RUINES DE LA CHAPELLE DE NOTRE-DAME-DE-BONNE-NOUVELLE
ennemis du nom chrétien : Gexln Del per Frnncn.f. Mais la valeur elle-même a ses revers, et dans cette lutte acharnée, l'un de ces braves était tombé aux mains des Sarrasins, et c'était Alexandre. Traîné dans le camp des infidèles, chargé de chaînes, vingt fois il vit sa tête sur le point de tomber sous le cimeterre et ne dut son salut qu'à la protection toute spéciale de Marie.
Enfin on convint de sa rançon, après deux années de captivité. Son écuyer arriva, un soir de mars à la porte du château. Tout dans la maison seigneuriale respirait la terreur, car d’Alexandre on ne parlait plus. Tl frappe, une voix de dire qui est là ? Et Técuyer recohnaissant la voix de la châtelaine de s'écrier ; « Ouvrez, noble dame, bonne nouvelle je vous apporte. Monseigneur est vivant. >i
De retour dans ses domaines, vers Tan 1220, Alexandre tint parole et avec Théodora sa femme il construisit le sanctuaire promis, et, selon l'expression du page, annonçant la délivrance de son maître, F>nnne-Xonrellc fut le nom de la chapelle, o
La Chapelle de Bonne-Nouvelle
Dans le courant des siècles, 1220-1798, la chapelle construite devint lieu célèbre de pèlerinage : nous ne devons pas être surpris du fait si nous nous reportons par la pensée à ces siècles de foi. La chapelle de Bonne-Nouvelle n'était-elle pas là, en effet, pour rappeler un souvenir miraculeux, ou tout au moins tenant du merveilleux : aussi de tous côtés les pèlerins viendront-ils l'orner à Tenvi.
Le pauvre apportera avec son obole, ses ardentes prières, il viendra demander une grâce à Celle qui au dire de saint Bernard n a jamais été invoquée en vain.
Le riche lui-même, pour la rémission de ses péchés, apportera à Marie son or et sa reconnaissance ; c’est ainsi que dans le
courant des siècles, comme les faits le feront voir, depuis cette époque reculée jusqu'au plus mauvais jour de la Révolution, nous verrons confondus dans ce sanctuaire et dans une même union de prières, riches et pauvres, puissants et faibles, nobles et roturiers.
Bienfaiteurs et pèlerins.
Les fondateurs, en récompense du bienfait reçu, avaient accordé de nombreux dons à la chapelle de Noire-Dame de Bonne-Nouvelle\ mais cela ne suffisait pas aux enfants de la Mère de Dieu ; ils voulaient pour la remercier, l'enrichir davantage. A quelle époque remonte exactement la première charte de fondation .’ nous ne saurions le dire. Tout d'abord nous avions cru, suivant le récit de messire Simon Baudoire, cjue Emeline de Hallon avait fait don à ladite chapelle \1 juin 1225) d'une propriété sise sur la paroisse de Saint-Cheron, à la charge d'entretenir à perpétuité une lampe « en icelle chapelle «,mais nous montrerons plus bas qu'il y eut de sa part confusion, et que si, de son temps, la lampe avait été traiisportée dans la chapelle de Boune-Xnuvelle, soit par les descendants de Emeline de Hallot, voisins de Bonne-Nouvelle, soit par les prieurs, ses prédécesseurs, la destination première était bien pour la chapelle de la mère de Dieu, dans l'église de Saint-Nicolas de Villiers, comme en fait foi la charte (7 juin 1225) que nous avons lue in extenso aux archives de l'Eure et dont voici un résumé :
Il NoverinI universi, lam présentes quam fuluri, qiiod ego Emmelina de Halloc, dedi et concessi in perpetiiam eleniosinam , pro sainte animæ meæ et anlecessoriim meoruni, Deo et Bealo Nicolao de Villarihus in Dianæ splvà, ad liiminarium unius lampadis continuo ardenlis anle allare Dei-Genilricis Mariæ, totuin lenemenlum quod Bobertus nio?iachus tenet de me apud Saiictiim-Caraiinun], anno Domini M° CC° XX° quinto, septimo die junii ».
Une opinion qui pourrait paraître téméraire à plusieurs, mais que personnellement nous adopterions volontiers comme très vraisemblable, serait de placer saint Louis au rang des fondateurs de cette illustre chapelle. Ce monarque, en effet, fut possesseur du manoir de Villiers, sur le fief duquel se trouve la solitude de Bonne-Nouvelle. Le 25 mai 1245, devant l’official d’Evreux, Gaultier de Vernon, et Constance, sa femme, reconnaissent avoir vendu à saint Louis 40 livres de revenu assises à Villiers, près Bréval, avec tout le manoir, moyennant 1000 liv. parisis. Nous vojmns également, en 1243, le saint roi envoyer à Rome Guillaume de Hallot, seigneur voisin de Bonne-Nouvelle, à l’effet de solliciter du Saint-Siège des indulgences, probablement pour la chapelle qui nous occupe. En 1763, le sieur Doublet, seigneur de Breuilpont, s’étant emparé de ladite propriété, fut forcé par Jean Leroux, marguillier, de la rendre à la fabrique de Villiers ; mais quelques années plus tard, 1771, Jean Leroux transigea avec Doublet pour 12 livres de rente, par acte passé devant Chauvin, tabellion à Breuilpont.
