‹ Pièces détachéesChapitre 14 sur 48 · SONNET II · texte numérisé non relu

SONNET II

Siis^ courarje^ François^ sus sus^Fru nçois, courage, Aux armes, à l'assaut, voyez de toutes parts, Voz cruelz enuemys dedans la France espars, El comme furieux Hz vomissent leur rage.

Serez vous engourdiz durant ce grand orage. Dormirez vous pendant que ces trnisl/-es pjendards Pour vous egossiller esguiseroiil leurs dards. Se promettans d'auoirlous vos Liens enpillaqè?

C’est à ce coup ( Françoijs) qu'il faut s'esuerluer, El quoi/, voudriez vous bien vous laisser tous tuer, Ainsi/ que des moulonz ? qui n'ont point de défense.

Armez vous du Bouclier que ce sang Guysien Vous met dedans la main d’vn zele très chreslien, Il empierrera ceulx qui vous feront offense.

SONNET III. Aux Nauarois

Il fait bien le renard ce Prince Biarnois Il désire eslre instruit, ô la belle finesse 1 On luij a conseillé pour abolir la Messe, Qu’il faut dissimuler faire le matois.

Il pense estre desia Monarque des Françoys, Tous les frères en Christ en sautent d’ allégresse. Il dict qu'on liiij a faicl me grande promesse, El que toute la cour luy donnera sa l'ois.

Mornay se promet bien qu'il sera Chancelier, Et Marmet de manger à quelque râtelier.

Digne de l'animal que chaque ioiir il pense.

Mais oyez, Iliiguenotz, oyez rostre malheur. Car qui n’espousera la Messe de bon cœur, N'espousera iamais la Couronne de Erance.

ÉTABLISSEMENT D’UNE EOIRE

AU BOULLAY U'ASCllÉKES

On lit dans le Dictionnaire des Coniniiines, llanieaux

d’Eure-et-Loir (185G) par M^’ Ed. Lefèvre, à l’article Clévilliers, p. 19: LeBoullay d’Aschères « Booletuni-Acherie, ancienne seigneurie (1498), avait foire et marché en 1(D2S, le château a été détruit depuis quelques années ».

Henri IV avait en elTet accordé à Marie Briçonnet, dame de Boullay d’Aschères, par Lettres patentes signées à Fontainebleau enjuinlG09, la permission d’établir dans son village une foire annuelle à la Saint Martin d'hiver et un marché tous les vendredis. Nous publions ici l’acte d’enterrinement c|ue nous avons en noire possession privée ; il est du 25 septembre de la même année, et fut annoncé, à son de trompe, le octobre suivant, comme l’atteste une note marginale.

Pareille faveur avait été octroyée, en 1545, au Gué-de- Longroi par François Lq et à Chartres, en mai 1588, par Henri III, en souvenir du bon accueil qu’il reçut dans cette ville pendant les Barricades ; mais les Lettres patentes d’Henri III ne furent mises en vigueur qu’en I()18 ; c’est ce c{ui explic^ue comment une foire ])ut être créée en 1609 aux portes mêmes de la capitale de la Beauce. La foire du Boullay d’Aschères serait donc antérieure à celle des Barricades.

Abbé M. Langlois.

(( A tous ceuix qui ces présentes lettres verront, François Chouayne, escuyer, seigneur de Çhamblay, conseiller du Roy nostre sire, président présidial, lieutenant général és ville, duché, bailliage et siège présidial de Chartres et autres lieux, ressorts dicelluy siège, salut.

