‹ Pièces détachéesChapitre 20 sur 48 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Los archives de la jielile eominunc d' AnnenonvilLc-lcs-Ctatbicaux eonserveiil un manuseril in-folio, dont la première parlie est consacrée à la narration fidèle de tous les événements principaux arrivés dans la paroisse, dont le curé est toujours le témoin et le chroniqueur jidèle.

Ces faits locaux sont loin d être dépourvus d intérêt, même pour Vhistoire qénérale. Ces récits, combinés avec d'autres chroniques particulières, écrites jiar des auteurs di/férents, dans des j.taps divers, finissent par former un ensemble d'une véracité 'incontestable et d'une rare précision.

Les bons curés d' Armenonvillc, parfois, se font aussi l'écho des événements qui retentissaient alors dans le monde entier et que la renommée aux cent bouches leur avait apportés jusque dans leur profonde vallée.

Nous n avons pas cru devoir sujipr'imer la partie qui appartient à notre siècle. IL appréciation d'un pauvre curé de campaqne, si dépourvue d'autorité qii elle paraisse à plusieurs sans doute, n'en est pas moins imqiartialc et d' une justesse rare.

Ces qietites annales nous ont semblé suffisamment complètes, et forment un tout assez compact pour ne pas les illustrer de notes, de comparaisons, de réflexions et de discussions critiques et historiques. Elles .sont (tiques de former plutùt une source première à la(/uelle on devra renvot/er pour contrôler les notes éparses dans les registres paroissiairv.

Nous les livrons donc dans loule leur naïve simplicité à l'appréciation du lecteur.

IMKCliS DÉTACHliES

But du Chroniqueur

.1 Mrssieti/'s /r.v Currs d' ArmeiKjinnlle . mes très chers S iiccesseii rs. Su lu/.

Mussieuks,

Je sçais que l’on voit souvent tant de confusion dans les alfaires des fabriques, ])ar l'ignorance ou la négligence des gagers ou administrateurs qui en ont le bien et les tittres en dépost. qu’elles \dennent peu à peu à deschoir, et les fondations s’esteindre par l’aliénation du revenu donné ])our les act{uitter. C’est, Messieurs, ce ([ui m’a obligé de dresser ce registre de la manière que vous le voyés ; mais mon petit travail sera inutille,si vous n’avés la bonté de continuer ce que je n’ay fait que commencer ; c’est une grâce que je vous demande. Messieurs, ]:)Our l’anKjur du maistre que nous servons, et par l’obligation que nous avons de ne rien négliger de tout ce qui regarde sa gloire. Je \'ous prie donc instamment. Messieurs, de prendre la peine de faire l’extrait des contracts soit d’acquests, des donations ou testaments, affm de les in\'entorier. comme j’ay fait, et que vous le pourrés voir tlans le feuillet 50, et de mettre, si c’est un testament ou donation, l’office dont on charge l’église au jour du mois porté dans le dit acte au fueillet 22(3; d’en mettre le revenu en abrégé en la page 25(3; si c’est un acquest d’en mettre aussy le revenu au mesme chapitre ; de mettre l’extraict des bauls, dans l’inventaire des baulx, au fueillet 130, et la rendition des comptes au chapitre des comptes, p. 100; d’adjouster les meul)les et (n'iiements dans l’inventaire

que A'ous en trouverrés au fueillet 245, et ainsy du reste. J’ay eu, en outre tout ce que je vous viens de marquer, la curiosité de ramasser et rédiger tout ce que j’ay peu descouvrir s’estre fait avant que cette église fust parroisse, et ce c|ui s y est fait depuis qu’elle a esté érigée en paroisse; si cela vous donne cjuelque satisfaction , je vous prie, Messieurs, de la donner à ceux qui vous succéderont, escrivant ou faisant escrire, si vous n’aviés pas la main bonne, ce qui se passera de vostre temps. Tout ce discours ne m’estoit pas nécessaire, Messieurs, pour vous faire entendre le dessein de ce petit travail, et vous exciter à le continuer pour donner de la satisfaction à ceux qui vous succéderont dans la suitte des temps, mais il me sert d’occasion pour recommander à vos SS. sacrifices le repos de l’àme de celui qui a, en qualité de premier curé, si laschement commencé l’œuvi'e de Dieu , espérant que vous contiunrés avec tant de zelle et de ferveur C|ue vous reparerés toutes les fautes et les négligences que j’ay eues à bien faire mon devoir.

Origine d’Armenonville.

Au nom du Père, et du Fils, of du Saint-Esprit. Ainsij soit-il.

L’éMise de Saint-Pierre et Saint-Paul d’Armenonville a

commencé par une chapelle, bastie par les seigneurs de Remenonville ; et, en mil deux cents six, un Hugues de Remenonville, cheAmllier , fonda trois messes en ladite chapelle, et donna pour cet efîest aux curés de la paroisse de Gays, dont le hameau et seigneurie d’Armenonville dépendoit, les dismes inféodées qui luy apartenoient sur le territoire de la seigneurie du dit Armenonville, ainsi q Li’il se voit par un decret de Renault, évesque de Chartres, en l’année mil trois cents vingt-cinq, le lundy d’après le dimanche où l’on chante Oculi mei, tiré du trésor de l’abbaA^e de Notre-Dame de Josaphat, en vertu d’un compul-

soirecle la chancol lorie, en datte du (|uatriesmc décembre mil six cents soixante-six.

Dans la suitte des temps, il se llst un accommodement entre les curés de Cas et les seif^neurs d’Armenon ville, ]:>ortant que les trois messes seroient réduites à deux, une le vendredy pour les delTunts fondateurs et bienfaiteurs de la cha|)elle , et l'autre le dimanche, pour servir de messe de paroisse aux seigneurs, et à tous ceux de l’enceinte de son chasteau, sans cstre obligé d’aller à la paroisse de (4as pour l'aclministration d'aucuns sacrements, le dit curé estant obligé tle fournir un chapelain résidant audit lieu, et pour cet elfest il y avoit dans ladite chapelle un tabernacle et des fonds baptismaux.

En l’année mil si.x cent trente-sept, messire Philbert Du Mesnil Fardieu, lors seigneur du d’Armenon ville, donna un c[uard de dismes cpie le père de la dame sa femme avoit accpiise d’un des enfans de la maison, au curé de Cas, au moyen de c[uov le curé tleschargea de dismes une ])ortion des terres de l’ancien domaine qu’un précédent seigneur d’Armenonvil le auroit vendué, et c[ue ledit curé de Gas s'obligea de continuer de faire ou faire faire le service en la dite cha])elle.

En l’année mil six cents cinc[uante huict, messire François Gueulle, curé dudit Gas, intenta action devant monseigneur l’évcsque de Chartres, pour raison du service c|ui se faisoit en la dite chapelle, et sur cette action, le dit seigneur évesques ordonna verballement que tran saction seroit renovellée entre messire Charles Fleuriau, seigneur dudit Armenon ville, et le dit sieur Gueulle, laquelle transaction futomologuée ])ar mondit seigneur évesque.

En l’année mil six cents soixante-quatre, messire Lorn’s Desnard, curé dudit Gas, intenta action contre le dit sieur Kleuriau ])our s’exempter desdites charges à l’esgard de la chapelle, et de la fo\^ et hommage qu’il estoit obligé de rendre audit seigneur d’Armenon\dlle,. ainsi que ses

prédécesseurs curés, à cause du don des dites clismes, par plusieurs adveus rendus aux seigneurs de plus de cent cinquante ans, comme aussy pour s’exempter du payement de dix escus d’or à quo}" le droit de relief a esté évalué, et de plus pour dismer sur les terres de l’antien domainede la terre d’Armenf)nville. Sur cette |:»rocédure est intervenu arrest contradictoire au Parlement de Paris le quatorze de ma}^ mil six cents soixante neuf, par lequel ledit sieur Besnard, curé, auroit esté deshoutté de toutes ses demandes, et ledit sieur Fleuriau maintenu dans tous ses droits, avec despens ; et d’autant que par le susdit arrest les hal:)itants d’Armenonville, qui estoieiit intervenus au procès, pour demander que les sacrements leur fussent aussy administrés par le chapelain du dit Armenonville, ainsy qu’il se faisoit autrefois par la permission des curés, à cause de l’esloignement de la parroisse dudit (las, le Parlement les auroit renvo^'és par devant monsieur l’évesc[ue de Chartres, ])our leur estre fait dioit sur leurs demandes.

Erection d’Armenonville en paroisse, 1071.

Ce renvoy donna lieu audit sieur Fleuriau, qui vo^aint les différents qui naissoient et pouvoient naistre entre les curés de Cas et les chapelains d’Armenon \ ille, de présenter requeste audit seigneur évesque de Chartres, pour l’érection d’une cure audit Armenon ville , en laissant audit curé de (das ses dismes, et le desdommageant aus.sy bien que sa fabri((ue pour son casuel et ses droits. Ledit seigneur évesque, avant faire droit, ordonna une descente estre faite sur les lieux, le dix huit de mars mil six cents soixante dix, parmessire Jean Edeline, son grand vicaire, llavet, son secrétaire et autres ; après le ra|q)ort desquels, il en fist l’erection par son decret du vingt huit mars mil six cents soixante et onze, aux charges v contenues, et

pour les deux messes que le dit curé est(dl obligé de dire ou (aire diredans la cha]:)elle dudit Armenonville, à cause du don des dismes, il a été chai'g'é de les dire ou faire dire dans l'église de Gas, et c[ue ]:>our mémoire il seroit mis une pla(|Lie dans la nel de l église dudit Gas, où cette charge des deux messes seroit insérée.

