‹ Pièces de théâtreChapitre 871 sur 1069 · VAUDORÉ, LÉONIDE · texte numérisé non relu

VAUDORÉ, LÉONIDE

VAUDORÉ , avec transport.

Vivent la Russie ! ... la Moscovie, la Tartarie et la flouerie!... Nous voilà riches...

LÉOSIDE, de même.

Richissimes !..,

VAUDORÉ

Les gens de monsieur!...

LÉOSIDE.

Les femmes de madame!...

Mon Avisky, mon tilbury, mon vis-à-vis...

LÉOMDE.

Ma cakchc , mon landau , deux gros cochers ,

MAGASIN THÉÂTRAL

six laquais, huit chevaux et des armes surines panneaux...

VACDORÉ.

El quels dîners!... quels déjeuners! quels soupers!... perdreaux truffés matin et soir... madère sec à l'ordinaire, et petits verres à discrétion.

LÉONIDE

Des toilettes renversantes... des poufs de diamant et des plumes d'autruche.

VAUDORÉ

A bas la misère!... à bas les Vatel à vingtdeux sous!...

LÉONIDE

Nous renonçons à Paris...

VAUDORÉ

Pour toujours!...

LÈosiDE, le regardant.

Sans regrets, hein?...

VAUDORÉ, vivement.

Sans regrets... {.se reprenant) c"esl-à-à\re, c'est un peu taquinant... mais nous voilà Russes... Busses à mort!

LÉONiDE, changeant de ton.

Vivre au milieu des glaces de la Russie, moi qui n'aime que celles du jardin Turc... et à la pistache encore!...

VAUDORÈ.

Léonide , songez à votre rang, à votre opulence...

LÉOMDE.

L'opulence... je ne dis pas... mais pour le rang, j'en avais un fort gentil dans mon comptoir d'acajou...

VALDORÉ.

Léonide, Léonide, vous ra'aB'ectcz...

LÉOXIDE.

Adieu le boulevard du Temple... adieu Romain- ■ville , les prés Saint-Gervais et la Grande Chaumière, où l'on dansait si bien.

VAUDORÉ

Autres mœurs, autres folies, Léonide!...

LÉOSIDE.

Plus de bal Julien... de concert Musard... de Debureau, où l'on riait si fort...

VACDORÉ.

Tu verras knouter des Cosaques et patiner des chambellans Russes.

LÈOMDE.

Plus de parties de campagne... le dimanche... à nous deux... ( se rapprochant de P'audorê) comme ça... côte à côte... où tu t'en allais chantant ma Normandie , un melon sous un bras... et moi sous l'autre...

Klii- lui prend k- bras.

VACDORÉ, ému, se dégageant.

Finissez, Léonide... vos souvenirs me montent à la tête, ma chère amie...

LÉOKiDE, s approchant encore.

Et le couvert sur l'herbe, et la bouteille calée dans l'ornière.

VAUDORÉ, avec sentiment.

Nous mangions du veau dans des potsde conli ture!

lÊoxiDE, de même.

Et nous buvions du vin de Champagne dans des pots de moutarde! Ah! c'était le bon temps I VAUDORÉ, pleurant presque.

Léonide, ménage le cœur d'un nouveau boyard.

LÉONIDE, avec élan.

Et nos courses à âne, où l'on tombait quelquefois.

VAUDORÉ

Assez, assez, sirène!

LÉONIDE

Et Mcmorenaj, où l'on s'embrassait toujours!

VAUDORÉ , avec effusion.

Mais l'oa s'embrasse encore, Léonide, on s'embrasse avec le même entraînement.

LÉONtDE, avec dignité.

Arrêtez, Oscar Vaudoré, je ne m'appartiens plus, je suis mariée, vous êtes marié, nous sommes mariés !

VAIDOEÉ.

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