Sçavoir faisons que, veu : la Requeste à nous présentée et baillée en escript dès le neuf'"®jour dejuillet anprésent mil six cens neuf et dernier, passé par Robert Tulloue, au nom et comme procureur de dame Marye Briçonnet, veufve de feu noble homme M'® Estienne Le Tonnellier, vivant conseiller du Roy en son grand conseil, dame du Boullay d’Aschères ; les Lettres Patentes en forme de création et establissement d’une foire l’an, au jour Saint Mai'tin d’hiver, et du marché au jour de vendredy de chacune sepmaine aud. lieu du Boullay d’Aschères à nous addressantesfsicj, par elle obtenues de Sa Majesté, données à Fontainebleau au moys de juing aussy dernier passé, signées sur le reply par le roy, à vostre rellation, Bonnet ; et à costé : visa Contentor, et plus bas, signé : Le Bossu, et scellées sur double queue en lacs de soye rouge et verde du grand scel de cire verde, cy attachées; V Information par nous faicte le mardy deux'”® jour des présens moj^s et an, à la requeste du procureur du roy en ce bailliage et siège, suyvant son réquisitoire du premier jour d’aoust auss}^ dernier passé, sur la commodité ou incommodité desd. foire et marché aud. lieu du Boullay d’ Aschères, selon le contenu desd. Lettres pattentes; ensemble le consentement par led. procureur du roy en ce bailliage et siège, cejourdhuy baillé en escript au bas de lad. rec^ueste sur l’enterrinement d’icelle et desd. Lettres patentes, auquel suyvant nostre ordonnance dud. vingt deuxième de ce moys elles ont esté avecc[ lad. information communicj^uéez et aulx advocats de Sad. Majesté et au bailli ; le tout considéré , Nous , suivant led. consentement dud. procureur du roy, avons à lad. dame Marye Brigonnet recjuérante, comparante parM®® MathurinTul-

loue occupant au lieu duel. M'''^ Robert Tulloue son procureur, entheriné et entherinons lesd. Lettres patentes cy dessus mentionnées, et en ce faisant dict, ordonné et estably, disons, ordonnons et establissons que dorénavant et à l’advenir suyvant la création, institution et establissement mentionnez èsd. Lettres, il sera au lieu et village du Boullay d' Aschères tenu une foire Van and. jour et [este sainct Martin d'hiver et ledict marché and. Jour de vendredy de chacune sepmaine, et y seront a tousjours tenuz, gardez, observez et entretenus, ausd. jours ausquelz tous marchands y pourront aller, venir, séjourner, vendre, troquer et eschanger toutes sortes et manières de marchandises licittes, jouiront et useront de tous tels droietz, privilèges, franchises et libertéz que Lon a accoustumé de jouyr ès autres foires et marchez du pays, et à ceste fin permettons à lad. dame requérante ce faire publier, cryer, proclamer et signiffier par le premier sergent royal de ced. bailliage et siège, que à ce faire commettons, tant à son de trompe, au marché du bled de ceste ville de Chartres que par tous les autres lieux et endroits circonvoisins duel, lieu du Boullay d’ Aschères qu’il appartiendra, et pour tenir et conserver lesd. foire et marché de faire construire et édiffier aud. lieu et village du Boullay d’ Aschères, et au lieu plus à propos que lad. dame requérante verra estre à faire halles, bancs et estaulx et autres choses nécessaires pour la commodité des marchands et conservation de leurs marchandises, et oultre que, à raison de ce, icelle dame prenne et jouysse ensemble des mesmes privilèges, droietz et debvoirs c|ue les autres seigneurs et dames du pays ont accoustumé avoir, jouir et user pour semblables choses, le tout selon le contenu desd. Lettres patentes et qu’il nous est mandé faire par icelles, à la charge touttesfois, conformément aud. consentement dud. procureur du roy, d’y faire par icelle dame requérante bastir lesd. halles et estaulx pour la comodité desd. marchands, et de rellever led. droict de marché de

Sad. Majesté a cause de sa grosse Tour de Chartres, dont et de ce que dessus led. Tulloue, aud. nom a requis acte, auquel octroyé et octro3mns ces présentes pour lui servir et val loir en tcnijos et lieu ce que de raison ; sy mandons au premier sergent royal de ced. bai liage et siège pour ce requis quiconque ces présentes il mette à exécution deue ; de ce faire vous donnons pouvoir, mandons à tous en ce faisant vous obeyr.

Donné à Chartres, le vendredy vingt cinq'"® jour de septembre l’an de grâce mil six cens neuf; assisté et sollicité de M*’“ Guillaume Yvon, procureur fiscal d’icelle dame requérante aud. Boulayl d’Aschère.

Robert.

Permis faire Courville.

Scellées et paraphées par le greffier.

publier ces présentes lettres au marché de ce Heu de

Ce premier octobre 1609.

Ch.\ppeluer.

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