‹ Pièces détachéesChapitre 15 sur 48 · VIT · texte numérisé non relu

VIT

CHATEAU DE ERAZE

Lettre de Jean, duc de Nenwiu's, en date du 39 avril 1493, pour réparer les ravages commis par les Anglais à Frazé.

Jehan, duc de Nemours, comte de Castres, de Beaufort et de Saint-Florentin et de Martigné, seigneur de Mayenne, de Sablé, de la Ferté-Bernard et de Brou, pair de France, à tous ceulx qui es présentés lettres verront, salut. Savoir faisons nous avoir reçeu humble supplication de notre très cher et grand ami, messire Florentin Girard, chevalier, seigneur de Barenton, contenant qu’il est seigneur, entr’autres ses seigneuries, du lieu et seigneuries de Frazé, assis en notre baronnie de Brou au Perche- Gouet et tenue de nous à foy et homaige et à devoir de raehapt à cause de notre dite baronnie de Brou ; auquel lieu de Frazé auroit ou tems. ville clouse et place

forte, corne il dit, que sont depuis par le temps des guerres et autrement cheuz en décadence et ruyne, tellement qu’il n’y a plus que les vieilles murailles et vielz foussez et que par faute de relever et réédifier ladite place et ville forte n’y converse plus ne habite que très peu de gens, là où pour le tems passé souloit avoir et demourer grand nombre et quantité de peuple.

A l’occasion de quoy le pays lors estoit grandement augmenté et amélioré par la conversacion, résidence et demourance du peuple, qui y voulait résider et affluer; à lacj^uelle cause ledit suppliant désirant bien reédifier et fortifier ladite place pour s’y loger luy, sa femme, famille et biens, si nostre plaisir estoit luy en octroyer sur ce nostre congié et licence, de ce faire humblement requérant iceles. Pour quoy nous, ces choses considérées, et c[ue nous avons esté duement informez de ce que dit est dans cet advis, sur ce avec les gens de nostre conseil et aussi en considération des grandes, louables et recommandables services que iceluy chevalier nous a faits par cy devant, fait et continue chaque jour, et que espérons il fera pour l’avenir.

Avons audit seigneur de Barenton donné et octroyé, donnons et octroyons, de grâce especial, par ces présentes, congié et licence, et avons consenti et consentons qu’il puisse et luy loger luy et les siens presens et avenirs toutes et quante fois que l:)on luy semblera, réedifier, bâtir et fortifier ladicte place et maison forte tant de murailles, fossez à l’environ, pont leviez, barbequannes et archivoltez que autres édifices diffensables, aj^partenant à place forte , sans toutefo\^s que à cause de ce , luy ne les siens hoirs susdits, ne puissent pour advenir attribuer à eulx aucun droit de guet, ne autres droits à nous ne à nos subjetz prejudiciables ne dérogeant à notre dicte seigneurie de Brou et que ledit chevalier sera tenu et les siens pour l’advenir bailler son adveu et dénombrement pardevant nous de ladicte terre et seigneurie de

Frazé et ses appartenances et faire les debvoirs de ladicte maison forte, pont leviez et appartenances d’icelle, anciens et accoutumez à nous ou à nostre recepte dudit lieu de Brou. Cy mandons au capitaine, bailly, procureur et autres mes justiciers, officiers et subjects dudict lieu de Brou qu'il appartiendra, que de notre présenté grâce, don, octroy, congié et licence ils et chacun d’eux soulfrent et laissent ledict chevalier et les siens hoirs et qui de luy auront cause pour l’advenir, jouir et user plainement et paisiblement, sans luy faire mettre ou donner, ny soulTrir estre faict, mis ou donné aucun détour ou empêchement, au contraire ; car tel est notre plaisir et ainsi voulons estre faict sans contredict.

Temoing de ce nous avons faict sceller cesdictes présentes de notre scel. Donné à la Tour le XXIX'’ jour d’apvril l’an de grâce mil quatre cens quatre vingt treize.

[Archives du château de Beauinont-les- Autels. — Copie prise par M. Guillon).

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