‹ Pièces de théâtreChapitre 928 sur 1069 · LE PRINCE, REMY · texte numérisé non relu

LE PRINCE, REMY

''Au lever du ridcnii, on entend ouvrir la porte du fond, qui est fermée à double tour. Le prince entre niystériensenient, conduit par Hemy; il est enveloppé d'un manteau.)

TOrS DEUX.

Air de la Contre-lettre.

Avançons en silence , 11 faut de la prudence !

Car en ces lieux , je pense.

On ne nous attend pas.

LE PniNCE.

Quel tourment pour mou ame !

D'une infidèle femme Qui veut trahir ma llaranie , Je viens suivre les pas.

TOUS DECX.

Avançons en silence, 11 fait de la prudence!

Car en ces lieux , je pense , On ne nous attend pas.

LE PRINCE, regardant autour de lui.

C'est donc ici? ^

BEMY.

Oui , monseifjneur ; et nous sommes maîtres (le la place.

LE PRINCE

Parfait!... Maintenant que me voilà dans la petite maison de Lauraguais , sise au bois de Boulogne, il faut que tu m'expliques comment tu m'y as introduit. Je serai charmé de savoir comment je me trouve ici.

HEMY.

Rien de plus simple, monseigneur; deux excellentes houteilles de bourgogne m'ont fait raison de la tête du vieux Landry, concierge et seul gardien de la petite maison ; il ronfle maintenant dans sa loge , et voici .ses clefs.

(Il tire le paquet de clefs de sa poclie.) LE PRIKCE , avec dignité.

Remy , vous avez de l'e.sprit, beaucoup d'esprit... trop d'esprit, peut-être, pour un homme de votre classe; c'est e'gal... dès demain, vos .gages sont portés à dis-huit cents livres tournois.

REMY

Que de bonté !

LE PRINCE

Déplus, pour flatter votre juste amour-propre, je change votre ignoble nom de Remy en celui d'Altnaii/.or, que portait ce magniliquo lé-

SOPIIIE AUNOIJLD.

vrier que j'aimais tant et que j'ai eu le malheur de perdre.

REMY

Ah! monseigneur, comment vous remercier des dix-huit cents livres ?

LE PRINCE

Je vois que ton amour-propre est vivement flatté , mon drôle : mais ce n'est pas tout ; il me manque encore une idée... tu vas me laisser seul ici... qu'est-ce que je vas faire?

RE.MY, entr'ouvrant la porte à droite.

Cette porte est celle d'un cabinet où vous serez parfaitement placé pour tout voir et tout entendre.

LE PRINCE, d'un ton concentré.

Tout voir!...

REMY

Le boudoir est là... (montrant la porte à gauche.) et, en regardant par le trou de la serrure, il sera très facile à monsei{;neur...

LE PRIKCE.

Assez, Almanzor, assez... Allez m'attendre avec le carrosse au coin de la gratide allée du bois, et soyez aux aguets toute la nuit.

BEMY.

J'obéis, tnonseigneur; mais sur -tout, au moindre bruit , rentrez vite dans ce cabinet.

LE PRINCE

Allez, Almanzor!... allez!...

( Remy sort par le fond.)

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