Ledit décréta été f»mologué pararrestdu Parlement de Paris, le 22 tiécemhre Ib72, conjointement avec la conlirmalion de I ex('m]:)tion des disnu's sui' l’ancicm domaine du dit Armenon U i I le.

Bienfaits de M. Fleuriau.

Il ne suffistpas d'avoir tait cognoistre comment la cha- ]:>elle d'Armenonville a été érigée en paroisse, le dessein tiu’(m sest formé en dressant ces mémoires a esté de faire \'oir à la postérité tout ce ejui s'est passé et se passera de remar([uable concernant la dite paroisse, c’est pourej^uoy il nv faut pas obmettre les grands bienfaits de messire Charles Fleuriau qui en a esté le fondateur.

Fn l'année mil six cents c[uarante neuf, messire Charles h'Ieuriau, conseiller et secrétaire du Roy, maison et couronne de France et de ses finances, acquist de messire Charles de Fortisle la terre et seigneurie d’Armenonville avec ses circonstances et dépendances; mais il semble que ce n'a pas tant esté ]:>our en tirer les revenus annuels c[ue ])our avoir un lieu où il v peust donner à Dieu des marques de sa recognoissance ]3our toutes les grâces receuës de sa main liberalle. ce c] Lii a ]:>aru dans tous les secours tant corporels que sjiirituels qu'il a donnés et procurés à ses vassaux, aussv tost c[u'il commençf^ d’estre leur seigneur, à (|uoy n’a jiaspeu servv la grande piété de madame Françoise Guillemin, son épouse.

Pour ne point entrer dans le destail de tout le bien cpi'ils ont fait, je dirav seulkmient qu'à l'esgard des

pauvres, ils n’en ont souffert aueun manquer de pain ; qu'ils ont toujours donné ordre qu’en leur absence on leur en distribuas! ou secrettement ou publiquement; qu’ils ont eu la charité de faire habiller tous les ans, au commencement de l’hyver,les pauvres en tans de leurs villages, et de donner aux pauvres femmes du linge pour eslever leurs petits enfants ; (ju’ils ont toujours empesché autant qu’ils ont peu les ]>rocès et chicanes entre leurs sujets, en escoutant leurs différends pour les mettre d’accord, en tirant souvent de leurs bourses l'argent que les pauvres ne pouvoient pas fournir pour sortir d’affaire ; qu'en un mot, partout où il y a eu lieu de secourir le prochain, ils l’ont fait civec une charité sans exemple.

Restauration de la chapelle.

Pour ce c|ui regarde le S]:>irituel, il seroit diflicille de spécifier toutes les circonstances du bien c^u'ils ont procuré dans leur seigneurie. Ils ne furent pas plustost en possession de la terre cju'ils pensèrent à la décoration de la maison de Dieu; il est vray (|ue ce n'estoit, pour lors, qu’une chapelle, mais comme elle leur tenoit lieu d’église paroissiale, et que le Saint Sacrement y reposait, ils n’espargnèrent rien pour la mettre en un meilleur estât qu’el le n’estoit sous les autres seigneurs.

Mais comme tout le bien qu’ils ont fait, ne l’a ])as esté en une année, et qu'ils n’ont cessé d'en faire depuis cpi’ils possèdent cette terre, je crois devmir rapporter les choses qu’ils ont faites dans le temps qu’elles l’ont esté, non pour aucun dessein que j’aye de tlatter de leur vivant des âmes si remplies d’humilité, et qui n’attendent que de Dieu la recompense de leurs actions ; mais pour faire cognoistre à leurs descendans la piété de leurs pères aftin d’en hériter aussi bien que de leurs biens, et pour de mon costé satisfaire à l’obligation ({ue j’ay de rendre justice à leur

vertu, dans le dessein que je me suis formé de laisser à la postérité un memorial de ee qui s'est passé de ma ccjgnoissanee, espérant (pie mes ehers eonfrères sueeesseurs à la eure continueront cette jDetite entreprise, (|ui donnera de la satistaction à ceux (jui seront alfectionnés au bien de l'église.

Premièrement donc, en l'année KmcS, la chapelle fut (mtièrement réparée, car auj)aravant elle n’estoit nv lambrissée, n y pavée, et fort obscure, et on la mist en l’estât oLi elle se voit à présent.

L’année suivante, 1651), Monsieur et Madame tirent faire le grand autel avec celuy de la saincte Vierge, et les ba- I astres, où le tenqos et l'argent ne furent point espargnés pour que le tout fust mieux et de plus longue durée.

Ln l'année 1661), ils tirent faire la sacristie derrière le pignon de ladite chapelle, et y tirent ])lacer de grandes auremoires ])our mettre toute sorte d'ornements pour l oftice divin; l’inventaire en sera dressé dans ce même registre (pi’on verra s'augmenter d’an en an. ne s’en estant ]:>oint passé juscpies à présent cpi'on n'ait donné (|uelc|ue chose.

Indulgences pour la fête patronale.

Ils ne furent ]3as longtemj^s à recognoistre l’abus et la profanation cpii se faiscjit de la feste des saints ])atrc>ns de leur chapelle ; c’est pourquoy en l'année 1660, ils obtinrent des indulgences pour sejot ans de N. S. P. le l^ape Alexandre V 1 1. p(jur d’un jour de desbauche en faire un jour de dévotion et de piété.

Toutes choses esta)it en tel estât dans la maison de Dieu, (pi'on peut direc[u'il n’\^ manquoit rien du néce.ssaire au service divin. Monsieur et Madame firent bastir un logement pour leur chapelain tout devant l'église, et le meid)lerent generallement de tout ce cpn Un jiouvoit estre nécessaire.

Construction du château.

rOans les années 1660, 61. 2. 3. 4. 5. 6. se vo\-ant dans la nécessité de se loger un peu plus commodément qu'ils n’estoient, ils firent beaucoup de réparations au chasteau, ils en bastirent toute la basse cour, entourèrent le tout de grands fossés, firent faire un grand canal, transportèrent beaucoup de terres pour les jardins en terrasse, fermèrent l’enclos tel qu’il se voit aujourd’hui, enfin donnèrent lieu par cette despense honneste et nécessaii'e aux pauvres gens de gaigner de quoy faire subsister leurs familles, et de bénir Dieu du bon usage c[u’ils faisoient de leurs biens.

Statues du maître-autel, 1667.

En 1667, les images antiens de saint Pierre et de saint Paul, et celle de la saincte Vierge ne convenans pas aux contretables des autels, estant très mal faicts, et a}'ant fait rencontre d’un nommé Jacques VIonno3'e, sculpteur, ils firent faire ceux que l’on voit à présent qu’on trouve assés bien laids.

Nouvelles indulgences, 1667.

Les Indulgences qui a voient esté octro3X^es de Rome, en 1660, estant finies, Vlonsieur et Madame, a3nnt recognu par la pieté de leurs habitans et le grand concours de monde, c|ui arrivoit de toutes parts pour gaigner les dites Indulgences, qu’il seroit utille de les renouveller, ils en obtinrent de nouvelles de N. S. P. le Pape Alexandre A"II encore vivant, qui eurent le mesme succès que les premières, en 1667.

riKCKS DÉTACHÉES

Erection d’une croix. !6()8.

Comme lu cüuslume u tousjours esté d’aller après Pas(|ues en procession au carelour du chemin de Nogent, d’où Ton descouvre les clochers de Notre-J)ame deChartres, pour y faire une station et y chanter quelqu’antienne, en l’honneur de la sainte Vierge, l’on jugea qu’il estoit à j:>ropos d’y planter une croix, ce qui fut fait en 1668, et l’année suivante, on l'entoura pour lu3^ servir d’ornement et y estre un jour à cou\’ert.

Erection de la paroisse, 1671.

Le procès mal à proj^os intenté par M'® Lou \-s Besnard, curé de Cas, contre M. Fleuriau aAamt esté terminé ainsj^ qu’il se voit c^'-devant, et Monseigneur l’évêquc de Chartres acnint veu et cognu que la despense que vouloient faire M. et M'"'' Fleuriau d’ériger leur seigneurie en ])aroisse, ne ])rocédoil que d’un principe de piété pour les accidens funestes ipi’ils voyoient arriver dans la réception des sacrements, à . cause de l’esloignement de la parroisse dudit Cas, erigea la chapelle en paroisse en l’année mil six cents soixante et onze, qui est un bien si considérable qu'il n'\' a que iJieu qui |)uisse estre la récompense de ceux t[ui en ont lait la despense.

Jean de Loucelles, L' curé, 1671 .

