‹ Pièces détachées (volume 2)Chapitre 17 sur 38 · I. — LE DOGME EUCHARISTIQUE · texte numérisé non relu

I. — LE DOGME EUCHARISTIQUE

Le caractère éminemment tranquille et le tempérament quelque peu flegmatique de la population beauceronne ne la prédisposent point à se montrer avide de nouveautés. Sous certains rapports cette disposition peut être un défaut ; mais, en fait de religion, c’est une qualité et une sauvegarde. Est-ce à cette nature rebelle à l’entraînement qu’il faut attribuer l’inébranlable attachement de nos ancêtres aux enseignements de la religion catholique ? Elle peut n’y avoir pas été étrangère ; mais il faut y voir surtout l’effet d’une protection particulière de la Tutelle de Chartres, Tutela Carnutam^ de celle à laquelle l’Eglise catholique adresse cette louange significative : Cunctas hæreses intei^emisti in universo mundo. (( Vous avez détruit les hérésies dans le monde entier. »

Là où la sainte Vierge est honorée singulièrement, Lhérésie ne saurait avoir prise ; aussi les Chartrains se sont toujours montrés profondément attachés à la foi qui leur a été apportée par les envoyés des Apôtres, et leurs historiens ont eu plus d’une fois occasion de le constater.

Rosselin, philosophe hérétique, inventeur des Nominaux, après sa condamnation par le concile de Soissons (1114), demanda à saint Yves, le vaillant évêque de Chartres, de le recevoir dans son palais épiscopal. « Yves le prie de ne se mettre en peine, dit le chanoine historien Souchet (1),

(1) Histoire de la ville et du diocèse de Chartres, t. il, p. 429.

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craignant que la populace de Chartres, qui n’aimait pas les hérétiques, lui fît quelque affront, si elle venait à savoir sa condamnation. »

Cet attachement des Chartrains à la vraie foi n’a jamais subi d'altération marquée, et aucune hérésie n’a pu s’implanter solidement sur leur sol. Il n'est donc pas étonnant que la croyance au dogme eucharistique, et la dévotion qui en est la conséquence, aient toujours été en honneur à Chartres, — la ville de Marie — , et dans le diocèse qui en dépend, — le diocèse de Notre-Dame de Chartres — , car cette croyance est l’un des principes fondarnentaux de la foi catholique, et l’enseignement qui concerne la sainte Eucharistie est \e dogme générateur ^ comme l’a appelé un illustre évêque (1). Pouvait-il en être autrement dans une Eglise toute dévouée à la sainte Vierge ? C’est une remarque que l'on a faite bien des fois : la dévotion à l’Eucharistie et la dévotion à la Mère de Dieu vont ordinairement de pair.

La foi au Très Saint-Sacrement eut pourtant à subir plus d’un assaut dans le diocèse de Chartres. On sait que le dogme eucharistique ne fut l’objet d’aucune attaque importante, au moins dans l’Occident, jusqu’au XI® siècle.

Bérenger. — Le premier qui osa battre en brèche la croyance catholique sur ce point fut Bérenger, archidiacre d’Angers et professeur célèbre de l’école de Tours, sa patrie (2). Il était venu à Chartres pour y recevoir les leçons de saint Fulbert, que l’on regardait comme la lumière de

(1) C’est le titre d’un ouvrage magistral de Mgr Gerbet, évêque de Perpignan.

(2) On croit pourtant qu’il a puisé son erreur dans un ouvrage de Scott Erigène, qui auraitdit avant lui : « Dans l’Eucharistie les choses se passent en apparence et non en réalité ». Comme cet ouvrage est perdu, on ne peut pas vérifier cette assertion.

