III. — Evêché de Paris
Guillaume aux Blanches-Mains eut avec Maurice de Sully (4), évêque de Paris, de nombreux rapports. Plusieurs fois il fut établi par le Pape, arbitre de différentes afïaires entre l’Evêque de Paris et d’autres personnages. Il régla les difficultés survenues entre Maurice de Sully et le chapitre au sujet des revenus du décanat pendant la vacance de cet office.
Guillaume aux Blanches-Mains régla dans le diocèse de Paris différentes autres questions qui touchent plutôt à l’histoire intérieure de l’abbaye Sainte-Geneviève à
(1) Pierre de Celles. Lib. VII, epist. Lettre 8. Migne Pat. lat.
(2) Labbe, Concilia, t. x, p. 1296. Dom Toussaint du Plessix, Histoire de l'Eglise de Meaux, t; P*", p. 161-162.
(3) Du Plessis, op. cil., t. ii, pièce CXXVI.
(4) V. Mortet, Maurice de Sully, passim.
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laquelle il octroya la cure de Choisy-aux-Bœufs (1), ou à Tabbaye des Vaux-de-Cernay et de Saint-Martin-des- Champs dont il. confirma les privilèges et les possessions.
Réforme de V abbaye Saint-Victor de Paris.
L’Archevêque de Sensjoua dans la réforme de Labbaye Saint-Victor de Paris un rôle prépondérant. L’abbaye relevait directement du Saint-Siège, ce fut donc comme légat d’Alexandre III que Guillaume aux Blanches-Mains fut appelé à participer à cette réforme.
L’Archevêque de Lund,'Estrill, ayant fait un dépôt de 360 marcs d’argent à l’abbaye, le réclama. Emis, abbé, avait dépensé la somme, d’où procès. Pierre de Pavie défendit l’abbaye (2), mais les moines furent toutefois condamnés à restitution. La somme dépassait les ressourcés de l’abbaye. L’affaire fit du bruit. Ce ne fut pour ainsi dire qu’un épisode de Pabbatiat d’Ernis. Alexandre III, encore à Sens, s’était préoccupé déjà des désordres et du manque de direction de l’abbaye.
Aussi, en septembre 1169 (3), écrivait-il à Guillaume aux Blanches-Mains : « Comme nous étions à Sens, il « nous revint aux oreilles que l’église de Saint-Victor « de Paris qui, parmi les églises de France, brillait jadis « d’un grand éclat, était par la faute de son abbé plongée « dans le désordre ». Il recommandait à Guillaume de s’occuper de l’abbaye. Au mois de février 1171, le Pape écrivit de nouveau à Guillaume pour lui donner mission de réformer l’abbaye, de concert avec Etienne de Meaux, et l’abbé du Val-Secret. Il se plaignait de Pabbé Emis dont le zèle ainsi que celui des moines se ralentissait.
« Par la seule force des rames, un navire ne peut entrer au port si celui qui tient le gouvernail est inhabile —
(1) Historiens de France : Cf. Supplément de Gilbert du Mont.
(2) Delahaye, Registre des G. historiques 1891, t. i®’’, p. P
(3) Jean deThoulouze, Annales de Sainte Victor. Bibl. Nat. mss. 14679:,
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écrivait le Pape (1) — faites le nécessaire pour que l’abbaye recouvre son ancienne splendeur... Ecartez sans aucune hésitation ceux qui lui nuisent. »
Toute autorité était donnée au légat, l’appel au Saint- Siège était écarté. En même temps Alexandre III écrivait aux moines de l’abbaye de Saint-Victor, leur annonçant la mission qu’il avait confiée à l’Archevêque de Sens. L’abbé Emis était alors à la tête de la célèbre abbaye, il avait géré les biens d’une façon déplorable, avait fait élever de fastueuses constructions. Il fut déposé par l’Archevêque de Sens, qui se rendit à Paris pour mettre ordre à cette affaire, après avoir }>révenu de sa visite les chanoines de Saint-Victor (2). L’abbé Emis fut remplacé par Guérin. Le Pape Alexandre III confirma cette nomination, ordonnant qu’il ne fut rien exigé pour l’intronisation de l’abbé (3),
Mais l’ancien abbé Emis était parti en emportant des biens, une partie du trésor de Saint- Victor. Il avait caché des vases, des objets précieux et ne voulait point les restituer. Deux cardinaux légats du Saint-Siège, Albert et Théodin, en écrivirent à Guillaume, le priant de contraindre Emis à abandonner ces biens (4).
Guillaume délégua, pour ce faire, Maurice de Sully, évêque de Paris, le chargeant de faire restituer sans retard à l’abbaye le calice d’or, les vases, et autres objets dérobés (5). Maurice de Sully ne dut pas pouvoir s’acquitter de cette mission, car il répondit au métropolitain de Sens qu’il le priait de venir en personne à Paris pour s’occuper de cette affaire (6).
