SCENE YL
Les Mêmes, GRANDIN.
GUANDIIV, à lui-même. Je viens de voir mon malade. C'est singulier, il va plus mal, et pourtant je le traite homcopadiiquement.
S\i.\lE, à LêuiiarJ. Quoi! vraiment, cîicz vni banquier?
LÉONARD. Chez le banquier Eptmann...
GRANDIN. Hein?.. Qui est-ce qui parle du banquier Eptmann ?
LÉONARD. Moi , monsieur, qui vais entrer chez lui, en qualité de commis.
GRANDIN. Mais il me semble qu'il n'y avait (ju'une place vacante ?
LÉONARD. Une seule et imique.
GRANDIN. Et je l'ai obtenue aujourd'hui.
LÉONARD. Yous?
GRANDIN. Moi-même.
LÉONARD. Ça n'est pas possilde! |
GRANDIN. 11 est possible que <;a ne soit pas possible... mais ce qu'il y a de sûr , c'est tjue eetlc place m'a été accordée ce matin.
LÉONARD. Ce matin! Mais je ne vous connais pas ; nous n'avons jamais joué aux dominos ensemble ; nous n'avons pas été eu nourrice dans le même p'iys ; nous n'avons gardé ensemble aucune espèce d'êtres quelconques ; en un mot, je ne sais ])0ur- (]uoi vous me faites du mal, à moi qui ne vous ai jamais rien fait...
GRANDIN. Ah ça ! à qui en avez-vous ?
LÉONARD. Cette place vous était donc bien nécessaire?
GRANDIN. Mais ce n'est pas pour moi que je l'ai demandée ; c'est poui' lui jeune homnu; qu'un de mes amis ])roté{;e.
LÉONARD. En voilà de la noirceur !.. Ce n'est pas pour lui !.. C'est pour un individu qu'il ne connaît pas... Mais vous êtes doïic bien acharné après moi ?
GRANDIN. A'ous êtes stupide !
LÉONARD. Voilà qui est cigresle.. Moi , stupide ! jNon, tyran... non, je ne suis pas slujiide... Je pourrais l'être... j'aurais le droit de le devenir... il m'arrive assez d'événemens pour ça... Mais non, je me retiens , j'ai pitié de mes ennemis.;, de vous tout le premier.
SYLVIE. Monsieur!
LÉONARD. On veut me rendre malade, l'univers voudrait me rendre malade. Eli bien! non ! je ne serai pas malade. Je man- <^erai, je dormirai, et j'engraisserai. Je deviendrai énorme ; je serai gai, je rirai toujours. (// ri/.} Ah ! ail ! ah !
GRANDIN. Eh ! couune vous voudrez. Je vous salue, madame Jolivet.
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