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son siècle. Le grand évêque put lui enseigner la science, mais il ne lui inculqua pas la vertu. Eclairé d’une lumière prophétique, il combattit en quelque sorte la fatale erreur avant qu’elle ait vu le jour. Il allait rendre son âme à Dieu, et de nombreux disciples se pressaient autour de la couche du vieil athlète de la foi mourant. A la vue de Bérenger, le serviteur de Dieu se soulève péniblement, et faisant un geste de répulsion : « Chassez, dit-il, chassez cet homme qui a un démon auprès de lui. »

Bérenger ne dogmatisa pas tant qu’il fut à Chartres, et quand plus tard il commença à distiller le venin de son hérésie, ce fut parmi ses anciens condisciples de l’école chartraine qu’il rencontra ses plus redoutables antago’ nistes. Adelmann, le plus cher disciple de leur commun maître, lui écrivit une lettre amicale, dans laquelle il le conjurait par la très douce mémoire de Fulbert de ne pas troubler la foi catholicfue (1). Cette lettre du célèbre écolâtre de Liège, qui fut plus tard évêque de Brescia, est regardée comme un chef-d’œuvre théologique.

Un autre des condisciples de Bérenger, Hugo, évêque de Langres, crut qu’une conférence aurait plus de succès qu’une épître, et il alla le trouver à Tours. Il emplo3m tous les arguments qu’il puisait dans sa foi, toutes les raisons que lui suggérait son affection pour cet ami dévoyé ; tout vint échouer contre l’orgueil du novateur. Le docte et pieux évêque se retira, consterné de tant d’opiniâtreté ; mais, de retour chez lui, il prit la plume et dans une lettre qu’il adressa à Bérenger, au prêtre recommandable à plusieurs points de vue, il réfuta la nuageuse argumentation de l’hérétique,et résuma avec clarté les enseignementsde l’Eglise universelle, sur la présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie (2).

(1) Per susLvissimam memoriam Fulberti pacem catholicam diligaa.

(2) Mabillon, Mansi et plusieurs autres auteurs disent que Bérenger s’estattaqué seulement à la transsubstantiation, sans toucher à la présence réelle, La lettre de Hugo semblerait prouver le contraire, et

Dans la ville même de Chartres, l’hérésiarque fut traité d’une manière qui dut être bien pénible à son orgueil. Ansfroid, abbé de Préaux (diocèse de Lisieux), lui aussi élève de Fulbert, venait d’apprendre la condamnation prononcée par le concile de Rome (1050) contre la nouvelle doctrine, lorsqu’il eut occasion de venir à Chartres. Tl en profita pour montrer que, s’il avait aimé l’homme, il détestait son erreur, comme le demande saint Augustin, et fit de cette hérésie une réfutation qui eut un grand retentissement. Bérenger l’apprit, et plein de suffisance, comme tous les ennemis de la vérité, il crut qu’il n’avait qu’à se présenter à ce nouvel antagoniste, pour lui faire modifier ses idées et en obtenir la rétractation du langage tenuà Chartres. Il alla donc trouver Ansfroid à son abbaye de Préaux, mais il n’y remporta pas le succès qu’il s’était promis ; Ansfroid au contraire lui ferma la bouche, en lui prouvant qu’il était en contradiction flagrante avec l’Ecriture Sainte.

Comme le véritable but de son voyage était Paris, il s’achemina vers cette ville en passant par Chartres, espérant sans doute y neutraliser par sa présence les effets de l’éloquence de son ancien ami. « Il fut fort mal reçu par le clergé, dit l’historien des Origines de l’hérésie de Bérenger (1). Il avait certainement plusieurs condisciples parmi les membres de ce clergé ; aussi le bruit de ses erreurs et de sa condamnation à Rome y avait causé un grand émoi, et le récent discours prononcé par l’abbé Ansfroid avait encore davantage, pour me servir d’une expression moderne, mis l’affaire de Bérenger à l’ordre du

beaucoup d’historiens et théologiens, Noël Alexandre entre autres, soutiennent que la présence réelle était niée également par cet hérésiarque .

(1) C’est le titre d’un savant et intéressant mémoire, publié dans la Revue des Questions historiques, par M. O. Delarc (juillet 1876j. Les lettres échangées entre l’hérésiarque et ses contradicteurs y sont reproduites in-extenso ; elles montrent bien mieux qu’une sèche analyse le véritable caractère de cet orgueilleux personnage.

