PREMIER COUPLET
Vertes montagnes, Fraîches campagnes.
Qu'avec bonheur je vous revois!
L'onde murmure...
Dans la nature Tout semble sourire à ma voix!
Et bien souvent, pour causer là.
Lorsque personne ne viendra L'ccho du moins me re'pondra...
Avec uti petit soupir.
Faute de mieux, c'est toujours ca !
Chantant acec i'écho.
Ah !... ah!.,.
Le charmant duo que voilà !
DBUMEME COUPLET.
Plaisi
r snpreme
Dire /e t'aime Ce mot charmant se dit parfois!...
Je veux l'apprendre, Il est si tendre !
Je le crois très-bien dans ma Toix !
Et quand ici nul ne sera Pour me iêp(;fer ce mot-là...
L'êcho du moins y re'pondra.
v/tpc un soupir plus marqué.
Faute de mieux, c'est toujours ca !
Chantant avec l'écho. •
Ah!...ah!...
Lfi rhnrmnnt dno que tnila I
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SUZAISNE, GENEVIÈVE, qui a paru au fund pendant la fin de l'air.
GE?JEVIÈVE. Bravo, mams'ellel ^V.ZX'S'SV., courant à elle et aoec volubilité. Aliî c'est toi, Geneviève!... viens donc vite... quand tu n'es pas là , j'ai toujours peur d'oublier. Eh bien I personne ne sait la nouvelle?... as-tu vu mon tuteur ?... il n'a pas été blessé, tu en es sûre ?... et M™^ Picbard, est-t-elle toujours furieuse contre moi?... A-t-elle reparu?... fait-elle des histoires... jette-t-elle les hauts cris?... réponds-moi doue.
GENEVIÈVE, étourdie. Ah! mais, ah!
mais, ah! mais... n'y en a plus que pour vous ! . . . quelle débâcle !
SUZANNE. Il faut bien que je rattrape le temps perdu.
GENEVIÈVE. Si vous continuez , vous serez en avance. Pour aller [par ordre, ]\lme Pichard est toujours chez JM""^ Chabouillant. . . elle ne décolère pas. . . vot' \.\xtcvLV esX. saine tl sauve... rï\^\S]e n'ai rien pu savoir du duel... vu qu'après le combat, le colonel a été à Paris, qu'il n'en est revenu qu'à la nuit , et ne s'est pas couché... car je l'ai entendu qui se promenait et parlait tout seul.
SUZANNE Tiens! c'est comme moi.
GENEVIÈVE. Vous n'avez pas dormi?
SUZANNE. Ah bien oui! j'avais trop de choses à me dire ! . . tant d'impressions nouvelles!... et dès le point du jour donc... je courais le jardin, je parlais à tout ce qui m'entourait... aux fleurs, aux arbres, aux nuages... aux oiseaux de ma volière, qui me battaient des ailes, comme pour se réjouir aussi de mon boni leur!... Ah! que tout était beau!... j'étais heureuse! j'étais folle 1 je pleurais ! {S' essuyant les yeux en riant.) Je crois que je pleure encore.
GENEVIÈVE, émue. Pauvre chère demoiselle !
SUZANNE. Geneviève, si nous allions surprendre mon tuteur... je lui sauterais au cou... je lui dirais : Bonjour, monsieur... voulez-vous causer ?. . . je puis vous répondre maintenant.
GENEVIÈVE, effrayée. Oh ! gardez-vous en bien, mams'elle.
SUZANNE, étonnée. Pourquoi?
GE^E\ji.^'E, embarrassée. Ah ! pourquoi ? (j4 part.) Diable de consultation!
SUZANNE, larcgardant. Qu'as-tu donc?. . .
cet air d'embarras... qu'est-ce que cela signifie?
GENEVIÈVE Ça signifie, mams'elle, que
vous v'ià bien contente, bien heureuse ; que vous parlez comme si vous n'aviez fait que cela loute votre vie... et qu'il faut vous remettre... à vous taire.
SUZANNE, se récriant. ]Me taire!... moi? GENEVIÈVE. Jusqu'à nouvel ordre.
SUZANNE. Par exemple! ou n'en a pas le droit, ce serait une horreur , une injustice!... je puis parler, je veux parler... et je parlerai.
GENEVIÈVE. Avec moi , tant que vous voudrez... il n'y a pas de danger... aussi, nous nous enfermerons de temps en temps pour jacasser!.. Tenez, pendant que nous sommes seules, donnez-vous-en à cœur joie. . . faites des provisions! . . mais, dès que quelqu'un paraîtra, motus.,, ou c'est fait de vous !
SUZANNE, plus étonnée. Et à cause?
GENEVIÈVE, cherchant ses mots. A cause de la consultation!... oui... la fin... qu' vous n'avez pas entendue... disait... de vous marier... et que... vous parleriez! SUZANNE. Eh bien?
GENEVIÈVE. Eh bien?
SUZ-fiNNE. Je parle avant le mariage... tant mieux pour mon mari.
GENEVIÈVE, se dépitant. Mais du tout !
i^A part.) Elle ne comprend pas!... {Haut.) Moi, voyez-vous, jesaisque c'est la frayeur, votre tendresse pour le colonel qui ont amené chez vous une révolution... mais les autre ne sont pas obligés de deviner... et cettesatanée consultation... a fait du bruit; mame Pichard a bavardé. . . on en jasaità la cuisine... ces gens de campagne, c'est si bêtes! si bavards... ils diraient ci, ils diraient ça! . . .
SUZANNE. Ils diraient ci, ils diraient ça ! si j'y comprends un mot!... Tiens, puisque tu ne peux pas t'expliquer plus clairement, je cours le demander à mon tuteur.
GENEVIÈVE, la retenant. Oh ! ne faites pas cela, mams'elle, je vous en prie, comme on prie le bon Dieu. . . vous savez si je vous aime, si je vous suis dévouée... mais si le colonel vous entend prononcer uq seul mot !
Air : Amis, voici la riante semaine.
Il vous fuira, soyez-en bien certaine.
Ça s'ra fini pour vous et plus d'espoir; Car sa tcndress' va se changer en haine... Il n' voudra plus vous aimer ni vous voir.
SUZANNE, étonnée.
Ne plus me voir! je n'y pais rien comprendre ; .^i'ec dépit.
J'ai du malheur ! quand ma bouche au surplus Ne pariait pas... je pouvais vous entendre, Je parle enfiu et ne vous entends plus. (Bis.)
SUZANNE
(/^('^r/eso/u//oA!.) Mais je veux absolument savoir. . .
GEm:\ lÈVE. Eh bien ! puisqu'il le faut ! {Écoulant au fund.) On vient!... je vous le dirai plus tard, mams'elle. .. mais je vous en conjure, redevenez muette.
SUZANNK. Je ne peux plus.
GENKVIÈVE. Pour aujourd'hui seulement—
SLZANNE. J'en mourrais I...
GENEVIÈVE. Eli bien, pour une heure...
StzwNE. Poui- une heure...
GENEVIÈVE. Oui , oui , uue heure, nous verrons après... Je vous le demande en grâce... ou c'est fait de vous, vous êtes perdue à jamais.
.srZAXM',. Tu me fais pour Une
heiirel... soil!... C'est bien long!...
GENEVIÈVE. A ons leiL'z des gestes!...
St zwMî , Oi^ec humeur. Oli ! je ne m'en souviens déjà plus!... ca m'embrouillelait!...
GENEVIÈVE. Eh bien!... vous n'avez qu'à parler en dodans —
SlZVNNE. Beau plaisir !..
(.ENEVIÈVE, bas. Chut !... C'est 3Iartial 1...