Cette chapelle estoit pour lors déservie par messire Jean de Loucelles, en aynint esté jxnirveu par messire Pierre Thorit, chanoine de Chartres, le 21 aoust 166/, comme grand vicaire de M. l’abbé de Josaj^hat, présentant à ladite chapelle, aussy bien qu’à la cure du Cas, comme abbé de ladite abbave de Josaphat.

Ft fid esleu pour premier curé de la nouvelle cure le

susdit Jean de Loucelles, prêtre d u diocèse de Bayeu.v, et présenté à Monseigneur l’évesque de Chartres par messire Gabriel d'Orléans de Rothelin, abbé de Notre- Dame de Josaphat, suivant ce qui est porté par le décret de l’érection de ladite cure que la nomination en sera faite alternativement par ledit sieur abbé et ledit seigneur d'Armenon ville, fondateur. Il en prist possession le 9 avril 1671.

Agrandissement de l’Eglise. — Clocher.

La dicte église s’e.stant trou vée trop petite ]:)our bobligation qu’eurent les habitans du lieu de la fréquenter comme leur paroisse et d'y recevoir tous les sacrements, et non ailleurs, M. Flcuriau la fit acroistre d’environ trois toises, et en mesme temps firent faire un clocher que tout le monde trouve d’une architecture fort Jolie, le tout à leurs frais, et ce fut la mesme année 1671.

11 fallut aussy augmenter le cœmetière, et pour cela il fist abattre plusieurs espaces de logis qu’il fist rebastir ailleurs, à ses propres frais, pour ne pas desloger ses habitant et leur oster tous subjet de se plaindre

Chapelles. — Croix de consécration.

On tient par tradition que la chapelle a esté desdiée par saint Thomas de Cantorbery, durant son e.xil, eia tesmoignage de quov on avoit basty en son honneur un autel dans la nef de ladite chapelle, que Monseigneur de Chartres permist de desmollir avec un autre de la sqinte Vierge qui estoit à l’opposite, à condition C|ue leurs images seroient placées ailleurs, sçavoir dans la chapelle de sainte Catherine, c|ui est présentement celle de la sainte Vierge; ces deux autels n’estoient f(mdés d'aucun revenu et estoient très incommodément placés.

lù comme les croix de la dédicace estoient fort eilacées et basses, attendu cju’en réparant l’église, on l’éllora, il tnt ordonné par niessire Jean Robert, docteur de la maison de Sorl)one, chanoine et grand archidiacre de Chartres, en sa visite faicte en ladite église, en 1672, c|ue les dites croix seroient renouvellées et posées plus haut.

11 seroit di t par un ancien manuscrit d'un office noté de saint Pierre et de la dédicace que l’on en faisoit l’olTice le neid de juin, mais il se fait ])résentement, par conformité avec tout le diocèse, le premier dimanche du mois de sej:)teml)re.

Fonts baptismaux. — Croix.

11 I ut nécessaire d'avoir des fonds baptismaux après l’érection de la cui'e, car les anciens, n’ayant servy de longtemps, ils ne se pou voient restablir; cest pourquo\" Monsieur en fist venir de Paris de très beaux, et Madame donna trois vaisseaux d’argent, pour mettre les sainctes huilles, ce fut dans l’année de l’érection de la cure.

M. Guillemeau de Chasteaucourt, maître des comptes à Paris, allié de M. Fleuriau, donna en la mesme année 1(371 une croix d’argent de la valeur de quinze louj^s d’or, chargeant verballement la fabrique de chanter aux cinq principalles testes de la saincte Vierge VInviolata avec un De jn-ofiindia et Fidelium ])our les trépassés de la famille.

Mission.

Entre les grands biens C|ue ces bons seigneurs et dame ont pi'(3curé à leurs vassaux, celu\^ d’avoir eu une mission, dès que la paroisse fut érigée, ne doit pas tenir le dernier rang. Elle fut faicte par les révérends pères Chauran, du Tillet et Maigret, jésuites. Elle dura seullement quinze jours, mais leur réputation attira tant de monde des environs qu'il auroit esté à souhaiter qu’elle eust duré encore

quinze autres. La procession géntu'alle qui termina cette mission fut si solennelle qu'il s’y trouva plus de cjuatre jnille personnes, avec un grand nombre d’ecclésiastiques. L'ordre qu’on y garda fut admirable et édifiant. Les garçons y marchoient quatre à quatre, suix ispar les filles, aussy quatre à quatre ; ensuite on fist marcher une partie lies hommes, puis le saint Sacrement accompagné de tout le clergé en chappes ; suivit après la noblesse du païs et le reste des hommes et après eux les femmes qui donnèrent plus de peine à ranger que tout le reste. Le H. père Chauran conduisit luy mesme cette nombreuse procession par la grande allée qui fait face au chasteau, et de là dans le pré cju’on appelle le pré de la corvée, et la rangea tout autour de ce pré, au millieu duc|uel onavoit eslevé un grand autel, sur lequel fut posé le saint Sacrement porté par le nouveau curé. Cet autel lut construit de telle sorte qu’il n’y avoit personne qui ne peust voir le saint Sacrement, c|uoiqu’environné de tout le clergé. Ce fut du pied de cet autel c|ue parla le R. P. Chauran, avec tant de force et de zelle c^ue tout le monde en fut instruit, et il n’y eut personne qui ne s’en retournast remph^ de bonnes résolutions de servir Dieu de tout son cœur.

Il ne faut pas oublier de vous dire c|ue monsieur Fleuriau fist publier dès le commencement de la mission qu’il reniettoit pour l’amour de Dieu, à tous ceux qui luy avoientfaictc|uelc[ue tort, la restitution C[u'on leur pourroit enjoindre de faire dans le sacrement de pénitence, affin qu’on eust plus de liberté de s’en accuser. Il faut vous dire aussy que les frais de cette mission furent grands, car il y avoit table ouverte à tout le monde, et particulièrement aux ecclesiastiques et autres personnes de qualité.

Fondation des écoles.

Le bien c{ue produisent les missions est asseurément très grand, mais cependant, à moins que de temps en temps on ne le renouvelle, on voit in:i I hem reusement

renaistrc les desortlres tju elles a\oient estoudees. Mais celuy que le /.elle et la piété de nos fondateurs procura ensuite de la mission à leur paroisse est d’autant plus à estimer qu il ne finira jamais, si leur bonne intention est secondée par leurs successeurs. Ce bien fut d establir des petites escolles où des maitresses ensei^neroient les filles et mesme les ]:»etits garçons, j usques à l’aage de 12 ans, le lieu n’estant pas assés considérable pour y entretenir un maistre pour eux, avec ordre d’enseigner les pauvres gratuitement, l^our l’establissement de cette escolle. Madame list venir de la communauté de Sainte- Genevièsve, dont l’inslitution est d'enseigner les enfans, sous la contluite de madame de Miramion, une très sage et très vertueuse fille, noirmiée sœur Charlotte Tardif,qui donna sa méthode d’instruire à la sœur Marie Cheramy, fille toute jîleine de charité et de piété, qui avoit aupai'avant enseigné dans le bourg d’Illiers, laquelle s’associa ensuite d’autres filles jiour la seconder et succéder. Madame prenoit grand soin de cette escolle, car elle y alloit souvent et prenoit la peine de faire quelc|uefois la leçon elle mesme aux petits enfans. On les logea près de l’église dans une maison à mademoiselle Elizabeth d’ Agneaux et à Marie Allo3œr maîtresses d’escolle lors en charge, aux conditions portées dans letistre delà fondation, c[u i sera in ventorié avec les autres tistres de l’église.

Confrérie du Saint Sacrement.

Monsieur le curé, taschant de son costé d’avancer en ce qu’il pouvoitle salut de ses paroissiens, en les exhortant d’honorer en tout et partout les choses de Dieu et princi- ]:>allement d’avoir une dévotion particulière envers le très sainct Sacrement de l’autel, présenta une rec|ueste à Monsieur l’évescjne tendant à ce cjuil I113' pleust d’ériger une confrérie de cet adorable Sacrement, et d approuver

les règlemens que ledit curé avait dressés pour les confrères de ladite confrérie. Ce qui réussit corne il l’a voit souhaisté, car mondit seigneur entérina la requeste en érigeant latlite confrérie et en approuvant les statuts d’icelle; ce lut aussy en lü71, le douze juin. Et le vingt novembre de la mesme année 1(371, il présenta une autre requeste dans laquelle, exposant la dévotion des confrères envers le très saint Sacrement de l’autel, et de plus leurs libéralités pour l’honorer et jDarticulièrement celle de madame Marguerite Robillard, mère de madame Fleuriau, qui donna une somme assés considérable pour la despense d’un salut, tous les mois, elle fut aussy espéindué à ses tins, et permission d'exposer le saint Ciboire, tous les premiers tlimanche du mois, ce qui se fait régulièrement et avec beaucoup de dévotion. y

Messire Pierre 'Fhoret, chanoine de Chartres et official du chapitre, ayant une petite terre dans cette seigneurie, voullut aussi contribuer à honorer le très saint Sacrement, car il donna une année du revenu de sa [letite terre, se consistant à dix pistolles, dont furent acheptés deux chandeliers d’argent, ce fut aussv en 1(371.