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jour. Celui-ci qui savait combien le clergé de Chartres était opposé à ses innovations doctrinales avait projeté de traverser la ville, sans accepter avec qui que ce fût une discussion dogmatique. Mais il comptait sans Tindignation des Chartrains qui voulurent quand même forcer Bérenger à faire connaître sa doctrine sur l’Eucharistie ».

Voici comment Bérenger lui-même, encore tout ému de cet incident, le raconte dans une lettre à l’abbé Ansfroid : (( Je vins à Chartres après t’avoir quitté, et j’étais fermement résolu de n’accepter dans cette ville aucune discussion sur la question controversée. Je me disais que, si je pouvais gagner ma cause devant les évêques auprès desquels je me rendais (1), j’aurais ensuite facilement raison des autres ; et puis, je connaissais le clergé de Chartres, et je savais qu'il contenait à peine un membre capable de comprendre une discussion de ce genre. En admettant qu’on pût raisonner avec quelques-uns d’entre eux, mon passage était trop rapide pour avoir le temps de les convaincre. Mais c'est alors que survint cet aveugle qui conduisait d'autres aveugles... Il est venu contre moi avec une tourbe d’ignorants, comme avec une multitude armée de glaives et de bâtons, et je me suis vu dans l’obligation de parler. Néanmoins j’ai fait tous mes efforts pour ne ^ pas abandonner aux chiens les choses saintes, je ne leur ai fait aucune concession, quoiqu’ils prétendent le contraire. »

Bérenger dans cette lettre dissimule assez mal son dépit. Il cherche à faire croire que, devant un clergé aussi ignorant, il n’avait pas cru devoir exposer clairement sa doctrine ; la vérité est tout autre^ il a voulu parler, mais la science de ses auditeurs l’a réduit au silence. Il le confesse d’ailleurs implicitement dans une lettre qu’il adresse à Ascelin, clerc de Chartres : « Je n’ai rien répondu... je n’ai consenti à rien dans ce colloque.. . je me suis tu... »

(1) Les évêques du concile de Vercelli (Italie), qui l’avaient invité à venir rendre compte de sa doctrine.

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Ascelin lui répondit par une lettre pleine de solides arguments en faveur de la saine doctrine. Le clergé de Chartres en écrivit au roi, et celui-ci, indigné d’une audace qui pouvait être si préjudiciable à la vraie foi, fit mettre Thérétique en prison (1).

11 ressort de ce récit c|ue l’hérésie de Bérenger, qui aurait pu entraîner les Chartrains dans une voie de perdition, fut au contraire pour eux une occasion de proclamer bien haut leur attachement au dogme eucharistique.

A deux siècles de là, leur dévotion à la Sainte Eucharistie s’était-elle maintenue ou était-elle en décroissance, nous l’ignorons complètement. Mais quelle qu’elle fût, un événement qui alors passa à peu près inaperçu, eut sur elle une induence considérable. Dans la seconde moitié du XIIL siècle, arrivait auprès de Dreux une jeune fille qu’un long voyage avait réduite à une extrême faiblesse. Elle reçut l’hospitalité d’une pauvre femme de la campagne, à laquelle elle demanda comme une faveur de partager sa vie de travail et de privations. Sa demande lui ayant été accordée, elle vécut ainsi plusieurs années dans la pratique des vertus chrétiennes, en gardant les brebis pour gagner son pain. La sainteté de sa vie ne tarda pas à attirer l’attention des habitants du pays. Tous les jours, après avoir rassemblé son troupeau autour de sa houlette plantée en terre, elle se rendait à l’église collégiale de S. Etienne de Dreux, et y entendait pieusement la sainte messe, à genoux sur les dalles du lieu saint. Les chanoines de S. Etienne, intrigués autant qu’édifiés par cette piété singulière, lui demandèrent enfin qui elle était. Dissimulant ce qui aurait été glorieux pour elle, la douce bergère dit qu’elle venait de bien loin, d’un pays où elle avait

(1) IN os historiens chartrains sont muets sur ces incidents. Souchet se contente de dire qu’en l’année 1054, le pape Victor II assembla un concile à Florence contre Bérenger, autr efois disciple de notre Fulbert, « lequel travaillait fort l’Eglise de son hérésie. » (Histoire du diocèse de Chartres. 11.266.)

