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GENE III

Les Mêmes, MARTIAL.

M.ARTIAL, OU fond. Pardon, excuse... Le colonel fait demander comme ça si Mamselle est levée ?...

SLZVNXE, à mi-voix. Il y a long-temps ! . .

MARTIAL , s' approchant. Hein ?. . .

GENEVIÈVE , poussant Suzanne , f/u! se mord les lèare^. Je dis qu'il y a longtemps!... Tu le vois bien, d'ailleurs...

MAKTI.AL. Je vas lui rendre réponse!...

Il se retouine pour sortir

SL'ZANNE , bas à Genci'ièi'e. Questionnele donc sur ce duel?... puisque je suis muette, parle pour moi , au moins.

GENEVIÈVE , bas. Avec plaisir?... [appelant.) ]Marlial!

MARTIAL, s^arrêtant. Plait-il?

GENEVIÈVE. IMamselle Suzanne, qui connaît ton talent pour les récits... désire que tu lui contes ce qui s'est passé hiei', entre ton maître et ce jeune homme?

M.ARTIAL. Oh! justement!... le colonel qui ne veut pas que mamselle sache...

GENEVIÈVE. Oui... mais mamselle veut savoir... et moi , ta femme... je le veux aussi, je te l'ordonne... j'suis dans moji droit... ainsi, dépeche-toi.

MARTIAL, il ml'oolx. Mais le colonel m'a promis uue roufjle... si je parlais !...

GENEVIÈVE. Et moi... vingt soufflets...

si tu ne parles pas. . . cboisis, . .

MARTIAL , à part. Choisis !... N'y a pas àliésiter... J'peux éviter l'colonel... tandis que ma femme , qui m'a toujours sous la main...

SUZANNE , à part. Eh bien?...

Elle va vivement h Martial, lui montre une pièce d'or et lui ordonne de parler.

MARTIAL , prenant la pièce d'or. Pour une muette , elle s'exprime avec un cbarme \...{A Suzanne, qui s'impatiente.) \ oilà, mamselle... C'est pour vous, au moins!

{Montrant Geneincve.)'E\\e croirait que je la crains... ( y4 Suzanne.) Figurez- vous... Ils sont arrivés sur le terrain... Ils étaient là tous deux... moi... un peu en arrière... pour ne pas gêner leurs mouvcmens... parce qu'il faut avoir ses aises!.. Pour lors, ils ont mis l'épée à la main... Ah! mamselle!... quelle situation pour un témoin!... C'est horrible!

Air de Pré^ille et Taconnet.

Ça vous remue au fond del'ame...

Je voyais tout confusciiient...

Puis le soleil sur cliaque lame,

Ça m' donnait ini ebloiiisscmcnt, Et je sentais qu j' m'en allais tout doiic'mcnt!

J'entends un uh l qui me rassure, C'était r petit qui recevait presque ricu.

Montrant le haut du poignet.

Un' véiitable igratignure... Eh bien!

Ça m'a remis. .."et jamais, je vous jure, Un coup d'cpé' n' m'a lait autant de bien.

SUZANNE, has^ à Genevièi'C. Je resnirc !

MARTIAL. Alors , je me suis écrié : « Eu voilà assez! celui qui veut recommencer n'est pas Français! » Le petit était cramoisi !... vu que son épée lui était échappée. Le colonel lui a dit deux mois à l'oreiUe... Alors il l'a ramassée , et nous l'avons reconduit chez lui ! ici près , au numéro 3. . . Mais ils ne se sont pas serré la main... c'est mauvais signe... parce qu'à l'armée , quand on s'est donné un cou]) do sabre , on s' donne une poignée de main et on déjeune ensemble ! faut savoir vivre I... Moi, en rentrant, j'ai bu deux verres de vin à leur intention ; ça vaudra ce que ça pourra!

GENEVIÈVE. Tais-toi ! c'est le colonel.

SI ZANNE , à part. Mon tuteur !

MARTIAL , bas. Ne dites rien surtout.

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