M"»- DE SAINT-YON, SAINT-VALLIER
SAINT-VALLIER. Ah ! ah! ah I... d'honneur, c'est incroyable .'...Eh quoi I noble tante , Lauzun invité à un bal que vous donnez à M'"« Dubarry... lui 1... l'ennemi déclaré de l'idole du jour.
M"* DE SAUVT-YON. Lauzun est allié aux premières maisons de France, vous le savez... il est notre parent, et j'ai dû lui envoyer une invitation ; mais je savais qu'une partie de chasse le retenait pour huit jours à Chantilly , et je me suis arrangée pour que ma lettre ne fût remise à sou hôtel que le lendemain de son départ de Paris.
SAINT-VALLIER. Voilà qui peut s'appeler du savoir-vivre de cour.
w"« DE SAINT-YON. M. de Lauzun est perdu par sa liaison avec cette créature , qui, depuis trois mois, remplit tout Paris de sa renommée.
SAINT-VALLIER. La piquante comtesse du Tonneau, qui éclipse presque l'astre de la cour.
M""« DE SAINT-YON. IVI™« Dubarry n'a rien à craindre d'une pareille comparaison.
SAINT-VALLIER. Sansdoute, noble tante; cependant, vous conviendrez que ce fou de Lauzun soutient sa gageure avec ime kitré-
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pidité qui ne se ralentit pas... sa comtesse d'emprunt lutte corps à corps, pour ainsi dire, avecM""^ Dubarry. Votre noble amie n'a pas une parure , que la comtesse de Lauzun n'ait aussitôt la pareille. A Longchamps, ses équipages ont effacé ceux de l'idole du jour... sa loge à l'Opéra est à côté de la loge semi-royale ; et dernièrement encore , au Cours-la-îleine , l'équipage de cette impertinente comtesse a coupé le carrosse de M™'' Dubarry> aux acclamations de la multitude... et, le croiriez-vous, aux éclats de rire de quelques jeunes courtisans.
M™^DE SAiM-YOïv. Oui.. .les Chevreuse, les Danglemont, les Descars... et autres étourdis qui vous ressemblent.
SAINT-VALLIEU. Aioi ? madame la marquise , j'espère qu'on ne peut mettre en doute mon dévouement pour M™" Dubarry.
Il y a trois mois, ne me suis-je pas battu pour lui faire rendre certaine cassette?..
jjjme j)E SA.IIVT-YON. Ce duel vous vaudra un régiment.
SAiNT-VALLiER. Oui, mais en attendant
il m'a valu le plus rude coup d'épée
C'est que j'avais affaire à un brave jeune homme, entêté comme un diable, par exemple!., car il n'a jamais voulu entendre
raison Que lui sera-t-il arrivé de sa
blessure?.... je l'ignore; on n'a jamais su où il s'était fait transporter, lui; et la cassette mystérieuse, cause du combat.
M™« DE SAINT-YON. Chargée de cette affaire par M™'' Dubarry, j'avais écrit à M. le lieutenant de police, et j'attends ce soir sa réponse.
SAINT -V ALLIER. Et dites-moi , noble tante , votre royale amie ne vous a jamais dit ce que renferme ce coffret qu'elle désire tant retrouver ?
M"'" DE SAINT-YON. Quelques papiers de famille, je suppose.
SAI\T-V-ALLIER , riant. Peut-être ses titres de parenté avec la fameuse comtesse du Tonneau.
M"* DE SAINT-YON. Oh! VOUS avez trop d'esprit , chevalier., pour répéter une calomnie fondée sur un misérable jeu de mots, et dont le bon sens de la cour a fait justice... Mais qui nous vient là ?
SAINT-vALLlER,remo«/tf72</a scène. Ehl chère tante, c'est votre invitéde Chantilly, c'est Lauzun lui-même !
M'^^DE SAiivT-YON. Lauzun! Lauzun!...
ah ! mon Dieu !
SAiNT-v ALLIER , à part. Je suis curieux de voir comment ma noble parente va se tirer de là.
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