Chaire à prêcher. p

l>a chaire à prescher est assez jolie et la despense en a esté assés considérable pour ne la pas obmettre ; elle fut faicte dès 1671 et aux frais de Monsieur, elle a bien cousté dix louys d’or, mais c’estoit peu de chose à des gens de si grande pieté et qui n’avoient pas de plus grand plaisir au monde c|ue d’entendre la paroi le de Dieu, aussy tachoientils d’avoir tousjours des plus habiles prédicateurs pour la feste des saints Patrons, saint Pierre et saint Paul, et autres grandes testes.

Reliques et Indulgences.

Frère Iliacinthe Faucheux, jacobin, estant allé à Rome, demanda, dans le séjour cju’il y tist, des reliques à N. S. P. le pape Clément X, qui luy fist disti'ibuer, le 3 d’avril 1071, des ossements des corps des SS. martyrs Candide, Honoré, Victor, .Juste, .lucunde. Lucide, Gaudence et Deodat. La(|uaissc en fut adressée à Monseigneur Ferdinand de Neuville, évescpie de Chartres, qui en fist l’ouverture et les trouva véritables, 3^ donna son approbation et la permission de les exposera la vénération des fidèles, ain.sy qu’il paroist par son acte du 20 octobre 1072; et la distribution en fut faicte aux églises de Gas, Sourds et Armenon ville, pour lesquelles ledit frère Faucheux les avoit demandées, par M'“ Jean Contet, prestre, curé d'Etcrolnes et notaire a]:>ostolique, en la présence de ceux f[uÎ3^ avoient interest; ce qui se voit par l’acte c|ui en fut dressé et deslivré à un chacun des curés le VI de juin 107.3.

M' de Mirougra in , alli(' de la famille de monsieur Fleurian, estant allé visiter les saints lieux de Rome, obtint de X". S. P. le pape Clément des indulgences pour sept ans, le 19 d’aoust 1072, qui ne furent présentées à monsieur Rertault, grand vicaire de monseigneur de Chartres c[ue le 21 juin 1071, qui les approuva et en permist la publication avec exposition du saint Sacrement, le jour desdites indulgences, comme il estoit fait auparavant en considération des précédentes.

Monsieur de Levéville Maissat, dans le vo3mge qu'il fist à Rome, en 1073, obtint de Sa Sainteté quelques ossements des corps des SS. mart3n's Valère, Béatrix, Restitut et Alexandre, tirées par le cardinal de Carpineo, vicaire général de N. S. P. le pape Clément X, du cimetière de

saincte Pi'iscille, et l'isl présenta cette église de celle de saint Restitut, qui fut recognue et a[)])rouvée par n\(»n- •sieur Bertault, grand vicaire de monseigneurdeChartres, avec permissi<jn de l'exposer à la x éïK'ration des (idelles. par acte du 5 juillet IGTd.

Le Martyrologe, KiTd.

En lt)7G, le martyrologe fut tlressé,et escrit par monsieur le Curé en ki forme quOn le voit à ])résent. Il en sera dressé autant dans ce registre.

Cloches

Lorsque l’église n’estoit encore c[ue chapelle, elle avoit deux cloches placées dans le haut du pignon d’icelle, dont l'inscription faisoit voir cruelles estoient de plus de deux cents ans. On les suspendit dans le nou\'eau clocher, sistot qu’il fut en estât, mais comme toutes choses prennent lin il s’en cassa une, ])ar je ne says quel accident. Ce qui donna occasion d’en faire faire déplus grosses, de sorte c|ue les deux antiennes servirent à faire la plus petite de celles qui sont à présent et l’on achepta 500 livres de métal ^ pour faire la grosse. Voic\" rinscri[)tion de l’une et de l'autre. Il y a escrv^sur la grosse.

« J’av esté faicte pour la paroisse d'Armenoindlle- Fleuriau', béniste [)armessire ,)ean de Loucel les, le prender curé , nommée CharloUc-Elisabcth, par messire Charles Fleuriau, conseiller et secrétaire du ro}^ seigneur et fondateur de cette paroisse, et dame Flisabeth Petau, espouse de messire Pierre Naissat, conseiller du roy en ses conseils et secrétaire de ses linances, seigneur deLeséville, IGTb. » Ft

‘ C'est le nom primitif d'Armenonville. Ce no7ii fut remplacé en 1710 par celui d'Armenon\ ille-sous-Gallardon, et vers 1730 par celui d'.Vrmenonville les-Gatineaux à cause d’une famille Gatineau, très nombreuse alors à Armenonville et cjui avait déjà donné son nom à un l.amcau de la paiansse. !.. M.

1>].LCI;S DIVI'ACIIKI s

sur la moindre est escril: « J’ay esté faicle pour la paroisse trArmenon vil le, béniste par Jean de L(jucelles, le premier curé (k‘ hulieU' paroisse, nommée (J,Uiude-Franr(Asc, par messire Chiude le Pellelier, chevallier, conseiller du roy en ses conseils d'eslat et d’honueur au parlement, prévost des mai'chands de la \ ille de Paris, et dame Frantyjise de Mésiiard, esj)oLise de messii'e Cyprien Besnard de Rezé, clie\’al lier.cousei I lerdu ro3^ en ses conseils d’estat, seigneur de lu Brescle, IbTb. — Bstienne Gabois. »

Tonnerre

Peu s’en fai I ut, mais Dieu iie le permist pas, que le tonnerre ne réduisis! en cendres, l’année suivante, et le clocher et les cloches. 11 tomba sur le ])remier dôme, fendit en deux un tles ])oteaux, descendit ensuite dans le second où il fendit en deux un autre poteau du beffroj' et le list sauter j risques au milieu de la rue qui monte à la Garenne, pins eiiii'a tlans l’église par la vitre du pignon, ne cassant C[u’une seul le lozange, et descendit le long de la grande ])orte, de laquelle il cassa un des battans, et en ht \'oler un éclat contre la cuisse d’une femme dont elle fut longtemjjs incommodée, ensuite sortit par la ])etite porte après avoir de sa lueur tant soit peu roussv les cheveux du sieur curé (.[ui estoit à genoux près de la ballustrade, se préparant ii dire la sainte messe qu’il a\’oit sonnée. La réjDaration de tout ce désordre fut aussy tost faicte aux frais du seigneur et en desboursa dix ])istolles.

Cloche des plaids et de la corvée

Il hst mestre aussy une petite cloche de 40 livres dans le ]:>etit dônre, ])Our sonner les pieds tous les mardis, et aiipeler ceux qui doivent fanner la corvée, affin cjue les dociles détliées au service divinnelussentpoint emplo^'ées à un usage profane.

Conl'périe des pauvres malades, 167(1

Dans la mesme année lOTO, monsieur Le Pelletier, •rendre de Monsieur Fleuriau, dont nous avons j^arlé dans l’article des cloches, fist présent à cette église d un encensoir d’argent de la valleur de dix louvs d'or.

Les pamues maladesestoient suriisamment secourus ])ar les soins de madame Fleuriau, mais, craignant qu’après sa mort ils eussent à souffrir, elle voulut}’' ])Ourvoir en faisant ériger une confrérie de la charité des pam'res malades, affm qu’ils eussent quelque droit de demander du secours dans leur extrême nécessité. L’establissment en fut faict le dimanche vingt (leux novembre de la mesme année 1676, par M'‘‘ Jean Robert, ('hanoine et grand archidiacre. La première queste que l’on (ist, le jour de l'establissement, se monta à la somme de cent dix-sept livres.

L’occasion en fut favorable, car l’on érigea cette confrérie peu de jours après le mariage de mademoiselle Fleuriau. Monsieur le curé ne manqua ])as de faire quester la belle et noble compagnie c|ui estoit venue pour ce mariage. L’on nomma en mesme temps les offficiers nécessaires pour la conduite de cette charité ; M”"= Fleuriau, pour supérieure ; Perrine TTarang, vefve de Pierre Lambert, pour trésorière, et M"‘' d’Agneaux, pour gardemeuble. Plus de soixante, tant femmes c[ue fdles, se présentèrent pour servir les pauvres. Leurs noms furent escrits dans le livre de l'érection. L’on achepta peu de meubles, car M'"‘' Fleuriau en donna la plus grande partie. Il y tout lieu de croire qu’un si grand bien subsistera tousjours, dans la mesme vigueur, pour le soulagement des pauvres malades, mais il faut pour cela que messieurs les curés, qui, par obligation doivent assister de toute manière les pauvres malades, s’y appliquent avec soin, et fassent ponctiudlement observer tous les

j'èi^lomcnls de la cmTirérie. Ils y ont intérest, puisqu’ils se \ oient ])ar ce moyen deschargés en quelque manière de l'assistance coi'porelle (| u’ils seroient obligés de donner a U X I >a U rc's ma lades.

