‹ Pièces détachées (volume 2)Chapitre 25 sur 38 · GUILLAUME AUX BLANCHES-MAINS ÉVÊQUE DE CHARTRES · texte numérisé non relu

GUILLAUME AUX BLANCHES-MAINS ÉVÊQUE DE CHARTRES

1165 (Commencement de l'année). — 8 août 1176.

Bien que Guillaume aux Blanches-Mains ait été élu archevêque de Sens et sacré comme tel le 22 décembre 1168, il conserva toutefois par une dispense spéciale du Pape l’évêché de Chartres dont il ne se démit que lors de son élection à Reims. Il fit à Chartres de nombreuses réformes portant principalement sur l’administration des revenus du chapitre de la cathédrale. Peu de documents nous sont parvenus, permettant de préciser quels furent ses rapports avec les paroisses ; nous en avmns quelques-uns au contraire, concernant les relations de Guillaume et des abbayes.

Rapports avec le Chapitre.

Jusqu’en Tannée 1169 nous ne rencontrons pas le nom de Guillaume aux Blanches-Mains mêlé aux affaires du chapitre. Il est probable qu’il accomplit surtout ses réformes comme métropolitain de Sens. Du reste son autorité avant Tannée 1168 devait être assez restreinte puisqu’il n’était alors qu’évêque élu, et non sacré.

En Tannée 1169, il régla une affaire qui intéressait le temporel du chapitre. Eudes et son fils Rahier de Montigny avaient donné aux chanoines de Chartres la dîme et les pré-

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misses de tout le territoire du Gault (G), depuis le gué de Tronelle j usqu’à la terre d’Oigny . Rahier de Montigny s’opposa ensuite à cette donation ; le procès fut porté devant Guillaume aux Blanches-Mains. Le chapitre conserva par la sentence de celui-ci ses propriétés, mais Rahier ^moyennant un cens de vingt sous avait droit de percevoir les deux tiers du grain, de la paille, sauf sur le territoire de Neuve-la-Fontenelle.

Un franc servant était accordé au chapitre, et devait lui prêter serment de fidélité, ainsi qu’à Rahier.

C’était-là une de ces mille questions qui se présentaient chaque jour à la cour de révêc|ue ou de l’archevêque.

Une affaire d’un ordre général, d’un intérêt supérieur, n’allait pas tarder à recevoir une solution. Nous voulons parler de la question de la résidence des chanoines, et de la réglementation de leurs revenus.

La Papauté s’intéressait vivement à la question de la résidence des chanoines. Aussi bien, celle-ci essayait-elle de les forcer à la résidence en les privant de leurs revenus, s’ils ne se soumettaient à la règle. Déjà le pape Alexandre 111 avait déclaré que les chanoines de Chartres qui ne résideraient pas ne toucheraient qu’un revenu de vingt sous.

Guillaume prit en 1171 une décision analogue (2).

Tout chanoine non résidant ne devait percevoir de sa prébende qu’une somme de quarante sous. L’archevêque fixait comme durée de la résidence la moitié de l’année. Le doyen du chapitre Geofîroi et tout le chapitre approuvèrent cette décision et promirent de la respecter.

Au demeurant les chanoines de Chartres devaient se montrer satisfaits de ces nouveaux réglements qui concordaient avec la réorganisation complète de la réparti-

(1) L. Merlet, Cariulaire de Notre-Dame de Chartres. Le Gault: Canton de Droué, arrondissement de Vendôme (Loir-et-Cher).

(2) Merlet, Cartulaire de Notre-Dame de Chartres.

tion des revenus du chapitre. Les chanoines de Chartres (1) étaient devenus propriétaires fonciers au IX® siècle. Ils avaient alors choisi quatre prévôts pour régisseurs de leurs biens. Ces quatre prévôts siégeaient à Nogent-le- Phaye, à Fontenay-sur-Eure, à Amilly, à Beauce. Ils ne tardèrent pas à commettre des exactions. En II 14 l’évêque Eudes avait eu à discuter leur administration, de même Gozlin de Lèves qui avait exercé les fonctions de prévôt.

En 1171, Guillaume aux Blanches-Mains, las de ces exactions, ne voulut plus les tolérer. Il supprima aux prévôts le droit de gérer les biëns du chapitre, les droits de justice qu’ils avaient, et établit les dispositions suivantes.

Les prébendaires devront se grouper par groupes de deux, trois, quatre ou plus suivant l’importance des prébendes et après une juste estimation de leur valeur (2).

Ils géreront eux-mêmes leurs biens, en percevront les revenus, et tous les cinq ans renouvelleront la répartition de ces prébendes. Tous les droits de justice séculière sur les terres et leurs habitants devaient leur revenir, le prévôt conservant seulement le droit de présenter concurremment avec les chanoines, les prêtres des églises qui venaient à vaquer. Le prévôt était appelé à recevoir le serment de fidélité des prêtres, même au cas où il se serait désintéressé de leur présentation.

Le pape Alexandre III par bulle du 8 avril 1172 confirma ces dispositions.

Par suite de cette mesure, à en croire la notice nécrologique consacrée à Guillaume lors de sa mort (3), les revenus des chanoines furent presque doublés.

Guillaume fit au chapitre de Chartres donation de l’é-

(1) Merlet, Prolégomènes du Cartulaire de Notre-Dame de Chartres.

