‹ Pièces de théâtreChapitre 984 sur 1069 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

Les Mêmes, deux gardes dd commerce, PEUPLE, puis BOBÈCHE.

lOn se saisit de Galimafré , qui se débat.,

CHOEUR

Air : Que j'étais fou quand j'espérais. (De Catherine. ENSExMBLE.

RONDONNE.VU Cl LES GARDES.

Empoignons-le, vile en prison,

El sans plus de raison...

Le destin qui l'attend.

Il l'a bien mérite vraiment.

Allons, au lieu de batailler,

Il vaudrait mieux payer.

Puisqu'il n'a pas d'argent, Il faut qu'il nous suive à l'instant.

(;aumafré el cmincuilla.

1, . me , .

Pourquoi , conduire en prison.

Et sans plus de raison ?

i , ,■ • malteiid.

Le destin qui ,, ., , ' ' I attend.

Je n' l'ai pas

Y n' l'a pas ""'"''' vraiment.

Avec moi

Avec lui P"""'l""' ''"ilaillei :

ots^.,

Je ne peux pas Il ne peut pas P*"^"' Nous n'avons pas d'argent.

Sans quoi nous paierions à l'instant.

coLÈciiE, perçant la foule. Il est eu costume de Pierrol, avec du blanc su le visage.

Air : de la Savonnette impériale.

D'où vient donc ce tapage?..

GALIMAFRÉ.

O honte! orage !..

Oui , l'esclavage Vient m'effrayer...

bOBÈcuE, lui prenant la main.

Vous êtes dans la détresse , Mais le temps presse ; Plus de tristesse...

Je viens payer !...

(L'orchestre reprend piano l'air du chœur précédent.

tous.

Payer!

bobèche , présentant un sac.

Oui, voilà trois cents bons francs en écus de si.x livres.

GALIMAFRÉ.

Il se pourrait!... Mais... qui êtes-vous? bobèche.

Qu'importe!... (A Rondonneau.) Monsieur Machin, voilà l'argent, donnez-moi le billet. (A Galimafré.) Père Galimafré, remontez sans crainte sur vos tréteaux... Vous ne devez plus rien. (Il déchire le billet, et en jette les morceaux à terre.)

GALIMAFRÉ.

Généreux Pierrot!... Oh! mais qu'exiges-tu en échange de ce service... parle...

bobèche.

Je ne veux rien... je n'exige rien... je ne demande rien.

Je te l'accorde , ô le plus généreux des Pierrots !... Tu me diras, au moins, à qui je suis redevable d'un pareil service?...

bobèche.

Pas davantage.... Vous voilà libre... je m'en vas...

GALIMAFRÉ.

Arrête !

l>aissez-moi !

Ion nom?

Je n'en ai pas.

Et tu veux?...

BOBECHE.

GALIMAFRÉ.

BOBÈCHE

G.VLIMAFRÉ.

au revoir..

BOBECHE.

Me donner de l'air... Très bien, bonjour. ( Fausse sortie.)

GALIMAFRÉ , le rclcnaiU par ses habits.

Non, Pierrot... non... tu ne l'eniias pas ainsi Tu dépouilleras ton incognito.

BOBÈCHE ET GALI^iAFRÉ.

roiiÈtiiE.

Je no (Jépouilicrai rieirdu tout.

( Il se débat, veut fuir ; son costume de Pierrot reste dans les mains de Galimafré : il se trouve habille comme au commencement de l'acte , avec la différence que sa figure reste enfarinée.)

GALIMAFRÉ , le reconnaissant.

Bobèche !

BOBÈCHE

Eh bien ! oui... c'est Bobèche, votre rival... Bobèche , votre ennemi... mais, Bobèche , véritable artiste, et qui ne peut abandonner dans la débine le grand , le célèbre , l'illustre Galimafré , le roi de

la païade.

(iAI.IMAFRÉ , ému.

