SCÈNE II
PALMYRE; M'"^ GIBOU, en camisole, entrant par la porte à droite; elle porte sur une assiette une grande tasse , avec une rôtie.
MADAME GIBOU
Là ! v'ià queuq' chose d' restaurant pour c'te pauvre chatte, un' rôtie au vin et au sucre !
( Elle pose la tasse sur une table. ) PALMYRE.
Du vin et du sucre pour une chatte 1 est-ce que vous êtes folle, mame Gibou?
MADAME GIBor.
Tiens! c'est vous, ma petite! folle vousmême! c'est pour ma fille, c'te pauvr' mère; v'ià juste comme j'étais l' jour du lenredemain d' la nuit de ma noce avec ce pauvre Gibou. Air : Une robe légère.
J'avais un' rob' légère D'une entière blancheur , II u' figur' de bergère D'une entière fraîcheur.
Pour m' causer des surprises , Et s' montrer t'afjaçant , On nn' disait mill' bêtises.
J'en répondais t'autant.
PALMYRE
Est-ce qu'Adèle n'est pas encore levée ?
MADAME GIBOU
Est-ce qu'une demande comme ca se demande? C'te jeunesse qui se trouve pour la première fois exposée à connaître les inconséquences d'un époux. Ah ! Dieu ! comm' j'étais t'ayitée quand je me retira des bras caressants de Gibou ! J'en ai eu un mal à la tête toute la journée ,mênie qu'au lenredemain que les garçons d' la noce nous ont rendu, que j'étais agacée, j'étais agitée... j'aurais bien pu avoir des attaques de nerfs.
PALMYRE
Je vous crois, mame Gibou.
MADAME GIBOU
Et vous, mamz'eile Palmyre, quand donc (|ue vous frez comme mon Adèle, et qu' vous vous unirez à un homme ?
PALMYRE
J'ai le temps! je suis plus jeune aue votre lille.
MADAME GIBOU
Pas déjà tant : vot' mère et moi nous étions contemporaines du même quartier.
C'est pour ça... mame Gibou ., je viens d' la part de ma mère et de la mienne vous invid r ])our ce soir.
MAO. GiBor. -
MADAME CIBOU
M'inviter ! z'à quoi ?
PALMYRE
A une soirée ! nous recevons dij momie et nous donnnons un thé.
MADAME GIBOU
Z'un thé ?
PALMYRE
C'est le grand genre.
MADAME GIBOU
Tiens, ça s'ra drôle, des petites gens comme nous, de donner dans 1' grand genre!
PALMYRE
Eh bien! pourquoi donc pas? je ne ferai pas comme vot' fille, qui s'est contentée d'un petit coquetier?
MADAME GIBOU
Ma fille prend c'que sa mère y donne.
PALMYRE
Eh bien! moi, je prendrai ce qui me conviendra.
Prenez, mon enfant, prenez si vous pouvez ; on n'a pas toujours le choix.
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