SCÈNE I
M™" BONVIVANT, assise au coin, à droite, entourée de ses pots au lait ; PLUSIPUIRS FEMMES se faisant servir; JOSÉPHINE *.
JOSEPHINE, un panier sous le bras.
Bonjour, la laitière.
* On a observé, dans l'impression, Tordre des places des personnages , en ooniincnçant par la (jaucbc des spectateurs ( ce qui est la droite des acteurs). Les cbanpements de places sont inili(|urs par des renvois an bas des pa[;es.
MADAME BONVIVANT.
Bonjour, mam'zelle Joséphine.
JOSÉPHINE
M'avez-vous gardé ma crème ? Ali! la voilà.
MADAME BONVIVANT.
Non, c'est la cruche à marne Poclut : elle est en retard ce matin , ça m'étonne.
JOSÉPHINE
Elle était de noce hier.
MADAME BONVIVANT.
Tiens! I.t noce de (rui flonc ?
M*n. GIllOl .
MADAME GIBOU ET MADAME POCHET
JOSEl'HINE.
La noce de mademoiselle Gibou, la Slle de la fruitière.
MADAME BONVIVAKT.
Bah! c'te petite Gibou, la v'Ià donc mariée, c|ui faisait la be'gueule dans la boutique d'sa mère, au milieu des le'ffumes ! Et qu'est-ce qu'elle a épousé? sûrement pas grand'cbose.
JOSÉPUIXE.
Eh ben ! elle a épousé le petit Lecoq , un marchand de volailles ambulant, qui vient chez nous apporter des lapins.
MADAME BOSVIVANT.
Air du vaudeville de la Famille du Porteur d'eau. Un marchand d' volaille amljulanl?
La pauvr' femm' 1... je suis sur qu'ell' bisque. C n'est pas ell' qu'on doit plaitidr' pourtant , C'est son mari qui court tout 1' risque... Sa femme a de belles façons ; Lui , pour son état, faut qu'il roule ! Et loin d' sa moitié , j'en r^^pouds , Quand il va vendre ses dindons, Il doit avoir la chair de poule. ( his.)
Y m' semblait lui avoir entendu parler d'un beau jeune homme qu'elle avait fait la connaissance au bal de Tivoli?
JOSÊPHISE.
Bah! est-ce qu'on épouse les connaissances qu'on fait dans ces endroits-là? Enfin la v'ià mariée... Ils ont fait une noce de f;rand genre, chez un rôtisseur, avec des toilettes à faire peur. Mam'zelle Pochet avait des bas à jour et un chapeau en papier qu'on aurait juré d' la paille de riz. Matn'zelle l'ochet en chapeau ! je n' désespère pas d'en porter aussi bientôt.
MADAME BONVIVAST.
Si vous serviez chez un garçon ou chez un veuf, ça pourrait bien vous arriver. Mais, tenez, vous parliez d'un beau jeune homme qui faisait la cour à mam'zelle Gibou, c'est-y pas lui qui sort de c'te maison de jeu clandestine qui vient d' s'établir dans votre voisinage ?
JOSÉPHINE
Ca, c'est un jeune homme qui fréquente mam'zelle Pochet : il l'attend tous les jours pour lui donner le bras , quand elle s'en va à son école de danse.
MADAME BONVIVAIST.
Ça n'est pas une raison, par le temps qui court : les jeunes gens en courtisent bien deux •à-la-fois.
JOSÉPHINE
Gardez-moi toujour.s ma crème; je vais à la boucherie.
ocieeecoQeseeesseoooosoeeoosgossoseyaseceessseeesaoeeeseeeega