‹ Pièces de théâtreChapitre 68 sur 1069 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

M"* POCHET; THOMAS , sous le nom d- ADOL- PHE, savançant ; M™ B0NVIVA3NT.

ADOLPHE

Eh ! mon Dieu! uue dispute! Qu'est-ce qu'il y a donc, mesdames?

MADAME BOSVIVANT.

Ça n' vous regarde pas ; ét's vous sergent d' ville ? où donc est votre uniforme?

MADAME GIBOU ET MADAME POCHET

MADAME POCHET

C'est c'te femme qui se permet.... Ah ! bonjour, monsieur... Je ne me rappelle pas vot' nom. C'est vous qui nous avez payé des oranges avec ma fille l'autr' jour, au théâtre des Folies-Dramatiques?

ADOLPHE

J'ai eu cet honneur-là !

MADAME POCHET

Et qu' vous avez eu la complaisance de nous offrir vot' bras et deux places dans la Trjcique?

ADOLPHE

Vous avez été assez bonne pour accepter.

MADAME POCHET

Quand on voit qu' l'on a affaire à quelqu'un d' comme il faut.... car monsieur n'a pas besoin de dire son nom pour qu'on voie tout d' suite qui qu'il est.

Je me nomme Adolphe.

MADAME POCHET

Ah! quel nom ! quel joli nom! Adofe! Dieu! que j's'rais contente, si ma fille se marie jamais, qu'eir s'appellerait marne Adofe !

ADOLPHE

Je suis bien flatté, madame, que mon nom soit à votre goût.

MADAME POCHET

C'est comm' le mien , je ne le chang'rais pas contre bien d'autres. V^euve Pocliet : comme c'est doux à prononcer!

ADOLPHE

C'est délicieux ! mais , madame Pochet , l'autre Jour vous m'avez assez cruellement fermé votre porte.

MADAME POCHET

J' crois bien, il était ménuit; ces niélodrames finissent d'un tard... Ehbenîje n'saispas,ça n' m'amuse plus autant depuis qu' tout l' monde s'en mêle. Tenez, je crois que le bon temps (lu mélodrame est passé.

ADOLPHE

Que non ! que non !

MADAME POCHET

Ah ! que si! que si ! Oùsqu'est l' temps où on jouait Coe7i«a ; voilà des pièces, à la bonne heure.

Comment que vous dites ça ?

MADAME POCHET

Çoélina !

ADOLPHE

Çoélina ?

MADAME POCHET

Çoélina, ou l'Enfant du Ministère, à l'ancien Ambigu.

ADOLPHE, riant.

/ Oh ! oh ! oh ! Çoélina !

MADAME POCHET

Est-ce que c'est Çoélina qu'on rlit'.'

ADOLPHE

C'est ni ço ni co.

MADAME POCHET

Ni ço ni co ?

ADOLPHE

C'est çœ.

MADAME POCHET

Comment que j' cesse ?

C'est pas ça que je veux dire, c'est Cœlina. Enfin n'importe; maintenant qui fait grand jour, est-ce que vous me refuserez la faveur de vous faire ma visite ?

MADAME POCHET

Jeune homme, vous êtes joli, vous êtes aimable, et j'aurais trop d'peur que ma fille ne s' prenne pour vous, vu qu'elle est très sensible.

ADOLPHE

Ah! madame ! une alliance avec votre charmante demoiselle comblerait toutes mes espérances de bonheur. (A part.) Je mens très joliment !

MADAME POCHET

Oui, je le crois sincèrement, mais il faudrait qu' vot' famille ^ consentasse. Aux apparences, vous semblez appartenir à des gens cossus; vos estimables parents, dans quelle partie qu'ils sont?

ADOLPHE

Mon père est un riche banquier qui n'estime point l'argent.

MADAME POCHET

C'est exra ordinaire.

ADOLPHE

Pour lui, les vertus, le mérite et le talent sont tout.

Il est sûr de trouver ça chez nous.

ADOLPHE

Mon père sacrifierait tout pour son Adolphe.

MADAME POCHET

Comme moi pour ma Palmyre. Jeune homme, d'après les renseignements que je viens d' prendre, je vois que vous pouvez nous fréquenter; je donne à c' soir un' soirée : c'est un repas de noce que je rends ; il y aura une assez jolie société : si vous voulez m' faire l'honneur d'accepter z'une invitation, voilà mon adresse. (Elle lui donne un billet de loterie.) C'est tout près d'ici , dans l'allée de l'épicière.

ADOLPHE , lisant.

Loterie de France...

MADAME POCHET

Ah ! j' m'ai trompé; c'est une gueuse d'ambre que je nourris depuis bien long-temps : elle m'a déjà bien mangé d' l'argent.

(Elle lui donne une carte.) ADOLPHE, lisant.

.< Madame veuve Pochet raccommode les « bas de soie et Açfmc oseille; sa fille, élève

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