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VQ de belles choses à Thonneur du Très Saint Sacrement de Tautel, et elle raconta qu’elle avait assisté à Liège (Belgique), à l’établissement de la Fête du Saint-Sacrement, au milieu de splendides cérémonies. Elle en parlait avec tant de feu que les chanoines résolurent d’établir la même fête dans leur église ; ce qu'ils firent avec l’autorisation de l’évêque de Chartres. La renommée de ses vertus allait grandissant ; de tous côtés, on venait la consulter, s’édifier de ses paroles, lesquelles se rapportaient presque exclusivement au Sacrement qui faisait l’unique objet de ses pensées et de ses prières. Elle parvint ainsi à répandre dans la contrée, et même à une assez grande distance, la dévotion qui lui était chère. Le démon, jaloux du bien qu’elle faisait, suscita des mécréants qui^la tuèrent à coups de pierres le 6 septembre 1265. Elle était âgée seulement de 35 ans.

Ce qu’elle n’avait pas dit, et ce qu’on sut après sa mort, c’est qu’elle n’était autre que la pieuse recluse nommée Eve, qui contribua avec la Bienheureuse Julienne du Mont-Cornillon, à rétablissement de la fête duSaint-Sacrement. La part qu’elle avait prise à cet heureux événement et sa vie édifiante lui avaient attiré une réputation qui efîra3^a son humilité, et lui fit prendre le parti de s’exiler en un pays où elle serait inconnue de tous. La ville de Dreux a toujours honoré la jeune martyre comme une sainte, et, en même temps que son souvenir, elle a conservé jusqu’à nos jours le culte de l’Eucharistie (1). Long-

(1) On peut consulter, sur sainte Eve de Dreux, un opuscule de M. l’abbé Vivier, vicaire de cette ville, et un autre de M. Emile Maison. Ce dernier combat l'opinion de ceux qui identifient sainte Eve de Dreux avec sainte Ève de Liège. Voir aussi la Voix de Notre- Dame de Chartres. Année 1861, p. 87, et Dreux ancien, et Dreux nouveau., par L. P. Crétien père, p. 302. 11 vient aussi de paraître sur ce sujet un opuscule intitulé : Une sainte en partie double. N’ayant pas étudié la question, je ne prends parti ni pour, ni contre. Toutefois, en raison du rapport qu’elle a avec le sujet de cette étude, j’ai cru devoir consigner ici la tradition chère à la ville de Dreux.

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temps il en fut de même dans la contrée qui l’avoisine, mais aujourd’hui on constate à regret que cette partie du diocèse de Chartres est complètement envahie par l’indifférence religieuse.

Quoiqu'on cite ordinairement Amaury de Chartres parmi les adversaires de l’Eucharistie, nous ne croyons pas devoir nous en occuper ici, parce que, malgré le nom sous lequel est connu ce docteur panthéiste, Amaury n’est pas de Chartres, ni même du pays chartrain, comme le disent ses biographes, car il est né à Bène, près de Montfort l’Amaury (1); 2® Amaury n’a pas dogmatisé contre l’Eucharistie, mais ce sont ses disciples Guillaume de Poitiers, l’anglais Etienne de Langton, Etienne de la Celle, etc., moins chartrains encore que leur maître, qui, voulant enchérir sur lui, ont aboli tous les Sacrements.

