SCENE PREMIERE
SUZANNE, seule.
Elle accourt toute essoufflée, jette son chapeau sur une cbaise et semble reprendre haleine.
Air du Morceau d'ensemble.
Quel plaisir ! . . . quel bonheur !
Je parle, parle... oui c'est moi-même !
Ce prodiee enchanteur, Ce n'est point un rêve trompeur !
Quel heureux changement !
Pour moi, dans mon ivresse extrême , Je parlerais vraiment A chaque instant, Même en dormant !
Souriant.
Mais ce n'est pas trop mal...
Surtout pour une commençante ;
De ce bien sans égal Mon sexe est d*it-on libéral ..!
Aisément je le crois.
Cardans ma joie impatiente,
De ma bouche à la fois.
Au lieu d'un mot, il en part troik !
Que! plaisir, quel bonheur! etc.
Ail ! iiie voilà donc enfin comme toutes les femnics I... jeparleî... Et mon tuteur qui ne s'en don te pas!... depuis liier, depuis ce niaiidit dut l, où il ne lui est rien arrivé, Geneviève nie l'a bien assuré... impossible de le voir... de ini adresser mes premières paroles de bonheur!... heureusement que j'avais Geneviève... car ça m'étouflait!... et puis, j'avais besoin de m'exercer... quand on n'a pas tincore l'iiabiiude... {D'un air satisfait.) Elle dit que que j'ai de grandes dispositions, et que j'irai très-bien... aussi, dès que je suis seule, je me parle... je ni'écoute... je me réponds. . . j'essaie les mots les plus tendresl {Ai.>ec impatience.) IVIais c'est ennuyeux de n'avoir personne à qui les adresser!... Ce • vilain tu'cur !... que fail-il donc? au lieu de venir jaser. . Mais réveillez-vous donc, ntonsieml... si vous s;iviez que je parle... que je chante peut-être... ( Frappée d'une idée.) Tiens ! c'est possible !. . . je n'y songeais pas !
Air nouveau.
Essayant avec crainte.
Ah! ah! ah!...
Parlé. Dieu ! que c'est mauvais î
Ah! ah! ah!
Parlé. Oli ! mais, c'est détestable î
Ah! ah! ah!
Parlé. C'est déjà mieux !
Ah! ah! ah!
M'j voilà !
On entend técho.