Tabernacle

Ai. d(' Paris, escuvcu'. sieur ilc' Coutles, conseiller et seciadaiio' du roy, maison cd couronne de France, et de scs linances, commissaiiu' des guerres à la condidte et pcdice de la comjDagnie colonelle et généralle de la cavallerie légère de France, a^amt espousé mademoisel le Fleuriau, nilc' aisnée de monsieur Fleuriau (dont le mérite, la j^iété et la modestie estoit si grande qu'on la \a:>voit, dès ses pkis tendres années, imiter de tort près toutes les vertus de madame sa mère, ce qui I113" attiroit, plus c:[ue sa beauté naturelle, l'admiration de tout le monde), et désirant ((Lie Dieu bénist son mariage, voulut donnera cette église OLi il avoit esté célébré un beau tabernacle doré d’une rort jolie architecture, au lieu de celuv c|ui y estoit de bois simi^le ; ce tjui fut fait dès la mesme année de ce mariage et cousta bien vingt louvs d’<^r.

Séparation et diminution de la taille, 1678

La nouvelle ]:>aroisse reçeut encore une nouvelle faveur de monsieur Fleuriau, ce fut lorscju’il iist séparer la taille ((Lii se |)ayoit conjointement avec Gas. 11 estoit assés facille de juger L(ue, tostL'mtard, il naistroit des différends entre cette ])aroisse et celle de Gas; car les habitans d'Armenon vil le, n'estant ]>1 us ((Liant au s(:>irituel de ladite [laroisse, et ne se ti'ou\’ant jilus ulix assemblées des lablettc's, OLi un (diacLin detfend ses intérests, l'envie et la jalousie, ((Lii règne si fort chés les gens de la campagne, les auroit assLirément brouillés, et peLit-ètre les seigneurs mesme, s'i Is a^'oient voullu (irendre les intérests de leurs

vassaux ; si bien que pour prévenir ces malheurs et remédier aux suites fascheuses qui en eussent peu arriver, monsieur Fleuriau présenta requeste à monsieur l intendant de la généralité d’Orléans, qui fist cette séparation dans toutes les formes ordinaires, et donna cinq cents livres de taille à la paroisse d’Armenonville, ce qui faisoit le tiers des quinze cents cpie |)ortoit la paroisse de Gas estant jointe avec celle d’Armenonville. Cette séparation fut faite en l’année 1078, dont tout le monde eut une joye incro\''able. L'année suivante la taille lut diminuée de cent francs,' le Hoy les ayant diminuées par tout son royaume.

Reliques de saint Constance, 1078

Frère Louvs du Mans, capucin, estant à Rome, en l'année 1078, demanda à N. S. Père le pape Innocent XI c^uelques reliquespour cipporter en France. Sa Sainteté lu}" accorda le corps ou les ossements du corps de S' Constance, marR’r ; et 1 u v fut délivré ]>ar frère J oseph Eusanius Ac^uitin, de l'ordre de S' Augustin, évesquede Porphire, et levé le 2may audit an dans le cimetière de Cyriace et déposé dans une boîte, scellée du sceau dudit évesc^ue, adressée à monsieur rarchevescjucde Paris, pour les dictes reliques estre par luy recognu es véritables, dont il donna la commission à M"*' l’évesque de Cahors, qui en fist l’ouverture à la réquisition de madame Bénard de Rezé, espouse de messire Cyprien Bénard, conseiller d’estat, à qui ce corps fut donné péir ledit frère Lou3"s du Mans ; et en fut faicte la distribution à plusieurs églises par ledit seigneur évesque de Cahors. L'église d'Yèvre de ce diocèse où la dite dame a une terre, a l’honneur de posséder les ])rincipales parties de ce corps. Elleenvoullut donner quelques moindres parties à plusieurs autres églises, entre lesquelles furent cette église d’Armenonville, celle de Saint Mézar et d« Courgenai'd, celle des religieuses de Nostre-I3ame de la Ferté-Bernard , celles de

I Avo-iSîarin ('1 des Filles de la Croix de Paris; mais entre toutes ces éi>'lises, il n’y en a point qui en possède une partie si considérable que cellc-C3% (|ui possède l’ossement entier (quo vqu'en deux morceaux) de la jambe, appelle l’os tibia, pesant 3 onces, une dragme et environ \() grains.

Cette ju'ecieuse relique fut renfermée par le mesme évesque de Cahors, dans une cassette, et et scellée par cinq endroits de son sceau ; qui fut présentée par le sieur de Loucelles.curé d’Armcnonville à monsieur l’évesque de Chartres, leq uel trou va cette relique véritable par l’examen ((u’ilen fist, 3"donna son approbatimi avec la permission de les ex])oser à la vénération des peuples, ains3^ cpi’il se voit par 1 acte signé de sa main, et plus bas de son secrétaire ; de la Rouère, en datte du sept novembre 1678. Et comme les reliquaires, qu’on avoit fait faire pour les premières reliques c[ue cette église possédoit, estoient trop petits en longueur pour contenir cette dernière relique, l’on en fist laire de ]:>lus grands en forme de tombeau, au lieu C|ue les autres estoient en forme d’église, et on les placea sur les deux aisles du tabernacle donné par monsieur de Paris, sans que l’ordre et l’architecture 3^ soit gasté, le dessin a3mnt esté pris pour c[ue ces sainctes châsses 3" fussent placées.

Indulgences à perpétuité. 1681.

Tant de précieuses reliques méritoient bien que l’église s’elforçast de fai re une nouvelle despense ; ce fut d’achepter deux autres chandeliers d’argent pour accompagner les deux c[ue l’église avoit desja, du don de feu monsieur Thoret, chanoine de Chartres. L’on les achepta donc, et en mesme temps une croix aussv d’argent, pour mettre devant la porte du tabernacle.

I.es Indulgences obtenues pour la Saint-Pierre finissant en l’année 1682, monsieur le curé songea cl'enaA'oir à pei'pétuTé, affin que si, dans la suitte des temps, les successeurs de monsieur Fleuriau n’avoient pas le soin d’en

faire venir tous les sept ans, la paroisse ne fust pas privée d’un si grand liien et dont on a veu de si heureux succès. Mais comme les indulgences à perpétuité ne s’accordent qu’aux confréries canoniquement érigées jjar l’authorité de l’évest[ue, il fallut demander ces indulgences en faveur de la confrérie du Saint-Sacrement, qui avoit été érigée le douze j uin de l’année 1071. Elles furent accordées par N. S. P. le Pape Innocent XI, le 28 janvier 1081, signé Husius, et après l’examen d’icelles, fait par monsieur Bertault, grand vicaire de monseigneur de Chartres, il en permit la publication par tout le diocèse, le 8 may de la mesme année 1081 .

Cette Bulle accorde indulgence plénière aux confrères et sœurs du Saint-Sacr-ement le jour de la feste Dieu, le jour de leur entrée en ladite confrérie, et le jour de hi mort, en exécutant ce qui est porté par la Bulle ; comme aussy indulgence de sept ans et autant de quarantaines le jour de la feste des saints patrons saint Pierre et saint Paul, et les jours et testes de la Pentecoste, Toussaint, et Nativité de N. -S. J.-C., et de plus, des indulgences de soixante jours lorsqu’on estât de grâce, les confrères exerceront quelqu’une des actions de piété portées par la Bulle.

Or, comme l’acte d’érection de ladite confrérie et celuy qui permettoit les saints de chaque mois n’avoient esté donnés que sous seing priA'é, et n’estoient ny scellés ny enregistrés au greffe du secrétairiat de M. de Chartres, ledit sieur curé fut conseillé de faire en sorte quv l’acte d’approbation de la Bulle des indulgences ffst mention des actes d’establissement de la confrérie et du salut de chac|ue mois, pour que le tout fust par ce moyen scellé et enregistré au greffe. L’on a jugé à projDOs de le copier icy affin que s’il se trou ve quelque jour perdu on puisse voir, sans aller plus loin, tout ce qu’il contient.