Le premier titre régulier que nous puissions citer est un acte faisant mention de 20 livres de rente, en faveur de la chapelle de Bonne-Nouvelle, par Michel Maret, prêtre à Villiers et y demeurant, à prendre sur trois arpents de terre, sis sur la paroisse de Gainville-le-Moustier, 1498. Le même fera plus tard une fondation à l’église de Villiers. Nous aurions, sans aucun doute, mille détails intéressants et susceptibles de jeter un grand jour sur les origines du pèlerinage et de la chapelle, si nous possédions l’acte en entier, il ne reste plus que l'enveloppe de la liasse avec l’entête. Les lecteurs ne seront pas surpris cjuand ils sauront c[ue cette pièce perdue est demeurée aux mains du sieur Poussard, féodiste à Bréval, lequel avait été chargé par Simon Beaudoire, prieur à cette date, de faire la recherche des vassaux de ladite chapelle, 1763. Le récit de Simon Beaudoire est des plus curieux, et il mériterait d’être cité en entier, si le cadre de cette monographie le comportait.
La chapelle de Bonne-Nouvelle, avec les années, avait, à n en pas douter, attiré un grand nombre de visiteurs, et sur les ailes
de la Renommée, les faveurs les plus singulières étaient arrivées à toutes les oreilles. Comme conlirmation du fait rappelons qu’un chemin, qui aujourd’hui porte le chemin de Bonne- Nouvelle, s'était appelé primitivement chemin des pèlerins de Bonne-Nouvelle. » Partant de la chapelle, ce cheinin se prolonge, en passant par la fontaine Saint-Martin, jusqu'aux portes de la Commanderie de Chanu, pour se diriger ensuite, d’un côté, sur Evreux. de l’autre, sur Vernon. Une autre voie, encore existante, donnait accès à la chapelle, c’est « la route de Bonne- Nouvelle ; X elle traverse la forêt de Bréval dans sa largeur et va rejoindre les routes de Rosny, Mantes et de Dammartin.
L’affluence des pèlerins nécessita alors de nouveaux agrandissements, et la modeste chapelle fut transformée en petite église, si nous en jugeons par l’acte de consécration que nous avons entre les mains et dont voici quelques fragments ;
" Aiuiu sitluli-'i (lôJ9j millesiino quiiujenlesimo deciino imiw. dei'Wio (jiiarlo d/atf, ego Nicoluiis, inisei'ulume divinii epiacopus \ eriewns^ de licentiâ Ebrurdi^ episcupi canwiensi.s, eonxecraei capellam .sub ineoeatione Nostræ Dominæ Borne Annumlialionis ,sen in honorem Beatæ Dei-Gemtricis Mariæ, in Diaiue .sgirà, el onimbii-s chrisliania rere penilenlibua el deeole calholiei.s pei'egrinanlibn.y. banc eapellain L'is{lanlibui\ ([uadraginla dies reniai dedi... etc. »
L'évéque de Vérience, dont il est ici parlé, n’est pas autre qu'un évêque in parliliii'i , suftragant de l’archevêché de Thessalonique en Macédoine, aujourd'hui Veria, (Le Quien, t. ni, c. 1102, h Verre des anciens croisés) ; c’est aussi ce qui nous explique à cette cérémonie la présence de frère Nicolas Louchart, commandeur de Chanu. L’évêque de Vérience consacre le premier autel en l’honneur de l’Annonciation de la Mère de Dieu, le second en l’honneur de saint Jean-Baptiste et le troisième en l’honneur de sainte Anne. Etaient présents, avec Nicolas Louchart commandeur de Chanu : Aignan Viole, prestre curé de Villiers en Desserv'^e, de Villaribus in Dianæ sglvà, Jean Mychon, prestre curé de Mesnil-Simon, c/e J/a/tô’o/ie Simonis, Julien Amy, curé de Chanu, rector Canulensis. Meunier prestre. Ebrard, évêque de Chartres, est en réalité Ebrard de la Marck, évêque de Liège, qui
devint cardinal sous le pontificat de Léon X et sous le règne de Charles-Quint dont il était l’ami. Ce prélat, sans quitter son siège de Liège, fut cependant nommé à l’évêché de Chartres et occupa ce dernier par procureur jusqu’en t525. Nos lecteurs remarqueront bientôt que la bienfaitrice insigne de Hunne-Nouvelle sera une dame de la Marck.
Pourrait-on croire que les riches et généreux bienfaiteurs qui à cette même époque faisaient reconstruire ou réparer la belle église de Guainville et apposaient leur blasons au-dessus d’une des portes d’entrée, soient restés indifférents et n'aient pas doté le petit sanctuaire de Bonne-Nouvelle ? Ces armoiries sont attribuées aux anciens seigneurs de Gilles, qui les ont fait graver en tout semblables, au-dessus de la porte d’entrée de leur château de \"itré.
PIFXES DET.VeHl.l.>
Ermitage de Bonne Nouvelle.
