É0SIDE, à part, regardant F'audoré
Voici l'instant de lui prouver mon amour I
OSTROGOFF, avec nolennilé.
Vassaux et vassales, en ce jour solennel, où mes illustres rejetons...
LÊOMIDE.
Un instant, père noble, et écoutez-moi. 'Elle le T^rend par la main el le place eu face de Vaudorû.) Je vais vous sauver d'un énorme danger, qui menace la maison des Ostrogoff.
OSTROGOFF.
Je suis fort ému.
LÉoxiDE, montrant I^audorc.
Vous voyez cet homme?
VACDORÉ, à part.
Elle va recommencer mon éloge. Prenons une attitude modeste.
LÉONIDE, continuant.
Vous croyez introduire dans votre famille un peintre célèbre? Vous croyez qu'il s'appelle Eugène Célicour et qu'il a exposé au salon? Eh bien! cet homme vous a horriblement abusé.
VACDORÉ, à part.
Hein?
LÉOMDE.
Il a nom Oscar Grenouillot, dit Vaudoré
VACDORÉ.
Qu'est-ce qu'elle dit !
LÉONIDE
En fait de peinture, il avait un atelier en plein air; il peignait les enseignes, badigeonnait le: maisons et portait une casquette de papier. VACDORÉ, furieux.
Ah mais! ah mais!...
LÈOSIDE.
En fait de parens, son père est fabricant de briquets éventés; il a montré des figures de cire pour deux sous; il a été Bédouin à la Porte-Sain '.- Martin...
VACDORÉ.
Ça passe les bornes !
LÉONIDE
Enfin c'est un intrigant, un banquiste, un saltimbanque, un équilibriste qui vous tournera en ridicule sur la surface de toutes les Russies. VACDORÉ, hors de lui.
Ah! c'est trop violent! je n'y tiens plus! A mou tour! (// prend le boyard par la main et le place en face de Léonide; Ostrogoff est tout étourd' ) Vous voyez cette femme? tranchons le mot, cette jolie blonde?
LÉOMDE, riant à part.
Les yeux lui sortent!
VACDORÉ.
Vous croyez donner pour épouse à monsieur votre fils une femme à talens? Vous croyez qu'elle s'appelle Félicie Gervaux, fille d'un guerrier français? Point! Cette femme s'est jouée de votre fort peu d'intelligence.
LÉOMDE, enchantée, à part.
Allons donc !
\ ACDORÉ.
Elle a nom Léonidc-Zizine Robinard.
LÉOMDE, à part.
Très-bien , Vaudoré !
VACDORÉ, de même.
Elle a été sultane au café des Aveugles.
LÉONIDE
Bravo , Oscar!
VACDORÉ.
Elle sait sa langue maternelle comme le portugais, qui lui est parfaitement inconnu. En fait de musique, elle est de la force d'un orgue de Barbarie, et, en fait de danse, elle apprendra à ces demoiselles
juste ce qu'il faut pour que le municipal s'en mêle.
LÉONIDE
Il va comme un ange.
VAUDORÉ
Bref, c'est une descendante pur sang de feu le baron de Wormspire, qui vous rendra la risée de l'Europe, à quinze lieues à la ronde.
OSTUOGOFF.
Arrêtez, arrêtez, je suis étourdi ! j'ai mal à l'estomac; j'ai besoin de prendre l'air.
ALEXIS
Si je ne me retenais, je deviendrais imbécile; mais je me retiens.
osTROGOFF, s' emportant .
Ab! voilà donc ce que vous êtes tous les deux? A mon tour, à moi ! Allez-vous-en, fuyez, sortez de mes domaines... plus de mariage; que le contrat soit déchiré en mille pièces.
MILNA.
Papa !
OSTROGOFF.
En deux mille pièces !
ALEXIS
Papa!
OSTROGOFF.
En trois mille pièces !... je paie le dédit. Intendant, qu'on leur donne vingtmille coupsdeknout... non, non, je me trompe, vingtmille roubles... quarante mille roubles, s'il le faut... Mais qu'ils s'en aillent, qu'ils s'en aillent.
MILNA, se trouvant mal.
Ah!
OSTUOGOFF.
Emportez ma fille.
Des femmes emmènent Milna.
ALEXIS, s' évanouissant aussi.
Oh!
OSTROGOFF.
Emportez mon fils. (Des cosaques emportent Alexis. )El\ons, malheureux, jevous couvre de ma malédiction... Ah!
Il se trouve mal.
LÉONIDE
Emportez votr' bourgeois.
Des cosaques soutiennent Ostrogoff', qui sort suivi <\c tout le monde.
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