« Pierre Berthault, prestie licentié es-droits, chanoine et sous-doyen en l’église de Chartres, Aucaire général de révérend père en Dieu monseigneur Ferdinand de Neuf-

ville, par la «ràce de Dieu et authorité a|)o.slolique evescjue de Chartres, conseil 1er ordinaire du rov eti ses conseils d estât et prives, à tous ceux c[ui ces j^résentes lettres, \’érront salut en Notre Seigneur. Sçavoir faisons que, veu certaine requeste, escrite sur du parchemin, à nous c\^ ilevant présentée par M*'*' ,)ean de Loucelles, pre.stre, curé d’Armenonville-Fleuriau, expositive que les seigneur, dame, et hahitans, de l'un et de l’autre sexe, (le la paroisse dudit Armenonville, ont une particul ière dévotion a u très Saint-Sacrement, par les témoignages qu’ils en donnent tous les jours et en toutes occasions, pourcjuoy nous auroient supplié, pour les raisons plus au long ainnjncées [)ar ladite recpieste, x’ouloir ériger, dans leur église, une confrérie du très Saint-Sacrement de l’autel, afhn d'entretenir etaugmejiter de plus en plus la piété de ses seigneur, dame, et habitants dudit ArmenonAulle, mesme de c ouloir approuver les statuts et réglements, dans la forme qu'il nous les |)résentoient, si nous le jugions à ])ropos ; les statuts et réglement de ladite confrérie au nombre de dix-huict articles; nostre procès-verbal d’ajjprobation d’iceux, ajcrès l'examen que nous en aurions faict, et datté du 12 juin 1071, signé de nous ; autre requeste à nous présentée par ledit curé, seigneur, dame et habitans dudit Armenonville, par laquelle ils nous auroient démontré qu’en conséquence de l’érection à eux accordée de ladite confrérie du très Saint-Sacrement et de l’approbation des statuts d’icelle, la plupart des habitans dudit Armenonville s’estoient fait inscrire dans la dite confrérie, don noient à icelles de leurs biens pour la mieux entrete7iir, spéciallement dame Marguerite Robillard jeusne, messire Daniel Guillemin, vivant conseiller du roc' en ses conseils et intendant des finances de madame douairière d’Orléans, qui avoit donné une somme assés considérable, afhn de fonder tous les premiers dimanches de chaque jnois un salut; jcourquoy vous auroient supplié

voulloir, dans le temps que se chanteroit ledit sali ut, permettre audit curé d’Armenonille d’ouvrir le tabernacle et donner la bénédiction du Saint-Sacrement au peuple, pour augmenter leur dévotion ; en conséquence de kiquelle requeste, Nous avons permis l’ouverture dudit tabernacle et de donner la bénédiction du Saint-Sacrement au peuple, ladite permission en datte du vingt novembre 1671, signé pareillement de Nous, le tout inséré dans un cahier de parchemin, contenant huict roolles attachés ensemble, dont il y en a six escrits et le reste en blanc ; autre requeste, à nous présentée par ledit curé par laquelle il nous auroit exposé que lesdits statuts n’estoient point contresignés du secrétaire de mon dit seigneur, le sceau et armes apposés, et qu’il n’y avoit aucune minutte du tout, pourquoy nous requéroit, affm de rendre le tout en forme plus autantique, les faire contresigner par messire Ckiude Pintard, notaire apostolique audit Chartres, et secrétaire ordinaire de mondit seigneur et de son évesché, et d’y faire apposer le sceau, faire minutte du tout, pour icelle estre mise dans le secrétariat dudit évesché, pour y avoir recours quand besoin sera ; comme aussy nous auroit le dit sieur curé présenté et mis en main un bref d'indulgences à perpétuité, accordée par N. S. P. le pape Innocent onze, en datte du vingt huict janvier dernier, en faveur de la dite confrérie, du quel bref il nous demandoit, et ledit seigneur, dame, et habitans dudit Armenonville, l’approbation, aux termes, clauses et conditions d’iceux et d’en permettre l’usage et la publication dans toutes les églises du diocèse et aussy en confirmant les permissions accordées audit sieur curé, tant par mondit seigneur que pcir vous, la premièi'e de mon dit seigneur en datte du vingt-sept juin 1677, et la seconde de nous en datte du vingt-quatre juin 1674, pour l’exposition du Saint-Sacrement tous les ans, le jour de la l'este de saint Pierre, vouloir continuer icelle, ce faisant permettre audit sieur curé tous les ans ladite exposition le dit jour

el Teste de saint Pierre, a cause du concours et affluence du peuple qui s’y rencontre ledit jour ; nous inclinansaux prières du dit sieur curé, seigneur, dame, et habitans du dit Armenonvil le-Fleuriau, avons confirmé et confirmons, homologué et homologuons d’abondant l’érection de la dite cbntrérie du très Sainct-Sacrement dans la dite église d’Armenonville , ensemble les statuts d’icelle, ([Lie nous voulons estre in violablement gardés, selon leur forme et teneur, par les confrères, et sœurs de ladite confrérie, à l’exception toutefois du quinziesme article, en ce qu'il est dit par iceluy c[ue. les charges de ladite confrérie acquittées, le surplus des deniers sera employé à l’entretien du luminaire de l’église, [lour secourir les pauvres malades dans leurs besoins, dérogeant à cet article, A’oulons que les deniers provenans du reliquat des comptes de ladite confrérie, retourne à rutilité seulle de la dite confrérie, attendu que depuis l’examen et arresté desdits statuts, il y a une charité érigée dans ladite paroisse et des deniers destinés pour l entretien d'icelle, les autres articles au surplus sortant leur plain et entier effect ; ordonnons que, pour plus grande sûreté et stabilité d’iceux ils seront cajntresignés par ledit Pintard, secrétaire ordinaire de mondit seigneur, que nous authorisons pour cet effect, et le sceau et armes de mondit seigneur y estre apj^osés, et que copie de tout sera par luy faicte et signée de nous pour servir de minute et estre mis dans le secrétariat, pour y avoir recours quand besoin sera. Avons en outre approuvé et approuvons ledit bref d’indulgence plénière à perpétuité pour la dite église d’Armencjnville-Fleuriau, aux termes et clauses dudit bref ; permettons l’usage et la publication d’icelles dans tOLite l’estendue du diocèse , ensemble l’exposition du Saint-Sacrement tous les ans le jour de teste de saint Pierre, en considération desdites indulgences.

Donné à Chartres, par nous, vicaire général susdit soussigné, seing et sceau ordinaire de mondit seigneuret con-

treseing du secrétaire de son évesché, le huictiesme jour demayniil six cents quatre vingt un . Signé ; Berthault, et plus bas ; Pintart. »

Cette Bulle d’indulgences a\^ant esté publiée le dimanche C£ui précède la teste de Dieu, et les advantages cjue pouvoient retirer ceux c|ui estbient de cette confrérie ayant esté expliqués bien au net, plusieurs personnes s’3^ firent mettre c^ui n’y estoient point encore entrées, en sorte que le nombre des confrères se trouva monter dès cette première année à quatre vingt dix sept personnes.

Mais comme il ne suffis! pas d’estre d'une confrérie si on nepractique les actions de piété qui sont imposées aux confrères, monsieur le curé fist imprimer les réglements de la confrérie avec les clauses de la Bulle et son approbation, et joignit le tout à un petit livre de prières du soir et du matin, semblables à celles qui se faisoient publiquement tous les soirs, dans l’église, affin que ceux, qui par lassitude ou autre empeschement ne pouvoient pas assister à cette prière publique, ils peussent la faire, ou faire faire dans leurs familles parquekqCun de leurs enfans.

Sécheresse, 1681.

En l’année 1681, la sécheresse fut si grande et si généralle, dans toute la France, qu’il n’\^ eut point de diocèse où les évesc[ues et chapitres n’ordonnassent des prières publiques et des processions généralles et particulières pour la conservation des fruits de la terre. Messire Ferdinand de Neuville, conjoinctement avec son chapitre, en ordonna une des plus célèbres, qui fust faicte pour lors dans lero^^aume. File fut j^récédée de trois jours de jeûne et le troisième jour, qui fut le mercredy dix-huit de juin, jour qu’il fut commandé de chômer dans la ville et banlieue, la procession partit de l’église cathédral le, sur les sur les six heures du matin, pour se rendre dans l’église abbatiale de No.stre-Dame de Josaphat. Il se trouva

en cette procession plus de cinq cents ecclésiastiques, tous revestus de chapes, sans les religieux de divers ordres, qui y estoient en grand nomt)re, et plus de trente processions (les paroisses de la campagne. L’on porta toutes les châsses des reliques et corps saints c(ue possède la cathédrale ettoutes les églisesde la ville et banlieue ; mais la principal le de toutes fut la saincte châsse qui renferme la chemise dont estoit revestue la bienheureuse Vierge lorsqu’elleenfanta le Sauveur du monde. Il y eut d’abord c|uelque difhculté pour le rang (|u'on donneroit à messieurs du Séminaire nouvellement établi, mais la chose estant réglée, on marcha avec un si bel ordre, tant de modestie et de gravité, que tout le peuple, accouru de dix lieues à la ronde, estant extraordinairement édifié de la piété des ecclesiastiques, se prosternoit en terre, les 3U'ux baignés de larmes, avec un cœur contrit et humilié, demandant à Dieu c|u'il luv" pleust, par l'intercessi(3n de la très saincte Vierge, arrester sa collère et destourner les fléaux qu'il av<3it mérités |3ar son ingratitude et sa désobéissance. On ne fut pas dans une moindre modestie en revenant qu’on l’avoit esté en allant, et on ne rentra dans la cathédrale qu’à près de deux heures Les rues estoient toute tapissées et jonchées de fleurs et verdures, mesmedans les champs. '

Il se fist une |3areille procession, en 1676, le 17 de juin, et pour le mesme sujet. Dieutist voir cju’il avoit agréable ces prières et son peuple, car sans c[u’il fist pleuvoir sur les biens de la terre, ils ne laissèrent pas de profiter, et quov qu’ils ne fussent pas en si grande abondance que les autres années, sa divine Providence, qui n’abandonne jamais ceux cjui, avec un cieur contrict et humilié, ont recours à lu\^, permist que les bleds fussent à un prix si peu excessif (.[ue les pauvres n’en souffrirent point. Ensuitte de cette procession, il en alla quantité d’autres à ladite abbave de Josaphat, etquo}'C[ue j’eusse eu l’h(3nneur d’assister à la célèbre dont nous venons de par-

1er en qualité de curé d’Armenon ville, avec plusieurs de mes paroissiens, néantmoins, pour satisfaire la dévotion içénéralle dé tous les autres, j’y retournay processionnellenient, sans qu’il restast que les les vieillards et les petits enfans à la maison, et nous nous joig;nismes à la procession de Gallardon, que nous renconstrasmes dans le village de Coltainville, ce c[ue nous tismespour la seconde fois trois ou quatre ans après, juillet 1684.