Vers la fin du seizième siècle, la chapelle de Bonne-Nouvelle, rentre quelque peu dans l’oubli ou du moins les archives, à cette date, ne donnent plus rien de bien remarquable. Mais quand le monde eut, pour un temps, déserté ce coin de terre privilégiée pour se livrer aux folles joies d’un jour, quand fut passée l’ardeur des beaux élans de cette foi qui avait suscité les croisades, quand les seigneurs temporels eurent oublié la prière et la modeste chapelle du chevalier croisé, alors <■ ceux-là qui prient toujours pour ceux qui ne prient jamais » vinrent prendre possession du sanctuaire de Marie. Toute une colonie de pieux ermites s’établit à l'abri de cette chapelle vénérée et surent, par leur vie pénitente, faire revivre dans ce lieu béni toutes les vertus des anciens anachorètes.
Kaconter leur vie serait retracer celle des solitaires de tous les siècles de l'Eglise ; spécifier l'ordre auquel ils appartenaient serait chose difficile. Tout nous porte à croire cependant c^u’ils suivaient la règle des Ermites de Saint-Augustin assez répandus à cette époque dans le diocèse de Chartres. Tout ce que nous savons à leur sujet, c’est q\xk Notre-Dame de Bonne-Nouvelle les vertus de pauvreté, d’humilité et de charité étaient héro'iquement pratiquées. — Dire les noms de ces pieux personnages est encore impossible, il ont su le cacher avec le plus grand soin : et ce n'est qu'après bien des recherches, que nous avons pu retrouver le nom de l’un d'eux. Sur une pierre tombale recueillie par l'abbé Mullois, aumônier de l’empereur Napoléon III, et que M. .1. Plassard, propriétaire actuel de la ferme du Pré, met gracieusement à notre disposition pour l'ornement de la future chapelle, nous lisons l'inscription de la planche ci-contre.
Cy gist vénérable père fraire Denys, le moyne hermite de Nostre-Dame de Bonne Nouvelle, natif de la paroisse de Saint-Pierre de Chanu lequel par testament et dernière voulonté a donné à i’église de céans herpent et demy de terre asis dessus iadite paroisse de Chanu, en
quatre los suivant le testament à la cherge que la dite égiize ou fabrique sera tenu dire tous
les ans à tousiours à jamais trois haulte messe à note durant iesdites messes deux sier^es ardant et ausy les dicte vigllle se diront à trois iesons et à la fin de la messe ung libéra
desus ia fosse dudit défunt ou parans et amis, la première messe se dira le jour de Noué atandant le jour du trépas et l’autre le jour des mors et l’autre le jour de la Pentecoute item a delesé ung autre cartier de terre prinse desus pius grande piesse tendens le chemin de Vernon
à la charge de faire dire ung libéra le jour de Pâque devant le crusifiz, lequel décéda.
Pries Dieu pour luy.
iJioinisiiis erenu'la rivens Præ ncuUs mnrtem liaheii.f.
L'Ermite Denys est représenté dans l'attitude de la prière ; il semble converser avec la mort et l’attendre avec la plus grande placidité. Frère Denys, sous le nom « d’Ermite de Chanu, » a laissé une grande réputation de sainteté, et après 320 années écoulées depuis sa mort, son souvenir est demeuré vivace au sein des populations de nos contrées. D'une origine illustre, comme nous avons pu le constater par l'étude des différentes familles de Chanu, il s'était fait pauvre volontaire pour gagner un héritage plus durable que celui delà terre, le Ciel. T.a date précise de sa mort nous est inconnue, tout nous porte à croire qu'elle remonte à l'an 1570, puisque Robert de Feuquerolles, curé de Chanu (vers 1626) fait mention des messes d'obit acquittées par ses prédécesseurs (1580) pour défunt frère Denys, et lui même les acquitte régulièrement aux époques voulues par le testament. ^
La réputation de sainteté de ces pieux solitaires attira de nouveau l’attention des seigneurs temporels. Dieu, par leurs prières, voulait redonner un nouvel éclat à cette chapelle où son auguste Mère n'avait cessé d'être honorée, et le dicton des temps anciens que nous avons retrouvé consigné dans ces deux vers ne fût jamais plus vrai qu'à l'époque où nous entrons ;
" C/?;ic/;/ic.v .innées In Mère de Dieu <( /■'// nion/l prndiçjes en ce béni/ lien ».
Un vint donc encore une fois à Dnnne-Noueelle pour prier et pour être édihé. La présence des solitaires fit une heureuse impression qui ne contribua pas peu à relever le pèlerinage.
DevnnI h croix en ce pnurre berm i tnrfc Al seeii science pour nj seul ;i eoti nnisl re llien diiil penser il l;i nnirl </ni esl sni/e (dir en hi /in il nous convieul lelz esire.
