‹ Pièces de théâtreChapitre 492 sur 1069 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

IMARTHE , seule.

Oh ! jamais il n'arrivera à tems ; oh mon Dieu!., oh! je sens que je meurs.

Mourir sans revoir don Juan ! mourir sans lui entendre dire une fois encore qu'il m'aime I mourir en le laissant au milieu du monde où il m'oubliera , où il en aimera une autre ! Oh ! mille ans de )non éternité pour un jour passé près de don Juan!

LE MAUVAIS ANGE , souleoant le rideau.

C'est un marché qui peut se faire.

MARTHE, époui>ante. Qui me parle?

LE MAUVAIS .ANGE. Celui que tu as appelé.

MARTHE. Que viens-tu faire?

LE MAUVAIS ANt^E. N'as-tu pas offert mille ans de ton éternité pour un jour passé près de don Juan ?

MARTHE. Oui.

LE MAUVAIS ANGE. Eh bien ! j'accepte.

MARTHE. Mais il n'y a qu'avec Dieu, ou avec Satan, qu'on puisse faire im pareil pacte ?

LE M.vuvAiSE .\NGE. Je viens au nom de

Tan d'eux : q"'" t'importe leqnel, potirvii qoÊ la cil ose âe fasse?

HABTiiE^ frissonnant. Tu es le mauvais esprit,,, oh I oh!

LE MAUVAIS ASGE. l^Iarthe, tu as encore cinq minutes à vivre.

MARTHE, Tn a? raison, je ne vois plus, et j'entends à peine.

LK MAUVAIS A^GE, Marthe, tn ne reverras jamais don Juan.

HAnTHE. Je veux le revoir... oui... oui, je le veux à tout prix I

LE mai; VAIS ANGE. Bien de pUts lac île.

MARTHE. Que faïu-il faire?

LE MAL VAIS A\T,E. Signer ce papier.

MARTHE. Que contient-il?

LE MAUVAIS ANOE. Le pacte proposé.

MARTHE. Mille ans pour un jour I

LE MALVAIS A\GE. Pas une minute de plus, pas une seconde de moins, il serait nul s'il n'était exact ; nous sommes gens d'honneur eu enfer I

MARTHE, £t quand le reverrai-jc?

: On enfcTxi frapper.)

LE M\LVAiS A?ICE. Le voilà ffui frappe à la porte du couvent.

MARTHE, Oh ! je serai morte avant qu'il n'entre dans celte cliambre I

LE MALVAIS AViE. Qu'importe, si ta ressuscites qiiand il y sera entré?

M\RTnE. Donne-moi la plume.

LE M\LVAIS A\OE. Attends.

(fl liû pûjiMs le fcias avec U plume <1« fer, k ssw>g coole.)

MARTHE. Ah !

LE MAUVAIS AXGE, Ce n'est rien, signe.

MARTHE. En aurais-je la force? Ah I

(Signant ; ah î je me meurs î

(Elit; laisse tomber la pInHi<».)

LE MALVAIS AVGE. Il est, ma loi, bien heureux que son nom n'ait eu que deux syllabes. Ah I ah ! ah I chacun son tour , mon bon ange.

(ïl ^bpataît.)

MARTHE. Ah! don Juan! don Juan!

f En faisant un dernier effort, elle car.he sa figure aoec ses cher eux. ) À toi mon dernier soupir ! à toi ma dernière pensée !

y.Ar-. ra«nrt oottiaoo«oo6oaofty.iaor<<<a(ai6iftiyA>f<«>v'^i<»aao6y.^<«a»

scoE m.

SOEUR MARTHE, morte, SOELF. Lil- SULE, UN TRAPPISTE,

URSCLE, ouorantla porin. Dom Sanchez n'était point au couvent, ma sœur, mais voici un saint homme que j'ai rencontré, et qui se charge de le remplacer.

WtS JTX'H. En m'offrant pour remplir cette sainte tâche , j'ai plus compté sur mon zèle que sur mes mérites, Diea m'aidera. Ma sœur, laisseî-noo».

i.F. MaOASI.V ïftIùAXItAL.

.SCL>L JV.