Les Loups, 1684

Entre les choses qui peuvent trouver place dans ce recueil, pour que la mémoire en soit conservée à la postérité, il ne sera pas inutile d'y faire mention de la désolation que causèrent, huict ou dix lieues à la ronde, une quantité de loups accoustumés à manger de la chair humaine, depuis l’année 1680 juscjues en 1686. Comme ce fléau commencea après que notre invincible monarque Louys le Grand eut donné la paix à tous les ennemis, ennuyé qu’il estoit de les vaincre, il est à supposer cj^ue ces misérables bestes,qui s’attac^uoient plustost aux hommes qu’aux bestiaux, avoient suivy les armées, et c[ue s’estant Tiorries de soldats morts dans les combats, elles ne vouloient point d’autre norriture cpie de chair humaine. Et d’efïect on peut dire sans exaggération que ces loups carnassiers dévorèrent plus de 500 personnes, mais beaucoup plus de femmes et d’enfans que d’hommes, parce cj^ue, pour peu cju’on se desfendist ils se retiroient ; ce C[ui sauva la vie à une grande c[uantité d’hommes et mesme de femmes et d’enfaiis, qui, ne sortant jamais de chez eux sans se munir de quelques ferrements, avoient le courage de leur résister ; et ce cpii fist qu’il 3' en eust un très grand nombre de Idessés, dont Sa Majesté fut touchée, lors- C[u’elle vint à Chartres en action de grâce de l’heureux accouchement de madame la Dauphine et de la naissance de monsieur le duc de Bourgoigne. Car avant eu l’hon-

neiir d'estre choisy j^our l'aire une reelierche seiiHement à trois lieues des environs d’Armenon ville, Ton présenta au roy les extraits d’enterrement d’ossements de cent quatre-vino't dix, sans y comprendre les blessés, auxquels Sa Majesté fist distribuer, par les mains de monsieur Itobert, chanoine et i^rand archidiacre de Chartres, une somme de neid' cents li vres, et en mesme temps ordonna au grand maistre de sa louveterie de faire incessamment chasser p(uir destruire ces désolantes bestes, ce qui ne peiit estre (iny (pie longtemps après. Mais ce cj^ui contribua plus (pie toutes choses à leur destruction furent les prières pubbhpies (pie messire Ferdinand de Neuville, évesque de Chartres, ordonna estre faicte dans tous les lieux où on en avoit esté persécuté et aux environs.

S’il falloit raconter le courage et la fermeté de plusieurs femmes et enfans à s’en delTendre, on en croiroit le récit fabuleux et sans fondement de vérité, mais si on en veut raporter la gloire à Dieu, qui fortifie et protège ceux cpii se contient en luy, on ne trouvera rien d’impossible. Toutes les paroisses contiguës d'Armenon ville en souffrirent lieaucouji par la perte de plusieurs femmes et enfans, sans (pie personne d'icelle paroisse d’Armenonville en fussent offencées ; aussv estoit-on assidu plus que jamais aux prières |iuliliques ([ui se faisoienttous les soirs, depuis ]ilus de 15 ans dans l’église du lieu, et sans discontinuer (pie dans le temps des récoltes du bled et du vin. Les bonnes gens vouloient que ce fussent des sorciers, soit parce q U elles attaquoient et dévoroient des personnes à divers endroits en mesme jour, soit parce que souvent elles s’échappoient des embuscades (|u'on leur faisoit, et passoient au millieu des personne ([u’on jiostoit autour des bois, sansipi'on osast les tirer, jiarce que la peur faisoit souvent tomber les armes de la main à bien des gens inusités à les porter.

J ’assistay avec monsieur Bruneau, curé de Villiers, à la prise d’un, cpie je fis poursuivre par les habitans de

Gallardon et les miens, dans la vallée qui est entre eux et nous, pour s’estre voullu jetter sur un particulier; et comme cet animal se vit fortement poussé dans les taillis de cette vallée, il fut obligé d’en sortir pour gaigner le petit bois de Harleville, où ce que nous estions de gens achevai le poursuivismes vigoureusement. Et plus c[ue personne le curé de Villiersqui estant avantageusement monté, mais sans autres armes que son baston ferré, et bayant joint avant qu’il fust parvenii audit bois, luy enfonça heureusement sur le millieu du dos; de quoy cet animal se sentant mortellement l)lessé, se l’arracha et le grugea en deux, après ({uoy tout hérissé et escumant de rage, faisant ses elTorts pour gagner ledit taillis, le sieur curé, descendant de cheval et [)renant le reste de son baston, luy relança une seconde fois avec un ])areil succès, dont son pas fut tout à fait modéré, et le sieur de la Croix, bourgeois de Gallardon, l’ayant devancé luy tira un coup de fusil qui le mist à bas.

Il se fist durant que durci ce lléau mille belles actions que je n’ay nul dessein d’escrire. Il cessa entièrement jiar le secours du ciel en l'année 168'i. Dieu nous préserve d’un pareil .

Mort de Madame Fleuriau — son éloge — l(>84

C’est icy le lieu où je me vois obligé de faire mention de la mort de notre très vertueuse dame M'"'’ Françoise Guillemin', fondatrice de cette paroisse, qui mourut en sa maison de Paris, en la 55® année de son aage, le 7' jour

‘Elle était fille de messire Daniel Guillemin, vivant conseiller du intendant de la maison de Monsieur, frère unique de Sa Majesté, et de Marguerite Robillard.

Avant les Fleurian, nous trouvons dans le même registre comme seigneurs d' Armenonville messire Hélion de Tranchelion, escuyer, qui donna 9 quartiers de terre à la chapelle en 1629 ; Alexandre de Tranchelion, seigneur de la Tourneuve, à Hanches, et Juliette de Boislévc, sa veuve en 166ô.

crcujust de I ciniiée 1()84. Su mort lut précieuse devant 13ieu, comme sa vie J’avoit esté devant les hommes. S’il lalloit icv descrire les particularités de sa conduite et les derniers sentiments de cette àme, (|u’on peut appeler bienheurcmse, je passerois les bornes que je me suis prescrites en taisant ces mémoires, ,1e laisse à celuy qui a dessein de donner à sa l'and I le un recueil des A'ertus de cette ]:)ieuse dame à descrire les actions mémorables de cette Aue, iligne d’estre proposée pour modèle à toutes les demies de qualité. Et en eltect son amour pour Dieu, son zel le à entreprendre tout ce q ui regardoit sa gloire, les dispositions c|u’elle ajiortoit pour la fréc;[uentation des sacrements, ses mortifications cachées, son recueillement continuel, sa jirésence de Dieu dans toutes ses actions, sa modestie dans ses habits, sa bonté à excuser le jirochain, sa fermeté à reprendre le vice, sa manière d’eslever ses en tans, son apjilication à conduire sa famille, sa soumission à sonmary, ses libéralités en vers lespauvrestantdela villequede sa terre, sonzelleà visiter, secourir, et consoller les malades, la fondation (ju’el lea faicte pour l’instruction des enfans de la campagne, l'estalilissement qu’elle a procuré pour une confrérie delà charité des pauvres malades de sa paroisse, sa despense pour la décoration de son église, sa dévotion jiour les reliques des saincts qu’elle s’est faict donner de toutes parts pour les y mettre en dépost, sacon- A'ersation édifiante, spirituelle et agréable, ses manières obligeantes envers tout le monde, mais surtout son humilité surprenante dans l’eslévation de sa famille, son destachement pour les créatures, et mesme pour son marv et ses chers enfans, principalement quand il fallut aller à Dieu ; toutes ces choses méritent bien d’estre escrites au long pour la consolation d’une famille cjui reçoit, par les mérites de cette A^ertueuse dame, tant de bénédictions du ciel et de bienfaicts du roy, et pour que les enfans d'une si digne mère continuent de ])ratiquer les vertus dont elle les ainstruicts de parolle etd’exem^^le.

— 2ir

Elle fut inhumée à Saint-Gervai.s, dans la chapelle de monsieur Le Peletier. controsleur j^énéral ; son cœur porté aux hiles de Sain cte-Ma rie de hi rue de wSaint- Antoine, ains}^ qu’elle l'avoit ordonné, en faveur de sa très aimée fille Françoise-Ang'élique l'deuriau, religieuse de cette maison, et ses entrailles furent apportées à sa paroisse d'Armenon\dl le, n'aN ant ])cu obtenir son corps entier que sa, famille m'avoit accordé, si mojisieur le controsleur général ne s'yfust opposé, ])our l'estime qu'il faisoit de ce prétieux dépost, dont il voulut cjue la chapelle fut honorée.