Diane de Poitiers, comme marquise de Bréval, de qui relevait le tief de Villiers, s'intéressa à l'ermitage de llonne-Nouvelle et tit de fréquentes visites à la dite chapelle. Son dessein était même d’accorder aux ermites un moyen d'existence et de doter.
comme elle savait parfois le faire, quasi en souveraine, la chapelle de la Mère de Dieu. Elle se trouvait très heureuse de posséder un tel trésor en son domaine. Mais elle n'eut pas ce bonheur ; Dieu en avait disposé autrement. La mort vint la surprendre et son projet ne fut, dans la mesure du possible, exécuté que quelques années plus tard par sa petite-fille, Catherine de la Marck, héritière du marquisat de Bréval et épouse de très haut puissant seigneur messire Jacques de Harlay, sieur de Chauvallon et autres lieux. Catherine de la Marck fit construire l’ermitage sur un plan nouveau. Elle ajouta, aux diverses chapelles, une chapelle latérale consacrée à saint Guillaume, et fit construire la maison du prieur, afin que ce dernier put résider au milieu des solitaires. Tous ces faits lui valurent le titre de bienfaitrice insigne et le droit de présenter à l'Ermitage lui fut concédé, comme nous pouvons en juger par trois actes consécutifs, lesquels actes sont du 15 novembre 1602, du 26 août, 1603, et du L" octobre 1610. Dans la deuxième présentation, Catherine de la Marck, qui porte le nom de dame des châtellenies de Bréval, Montagu et Viltès-en-Dessevre, nous apprend que l’Ermitage de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle est dédié à saint Guillaume de Poitiers, et qu'elle en tient l'honneur de Diane de Poitiers, dame de Valentinois, sa grand’mère. Catherine de la Marck ne cessa de combler de faveurs ladite chapelle et les religieux, elle s’était fait un devoir de venir deux fois la semaine prier dans la chapelle de Boime-NouveUe. Cette noble dame dont le nom est aujourd’hui ignoré, mourut presque dans l'oubli des siens. Le malheur et les adversités de toutes sortes lui avaient appris que le seul secours vient d'en haut et qu'il n'y a de véritables consolations que dans la religion et la pratique des vertus chrétiennes. Elle mourut en 1634 et fut inhumée sans apparat dans l’église de Bréval, comme en fait foi l'acte de sépulture.
<( Le dimanche, 1 4“ jour de may mil six cens trente quatre, Catherine de la Mark, dame châtelaine de ce marquisat de Bréval, es! décédée le dit jour que dessus, vers six heures du soir, et fut enterrée te lundq, ! 5' jour dit mois de mai/, à cinq heures du soir ».
Il faut avouer que nous avons été très surpris à cette lecture.
nous qui étions accoutumés, quand il s'agissait du décès d'un des membres de la famille de Harlay, de retrouver aux obsèques toutes les pompes réservées aux grands seigneurs et une suite nombreuse de parents et amis. Nous ne voyons ici, pour la petite fille de Diane de Poitiers, que la simple sépulture du pauvre. Était-ce l’intention de la défunte ? Tout porte à le croire ; simple pendant sa vie, elle veut l'être jusqu’au tombeau, comme les solitaires dont elle était devenue la providence.
Après la mort de Catherine de la Marck, jusqu’à l'époque de la Révolution, nous retrouvons des fondations faites en faveur de la chapelle. Les ma'rcpiis de Bréval prendront pour lors le titre de fondateurs de l’ermitage ou de la chapelle de Bonne- Nouvelle. Voici quelques extraits de certains actes ;
« 1653, novembre, devnnl Charles DrouHrd, InJjellion principal au inarquisal de Bréval, fut présenle 1res haiile cl puissante dame Ceneviève de Forlia, espoiise de messire François Bonnavenlure de Harlay, chevalier, marquis du dit Bréval, maréchal ès-camps et èsarmées de Sa Majesté et sa procuratrice ijénéralle, laquelle tant pour elle que pour le dit seigneur, marquis de Bréval, son époux, etc... en présence de Jacques Lorans, chappelain de Notre-JJame de Bonne- Nouvelle, etc., donne / 2 livres de rente à perpétuité, à la charge d' une messe tous les 25 de chaque mois, à l’intention de leur /ils, messire Louis de Harlay, etc, etc. »
Dans cet acte il est fait mention de Catherine de la Marck comme ayant été une bienfaitrice insigne de ladite chapelle. En outre elle donne trois arpents de terre à prendre sur les coutures de Bréval, en vertu d'un vœu fait de concert avec son mari.
2-1 janvier 1658, par devant Chartes Drouard tabellion, etc fnl
jirésente haute et puissante dame, madame de la Barre, veuve de messire Achille de Harlay , chevalier , seigneur de Chauvallon, marquis lin dit Bréval, conseiller du roij en son conseil, gentilhomme ordinaire de la chambre, estant de présent en son chastiau du dit Bréval. laquelle volontairement et sans contrainte, pour la consécration du vœu fait par feu Monseigneur et elle h la chapelle Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, pour la continuation de la santé rendue et aussi pour la prospérité de messire Louis de Harlay , chevalier, leur petit-fils.
fondé el fonde, pur ec^ presenle^i, h Ut dilc chnpette de Bonne- .\ouvelle à UtstipuUilion de niesiirc Jnctfiier Lonuta, chapelain d'icelle.
et agissant audit nom , c'est à st^-avoir la somme de huit ticres de
rentes annuelles et perpétuelles jmiir dire huit messe basses, à l'intention de la dite dame et du dit seigneur Achille de llarlag et du dit Louis de llarlag, leur j)etit-fils,plus le rerenu de 20 livres, tOO perches hautes à jirendre sur les hautes coutures de Bréral, et I 00 au lieu dit le poirier Michault.