Protestantisme. — Du XIP siècle au commencement du XVP, le peuple de France put, sans entrave ni contradiction, donner libre cours à sa dévotion envers la Sainte Eucharistie, et l’institution de la Fête-Dieu au XIIP siècle la favorisa notablement. Mais, suscités par l’enfer, Luther et Calvin osèrent troubler cette quiétude, l’un en Allemagne, l’autre en France. Les disciples de Calvin, irréconciliables ennemis de la messe et par conséquent de l’Eucharistie, n’eurent jamais, dans le pays chartrain, que des succès limités, et les quelques localités où ils trouvèrent des adhérents ne tardèrent pas à revenir à la vraie foi. Voyant que leurs prédications n’avaient pas le succès qu’ils en attendaient, ils recoururent à l’action directe. Le fer et le feu à la main, des hordes de huguenots parcoururent la Beauce où elles répandirent la terreur.

(1) Souchet II, 558, Bène était, il* est vrai, du diocèse de Chartres en ce temps-là, mais il est au moins 60 kilomètres de Chartres et séparé du pays chartrain par le Dronais.

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Elles s’attaquaient surtout aux églises qu’elles brûlaient après les avoir pillées. Les autels et les tabernacles étaient mis en pièces avec une sorte de rage, et quand ils pouvaient s’emparer d’un prêtre, ils Légorgeaient sur l’autel où il avait offert la victime non sanglante.

A ces exploits de bandes armées vinrent s’ajouter des actes isolés de fanastime, qui affligeaient profondément les paisibles fidèles de la religion catholique. En 1645, un calviniste forcené se précipita avec violence, aussitôt après la consécration, sur un prêtre qui disait la messe dans l’église Saint-Hilaire de Chartres, lui arracha la sainte hostie et la foula aux pieds. Les profanations des saintes espèces étaient fréquentes; les réformés se faisaient gloire de manifester ainsi la haine qu’ils portaient à la croyance eucharistique, et ce fut sans doute une des raisons qui éloignèrent de la prétendue réforme l’immense majorité des habitants de nos contrées.

L’hérésie cependant était favorisée par des personnages dont l’influence pouvait être fatale à la vérité. Nos historiens locaux constatent que certains gentilshommes beaucerons furent les premiers à embrasser l’erreur (1); mais le peuple ne les suivit pas dans la mauvaise voie. Renée de Savoie, duchesse de Chartres, qui avait un faible pour la réforme, eut la malencontreuse idée de faire prêcher, dans la chaire de la cathédrale, un moine apostat. Dès que les auditeurs se furent aperçus que le prédicateur voulait leur exposer la doctrine nouvelle, ils protestèrent avec une si véhémente indignation, que le pauvre moine, obligé de descendre en toute hâte, fut heureux de pouvoir, en se sauvant à l’évêché, échapper à la fureur populaire. Une autre fois, certain prédicateur de la duchesse déblatérant

(1) Un érudit contemporain, qui a fait de nombreuses recherches sur la noblesse chartraine, a remarqué que presque tous ces seigneurs qui se faisaient huguenots, étaient des cadets de famille qui espéraient trouver dans ce changement de religion des moyens de faire fortune.

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contre la messe, un sergent lui cria avec indignation: <( Tu as menti, cela est faux. » La puissante duchesse nhgnorait pas que la grande masse du peuple partageait les sentiments de l’interrupteur ; aussi se garda-t-elle bien de le faire punir, et quelque temps après elle s’éloignait d’une ville si peu disposée à adopter la doctrine nouvelle.

Sous le couvert de son autorité cependant, les huguenots avaient commis toutes sortes d’insolences. En voici un exemple qui nous est fourni par le chanoine Souchet, notre historien chartrain. « Ils firent afficher, aux endroits les plus apparents de la ville, dix vers blasphématoires, en la forme qui suit. La clef de ces vers peut se trouver comme je l’ai fait, en mettant autant de voyelles que de points, lesquelles, jointes aux consonnes, font le sens qui est compris dans la seconde table, au deuxième côté, où s’il y a de la rime il n'y a guère de raison. »

S. d.ncq.. s ch..r .st. v. nd.

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