SCENE IX
LE EÉGENT , RAYMOISD.
LE RÉGENT. Yoyons.... nous sonunes soils, tâclie de te calmer.
RAYMOND. iMe calmer!
LE RÉCENT. De mettre un peu d'ordre 'lans tes idées. Tu te plains d'un enlève ment?
RAYMOND. Oui, monseigneur.
LE RÉGENT. IMals, es-tu bien sûr que ta fille soit tout-à-fait étrangère?..
RAYMOND. IMa fille !.. ma Julie!., elle! ail ! vous êtes donc assez malheureux pour ne pas croire ^ la vertu ?..
LE RÉGENT. Si... SI... j'y crois ; mais l'amotu', l'ambition, le désir de briller... ont tant d'empire sur un jeune cœur!., il y a des sentimens, des faiblesses qui sont des secrets poiu- im père.
RAYMOND. Ah! mon prince, vous ne m'avez pas compris !.. ma Julie est pure., c'est la violence!., des misérables, malgré ses cris... son désespoir, l'ont arrachée mourante du toit paternel... la nuit!., la nuit!., mon prince; et moi... immobile... anéanti . . . fasciné par la vue du scélérat ! . . oh ! mon Dieu , pardonnez-moi de ne l'avoir pas tué...
LE RÉGENT. Mais cet honune.... quel est-il?..
RAYMOND. Un lâche... qui est venu chez moi... qui a eu la bassesse d'emprunter le nom de son laquais !.. et il s'est assis à ma table!... et il m'appelait son ami !.. Son ami ! moi dont il cherchait à déshonorer la fille ; .
LE RÉGENT. INLiis enfin son nom?..
RAYMOND. Son nom... je l'ai là... il ne peut pas sortir.. . ah ! c'est que depuis hier ma lète et mon cœur ont tant souffert!.. Mon prince, que Dieu vous garde à jamais
d'une peine aussi grande!., son nom!,, ah! pour lui je le reconnaîtrais dans cent ans!., je l'ai là... là... toujours devant les yeux... je suis prêt à m'élancer à le saisir !.. son nom !.. ah !.. le duc de La Vaubalière.
LE RÉGENT. Eh ! malheureux , nous sommes chez lui !
RAYMOND. Chez lui!
LE RÉGENT. Dans son château.
RAYMOND. Où est-d? où est-il ?
LE RÉGENT. Paix !.. paix !..
RAYMOND. Ah ! qu'on ne croie pas le soustraire à ma vengeance.
LE RÉGENT. Pas un mot de plus.
RAYMOND. Que je me taise... moi !.
LE RÉGENT. Oui.
RAYMOND. Vous allez donc me rendre justice ?
LE RÉGENT. Le roi de France la doit à
tous ses sujets.
RAYMOND. Et vous ferez bien !. enlever un enfant à son père! déshonorer une honnête famille... la plonger dans la douleur... la faire mourir de honte et de désespoir... de pareils crimes ne peuvent pas rester impunis!.. ]Ma fille!., oh! qu'on me rende ma fille! . les misérables!., aucun frein ne les arrête!.. Et savez- vous de quel exemple ils s'autorisent pour se livrer à leurs coupables excès?. . savez-vous ce qu'ils osent dire pour justifier leurs déréglemens ?. .
LE RÉGENT. Oui... je sais tout ce qu'ils osent dire.
RAYMOND. Ah ! qu'à défaut du remords, la justice humaine vienne au moins une lois les atteindre, les épouvanter; qu'à l'avenir les pères ne tremblent plus pour leurs enfans... que l'innocence repose avec sécurité sous le toit du ])auvre... que nos épouses, que nos filles .soient à l'abri delà séduction, de la violence!.. Ah! mon prince , tous les jours nous prierons Dieu pour vous , pour les vôlres.
(Il veut s'agonoiii lier. )
LE RÉGENT. Lève-toi... je l'ai promis justice, tu l'aïuas
RAYMOND. Oui, je l'aurai !
(le rugeiit sonne , on entre.)
LE RÉGENT. Farincourt , reconduisez ce brave homme, gardez-le de nouveau... el surtout empêchez qu'd n'ait aucune com munication avec les gens du château.
RAYMOND. Votre altesse me défend de chercher à voir...
LE RÉGENT. Eh bien ! n'as-tu plus de confiance dans ma parole ?
RAYMOND, Si, si , mon prince! {En sortant.) ]M;< pauvre fille, je te reverrai donc.
LE MAGASIN théâtral;
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