Nous relevons également une donation faite par les mêmes bienfaiteurs de 288 perches sur les fiefs de Hallot et Guainville. un arpent de terre sur Neaufflette.
Une autre fondation de trente-sept livres de rente fut faite par testament à la chapelle de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, sous le bon plaisir de Monseigneur le maniais de Bréral, seigneur et fondateur d'icelle, par Louis Petit, escuger, seigneur de l'Etang, sieur des Grés et autres lieux. Cette fondation fut transférée sur Magdeleine d'Orléans, veuve Ambroise Lair, par contrat du 25 septembre 16(36. L'acte de transfert est du 2 novembre 1(371. Par acte du 23 novembre 1675, » la dite d'Orléans reconnaît la dite rente. » Cette rente fut continuée par Marguerite Labrosse, veuve Gruel, héritière de Pierre Martin Labrosse, son père, contre lequel sentence fut rendue, le 4 avril 1710, à la charge de deux messes dans le mois de juillet pour feu Louis de Jolivet et noble dame Jeanne de Saint-Paul, son épouse. Tout ceci ressort d’un titre nouvel passé chez Bonnet, notaire à Villiers, le 14 mars 1756.
A la date du 13 août 1693 nous constatons encore une donation de 20 livres de rente à la charge de deux messes tous les premiers samedis de chaque mois. l>e fondateur fut messire Claude Philibert de Damas, chevalier de Saint-Louis, seigneur marc(uis de l'hiange et premier gentilhomme d’honneur de Monseigneur le Dauphin, lieutenant général des armées du roy, comte de Chalancey et autres lieux.
Ce personnage eut comme épouse haulte et puissante dame L'rançoise-Géneriére de llarlag, dame manjuise de Bréral, dame patrnnncdr l i II icrs-en-l tesserre .
Le ilernier acte régulier, qui fait foi d'une donation antérieure.
Kil) —
(.'st un bail emphytéotique en date du dJ janvier 1775, fait par raessire Simon Beaudoire, curé de la paroisse Saint-Nicolas de \*illiers-en-Uessèvre et chapelain de la Notre-Dame de Bonne- Nouvelle, en fav^eur de Charles Courtaij^me le jeune, maçon, demeurant à \^i Hiers :
CY'.sV il siivnir 'Ji) pervlicÿ un ennruii lU' terre hihoiiritljle, seiluée ;nix ( iripemi.r de lliillol , terruir et .seii/neiiriede l5//h';-.v, leiuuil d'un cille et honi dierre l iiml, d nuire n'ilé Luuis Mnil/el et d nuire hou! In fiiresl de Urérnl^ nppniieiinut nu dil aieiii' hnilleur cumuie liliilnire rnn.'^nl de In chnpelle i\ nlre-J)nuie de Jlnuue-i\ mirelle.
Cet acte fut passé devant Louis A Hais, notaire principal du bail lajre et marquisat de Bréval. Craignant sans doute l'orage qui commençait à gronder, Courtaigne le jeune résilie son bail au moment de la réunion des Etats généraux, 5 mai 1789.
Cro\'ez-bien, chers lecteurs, que nous ne faisons ici qu'une nomenclature bien abrégée et très partielle des revenus de cette célèbre chapel le. Nous passons bien des actes intéressants de fondations ; il nous serait donc facile de nous étendre d'avantage sur cette matière, mais nous devons forcément nous restreindre pour ne pas dépasser le cadre que nous nous sommes tracé. Ce n'est qu'un simple aperçu historique sur cequi touche de près et de loin l'ancien sanctuaire de Notre-Dame de Bonne Nouvelle que nous nous sommes imposé. (Ju'il nous suffise donc, pour terminer ce chapitre, de dire cpie, d'après le pouillé du diocèse de Chartres de l'année 1758, les revenus de l'anticj^ue chapelle s'élevaient à 250 livres de rente pour son seul tief situé sur la paroisse de Bréval. C’est là un chift're assez éloquent, pour démontrer combien les ]3ieux lidèles avaient en vénération le petit sanctuaire en faveur duquel ils prodiguaient si facilement leur or.
l’UXT.S lil'nACHMS
Pèlerins les plus illustres.
