‹ Pièces de théâtreChapitre 488 sur 1069 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

DON JUAN , é.'anouie, SOEUR MARTHE

entrant.

MVUTHF. Don Juan , me voilà , je suis piôteà vous suivre .. Don Juan, où êtesvous ? [V apr.rce^ianlàtcn e et le prenant dans seshnis. \ Don Juan, mon fiancé, mon époux!

DON JUA\ , revenanit à lui. Je ne suis plus don .luan ton fiancé, je ne suis plus don Juan ton époux ! je suis frère Juan le trappiste... Sœur Marthe, souvenez-vous qu'il faut mourir I...

(Sœur Marthe jette un cri et tombe aux pieds de don Juan. La toile tombe.)

sciiNi: piicMii'Rt:.

DOM SANCFIEZ, DON JUAN, couché sur une tonthe.

DOU SAivciir.z. Fi ère Juan.

DO.\ JUA\' , rclc^uinl son capuchon. Me voilà.

DOM SAXCnr.Z. Que faites-vous ici?

DON JUAN. Vous le voyez, inon ]>ère, j'accomplis une des lègles de notre ordre saint, je creuse ma propre tombe.

DOM SANCIIKZ. Je VOUS ai cherché dans votre cellule.

DON JUAN. Je n'ai pas pu y rester, j'éloulfais entre ses murs étroits comme dans un tondjeau ! la nuit a été terrible, Irère.

DOM SANCHEZ. Je n'ai rien entendu.

DON JUAN. Vous dormiez.

DOM SANCiJEZ. Je priais.

DON JUA\'. J'ai voulu prier aussi , moi, puis , tjuand j'ai vu que je ne ])ouvais pas prier, j'ai vonlu dormir; est-ce donc le même Dieu qui l'ait les nuits si calmes pour les uns et si terribles pour les autres? A peine ai-je eu les yeux fermés , qu'il m'a semblé que les murs de ma cellule s'ouvraient! Oh! le monde! le monde! pourquoi me poursuil-jl quand je le fuis? mou

j'entendais. Je sautai à Ixas de mon lit; je me précipitai dans ce cimetière, le ciel s'ouvrait , des éclairs sillonnaient la nuit connue lépée flandioyante de l'Archange ; oh! du moins, le bouleversement de mon être était en harmonie avec celui des élémens ; pâle, échevelé. ruisselant de sueur et d'eau, je me crus un instant le génie de îa tempête, et je mêlai l'orage de mon cœur à celui de la nature! Oh! voyez!

voyez! tous les deux ont été terribles ; et autour de moi , au-dedans de moi , tout n'est cpie ruine!...

DOM s\NCin:z. Ce sont les nuits d'orage qui font les jours tranquilles ; demain, mon fils , le soleil sera brillant , et le jour qui va finir si sond)re se lèvera pur ! ïl en est ainsi de la vie; les orages du cœur resseni blent à ceux de la nature ; et les uns et les autres se calment au souflle de Dieu!

DON JUAN, .s'asseyanf. Qu'il souflle donc sur mon front, s'il ne veut pas qu'il se brise à l'angle de quelque tombe.

DON JUÀ> DE MAKANA.

DOWÏSiVNCHrz. Je prierai le Seigneur de ramener le calme dans ton creur , comme il l'a ramené dans la nature. Je prierai le Seigneur de poser le sceau de sa grâce siuton front brûlant. En attendant, crois, espère et prie ; c'est avec ces trois mots qu'on ouvre les portes du ciel.

^ (Il sort.)

SCErsEIl.

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