SCÈNE Mil
Les MÉaiEs, ORTOLAIV.
ORTOLAN , entrant en secouant son chapeau. C'est une très mauvaise plaisanterie... c'est dogoiilant ! ça ne se fait pas !
BOBÈCHE ET GALIMÂFRÉ.
GALIMAFRE. ■
Qu'y a-t-il, cher Ortolan?., qu'avez-vous?
ORTOLAÎV.
Il faut que je demande au garçon quel est l'impertinent qui déjeune dans le petit cabinet ici dessus... on m'a jeté toute une salade d'oeufs rouges et de laitues sur la tête... C'est absurde !.. ça ne se fait pas !
GALIMAGRÉ , lui ôtant de son gilet des feuilles de salade.
Ça ne sera rien! c'est un corps gras... avec de l'essence , vous enlèverez tout ça... et pour vous faire oublier ce petit désagrément... j'ai à vous annoncer une excellente nouvelle...
ORTOLAK.
J'ose vous comprendre, cher Galimafré... Eh !.. quoi? l'amour couronnerait mes feux?.. Chinchilla... vous couronneriez mes feux !.. mes feux seraient couronnés ! !
Monsieur, mon oncle vous fera part de mes intentions... il se fait tard, et. j'ai besoin d'aller me costumer pour la représentation. (A part.) Il faut en finir; si Bobèche m'aime réellement, il ne balancera pas. (Haut.) Au revoir, Messieurs...
GALIMAFRÉ.
Va, ma fille , va faire les adieux à la corde raide...
ORTOLA>, faisant l'aimable.
Oh! oui!., au revoir, ravissante Chinchilla! ^Chinchilla sort.) Est-ce bien possible?., mon bonheur est donc une chose convenue... Vous consentez , mon père consent. Chinchilla consent... consentement général ! . .
GALIMAFRÉ.
Oui , c'est conclu... topez là , et souvenez-vous , Monsieur , que je vous fais cadeau d'une feumie sans balancier ! !
ORTOLAN
Aussi, je ne balance pas.
GALIMAFRÉ.
Et vous savez à quelles conditions ?
ORTOLAN
Dès demain , je l'emmène à la Ferté-sous- Jouarre.
GALIMAFRÉ.
J'aime mieux que vous l'emmeniez ce soir même, après le spectacle... Si Chinchilla n'était pas affichée, ce serait tout de suite... mais l'artiste affiché n'est plus loisible de sa personne ; ainsi donc après le spectacle, c'est convenu ?
ORTOLAN, à lui-même.
Ah ! des hommes je suis le plus fortuné. (A Galimafré sur un autre ton.) Ah ! des hommes, je suis le plus fortuné!..
GALIMAFRÉ, à part.
Bobèche ! Bobèche !.. c'est le coup le plus terrible que je puisse te porter... et je te le porte...
ORTOLAN
Monsieur Galimafré... je sais que vous êtes ta-
lonné par des créanciers... une fois l'époux de Chinchilla... j'apaiserai ces vautours... car que ne vous devrai-je pas ?..
GALIMAFRÉ.
Vous me devrez... ce que je dois.
ORTOLAN
Mais je vais ail r, subito, retenir les deux meilleures places de la diligence... deux places d'impériale, et, dans une heure, j'accours chercher votre nièce.
GALIMAFRÉ.
Allez, jeune homme, allez.
AïK ; Dépêchons, et puis en voiture.
ENSEMBLE
ORTOLAS.
Ce soir nous montons en voiture. Ah ! quelle charmante aventure !
De Chinchilla , espoir bien doux!
Je serai l'époux !
L'amour vient agiter mon ame ; Mais la vengeance aussi m'enflamme.
Bobèche enfin est renversé ,
Bobèche est enfoncé.
GALIMAFRÉ.
Ce soir vous montez en voiture.
Ah ! quelle charmante aventure !
Oui, Chinchilla sera pour vous ,
Vous s'rez son époux.
L'espoir vient agiter mon ame ; Car la vengeance aussi m'enflamme.
Bobèche enfin est renversé.
Bobèche est enfoncé.
(Ortolan sort..