(2) Merlet, Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, p. 188-190. Bulle d’A lexandre III, [8 avril 1172] et dispositions de Guillaume.

(3) Merlet, t. III, Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, à la date du VIII des Ides de septembre, p. 169 « per quod prebende singule fere in duplo sunt, sicut a canonicis ipsis compectum, aug-mentate ».

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glise de Sni nt- Léger-des-A ubées. libre de la j uridiction de Tarchidiacre dont elle relevait jusqu'au temps de Milon, archidiacre de Chartres (1).

Guillaume aux Blanches-Mains avait eu maille à partir avec les laïcs lors de son arrivée à Chartres. Ceux-ci s'étaient emparé de la juridiction de l’église de Saint- Maurice. Guillaume la leur reprit, et sa possession lui fut confirmée par Alexandre III (2).

Le comte Thibaut de Champagne ayant fait plusieurs donations à l’église Notre-Dame de Chartres , en 1166^ Guillaume confirma ces donations (3).

Raiforts avec les Abbayes.

Les abbayes du diocèse de Chartres étaient au nombre de 21. - Quelques documents les concernant nous sont parvenus. Pour certaines de ces abbayes, des Cartulaires publiés ou inédits nous renseignent sur le rôle que joua Guillaume aux Blanches-Mains dans leurs affaires temporelles.

Abbaye de Josaphat (4).

Guillaume aux Blanches-Mains fit la dédicace de l’abbaye de Josaphat le 9 juin 1J69 (5). Il accorda des indulgences à tous ceux qui assistèrent à cette cérémonie. Cette abbaye fut enrichie par l’archevêque Guillaume du droit

(1) D’après une bulle d’Alexandre III, publiée par M. L. Merlet, Cartulaire de Notre-Dame de Chartres. Cette donation est antérieure au 9 septembre 1173, date de la bulle d’Alexandre III.

(2) L. Merlet, Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, 1. 1®'’, p. 178 (11 avril 1168-69 d’après Jaffé).

(3) Gallia Christ., t. viir, col. 1147.

(4) Abbé Métais, Cartulaire de V Abbaye de Josaphat, passim.

(5) Gallia. t. viii, col. 1146.

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de toalieu et du péage qu’il percevait à la porte de Dreux. En 1173, il donna aux moines de cette abbaye les revenus de la prébende de Saint-Maurice, donation confirmée par Alexandre III.

Il leur confirma en outre la donation de l’église de Saint- Piat faite par son prédécesseur Geoffro\q ainsi que le droit de percevoir la moitié des offrandes faites à cette église aux quatre grandes fêtes de l’année.

Guillaume aux Blanches-Mains intervint encore pour confirmer des donations faites par Ysabelle de Dourdan, Rainaud de Mongerville, ,Mabille, femme de Simon de Lèves.

Au point de vue de la juridiction, cette abbaye relevait de l’évêque de Chartres et Guillaume mit fin aux discussions qui s’étaient élevées entre les moines de Josaphat, et l’église de Saint-Jean en Vallée au sujet des dîmes de Fleurfont, ainsi qu’avec Milon du Coudray au sujet des dîmes de la paroisse Saint-Arnoult.

Il excommuniales habitants de la terre de Thyvars qui ne voulaient pas restituer cette terre à l’abbaye (I).

Léproserie de Beaulieu.

Guillaume accorda aux lépreux de Beaulieu tous les droits et revenus qu’il possédait sur la foire de Saint-Simon en tant qu’évêque de Chartres (2).

Les lépreux avaient droit à une prébende à prendre dans l’église de Saint-Jean-en-Vallée. L’archevêque fit rentrer cette prébende aux mains des chanoines au moyen d’un échange par lequel il abandonnait aux lépreux tous

(t) Tous ces actes se placent entre le 22 décembre 1168, et le 8 août 1176 La suscriplion porte les mots: W. Senonensis archiepiscopus. Deux seulement furent faits comme évêque de Chartres, notamment celui qui porte l’excommunication contre les hommes de Thyvars [Cartulaire de Notre-Dame de Josaphat, chapitre 251).

(2) Cartulaire de la Léproserie de Beaulieu^ n° 71.

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les biens qui lui appartenaient à Escorpain, Louvilliers et Boissy (1).

Etant archevêque de Reims, Guillaume obtint de sa sœur Alix de Blois et de son fils Louis qu’il fut accordé aux lépreux de Beaulieu une rente de quarante sous à prendre à Chartres au moment des fêtes de la Pentecôte (2).

RaPPOBT AVEC LES AUTRES AbBAYES.

La Madeleine.

Entre 1174 et 1176^ Guillaume écrivit à Herbert abbé de la Madeleine et confirma tous les biens de cette abbaye (3).

Saint-Evroult.

Yves d’Hilliers reconnut devant l’évêque de Chartres, Guillaume aux Blanches-Mains, devoir à l’abbaye Smuids de vin qui lui avaient été donnés par Giraud Boel (4).

(1) Ca.rtula.ire de la Léproserie de Beaulieu, n“ 92.

(2) Cartulaire de la Léproserie de Beaulieu, n° 154.

(3) Cartulaire de la Madeleine, passini.

(4) L. Merleb Cartulaire de Notre-Diine de Chartres, t. p. 174.

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