‹ Pièces de théâtreChapitre 83 sur 1069 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

THOMAS, sous le nomd'ALFRED; ADÈLE.

ALFEED, en dehors.

A la boutique!

ADELE, criant.

On y va! — Que c'est dur de répondre comm' ça à la pratique! avec Alfred , j'aurais été...

ALFRED, en dehors.

A la boutique !

ADELE, criant.

On y va , qu'on vous dit!

ALFRED, entrant.

Vous êtes seule , Adèle?

ADÈLE

Dieu! ah! vousvoilk, monsieur Alfred! d'où venez-vous, depuis un mois que je ne vous ai vu?

ALFRED

Adèle, ne me grondez pas, j'ai été obligé de faire un voyage.

adÉle.

Oui , à Saint-Cloud , à Montmorency , sur des ânes, avec des demoiselles... je vous connais.

ALFRED

Du tout, Adèle; sortez de l'erreur fatale oii vous êtes plongée: des soins plus impérieux... ont réclamé mes loisirs.

Air : C'était au fond d'un vert bocage. ( la Chebcheuse d'Esprit.)

Il fallait bien que je prévinsse De cette affaire mes parents :

C'est pour cela qu'en ma province J'ai voulu passer quelque temps !

Toute ma famille chérie , Pour notre noce, douce amie, Devait ici veuir exprès...

ADELE.

J' n'entends rien à tous ces apprêts.

Monsieur, d'abord on se marie, Et la famille vient après.

D'ailleurs tout ça c'est des prétextes ! vous êtes un traître, un infidèle.

ALFRED

Mais non . .Adèle'

MADAME GIBOU ET MADAME POCHET

ADELE.

Dieu ! que les femmes sont malheureuses de s'atlacher! vous m'avez oublie'e... vous ne m'aimev. plus !

ALFRED

Adèle, je reviens pour ne plus vous quitter; je viens vous offrir ma main.

ADELE.

Votre main, perfide !

ALFRED

Voilà comme vous me recevez''

ADÈLE

Mon Dieu! que les hommes sont trompeurs, A'olages , inconstants!

ALFRED

Puisque je viens...

ADELE.

Vous êtes un monstre !

ALFRED

Vous offrir ma foi...

ADELE.

Il est trop tard.

ALFRED

Pourquoi?

ADÈLE

Je suis mariée!

ALFRED

Mariée!

ADELE.

D'hier.

ALFRED

Par exemple! et vous m'appelez trompeur , volage, inconstant, quand c'est vous!...

ADÈLE

Moi!

ALFRED

Mais dame , je vous le demande; il est fort, celui-là!

ADÈLE

Je suis mariée; mais c'est votre faute.

ALFRED

Vous verrez que c'est moi qui ai tort!

ADÈLE

Etre un mois sans venir !

ALFRED

Vous ne pouviez pas être fidèle six semaines?

ADELE.

C'est un siècle, quand on aime.

ALFRED, jouant le désespoir.

Adèle, vous venez de me donner un coup de jioiynard... Tu m'as fait bien mal , Adèle !... lu me renvoies donc?

ADÈLE

Vous connaissez les devoirs d'une épouse.

ALFRED

Il faut donc nous faire nos adieux ; permettez-moi de vous embrasser (.\déle recule effrayée.) pour la dernière fois.

ADÈLE

Pour la dernière!

(Elle s'avance, -Mirt-J l'cnibiiisse. )

Page 1