SCENE YIII
Les Mêmes, ROSINE, en costume de nymphe, k^- JOl'SE, toujours Étudiant son rôle; puis FLORIGNY.
AiR: Lu riche nature (l'Eciair.)
Kympbe quis'e'lance
Du liquide azur,
Ange que balance
Zi'phir doux et pur.
Princesse ou bergère,
Déesse ou lutin.
Voltiger et plaire,
Yoilà mon destin.
On dit que sans cesse
D'amour en amour
Kolre humeur traîtresse
Passe tour à tour.
Avec ces querelles,
Il faut en finir !
Amours éternelles^
Quel triste plaisir!
Si l'on a des ailes.
C'est pour s'en servir.
riymplie qui s'élance, etc., etc.*.
Enfaisant des baltemens à lajîn de son couplet, Rosine donne un cpiip de pied au Marquis,
* Antoine, Bloquet, Rosine, le Marquis.
LE MARQUIS
Aïe î sur le gras du mollet !
ROSI.NE
Ah! pardon, diable; mais auprès de moi, mon cher, il faut toujours se tenir à dislance. Quand je fais mes exercices, mon pied ne respecte rien, et dans mes grands batiemens, je ne répondrais même pas de votre nez! Ah! à propos, diable, si c'est vous qui m'entraînez ce soir dans les enfers, tâchez donc de ne pas me serrer la taille si fort; je n'aime pas cela.
LE MARQUIS, avcc ckalcur.
Oh! très-bien! j'aime cette pudeur... oh! trèsbien!
S apercevant de son imprudence, il se met à faire aussitôt des gestes de pantomime.
ROSINE, riant.
Hein? qu'est-ce qui lui prend doue avec sa pudeur? En voilà un qui fait bien de jouer les diables, car il est peu taillé pour l'amour! Ah çà! y a-til du public ce soir ?
FLORiGNY , entrant par le fond.
Ça se garnit.
LE MARQUIS
Mon antagoniste , oh !
FLORIGSY.
On arrive pour le ballet, on arrive pour Rosine.
LE MARQUIS, à part.
Il a dit Rosine tout court! *
ROSINE, froidement à Florigny.
Ahl c'est vous, monsieur? vous êtes gentil, j'ai de vos nouvelles.
FLORIGNY
Eh! bon Dieu! pourquoi ce ton sérieux?
LE MARQUIS, À part.
Ah! je sens ma chevelure qui se dj'esse sur ma tête.
ROSINE
Il paraît que monsieur s'est fait le protecteur des jeunes filles qui veulent entrer au théâtre. On dit que nous avons ce soir une nouvelle figurante très-jolie, très-bien faite, et que c'est monsieur qui la protège.
FLORIGNY
Moi, j'ignore entièrement...
LE MARQUIS, à part.
Quel air piqué en lui parlant!
ROSINE
Quand j'aurai dit le nom de cette jeune fille, monsieur aura sans doute moins d'aplomb. Elle s'appelle Charlotte.
FLORIGNY
Charlotte?
ANTOINE, se levant brusquement.
ROSINE
Diable ! voilà un nom qui produit bien de l'effeti
ANTOINE
Mille pardons, nymphe des enfers! un mot d'éclaircissement sur la Charlotte en question'.'*
• Antoine, Florigny, Pxosine, le Marquis. •• Florigny, Antoine, Rosine, leMarqnis.
LES COULISSES
FLoniGNY , « part.
Ah çà ! qu'est-ce que ça lui fait donc, à celuilà?
ANTOINE
C'est une figurante qui date d'aujourd'hui , avez-vous dit? aurait-elle des yeux noirs et un nez tant soit peu retrousse?
nosiNE.
C'est juste le signalementl un nez à la Roxelanel
ANTOINE
A la Roxeiane? J'en tombe de mon haut ! Charlotte ici *!
ROSINE, avec dépit.
Et c'est M. Florigny qui lui a facilité les abords du théâtre, M. Florigny qui depuis huit jours a suivi cette jeune fille tous les soirs, en lui faisant la cour.. . en se donnant des airs de courtier-marron ! {A Florigny.) Oh 1 ne cherchez pas à le nier, c'est elle qui me l'a dit.
ANTOINE, à part.
J'ai une sueur très-froide qui me parcourt !
LE MAUQUis , à part.
J'ai une sueur très- froide qui me parcourt 1
Auloine se retourne vers lui ; il fait nussilôt des poses. FLORIGNY.
Eh bien ! quand cela serait? est-ce qu'il n'est plus permis de plaisanter? {bas à Rosine) pourvu que je n'aime que vous !
ANTOINE
Oh! non, non, ça ne se peut pas! cette Charlotte n'est pas ma^Charlotte !
ROSINE
Vos doutes vont cesserj j'entends M^^^ Gibraltar qui nous l'amène.
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