ALFRED, DOMINIQUE
Dominique lit les journaux. — Alfred entre par le fond.)
ALFRED. Dominique, rien de nouveau ?
DOMINIQUE. Non , monsieur.
ALFRED. Personne n'est venu ?
DOMINIQUE. La femme do chambre de mademoiselle Angèle , voilà tout. Elle venait vous supplier , de la part de sa maîtresse , de passer chez elle.
ALFRED. C'est bien. (^Duminlque se retire dans la première antichtirnôre.) Pauvre enfant!.. Quelle fatalité maudite pèse sur elle ! Il y a des momens oiÀ je suis prêt à tout dire à Ernestine et à faire un appel à son cœur. Mais le secret d'Angèle au pouvoir dé cette femme , c'est impossible. Il y en a d'autres oii je suis prêt à me jeter aux pieds de madame de Gaston , à lui tout avouer, au risque de perdre tout avenir. Toutes ces choses , qui tout à coup ont tourné ainsi , et qui jusque-là n'avaient eu pour dénouement que quelques larmes , suivies d'un prompt oubli... Cette enfant qui est là , qui souffre, qui me demande et que je n'ose plus voir... Je lui écrirai, j'écrirai à sa mère. Je lui dirai tout, et quand ma position seia fixée je réparerai tout. Madame de Gaston me pardoimera ; ses protections son t presqu'aussi puissiantes que celles d'Ernesline. ]Mais partons d'abord , partons.
DOMINIQUE. Monsieur?
ALFRED. Quoi?
DOMINIQUE. Le chasseur de madame de Varcy.
LE CIIASSEUR , enlrnnf. De la ])arl de madame la marquise.
ALFRED. Bien. Mon brevet! Ah! elle reprend confiance en moi : je ne devais le trouver qu'en arrivant à Vienne. Que m'éciit-elle? Il Une nouvelle combinaison mi- >' nistéiielle vient d'être arrêtée au cou- » seil , tous les ministres se retirent , ex- » cepté celui des affaires étrangères ! » Tout le crédit de madame de Gaston s'écroule, et celui d'Ernestlne se double. La nouvelle sera demain, 1.3 mars, dans le 'Moniteur. Oh ! me voilà à la mirci de cette
femme. îMais les événemens sont donc
d'accord avec elle Dominique , je n'y
suis pour personne.
LE CHASSEUR. Il u'v a pas de réponse , monsieur?
ALFRED. Dites à madame la marquise que dans un quart d'heure je pars.
LE CHASSEUR. Accompaguez-vous votre maître ?
DOMINIQUE, soritnd. Oh ! je le suis partout. Je suis son homme de coi\fiance plutôt que son domestique...