Il a (lit le roi de la [)arade 1... Ah 1 Bobèche !... ce que tu fais là!... Tiens... tiens... tu m'as humecté toutes les paupières... Ta main, mon ami... je n'y résiste plus... Regarde ma nièce... je ne te dis que ça.

BOBÈCHE

Pas un mot de plus !... j'ai conçu 1

CHINCHILLA

Mon bon oncle !

BOBÈCHE

Eh bien !... eh bien !... que ce mariage cimente une autre union... Père «ialimafré !... associons nos deux gloires, mêlons nos deux renommées, vivons ensemble dans la l'arec, et marchons du même pas à la postérité !

GALIMAFRÉ.

Ton offre m'éicctrise... j'accepte... je jure de ne jamais rompre cette alliance... je le jure... toujours sur la tête de monsieur!

( Il donne un nouveau renfoncement à Rondonneai:.;

BOBÈCHE

Viens!... viens!... tes tréteaux nous attendent... Touche là... Si je n'étais Bobèche... je voudrais être Galimafré !

GALIMAFRÉ , lui présentant l'autre main.

Touche là... Si je n'étais Galimafré , je voudrais être Bobèche !

( Galimafré , Bobèche et Chinchilla se dirigent vers les

tréteaux. Chinchilla a ôlé son carrick , et se trouve

dans le même costume qu'au premier acte.)

CHOEl'R.

(Pantalon des HuguenolsO

Air : Buvons, buvons, c'est le bonheur de la vie. (Des Femmes, le Vin et le Tabac.)

Bravo! {bis^ célébrons celte journée !.

Pour tous deux , ah ! quelle belle destinée !

Bravo ! {bis.) célébrons cette journée !

Pour nos loisirs ,

Quel bonheur et quels plaisirs!

(Pendant ce chœur, Bobê;he et Galimafré paraissent sur

les tréteaux.;

Ensemble en criant : Ah ! ah ! ah! ah '. ali : ah :

GALIMAFRÉ.

Paillasse

3ïalcla,'-:

GALÎMAFliL.

Comment! qu.e veut dire cette réponse 7 Diùlr tu mériterais...

BOBÈCHE

Dam : vous me parlez de paillasse , je vous parle de matelas... Monsieur, faites-moi un croquet...

GALIMAFRÉ.

Comment, un croquet?

BOBÈCHE

Oui. un croquet, un colifichet , un plaisir, si vous l'aimez mieux.

GALIMAFRÉ.

Ah ! le butor, a>cc son croquet... Eh bien ! que me veux-tu?

BOBÈCHE

Faites-moi le croquet , le plaisir, le colifichet de m'écouler.

* GALIMAFRÉ.

Allons, j'écoute. Tu me disais donc que tu venais de voyager?

Oiii , monsieur, je sors de voyager versl'hydropique du Concert.

GALLVIAFRÉ.

Vers le tropique du Cancer.

BOBÈCHE

C'est juste , vers le tropique du Cancer. Dans ce pays-là , j'ai traversé dix-huit lieues de moutarde à la nage sans éternuer... vers les cannes à dards...

GALIMAFRÉ.

Vers le Canada... Qu'il est bête !

BOBÈCHE

Dans la capitale de Montpié.

GALIMAFRÉ.

Comment! dans la capitale de Montpié?.. Le butor! je suis siîr qu'il veut dire dans la capitale du Piémont.

BOBÈCHE

Oui, c'est cela, dans la capitale du Piémont... J'ai vu des gens très polis.

GALIMAFRÉ.

Dis donc que tu as vu Tripoli ; c'est un pays...

BOBÈCHE

Une fois en pleine mer, nous avons été assaillis par un ours.

GALIM.^^FRÉ.

Par un ours?..

BOBÈCHE

Oui , un ours avec des gants.

GALIMAFRÉ.

11 veut dire im ouragan.,. Et comment \ous en ètes-vous tirés?

BOBÈCHE

MoiLsieur, je fus avalé par une baleine , comme l'eu M. Jonas.

GALIMAFRÉ.

Par une baleine!

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