SCENE XII
Les Mêmes, MARIE.
MARIE , surprenant Titi aux genoux de Phrosine. Monsieur Titi aux genoux de Phrosine?..
TITI, sans se relever. Jurant à sa beauté amour... constance et fidélité... à perpétuité.
MARIE. Il paraît que monsieur Titi court plusieurs lièvres à la fois.
TITI, se relevant. Comment ça? (À part) Ah ! mon Dieu! Justin a parité !
PHROSINE. Qu'entends-tu partes lièvres, Marie ?
Elle passe au milieu.
TITI. Ah! rien, rien...
PHROSINE. C'est égal, monsieur, je veux le savoir... Marie, je te somire de t'expliquer (Elle fait sonner Z'r.) plus clairement. Qu'y a-t-il ?
TITI, d part. Ma position est fort bête!., oui !
MARIE. Hé bien , il y a que monsieu/, Titi se moque de toi ou de moi, ou plutûti de toutes les deux... car ce matin il m'a fait dire qu'il m'adorait et qu'il voulait m'épouser...
PHROSINE. Ah! ciel!., quelle indignité!., comment, monsieur, vous me trompiez...
vous me faisiez poser?
TITI, d part. Ça sent le brûlé !
PHROSlXE. Mais parlez donc? répondez donc... grosse infamie que vous êtes!..
TITI. Un instant... Phrosine... je demande la parole pour me blanchir à vos yeux.
PHROSINE. Voyons, monsieur, voyons, blanchissez-vous.
TITI. Marie... Je vous gage trois francs que c'est Justin qui vous a dit ça ?
MARIE. Oui, monsieur, c'est Justin...
Après?
TITI, passant au milieu en se croisant les bras. Comment., relieuse trop naïve...
vous n'avez pas compris la couleur?
MARIE. La couleur...
TITI. Vous n'avez pas deviné que depuis six mois Justin vous aime comme un nègre... et qu'il voulait vous éprouver.
MARIE, à part. Il serait vrai? {Haut) Oh! non, l'iti, vous vous trompez, Justin ne m'aime pas.
TITI. Il en est bête, il m'ennuie de vous toute la journée, (a part.) Ma foi, Justin s'arrangera...
PHROSINE. Ce pauvre Titi que j'accusais.
TITI. Ah! Phrosine... vous m'avez froissé l'âme!., vous m'avez perforé le cœur! Ah! Phrosine... un homme qui est plein d'innocence et dont la probité, et l'intégrité, et la naïveté. Ah! Phrosine!.. (A part.) Ça devrait être défendu de mentir comme ça.
PHROSINE. Titi , je vous indemniserai.
{à Marie.) Marie, faut faire comme moi... si ce jeune homme t'aime violcnmaent...
il faut lui correspondre. Justement, j' crois qu' le v'Ià. [Elle vavoir.) Non, c'est le cousin Georget.