HANS I.B HIOCÜSIÎ HE CHARTRES
L’étude du passé n’a pas seulement l’avantage de donner satisfaction à une légitime curiosité, elle sert aussi à éclairer le présent. En nous apprenant ce qu’on a fait avant nous, elle nous montre ce que nous pouvons faire nous-mêmes, et souventnous prouve en même temps que c’est un stimulant pour le faire. Au.point de vue de la croyance, les leçons que nous fournit l’histoire ont une telle importance qu’on en a fait, sous le nom de tradition^ une des bases de la foi catholique. Si, au point de vue du culte, de la pratique religieuse, ces leçons n'ont pas une importance aussi considérable, elles ne sont pourtant pas à négliger, car elles contribuent à affermir la foi, à corroborer les principes liturgiques, à maintenir les usages fidèlement transmis de génération en génération. 11 y a pour nous satisfaction et encouragement à constater que nous prions, que nous pratiquons, comme l’ont fait avant nous nos pères dans la foi, et une coutume nous paraît plus vénérable, quand nous pouvons dire : « Elle a été observée de toute antiquité ».
Ce sont ces considérations qui ont inspiré à l’auteur du présent travail la pensée de rechercher ce que les documents historiques nous apprennent du culte eucharistique dans le diocèse de Chartres ; elles lui ont donné la patience de recueillir les faits qui nous montrent comment, dans le passé, la Sainte Eucharistie y a été honorée, à quelles manifestations de foi elle a donné lieu. De tout
CULTE EUCHARISTIQUE
ce cju’il a glané ainsi, il a cherché à composer ce qu’on appelle aujourd’hui une leçon de chose, leçon dont il a tiré profit pour lui-même et qu’il désire rendre profitable à d’autres. Celui qui entreprendrait une étude approfondie sur ce sujet y trouverait la matière d’un travail aussi instructif qu’intéressant; mais pour le traiter avec toute la prudence et toute l’ampleur qu’il demande, il faudrait une plume à laquelle les choses théologiques et les sources de l’histoire locale seraient également familières. En attendant que quelque jeune membre du clergé chartrain se laisse tenter par cette entreprise, si digne d’un cœur sacerdotal, je réunis ici quelques notes récoltées de côté et d’autre, au cours de recherches qui avaient un tout autre but(l). Elles auraient pu et dû voir le jour il y a longtemps déjà (2j, mais elles seraient venues beaucoup moins à propos qu’en paraissant maintenant, car elles vont figurer comme une petite pierre dans le monument triomphal que la piété chrétienne érige, depuis quelques années, à la gloire de l’Eucharistie, par des congrès internationaux, nationaux et diocésains, par des journées eucharistiques, par des revues et autres publications en son honneur.
Avant d’exposer le culte proprement dit, il ne sera pas
(1) A mes notes personnelles j’ai ajouté celles que M. l’abbé Marquis, curé-doyen d’Illiers, a mises à ma disposition avec une bienveillance dont je lui exprime ici toute ma reconnaissance. M, labbé Légué, notre regretté vicaire-général, en me prodiguant ses encouragements, m'avait aussi communiqué des renseignements que j’ai été heureux d’utiliser.
(2) Le commencement de cette étude a paru dans les premiers numéros du Supplément de la Voix de Notre-Dame de Chartres (juin-septembre 1900). La publication n’en fut pas continuée pour laisser la place à d’autres articles, qui en grand nombre sollicitaient leur admission dans cette feuille pieuse. En 1904 ou 1905, une réunion ayant été organisée à la crypte, en faveur de l’Adoration en union avec le sanctuaire du Sacré-Cœur de Montmartre, on demanda à 1 auteur d’y lire ce travail; faute de temps on ne donna lecture que des dernières pages.
CULTE EUCHARISTIQUE
inutile de faire une petite excursion dans le domaine dogmatique, en retraçant rapidement l’histoire de la croyance à l’Eucharistie dans ce diocèse. Le dogme étant le fondement du culte, en montrant quelle a été la foi de nos aïeux en la sainte Eucharistie, on prouvera que chez eux la pratique religieuse n’était pas autre chose que la mise en action de leur croyance.