‹ Pièces de théâtreChapitre 854 sur 1069 · M- JOLIVET, SYLVIE, LÉONARD · texte numérisé non relu

M- JOLIVET, SYLVIE, LÉONARD

(Il a son habit déchire , il n'a pas de chapeau, enfin sa toilette est dans le plus grand désordre. )

LEONARD , a Duteil qui vient de le heurter. Vous ne m'avez pas fait lu moindre mal. (// parl.^ C'est un nouveau système que je

veux adopter . . je serai toujours content... on iiiL- batlia, je rirai... on nie volera, je rirai... enfin, je veux devcni'- un viai Démocrite !

SYLVIE. Ah ! mon Dieu I monsieur Léonard, dans quel état vous voilà !

LÉONARD. Je ne sais pourquoi vous vous affectez d'une chose qui ne me fait aucune peine... une chose qui m'est même fort agréable. . .

SYLVIE. Mais, qui vous a arrangé ainsi? LÉONARD. Le concierge du ministre...

un fat, avec lequel je me suis colleté, ayant pour témoins son chien et sa femme qui ont pris son parti... Comme c'est petit de la part de cet animal!., (le chien) de se mêler à la conversation que j'avais avec cet énorme manant... (le concierge). Mais, je ne leur en veux nullement à aucune de ces trois créatures... et je compte même , toutes les fois que je les rencontrerai, leur ôtermon chapeau, quand j'en aur;ù un . . Je n'en veux plus à personne au monde.. . je suis sur ce globe pour souffrir... Eh bien ! je me résigne.

M"* JOLIVET , à part. Cette indifférence n'est pas naturelle... {Haut.) Monsieus Léonard, nous avons des excuses à vous faire.

LÉONARD. Des excuses... à moi? je n'en veux pas... vous m'avez fait beaucoup de mal, c'est vrai!., mais c'est une conséquence du rôle que je joue sur la terre... Je suis né victime..» je dois êtie victime I SYLVIE, àclle-même. Est-ce que le chagrin l'aurait rendu fou ?

LÉONARD, qui a entendu. Je ne suis pas fou!., mais j'ai l'espoir de devenir imbécile... c'est là le but de tous mes vœux... parce qu'alors. .. soit que je fasse des ronds dans l'eau. c. soit que j'attrape des .mouches... soit que je me livre à la culture des légumes... je serai parfaitement insensible aux turpitudes de ce monde !

SYLVIE. Pauvre monsieur Léonard!., je conçois votre chagrin. Eh bien! permettez-moi de vous faiie oublier toutes vos tribulations.

LÉONARD. Vous, Sylvie?

M"^ JOLIVET. Oui, mon ami... ma fille a été injuste envers vous... et moi aussi.

SYLVIE. Et si l'offre de ma main peut vous faire oublier...

LÉONARD. Quoi! je pourrais?,. Ah!., oh !.. de l'air !.. de l'air ! . . j 'étouffe. . . M""* JOLIVET. Ah! mon Dieu! LÉONARD. Ce n'est rien... c'est la joie... c'est comme un individu qui aurait été long-tems oublié dans mi tiroir... et (|ui (St d «'livré. .. on est suffoqué...

LB MAGASIN THEATRAL

SYLVIE. Remettez-vous.

LÉONARD. Ça va toul-à-fait bien... tout mon inléiicur a repris sa place... IMauUcnant , vous pouvez me dire pourquoi ce matin?..,

SYLVIE. Vous le saurez plus tard... Dites-moi plutôt vous-même quelle ét.iit cette lettre que vous attendiez?

LÉONARD. Une lettre de uion directeur, à qui j'ai demandé une gratification...

Est-^e que vous l'avez reçue?

SYLVIE. Du tout.

LÉON \RD. Il ^a. est bien capable, le cliiclie q^j'il est!... uiais , c'est égal... je deviens votre mari, j'ai une boime j)lace... je défie le destin! ( On entend un friand tumulte de ruix, dans le. fond. ) Qu'est-ce que c'est que ça?

(Julien paraît au foiul.)

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