VAUDORÉ, LÉONIDE
LÉONIDE, riant aux éclats.
Ah ! ah ! ah !
VAUDORÉ, abasourdi.
En voilà du gâchis !... eh bien, je vous en com-
plimente, vous avez fait de la jolie ouvrage, parlons-en.
LÉONIDE, tranquillement.
Vaudoré, mon garçon, je vous croyais plus d'esprit qu'un imbécile , vous en avez juste autant.
VAUDORÉ
Hein !
LÉONIDE, vivement.
Comment! ne m'as-tu pas dit que tu m'aimais toujours?
VAUDORÉ
Oui, Léonide.
LÉONIDE
Que tu regrettais Paris ?
VAUDORÉ
Oui, Léonide.
LÉONIDE
Mais qu'il te fallait delà fortune?
Trois fois oui, Léonide.
LÉONIDE
Eh bien! ta Léonide que tu aimes, Paris qui te plaît, le dédit de quarante mille roubles qui ne te déplaît pas, tout cela est à toi; comprends-tu à présent?
VAUDORÉ, transporté de joie et d'admiration.
Oh ! quel trait de lumière ! Ah ! Léonide, ah 1 créature supérieure! vous avez six pieds de haut I oh ! laisse-moi me prosterner etbaiser la poussière de tes brodequins. Non, non, ça ne suffit pas, je voudrais avoir un arc de triomphe, pour te faire passer dessous.
LÉONIDE
Nous sommes millionnaires!
VAUDORÉ
A perpétuité!
LÉONIDE
Paris ! Paris ! Paris !
VAUDORÉ
Comme les cochers de coucou: Péris'. Péris'. Péris '.
ENSEMBLE
Air de In Noima (Bellini).
Ali ! quelle ivresse !
Quelle allégresse!
Mon cœur s'élance
Vers notre France \
Plus (le Russie!
Soleil de ma patrie,
De ta chaleur Viens récliauft'er mon cœur.
Plus de soucis et plus de peine.
Enfin nous avons du i/inhiis 1 Nous reverrons la ru' Vivienne, L'Obélisque et les Omnibus.
Alil quelle ivresse, etc.
FIN
Paris. — Imprimerie de V' Dokdey-Ddpré, rue Saint-Louis, n° 46, aa Marais.