SCÈNE PREMIÈRE
DON JUAN, MARTHE, entrant au milieu des riiints.
DON JUAN. Vive Dieu ! voilà une manière de voyager dont je n'avais pas d'idée. Cent cinquante lieues en vingt heures! il paraît que le diable avait quelque course pressée à faire , et que pour ménager ses jambes, il sera entré dans le ventile de mon cheval. {Se retournant et regardant autotir de lui. ) En tout cas ; s'il a fait preuve de vitesse dans la route, il me semble avoir singulièrement manqué de jugement pour le choix del'auberge. — Tu dois être écrasée de fatigue et mourir de faim, pauvre enfant !... puis, il faut que nous changions de costume, nous ne passerons pas toujours par des montagnes nues et des landes désertes, et ai nous ne voulons pas être reconnus ou arrêtés , il faut changer ces habits religieux contre d'autres, quels qu'ils soient. Ce diable de château n'a l'air d'être habité que par les chouettes et les orfraies !. .. Holà! quelqu'un !,ïl y a un trèsbel écho, mais voilà tout! Ecuyers!... camérières!... Personne... Allons, décidément, je crois que le mieux est de remonter sur le dos d'Ali , et de chercher quelque autre gîte.
MVRTHE, étendant la main. Attendez!
(Des femmes entrent par la porte îi droite , et des
valets par la porte à gauche.)
DON JUAN. Ail ! il paraît que vous avez tout pouvoir en ces lieux, ma belle châtelaine ?
MARTHE. C'est un vieux manoir de famille qui appartenait à ma sœur Inès.
DON JUAN. Charmante propriété ! et dont le châtelain actuel me paraît faire les honneurs avec une merveilleuse courtoisie.
MARTHE. Don Juan, vous pouvez suivre ces écuyers avec la même conliance que je vais suivre ces femmes, vous me retrouverez ici.
DON JUAN. Vous me le promettez, Marthe?...
ière lequel s'élèvent de hautes montagnes. Il fait auit , la lumière de la lune et des étoiles.) .
MARTHE. Je VOUS le jure.
DON JUAN , s'éloignant , à gauche ., avec les écuyers. Allons, mes maîtres! à moi vos plus riches et vos plus élégans habits !
MARTHE , s'éloignant , it droite , ai>ec les femmes. Allons, mes sœui's... à moi la plus simple et la dernière parure !
(Tandis que Marthe sort d'un côté et don Juan de l'autre , le miauvais ange sort lentement de terre , au milieu du théâtre.)