DOIV JUAN, MARTHE

DOS J l'A». Allons, 1^ rK>'.': CM tu \yfm

train, me voilà dans !': .b^rrc^i.)... et ifassern m'attend au bas de c'-.tt^: f'=;T.':tre... {S' approchant du lit. ^ fJ.-jh!/;" i! ra-; «ernble que la pénitente de don Sanehez n'est

point malade derîéSIate Ma teewr...,

elle ne me répond pas, ma tœnr...,. étatrnotiie, sansdôate... flMi touchant la main.') CAacé.e, morte... Pauvre enfant, si jeune, morte dans un cloître , sans avoir goûté la vie, sans avoir conna ramoar!... Tr^or enfoui , diamant perdo!... pourquoi ne t'ai-je pas rencottlrée joyeuse etflori«aiite au milîea da monde, an lien de te troO' ver pâle et froide sur ton lit mortuaire?.. je t^aurais aimée , car tn devais être jolie ; de si beaux cheveux ne peuvent caeber q u'un beau visage. . . {Écartanile* ehepeux.') Mon Dieu I... oh! non., ce n'est pas possible... ce sont ses traits, c'est elle... c'est Marthe!... Marthe, froide... inanimée, morte I... Ah ! don Xnan '.., qœl mauvais esprit a»-to donc irrité , qne d^wtis «{oelques jours ruin ne te rénstnsse et <{tie loat aille an pire ? à qui t'adresser, maintenant que tes péchés t'ont lisouiUJ avec Bien, et tes remords arec Satan?.,. Oh ! il ; a cependant es pour moi im ten» de hoa" hem cm mes c^t% si'accomplissaîent avant d'être formés, oo on palais enchanté se fût élevé sor ma route pour me donn»' l'hospitalité poidant onennit!... On plnt6t n'est-ce pas que depuis qoe monvère a rectwno don José», il y a nne màlémeûon SOT moi?... Aotrefois, t^eossé-ie perdoe vivante, et t'enssé-je reirottvée luorte, prête pour la tombe. Je crois qoe je n'anrais eu qu'à dire : Je veux qo'dile vive , et l'ame, à moitié chemin do ciel, soait redescendne tmr la terre... Bfardie l M^xthe!... ma bien-aiméeî... (i/ jee pencht sur elle, et reculant iaul^-cmip. ) Ahî il m'a semblé sentir un mouvenaeiït... Elle se lève. . . {ÏM regardant ne hper et s'asfeoir sur son lii. ) Marthe!... (Sa/s*ssanl çicement sa ma//2.)Toojo«irs£r<Mde,toajoiirs morte.. Marthe, parle-moi , je t'en sopf^, oo je ne pourrai pas croire qoe tn vis! C^!

un mot , twepan^I

MARTHE, leniemmt. I>on Jnan.

DO?i JUAX. Ah \ ma fottnne ne m'adcme pas abandonné! je sois toiqoors mm, je sois toojonrs lliaireox et le poissant! O 3îarihe ! ctxxt foi» to es à moi, et ni l'es»fer ni le ciel ne t'arraciieront pin» de mes mains. ( Courant it la fenêtre et Vouprant. ) Hussein , lliu^in !

DON JUAN DE MARANA

HUSSEIN. Monseigneur !

DON JUAN. Les chevaux sont- Us prêts?

HUSSEIN. Oui, monseigneur.

DON JUAN. L'échelle de cordes?

HUSSEIN. La voilà.

DON JUAN l'assujétit à la fenélrc, se retourne et trouve Maithe debout. AUors, ma bien-aimée, l'amour, le bonheur, l'ave-

nir, tout est à nous. Ks-tu prête .^ veux-tu venir ?

MAuniE, lentement et froiJemeitt. V heure sonne. Ecoutez ! ( Elle compte. ) Minuit l

DO\ JUA\. Eh bien ?...

iMARTHE... Allons...

(Pendant que don Juan la reconduit vers la fenêtre, la toile tombe.)

SEPTIEME TAlîLEAU.

Un vieux chAtcaa en ruines donnant sur un lac , derri elle théâtre n'est éclaire que par

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