Indépendamment des fondateurs de la chapelle; de Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, et de sa petite fille Catherine de la Mark, nous mentionnerons les noms des personnages les plus en vue à différentes épocpies. Et d’abord il nous est très agréable de pouvoir rappeler ici cpie les commandeurs de Chanu eurent en grande vénération le sanctuaire de Bonne-Nouvelle Ceux qui avaient pour mission de défendre la Terre-Sainte, qui possédaient à Chanu même une chapelle sous le vocable de Notre-Dame du Temple, ne pouvaient demeurer indifférents à un monument dont le souvenir rappelait fépoque glorieuse de leurs brillants faits d’armes, les croisades. Parmi les commandeurs que nous retrouvonsà Bonne-Nouvelle, citons NicolasdeGirenne grand prieur de France, Nicolas Louchart que nous avons vu assister à la cérémonie de consécration de la dite chapelle, Nicolas de Feuquerolles, parent de Robert de Feuquerolles, curé de Chanu, auteur d'un journal très intéressant intitulé : Jîef/isterium faclum suh Uoherto de FeuqiieroUes, redore Canulensi, Jean de Guernas, Guines de Bonnières, frère M arie de Fombalon. des Fssarts. Ne serait-ce pas l'habitude prise par ces pieux chevaliers de fréquenter le chemin C[ui va des portes de la Commanderie pour se rendre à Bonne-Nouvelle, qui aurait, par la suite, fait donner à ce chemin le nom de chemin des Pèlerins ou de Bonne-Nouvelle? On peut le supposer. Plus tard, nous voyons au petit sanctuaire un président du parlement de Paris, Achille de Harlay, président intègre et énergique, qui lutta de toutes ses forces pour arrêter les guerres de la Fronde et dont on connaît le mot célèbre. C’est gnuid pitiés Monsieur, que le valet chasse le maître. Vint également visiter la chapelle Nicolas Malebranche prêtre, de l’oratoire, docteur ès-sciences. Sa famille était propriétaire du fief de Mesnil-Simon.
L’année 16.?G amène plusieurs paroisses en pèlerinage à Bonne- Nouvelle pour conjurer un fféau contagieux. L'épidémie cessa
aussitôt, non sans avoir auparavant fait de sérieux ravages, particulièrement à Bréval où il y eut plusieurs familles d’anéanties. En cette année mourut messire Canivet, vicaire de la Charité de Bréval. Enfin, en 1674, Messire Guillaume Bizet, curé de Boisset, accompagne à Bonne-Nouvelle plusieurs membres de sa famille, venus de la paroisse de Piencourt, diocèse de Lysieux.
Comme on le voit, cette chapelle fut très visitée et seuls les plus mauvais jours de la Révolution purent arrêter l'affluence des pèlerins*.
Chapelains
Le premier prieur dont nous ajmns pu retrouver le nom est Claude Blondel. Dès 1610 il est question de lui dans les actes. Nous le retrouvons également trois fois comme parrain à Bréval et Villiers, en 1617, 1625, 1634. La date de sa mort nous est inconnue ; il est fort probable qu’il mourut vers 1636, il fut inhumé dans la dite chapelle.
Claude Blondel eut pour successeur Jacques Laurans que nous retrouvons comme parrain à Villiers en 1641 ; son nom est cité dans tous les actes de fondation faits par les différents membres de la famille de Harlay. Il mourut en 1661, comme en fait foi l'acte suivant :
U Le inardij, 23'^ jour du mois d'aousl 1661, messire Jacques Lorans, phrc, chappelain de la chapelle de Noire-Dame de Bonne- Nouvelle, aaqè de soixante-trois ans ou environ, à été inhumé dans la dite chapelle par messire Alexandre Lehoueher cjui lui-même décédera le 10 octobre de la même année), curé de Guainville, en présence des charités dLcrp, Garenne, Bréval et la Chaussée et de plusieurs autres phres en la dite chapelle dépendant de Guainville. »
1 Les auteurs du temps racontent que, bon an mal an, ce 25 mars, il se rendait à Bonne-Nouvelle 30üU pèlerins. Les boulangers et marchands de vin venaient dresser leurs tentes aux abords de la chapelle et c’était un usage reçu chez les vignerons de dire : « A Bonne-Nouvelle nous saurons la qualité du vin. »
Son ‘successeur lut Kobert Hérouard, c|ue nous retrcjuvons dans différentes circonstances.
En 1(171, djuiüct, il assiste en l’église de Brévàl à l’inhumation de Catherine de Saint-Paul, femme du seigneur de N'alcontat : " Le lie murs ;iu ilil ;iii, a eslé inhumé messire llnhert llérouanl jihre c/mpelnin de l;i ehnpelle de Nidre-Dnme de lUmne-Noiivelle, ;i;i(ié de sid.rnnle huit uns on enriron,dnns In dite ehnpelle, el n'ni/ani pnrtieipé n niicii ns .sneremen Is de h Jùf lise, pour nroir eslé prévenu de mort subite le jour précédeni , au convotj duijuel ont assisté Georges Hérouard , son neveu, demeurant à la Jbdssière, gui a déclaré sçavoir eserire ng signer, de ce interpellé suivant rordonnance, de maisire Jaegues Cresié laliellion, des liages, presire curé de Guainville, docteur ès arts de la Faculté de Paris (^natif deMontfort l’Amaurv), de Jean Chaudron , vicaire dudit Guainville. »
Après sa mort, la chapelle eut comme prieur messire Claude Guérin, advocat au parlement de Paris, d'abord marié avec damoiselle Marie Fournier, sœur de messire Maximilien Fournier, curé de Mesnil-Simon et de Marin Fournier, advocat bailly de Rosny : à la mort de cette dernière, il reçut les saints-ordres et devint chapellain de Bonne-Nouvelle ■. homme d’un grand savoir, on rapporte de lui que sa piété égalait sa science.
