‹ Pièces de théâtreChapitre 783 sur 1069 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

MARTIAL, puis GENEVIEVE.

MARTIAL, étendu dans un fauteuil., un morceau de pain à la main. Dieu!... quel bon air que ce Saint-Mandé!... Il n'est que liuit heures du matin , et vl'à déjà mon troisième déjeuner!...

Gi:NKVli:VK , lui frappant su/' l'épaidc. Gourmand!...

MAUTI.\L , faisant un sonhirsaut. OL I . . .

A droite du spectateur, une fenêtre garnie de pots de fond, ouvrant sur un vestibule. Meubles simples. .\ Teiupire. Un guéridon.

marne IMartial!... ma femme... que c'est bête de faire des peurs comme ça!..

GENEVIÈVE, m'en ironie. Et poltron pardessus le marché. A cette tournure héroïque, qui est-ce qui reconnaîtrait un débris de la grande armée?...

MARTIAL , gravement. Ne la calomnie?, pas, Geneviève. .. cette valeureuse {grandi; armée!... Je n'en faisais point partie activement!... A la vérité... mon père, vénérable groîjnard de la dix-septième... vou-

MAGASIN TIlEATl'iAL.

lait absolument nie faire inordie à la

pondre à canon mais quand on n'est

point né pour nne partie, c'est le diable pour s'y mettre ; et à notre départ pour la Russie...

Aiu: Elle a Irulii ses senntns et sa fui.

Le sac suri' dos, et 1' fusil sons le bras, INoiis traversions tJèreiiient rAllemagne; A eliaqu' coup X teu j' ralentissais le pas. Et j'reiiartlais du côte «1' la Champagne; Soudain l'ardeur in'eniporl' je ne sais où , Jlais c' n'était pas sur 1' cliemin de Moscou. Onij mon ardeur m'emport', etc.

GEAiEViÈVE. Je te conseille de t'en vanter...

MAUTIAL. Je ne m'en vante pas. IMals ou a du cœur ou on n'en a pas, comme on .1 le nez aquilin ou camard ; c'est un don (le la nature. Au.^si le colonel Louis Guéiin, qui m'avait pris en affection, rap- ])ort aux belles actions de l'auteur de moir elre, me dit un jour : «Martial, mon garçon... je crois que tu ferais un mauvais soldat , je vas te prendre pour domestique. »

GEIVEVJÈ\ E. Et tu n'as pas même l'esprit de ton nouvel état... Tu te soignes il'abord, toi î... et puis tu songes à ton maître quand tu as le temps.

MAiîTlAL. Dainl... puisque je suis domestique ! ..

GENEVIÈVE, liaussant les épaules. Tu devrais mourir de honte!.... Un si brave homme ! . . . qui se sert toujoixrs lui-même. . .

MARTïAl,. Pardi I je ne l'aurais pa.s pris sans ça.

GENEVIÈVE. Enfm , quand il a acheté cette maison, où mon père était concierge. . .

Ain : Un huinnie pour faire un tableau.

11 n'a fait ici qn' des licnrcux, Chacun 1' bénit dans 1' voisinage!

Et not' mariage, h tous deux, 1)' sa bonté fut encor l'ouvrage !...

Il comptait c[u' ton amour pour moi T'épargnerait plus d'un' semonce, Et que j' ferais que'.qu' chos' de toi..<.

Le re^it/daiil eti haussant les épaules. Mais, mon pauvre ami, j'y renonce !... (bis.)

MARTIAL, d'un air suffisant. Ah I . . . marne

IMarlial! vous ne dites pas toujours

ça... hum!... lium !...

GENEVIÈVE, d'un ail- prude .TsL\sez-\ous, monsieur. L'appartement de M"'" Pichard est-il prêt?

MARTIAL. La cousine du colonel? — cette grosse petite maman , qui se donne vuigt-liuit ans , et qui date de la prise de la Bastille?... i' peux pas la soufl'nr I...

GEM.VlÈVt:. l^ourquoi?.,.

MARTIAL. Elle VOUS traite un domestique... comme un laquais!... elle qui était blanchisseuse quand le colonel est parti le sac sur le dos !... Mais parce que défunt sou nrari , le gros marchand de bois de I^ieursaint, lui a laissé d' quoi... elle se donne des airs... (Riant.) Elle croit tout le monde amoureux d'elle!...

GENEVIÈVE. Jusqu'cà ce pauvre colonel qu'elle cajole... parce qu'il est baron!... Elle veut être mame la baronne!

MARTIAL. Par exemple!... le colonel est brave... je le sais... mais s'il l'épousait, je ne le garderais pas une minute de plus.

GE^EMlÈXE, l'écoutant. Attends donc...

Quel bruit!...

Elle regarde.

Air : Oui, sur notre passage. (Mari charmant.)

C'est nne citadine.

Qui s'arrèl'... je devine !

C'est la chère cousine!

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