elle et que je l'attends ici ; les dettes de jeu se paient dans les viiiîjt-qualre heures.
DOX JUAX. Et ce second billet?
DOX SAXDOVAL. Vous le lui remettrez vous-même.
DOX JUAX. Il dit?
DOX SAXDOVAL. Lisez!
DQX JUAX , lisant. » Madame , je vous ai » jout'e et je vous ai perdue , vous appar- )> tenez maintenant au seigneur don Juan >• de ^îarana , à qui je cède tous mes droits » sur vous ; j 'espère que vous ferez honneur » à ma signature. Don Sandoval d'Ojedo. »
DOX SVXDOVAL. Maintenant, seigneur don Juan, écoulez un avis qu'il est de mon honnciu- de vous donner: dona Inès, comtesse d'Almeida , est une véritable Espagnole , hautaine et jalouse, portant toujours un poignard de Tolède à sa jarretière, et une fiole de poison à sa ceinture ; gardez-vous de l'un et de l'autre. .
DOX JUAX. Merci , mais à mon tour un mot, don Sandoval: votre dernier enjeu valait jiîieux que tout ce que j'aurais pu mettre contre lui ; reprenez donc, je vous prie , cette bourse et cette agrafe ; quant au manoir de vos pères, je suis un fils trop picu.x pour vous en déshériter.
DOX SAXDOVAL , donnant la bourse et Vagrufe à ses amis. 'l\;nez, l'éth o , tenez, Heuriquez, prenez ceci en mémoire de mol ; mon château d'AhnonacJl est à vous , don
Fadrique • messieurs , vous attesterez que je le lui ai vendu.
FADRLQUE. Vous êtes un magnifique seigneur, don Sandoval.
DOX PEDRO. Un véritable hidalgo.
HEXRiQUEZ. Un Espagnol du tems de Rodrigue.
DOX SAXDOVAL. Remerciez le seigneur don Juan, messieurs , elnon pas moi.
FADRIQUE. Mais voire château.
DOX SAXDOVAL. Je m'y réserve six pieds de terre dans le caveau de mes ancéaes ; le reste est à vous.
DON JUAX. Don Sandoval!...
DOX SAXDOVAL. Don Juan, je commence à croire que vous serez aussi heureux à l'épée que vous l'avez été aux cartes et aux dés.
DON JUAX. C'est vrai , j'avais oublié qu'il nous restait une dernière partie à faire.
DOX SAXDOVAL. Je m'en souviens, moi :
don Juan, vous me trouverez toute la nuit au Prado, ce n'est qu'à deux pas d'ici, comme vous savez. Allons , messieurs , suivez-moi.
(Ils sortent.)