Il avait eu deux enfants de son mariage avec Marie Fournier, Nicolas Guérin, greffier de Loumoye. receveur de la seigneurie de Saint-Flliers-la-Ville, qui fut marié dans cette chapelle de Bonne-Nouvelle, par Fstienne Bouvet de Beauregard, curé de Bréval, comme en fait foi l'acte suivant :
H Furent conjoints dans la chapelle de Xoire Dame de lionne- .\ouvelle. le 2/ juin HiSd, etc. Nicolas Guérin, etc., fils île messire Glande Guérin, cg-devant advocat au Parlement de Pans et emprès prestre chapellain de la chapelle Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, dépendante de la paroisse de Bréval, et defunte dame Fournier d'une part, et damoiselle Galherine Lebarbier, fille de deffunt Louis Lebarbier, esciiijer, selijiieiir de la Pierre de P>ezu et Gravant en partie, et de damoiselle Catherine d'Antin, de la paroisse de Gravent, ne s étant trouvé aucun einpéchenient audit mariage, suivant tes certifeats des sieurs curés de Gravent et de Saint-llliers-la \ ille, par nous
prealre ■suinÿiync ctirc de Biérul, leur h e.slé donné lu hénédiclion nuptiale après leur mutuel consentement donné en la dite chapelle \otre-Dame de Bonne-Nouvelle, en la présence de Claude Guérin, prestrc chapellain de la dite chapelle, de messire Philippe Leharhier presfre, de Charles LeJ)arhier, escui/er, sieur de Bezu, de messire Maximilien Fournier, preslre curé de Mesnil-Simon .de messire Marin Fournier, advocal, haillii de Bhosnij .
Sa fille, Marie Guérin, l’année même de la mort de son père, épousa .lean Lefuel. Le mariage fut célébré en l’église de Guainville, le 4 février 109ü : fureni présents a audit mariaffe : Claude Cuérin, chapelain de Bonne-Nouvelle, Nicolas Guérin, receveur de Sainf-Illiers et Loumnije,Jean Chaudron, vicaire île Cuainville, François Chaudron, demeurant audit Cuainville et M. Piat, curé dudit lieu. »
En 1679, 19 avril, Claude Guérin prêtre assiste dans l'église de Bréval à l'inhumation de Louise de L’Hommedieu, femme de Pierre Harasse, officier de l’échansonnerie delà feue reine Marie de Médicis. 1686, 19 aoust, il assiste à l'inhumation de M”' Catherine Drouard, dans la même église.
Claude Guérin mourut le 17 septembre 1690.
« Le Ith jour du înois de septemhre ItP.W, a esté inhumé, dans la chapelle de Bonne-i\ouvelle, M. Claude Guérin, prestre, chapelain delà dite chapelle, aai/é de juatre-viniils ans ou environ, décédé dans la nui! du / 7 dudit mois, après avoir reçu les saints sacrements de r Fijhse avec une ijrande jiiété, par nioij, preslre, vicaire soussir/né de Giiainrille, en l'absence ci pour la maladie de M. le curé du dil heu. i/iii m'a aussi/ commandé pour faire le service d'enterrement et d' inhumation du dit (léjunl, mais les parents et anii/s assemblés ont chani/c d'avis et ont demandé la /lermission à M. le curé de Giiainville de transporter le corps du dil défunt pour être inhumé en la paroisse de Saint-H liers-la-Ville , ce i/iii leur a élé accordé. »
M. Leclerc, curé de Bréval, rédige l'acte de décès, en disant c[ue la chapelle de Bonne-Nouvelle est sur sa paroisse et c|ue c’est lui qui a fait l’inhumation et convoi en présence de « .1/. Manet, curé de Neau/fletle, de Louis iJrouard, prêtre, et Nicolas Guérin, fils du dil défunt. » Louis Drouard, dont nous venons de citer le
nom, fils d’un procureur fiscal de marquisat de Bréval, succède immédiatement a Claude Guérin. Nous l'avons vu successivement clerc ayant reçu les ordres moindres, puis sous-diacre et diacre et à cette heure vicaire de Bréval, puis chapelain de Bonne-Nouvelle ; il occupa ce poste jusqu’en 1695, pour prendre possession de la cure de A^illiers, le 12 février de la dite année, puis redevint, on I70.S, comme curé de A^illiers, chapelain de Bonne-Nouvelle.
Tl eut pour successeur Claude Brière, ce dernier, nous le retrouvons, le 23 avril i(ï9fi,àrinhumation deM. Charles Drouard, huissier royal au baillage et siège présidial de Chartres, il administra a ce dernier les saints Sacrements de l’Eglise. Claude de Brière traite, au nom de la chapelle de Bonne-Nouvelle, avec les vassaux de la dite chapelle dans les différents actes. Il mourut vers 1708 et à partir de ce moment les curés de Villiers, jusqu’à la Révolution, seront à la fois et curés de Villiers et prieurs de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. En cette cjualité Louis Drouard sera chapelain jusqu'en 1740. 11 mourut le 13 janvier et lut inhumé dans le chœur de l'église de Villiers, le 15 janvier, à l àge d’environ 79 ans.
M. l.ouis Moireau, prêtre d'une grande sainteté et dont le testament respire la plus tendre piété lui succéda; la date de sa mort nous est inconnue.