Guillaume fit-il un nouveau voyage à Paris, nous l’i-
(1) Migne, CC., col. 771.
(2) Duchesne, Histoire Française, t. iv, p. 749.
(2) Martène, t. vi, p. 254 [Amplissima Coll.).
(4) Martène, t. vi. Col. 252, vers 1172.
(5) De Lasteyrie, Cartulaire général .de Paris, t. l®*", p. 425.
(6) Martène. Amplissima Coll. t. vi, p. 252.
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gnorons ainsique les dates précises de toute cette réforme qui se fit entre 1169 et 1172. Nous ne sommes pas mieux renseignés sur les dates de la donation faite par Guillaume, archevêque de Sens, à Tabbaye de Saint-Victor, des deux églises de Saint-Martin et de Villiers. Nous ne connaissons ces donations que par la lettre que Guérin, abbé de Saint-Victor, lui adressa pour le remercier (1).
Rapports de Guillaume avec les Abbayes du Diocèse
DE Sens.
Saint-J ean-les-Sens. ^
En 1172, Guillaume enrichit Tabbaye de Saint-Jean-les- Sens (2) de nombreuses églises : celles de Molinons, Villeneuve-sur-Vanne, de Vaumort, de Saint-Victor-de-Serbonnes, de Saint-Martin-de-Montbarrois, de Notre-Damede-Boiscommun, à condition que Tabbaye y établirait les chanoines nécessaires à l’administration (3).
Trois ans plus tard, Guillaume confirma la donation faite par le chapitre de la cathédrale de Sens à Tabbaye de Saint-Jean. Le chapitre avait donné à l’abbaye tous les biens qu’il possédait à Branna}^ et à Lixy, à condition de payer à Renaud de Courtenai, fondateur du village, une rente annuelle de seize livres parisis, et à sa mort au chapitre de Saint Etienne (4).
Vers la même époque, en 1175, l’archevêque eut à
(1) Archives de l'Yonne, Bibl. de Sens, G. 59. (An. 1176 le 8 août).
(2) Abbaye de Saint-Jean-les-Sens : Abbaye d'Augustins, diocèse de Sens.
(3) Archives de l'Yonne, H. 15. Quantin : Cartulaire général de l'Yonne, p. 238. Ouesvers et Stein, Fouillé du diocèse de Sens p. 21.
(4; Archives de l’Yonne, H 25.
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régler un différend pendant entre l’abbaye de Saint- Euverte d’Orléans, l’abbaye de Saint-Jean, et une femme du nom de Lucienne, tante maternelle de Girard, chantre deMehun. Ce dernier avait laissé par testament une maison sise en la paroisse de Saint-Benoist à Sens aux deux églises susdites^ stipulant toutefois que ses héritiers auraient l’autorisation de conserver cette maison en payant chaque année une rente de dix sous à Léglise de Saint- Jean et une somme égale à l’église de Saint-Euverte. Le procès en réclamation vint devant la cour de l’Arche- i véque qui diminuant d’un sou par église la rente à payer, trancha ainsi le différend (1).
Un autre procès entre l’abbaye et Ferrie de Boutigny fut jugé par l’Archevêque qui accorda aux chanoines les menues dîmes de Boutigny contestées par le chevalier (2).
Saint-Remy de Sens.
L’année où Guillaume fut promu archevêque de Reims en 1176, il confirma tous les biens de cette abbaye (3).
S"" Abbaye de Dilo (4).
Deux actes seulement nous sont parvenus, l’un, de 1174 est une confirmation de la donation faite à Fabbaye par Pierre de Vareilles de la forêt de Vaumort (5), donnée pour être défrichée par les moines, l’autre, de 1176 par lequel Guillaume, considérant la régularité de vie des moines de l’abbaye de Dilo, leur fait donation de l’église de Bussy, libre de toute redevance à payer soit à lui ou à l’archidiacre. Il renouvelle la donation de l’église
{\) Archives de VYonne. H. 414.
(2) Archives de VYonne. G. 1484.
(3) Gallia XII, last^, n° 50.
(4) Prémontrés, diocèse de Sens.
(5) Onantin, Cartulaire général de VYonne. II, p. 253.
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de Paroy en Othe que son prédécesseur avait concédée à Tabbaye (1). Celle-ci fut confirmée en 1484 par le chapitre (2).
4^ Abbayes de Sainte-Colombe^ de Vauluisant de la Pommeraie^ de Saint-Pierre-le-Vif-de-Preuilly .
Les actes donnés en faveur de ces abbayes sont trop peu nombreux pour que nous en parlions ici. Ce sont en général de simples attestatipns de donations. Rien ne nous renseigne sur la vie intérieure de ces abbayes. Les relater ici serait sans intérêt. Rappelons seulement que ces abbayes relevaient de Tarchevêque de Sens.
[\) Archives de V Yonne, H. 600. Quantin, op. cit., p. 250.
(2) Ouesvers et Stein, Fouillé du diocèse de Sens, p 38.