PALMYRE,»!-"» POCHET, M"" BON VIVANT
MADAME POCHET
Que j' te gronde donc, à présent. Tu ne sais donc pas que M. Josse est un homme qu'a fait une fortune conséquente dans son commerce , et qu'il établira son fils avec de quoi!
PALMYflE.
Qu'est-ce que ça me fait? vous le savez , je ne veux me marier que par inclination.
MADAME POCHET
Dieu! qu' t'es romanexe! ça n'empêche pas d'être politique, et d' voir ce jeune homme.
PALMYRE
Non , il n'y a que les arts qui me subjuguent.
MADAME POCHET
Pardinne , moi aussi ; si j'avais pas été ravaudeuse, j'aurais voulu être artisse.
PALMYRE
Air di Tanti palpiti. (de Tancredi.)
Les arts sont mon espoir ; La musique et la d.uise Auront seul's le pouvoir De pouvoir M'émouvoir !
Qu'un artiste s'avance, Nous nous aimons ; De ma constance Je lui réponds.
Mais qu'un banquier , ( bis.) Pour se marier, Me donn' tout son Lien , [bis.) Je ne reponds de rien.
(Point d'orgue tid libitum.) MADAME POCHET.
Est-ce que tu as mangé toutes les pommes de terre ?
PALMYRE
Les arts sont mon espoir, etc.
MADAME POCHET
Je ne veux pas te contrarier, mais il s'agit d'un' chose; nous avons été à la noce de mam'zelle Gibou , je veux lui rendre son repas , quand ça n' serait que par amour-propre... Tu
vas me faire le plaisir, en passant, d' passer chez elles, et de les inviter pour ce soir.
PALMYRE
Oui, maman; (à part.) justement , j'ai affaire par-là. (Haut.) Vous voyez comme je suis bonne enfant.
MADAME POCHET
T'es un ange ! (Elle l'embrasse sur le front.) Je me mire dans mon enfant.
PALMYRE
Mais ne causez plus comme ça dans la rue. On me dit au Conservatoire : J'ai rencontré (a mère une cruche à la main , qui causait avec la laitière... C'est mauvais genre!
MADAME EOiSVlVANT.
Dites donc, ma p'tite, la laitière vous vaut bien.
(Elle se lève. Palmyre se sauve.)
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