‹ Pièces de théâtreChapitre 591 sur 1069 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

THÉODORA, SALFIÉRL

THÉODORA, tombant à genoux devant un

THÉODORA. Voyons, mon Dieu! expli- j christ. Mon Ditu! Seigneur! mon Dieu! quons-nous : tout ce que tu me dis là est , mon Dieu? Oh! oh! quf. je suis- malheulou ?.. je n'y comprends rien! I reuse! [Se levant et courant à la fenêtre.)

LUIDGI. Mafféo est mort. La jeune fille, Vus, Michelemina... vas donc!.. Elle lui amenéce malin surla placepubliqueparle parle... elle lui remet le billet... il lui depeuple qui demandait justice pour l'orphe- j mande si c'est moi qui l'ai écrit. {Ouvrant

lajolousie.) Oui... Oui, c'est moi... moi, | mni... Le voilà... il vient... Ah! mon Dieu! mon Dieu!.. le voilà! I

SALFiÉiu, se prccipifant dar^s C apparte- \ ment. C'e?lcle vous, tu idiune, celle IcUre?

THÉODORA. C'est de moi.

SALFiÉRi. De. voire écriture?

thÉodora. Oui.

SAiFiÉiu, à part. L'écriture du billet déchiré , oublié à Gênes! [Haut.) Parlez : que me voulez-vous ?

THÉODORA. Ma fille!

SALFIÉRJ. Vous avez une fille? ah!..

TfltnDOBA, J'cu avais une...

SALFiÉRi. Conmient?

THtoDORA. Oh! un trésor!., rien de pareil sous le ciel! que je cachais à tous les yeux. H y a quinze jours que je l'ai fait venir à Venise.

SALFiÉRi. De Gênes?

THÉODORA. Oui , avcc...

SALFitRi. Maftéo... Et on la nommait?

THÉODORA. Violelta!

SALFiÉRi. Violelia!..

THÉODORA. Eh bien! Mafféo e.et assassiné, et Violetta perdue!

SAiïiÉRi. Perdue! perdue! Violetta perdue ! Je le la retrouverai, femme !

THÉODORA. Alors voi?-tu , ei tu me la retrouves, ceque tu voudras, ma fortune, mou sang, ma vie : un crime : tu pourras tout demander,

THÉODORA. Tu mc le jures !

THÉODORA. Oui, je te le jure! Je me sui.s adressée à toi, parce que lu dois tout savoir, toi :un homme l'a enlevée ce matin, là... à celle place, en face de Venise! Il faut que tu me trouves cet homme. Il est inconnu, me dii-on; mais il n'y a pas d'inconnu pour toi. 11 est étranger ; mais nul n'entre à Venise ou n'en sort sans que tu saches où il va et d'où il vient.

SALFiÉRi. Oh! sois tianquillc, tout ce qu'on peut faire , je le ferai : mais aussi , ce que je demanderai tu me l'accorderas ?

THÉODORA. Oui, tout , toul, tout... je t'en fais serment, et ce serment, c'est une mère qui le le fait ; une mère, c'est-àdire ce qu'il y « ^1*^ P^"* sacié au monde après Dieu!., el qui te le fait non pas par une madone, non pas par un saint, non pas par le Christ... mais par les jours de sa nile!..

SALFiÉBi. C'est bien.

THÉODORA. Ne perds pas un instant!

fouille Venise comme ferait un avare à qui on aurait volé un irésor!.. comme un nmanl à qui on aurait xavi sa maîtresse ! . Valais et cabanes, vaisseaux et gondoles, quais ôt rues, visite tout ; yas au nom du

ciel , ras, vas, va?et ne reviens pas sans elle?..

sAÈFiÉRi. Tu nous revrrras ensemble, ou lu ne nous reverras ni l'un ni l'autre.

Il sort.

THÉODORA, tombant à genoux. Mon Dieu, St;igneur! vous qui avez vu mourir votre fiU! rendez-moi ma fille!

Fin du deuxième acte.

Page 1