ACTE II , SCENE VllI
maîtresse!., nous fuirons a létranger... le talent n'a pas de patrie... nous irons à Saint-Pétersbourg, ou plutôt a Venise, oui, a Venise-la-Belle !.. nous aurons une gondole et une guitare... A Venise, tout le monde a une guitare et une gondole... nous mettrons la gondole dans la guitare; ;se reprenant) non, la guitare dans la gondole, et nous passerons notre vie sur les lagunes, à chanter des barcarolles.
JACQCOT , entrant avec le déjeuner de Galimafre.
Monsieur Galiraafré , voilà ce que vous m'avez demandé... Monsieur Bobèche, vous êtes servi.
BOBÈCHE
Je vais déjeuner... Au revoir , Chinchilla, soyez sans crainte, on ne vous sacrifiera pas... Au revoir, Galimafre. (Regardant son assiette., C'est égal !.. trois sous de fromage de Hollande... c'est un fichu déjeuner !
GALIMAFRE, avec un geste menaçant.
Encore ! encore !...
Il veut lui donner un coup de pied. Chinchilla l'un i-if
(Reprise du choeur précédent.
O rage après celte offense , Etc., etc.
(Jacquol et Bobèche sortent.^
SCÈiNE Vil.
CHINCHILLA, GALIMAFRE
GALIMAFRE.
Oh ! je sors des gonds ! je n'y tiens plus... j'étouffe !.. je ferai quelque malheur! c'est sur... toujours des humiliations a cause de ce gredin... et je ne me vengerais pas! oh! si , vengeance !.. vengeance! !..
CHINCHILLA
Mon oncle , allez-vous encore vous rendre malade ?.. vous mettre la bile dans le sang !
GALIM.VFRÉ.
C'est vrai que j'en suis à ma quatrième jaunisse... toujours à cause de lui... le pendard !
CHINCHILLA
Dam aussi, mon oncle, pourquoi le traitez-vous aussi mal, ce pauvre Bobèche !
GALIMAFRE.
Tu as dit : Ce pauvre Bobèche !.. elle a dit : (.p pauvre Bobèche !
CHINCHILLA
Mais enfin, que vous a-t-il donc fait?
GALIMAFRE.
Ce qu'il m'a fait, le brigand?., il m'a volé mon public... il m'a volé ma réputation, ma gloire !.. et la gloire, vois-tu, c'est le pain de l'artiste...
CHINCHILLA
Mais en vous demandant ma main, ne vous a-t-il pas proposé une association ? pourquoi l'avoir rcpoussée ?
GALIMAFRE.
Parce qu'il m'aurait fallh' mourir de honte en avouant ma défaite... Non , non, tout rapprochement entre nous est inipo.Nsible. Ecoule-moi, t^hin
•î^Jo
chilla... tu es la fille de mon frère , à cause de (.a , je suis ton oncle, je t'ai élevée , tu me dois tes talens... tu fais la voltige, le saut du tremplin, et l'as cension aérienne...
CHINCHILLA
Je sais tout ce que je vous dois, mon oncle.
GALIM.VFRÉ.
Hé bien, ma fille, prouve-moi ta reconnaissance,, en oubliant à jamais... Bobèche... et en épousant M. Ortolan.
CHINCHILLA
Mais je ne l'aime pas, cet homme...
GALIMAFRE.
Chinchilla ! tu ne connais pas encore toute ma débine, il est temps que je déchire le voile... Chirchilla, je suis en arrière de quatre termes ; je dois trois cordes neuves , cinquante-quatre francs de blanc d'Espagne... et tous les balanciers ont besoin d'être rafistolés. Bref! les recettes sont descendues a zéro !.. et j'ai , de par le monde , un fatal billet de cent ècus, pour lequel, d'un moment à l'autre, on peut me priver de ma liberté... la liberté... ce bien le plus cher...
Est-il possible !..
GALIMAFRE.
Tel est mon budget. Chinchilla, tu es une bonne fille, tu ne voudrais pas me plonger dans l'esclavage, m'envo-er rue de la Clé?.. Hé bien, en épousant Ortolan , tu tires ton pauvre oncle d'embarras, et tu t'assures un avenir de duchesse.
CHINCUILL.A.
Epouser cet Ortolan qui est si bête !
GALIMAFRE.
Qu'est-ce que ça fait? il a de quoi! Quand on a de quoi, on a le droit d'être béte. CHINCHILLA , à part.
Et Bobèche, ce pauvre Bobèche... si je lui confiais...
GALIMAFRE , à part.
Elle se consulte.
CHINCHILLA , à part.
Oui, ce serait peut-être un moyen.
GALIMAFRE.
Hé bien! Chinchilla...
CHINCHILLA
Hé bien! mon oncle , si ce soir vous n'êtes ])a> tiré d'embarras... je consens à tout !
G.\LIMAFRÉ.
Tu consens !.. viens m'embrasser... ah! tu es bien la nièce de ton oncle... ton sang est bien le mien!..
wâoo<x)ooooooo6eeeeoeooeeeeoeoooMoeoeoeeoeooooobvOw«^<OK.<.^«>