ADRIEN
-Nous voici donc à Orléans... j'ai vu en bas , sous la remise , le carosse armorié , la livrée du duc... c'est bien ici que doit s'arrêter le misérable qui a voulu faire de moi un assassin ! . . . un assassin , grand Dieu!... Et quelle aurait été la victime !.. Julie ! Julie ! c'est moi qui t'am-ais tuée , moi, ton premier... ton seul amour, moi dont le souvenir occupait toutes tes pensées I... (// s'assied.) J'ai tout appris de la bouche du notaire... ah! combien elle a dû .souffrir... que j'étais loin de soupçonner les événeuiens qui se sont succédé pendant mon absence ! . . plus loin encore de me douter que ce vieux notaire , qui venait de mourir quand je me présentai chez lui , avait laissé des traces de mon existence dans son étude, que ces traces étaient tombées entre les mains de son successeur, et que le successeur de M. Berlin était ce bon , cet excellent Morisseau à qui je devrai bientôt un nom, une famille !(//*e /èp^.) Une famille! ah! maintenant dois-je la rechercher? si je succombe, ne vaut-il pas mieux qu'elle ignore qu'un des siens est tombé sous le fer d'un meuitrier!.. que dis-je? hélas ! si le sort trahissait la justice de ma cause, si je mourais ! je placerais Julie sous sa protection! je léguerais à ma famille le soin de ma vengeaaice ! . . .
(Il va au-devant de Morisseau.)