‹ Pièces de théâtreChapitre 487 sur 1069 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

BON JUAN, jctt/.

Au revoir... Ah! ah! ah I parlez-moi de ces blanches colombes, dont aucun souffle humainn'a terni le plumage. Voilà qui est confiant et crédule ! une femme du monde m'aurait pris huit jours ; il est vrai quecelles-là sont si souvent trompées! {^/éppelant. ) Hussein ! Hussein ! ( L'escltioc parait. ) Va m'attendre dans la petite ruelle qui longe cette église, derrière les

ao

murs du couvent ; prends nyes meilleurs chevaux et munis-toi d'une échelle de cordes. Lorsque tu entendras frapper trois fois dans les mains, tu jetteras l'échelle par-dessus le mur. ■■■■■■ .,;..,,( -j''>r|{io.>

HUSSEIN. Cela sera fait, maître.

DON JUAN. Va! Maintenant, dbna Inès...

pardon de n'avoir pas suivi ponctuellement vos instructions , mais pourquoi votre sœur est-elle si belle , que je n'ai pu lui parler que d'amour?,,. D'ailleurs vous avez contracté certain engagement aVec moi, que vous êtes morte sans acquitter... et Marthe ne fera que payer uiie dette de famille... Vous m'avez aidé en bonne chrétienne, je ne l'oublierai pas , et maintenant je vous dois , non seulement des prières , mais pucore des remerciemens , et si je savais laquelle parmi toutes ces tombes est la vôtre...

LA STATUE , qgenouillée, siirje igtfibeau d'Inès. Celle-ci. -,, ,...,,. ,-f; »-•:,

DON JUAN, reculant d'un pas. Qu'est-ce à

re?.,. je crois que la statue a parlé!

di

est-ce une erreur ou bien ai-je réellement entendu? Ecoute, femme ou.statue, ange ou démon , voix du ciel ou de l'enfer, parle une seconde fois, et je jure Dieu que j'irai lever ton voile de marbre afin de savoir de quelle bouche sont sorties tes paroles.

LA STATUE d'ixès. Viens.

DON JUAN. Me voilà.

(Il monte sur la premii-re tiiarclie, mais au nioniont

où il porte la main h son voile , la statue le saisit

parles cliereux , se lève lentement debout, et lui

tourne la tète vers le chœur.)

LA STATUÉ. Picgarde !

(Un cercueil recouvert d'un drap noir, et sur lequel sont les armes de Marana , sort de terre au milieu du chœur, avec quatre cierges aux <fuatre coins, et un à la tète : on même tenis une (lalje se lève devant 1 autel. Le prêtre tue par don Juan paraît, et la lampe du taljernacle s'allume toute seule. Alors à la gaiiclie du toniheau une deuxième dalle se lève : Carolina paraît, et le rierge qui est près d'elle s'allume toutscid. A droite et sans interruption une troisième pierre se lève , Vilforia paraît, et un troisième cierge s'allume tout setd. Même jeu de niacJiine pour Tcrc.--ina et pour don Saudoval, quipaïaîf le (h-rnicr : tontes ces appaiillonsbe font lentement et solennellement , au hiuit de l'orgue qui fait entendre le De Prujunihs.)

DOM MORTES , ajrès que le dernier soupir de rorgiic est éteint. Je suis dom Mortes , révérend prieur des dominicains : sans pitié , sans religion pour mon ministère , don Juan a levé le poignard sur moi et m'a frappé... Vengeance contre le meurtrier ! vengeance! ..

fLa lampe du tahernacle s'c'teint.)

CAROLINA, Je suis dona Carolina de Valence , comme j'allais au rendez-vous que

T.F. MAC-.ASiN TlIl'.AtnAf..

ss

<lon Juan lu'avaît donne ... J'ai rcncontiT' une rivale sur mon chemin : olle m'a poij^naidée en me disant : — Carolina , c'est don Juan qui te tue! A engeance contre le meurtrier ! vengeance !

(Le cic'igc (jui est pii's d'elle sctcint.)

viTTORlA. Je suis dona V ittoiia de Séville : dou Juan me quitta pour une auue femme; j'attendis sa nouvelle maîtresse et je la frappai. L'inquisition me condamna au bûcher. Vengeance contre le meurtrier ! vengeance 1

(Lo cioii;iî <[ni est auprès irelle »"efciiit.)

TÉnÉSINA. Je suis dona Téi ésina , fiancée de don Josès. Don Juan m'enleva évanouie ; lorsque je revins à moi, j'étais déshonorée ; je n'ai pu survivre à ma honte , je me suis précipitée dans le Mançuiarès. Vengeance contre le meurtrier .' vengeance I

(f.e ricige s'etcint.)

DON SAN'DOVVL. Je suis don Sandoval d'Ojedo. J'ai joué contre don Juan ma fortune, le tombeau de mes pères , le cœur de ma maîtresse ; j'ai tout perdu... j'ai Joué contre lui ma vie, et je l'ai perdue encore... Vengeance contre le meurtrier!

vengeance!...

(Le cierge s'e'teint.)

C I ?» O U S È :il E T A n l e a v .

(Le cloUie crun couvent de Tiappisles ; :iu milieu , nue grande croix de picnc entre quatre cyprès. Çli et là des tonilics. Aux deux côtes, deux brcclics qui permettent à la vue de plonger dans la cninpngno.

])ère , le froissement du bal , les chants du festin , les rires de l'orgie , tout cela bruissait autour de moi ; j'avais beau fermer les yeux, boucher mes oreilles, je voyais,

l'avgK du JUCKMKST , une cfirc fl<ttnhoy aille à la rna/'n , ile.-iccni} ilu ciel et s'arrr/e à quinze pieds au-dessus du cercueil. i^'y a-t-il auciine voix qui s'élève en faveur de don Juan

LF. COMTE DE îWAUAXA. Je suls le vieux comte (le ÎMarana. Seigneur! Seigneur!

ayez ])itié de mon fils!

l'a.vce du ji:gkiir\t. Dieu donne à don Juan une heure ]ionr se repentir!

(l/auge remonte au ciel et les fantômes rentrent en

terre. La statue làclie don Juan qui tombe sur le

pave lie Tcglise.)

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