Messire Simon Beaudoire, dont il a déjà été parlé, le remplaça et n'abandonna pas son poste même aux plus mauvais jours de la Révolution. 11 eut la douleur de voir vendre tous les biens de la dite chapelle et ceux de son église. Secondé par un prêtre zélé, M. Péan, dès 1792, il mourut à la fin de 1799, laissant à son vicaire le soin de remplir les fonctions du saint ministère. En 1802, l’abbé Péan fit rapporter dans l’église de Villiers la stai tue de Notre-Dame de Bonne Nouvelle et le maître autel que nous admirons aujourd’hui pour le fini de son travail. Un second autel en pierre se trouve encore dans les ruines de la chapelle, le troisième sert de seuil de porte dans une maison de la Bâte, hameau de Guainville. Le jour même de la translation de la statue de Bonne-Nouvelle dans l’église de Vil-
AUTEL DE NOTRE-DAME DE BOXNE-NOU VELEE J)an$ l’église de Yilliers-en-Desceuvre.
iiers, un fait miraculeux se produisit. Un homme estropié depuis bien des années, dont le nom est connu des anciens etqui a encore ses descendants à Vil Iiers, se lit transporter aux ruines de la chapelle. Là, en présence de la statue vénérée, il retrouva toutes ses forces et laissa ses deux bâtons en témoignage de sa guérison miraculeuse. Nous avons consulté les anciens et les personnes les plus autorisées de la localité, tous se portent garants du fait accompli, comme l'ayant entendu dire à leurs parents.
Ce prodige n'était-il pas de la part de Marie un appel suprême aux fidèles de ces contrées pour réclamer la continuation du culte qui lui avait été rendu depuis tant de siècles en ce lieu béni ? Qu’il nous soit permis de le croire. Le concours nombreux de fidèles qui, de nos jours encore, viennent prier sur ces débris sacrés, ces ruines qui, en dépit du temps, se tiennent hardiment debout, cette arcade d'entrée toute lézardéeà laquellelaProvidence a donné un orme pour appui ; tout cela a son langage pour celui qui aime et qui croit : Marie, nous disent ces vieilles murailles, fut ici honorée, est-elle donc moins puissante qu’autrefois ? Vous est-elle moins chère qu’elle ne le fut à vos ai'eux pour que votre culte à son égard se soit tant refroidi ? Revenez donc prier en ces lieux bénis et relevez ces pierres éparses à la gloire de la vierge de Bonne-Nouvelle.
Possession jadis contestée de la chapelle de Bonne-Nouvelle
Les archives font mention d’une contestation qui eut lieu au seizième siècle entre les évêques de Chartres et d’Evreux au sujet de la possession de la chapelle de Bonne-Nouvelle. Chacun jalousait l’honneur de posséder en son diocèse un sanctuaire si
renommé. L’évêque de Chartres, qui cependant pouvait bien distraire ce petit coin de terre de scm immense diocèse, alors un des plus grands de la chrétienté, crut à tort c(u'elle était sa possession. Il est constaté par les actes que le domaine de Bonne- Nouvelle était sur le fief de Villiers et tout en dépendant autemporel du marquisat de Bréval, alors du diocèse de Chartres, relevait au spirituel de l'évècjue d’Evreux.
Après les évêques, ce fut ai.i tour des curés de s'attribuer la possession de la chapelle en question. I,es curés de Bréval et de Guainville prétendaient simultanément la posséder. Le curé de ifréval dit avoir fait la conduite d'un convoi jusqu'aux limites de sa paroisse, c’est-à-dire au-delà du clos et de la chapelle dépendante selon lui de sa paroisse. A peu près aux mêmes dates et précédemment à la mort de Bobert Hérouard et de Jacques Lorans, le curé de Guainville prétend c|ue la chapelle est située sur son territoire. Enfin (et c'est peut-être pour trancher la question), en 17U8, elle fut confiée au curé de Villiers, et quoic[ue le Fouillé de Chartres de 1738 la place sur la paroisse de Bréval, dans le registre des insinuations du diocèse d'Evreux nous la retrouvons sur la paroisse de V^illiers, alors dans le doyenné d’Jvry.
Mais les temps sont changés et cette célèbre chapelle, autrefois objet de contestations entre deux diocèses et deux prêtres voisins , est devenue aujourd’hui , grâce au zèle des pieux fidèles, comme le trait d'union de trois diocèses et de trois paroisses. Cette alliance d’ailleurs nous semble facile, douce et toute naturelle , car il s’agit ici d'un but cher à tous : rendre à Marie dans ce sanctuaire, en partie à relever, le culte que les générations passées n'ont cessé de lui prodiguer.. C’est aussi dans cette intention c|ue cette modeste brochure a été écrite, et l’auteur de ces quelques lignes trouvera grandement sa récompense s’il a le bonheur de voir, comme couronnement de son travail. Dieu adoré et Marie, sa mère, honorée dans cette chapelle reconstruite avec le concours des fidèles. Qu’il lui soit donc permis, en terminant, d'exprimer le : vœu de voir bientôt gravés sur la pierre et ornant le froii-