Tout Paris, avant sceu la mort de cette vertueuse dame, accouroit à son enterrement. (Jn y entendit de tous costés les pauN'rcs et déplorant la perte c|u'ils faisoient d’une des plus charitables dames de la \ ille. ()n list son enterrement le 4 d’aoList, sur les b heures du soir, avec une magnihcence autant tligjie de son mériteque de saqualité. après que son corps eut esté exposé toute l'après disnée dans une chapelle ardante qu’on fut obligé de tlresser dans le milieu de la cour de l'hostel Deffiat, afhn de Scitisfaire à la dévotion d’une infinité de personnes de toutes c[ualités qui, voulans participer à, ses prières dans le ciel, offraient les cœurs à Dieu pour tpiMl luv pleust au plus-^ tost 3^ placer son Ame.

Le lendemain on tist son service avec la niesme magnilicence et aflluence de monde. Le cinquiesme jour j eus rhonneur de porter son cœmr à Saincte-Marie. dans un carossc suivv de plusieurs autres, et monsieur le curé de Saint-Gervais le présenta à sa chère Hile, toute la communauté assemblée, à laquelle ce digne pasteur exposa en abrégé, avec son éloquence ordinaire, les grâces dont il sça voit que Dieu avoit favorisé cet illustre départ. Et le sixième jour, je |)artis de Paris, et accompagné de monsieuj' Ib'Lineau, eslevé par les soins de cette bonne dame, et qui avoit, comme mo\g assisté ii sa mort; nous apportasmes ses entrail les, erd'ermées dans un petit cercueil de

IMKCICS niCTACmCICS

plomb. Nou-sue bi.sniespa.s |)l ustost de-scendus tle carosse. c|Lie tous Ic.s habitan.s de la paroisse et l)eaueoui) des en- \ irons(pd, adverlis par le son lugubre des eloehes, se rt'udirenta I église, londant (mi larmes, pour la [)erte c|u i Is \'enoieiit de lairc' de la plus eharitable et bienfaisante dame ((u'ils eussent jamais eue. Perte c|u'ils déplorent tmoore tous les jours, non (|ue les pauvres ne soient assistés autant tpi ils le doivent estre, mais par ce qu ils n’ont plus la consolation de voir leur tlame compatissant à leur misère, les six mois de l'année, comme autrefois ils l’avinent. Deux jours après, messieurs les curés et ecclésiastiques des environs, tpii avoient une vénération toute l)articLilière pour cette vertueuse dame, ne manc|uèrent ])as de se reiulre au service que l’on fist pour le repos tle son âme, et il s’en tntuva vingt-cint| ou trente, ce qui tist ([ue cette cérémonie fut et beaucoup solennelle, et beaucoup lugubre. Ses entrailles furent placées au millieu du cœur, sous les pieds du prestre commençant la messe, avec le petit é|)itaplie tpii s'y voit, <-pio\' qu'il y en ait un autre soudé sur le petit cercueil. Si cette bonne chrestienne avoit fait son testament, elleauroit ordonné d’estre enterrée avec toute la simplicité cpi’elle avoit practiquée tlurant sa vie, maisa3xmt exécuté avant sa mort ce qu’elle auroit peu ordonner estre fait après, elle ne fist point d’autre testament que celuy (|ue monsieur Fleuriau, son marv', a faict conjoinctement avec elle, ayant de coustume de dire cpi’iine femme ne doit point avoir d’autre volonté que celle de son marvn Le grcind poesle de velours noir, fait par les mains de cette pieuse dame, tpu n’estoit jamais un moment o\'si\e, fut exposé durant un an dans le cœur de l’église, mais rangé proche la chapelle, pour n'estre pas incommode au service divin, et durant cette année on célébra tous les jours une messe pour cpie son à me ]h‘(fnlesrnl in pure.

— 2ir.

La peste.

Ce seroit manquer à rendre à Dieu la gloire qui lui est (lue(jue (le passer sous silence la jiroteclion toute visible t|ue reçut la ]Daroisse d'Armenonvil le par l'intercessioii (le la saincte Vierge en l'année 1(37. . J1 y eut un si grand nombre de malades que durant la quinzaine de Pasques on en enterroit tous les jours, et quelque lois trois ou (|Liatre par jour, ce qui' consterna de telle sorte tous les habitans qu’il n’y en eut que 12 ou quinze qui peussent s'apjiliciuer à faire leur communion paschalle, le jour de Pasques; ce qui me fut occasion d'exciter fortement ces ]:>auvres ainigésau rej)entir de leurs fautes, et à avoir recours à Dieu par l’intercession de la sainte Vierge dans l'exhortation que je leur fis de l’absolution généralle qui se donne avant la grande messe, et ces bonnes gens promirent à .Dieu, par ma bouche, d'aller tous à un jour nommé à Notre-Dame de Chartres, où je présentay, de la part de toute la jiaroisse, un cierge blanc de saise livres, l^our estre consommé devant l'autel de la chapelle Sous- Terre, et ce cierge avoit esté payé des deniers que ces pain res gens m’aportoient, selon leur petite faculté. I! n’3" eut qu'un seul lal^oureur qui ne voulut pas estre de cette dévotion, qui mourut ([uehjue année après sa femme en un mesme jour. 11 faut donc vous dire (|ue Dieu n’attendit ]:>as l'exécution de ce vœu, jiour en acccjrder la re- ((ueste, car aussv tost qu’il fut fait, on Au't un changement notable dans tous les malades, dont pas un ne mourut, pas mesme ceux c|ui avoient receu l'Cxtrème-l Jnction ; (d c’est ce (jui adonné lieu à la ])roc('ssion (|ui se fait tous les ans en action de gi'ace au jour le ]>lus commode après la Pasque, à Nostre-Dame de la Fontaine; ce (|uej'espèrc c|ue Messi(>urs mes successeurs auront la |uété de cont in u e r.

Canal de Maintenon, KlîS/.

('et|Li'on apjjclle icy canal du ro3'- a été fait et achevé en mil six cent quatre \ ingt sej^t, pour le transport desdits matériaux de Gallardon jusqu'à l'ac[ueduc de Maintenon. Le remuement desdites terres causa de grandes inaladies et mortalités en cette vallée; outre ce, le j5ays, nonobstant les remboursemens du ro^n n’est plus ce qu’il étoit auparavant, des agrès et meilleures terres ayant servis pour faire le lit du canal et les terres des loüilles ; ainsy cette nouveauté, arrivée de nos jours, ne méritte j^as beaucoup d’ètre dans les archives de 1 '('“gl ise.

Nomination de M. Bailleul, curé, IbSS

Ifn Tannée 1087, M. Jean de Loucelles, ]:>rètrc de Tévèché de Baveux et ]U'emier curé de cette j^aroisse d'Armenon ville, fut fait chanoine et successeur de AL Louis- Gaston Fleuriau, en l’église de Notre-Dame de Chartres. T,edit sieur LIeuriau étant devenu ]iar la bienveillance du rov thrésorier de la Sainte-Chapelle de Paris.

En Tannée niil six cent (:platre-^■ingt-huit, le joui' (-TavribAf. Antoine Bailleul, prebstre à Tévesché d’Amiens, prit possession de la cure db\rmenbn\'ille par la démission dudit sieur de Loucelles. La ])résentation dépendait de Al"^ Jose|:)h-Jean-Baptiste T’ieuriau', chevallier, seigneur (TA rmenonville et autres lieux, et la collation de messire T'erdinand de Neufville, évesc[ue de Chartres.

I .lüseph-Jean-’Baptiste Fleuriau d'ArmenonvilIe, fils de Charles Fleuriau. décédé en 1(104, fut chevalier marquis de Rambouillet, seigneur de Houx. Cas, Hanches et Morville, directeur général des finances en 1701, ministre de la marine. 1710, garde des sceaux, 1722 à 1727, mourut le 21 novembre 1728: son portrait peint à l'huile par Nicolas Lefebvre en 1727 a été donné à la Société archéologique de Chartres en 1851 par M. Lamesange.

En 1099, il fit enregistrer ses armes, qui sont ainsi décrites da.n9.VArm-nri.il

Une enfant trouvée, en 1(18;)

1(38;), 15 avril, les enrants de l'école ont troLivé,dans la chaussée de Chartres, une petite fille, en veloppée dans un vieux drapeau, laquelle avoit été déposée peu de temps après sa naissance. Elle a été levée de la place par Jeanne Hervé et apportée sous les ormes et de là à I’é[i;lise, oli elle a été baptisée sous le nom de Marie.

Construction d'un presbytère, 1(190

En Tannée IfiOO, monsieur d'Armenon ville fut fait intendant des finances, beaucoup plus par son mérittc personnel c[Lie par fraude et argent ; il songea aussytosf à

(lènérat : « D'azur à l'éperv ier d'argent louzé et grilleté du même, perché sur un bâton de gueule; au chef d'or chargé de trois glands de sinople tigés et feuilles de même. »

11 avait épousé Jeanne Gilbert, dont les armes sont aussi enregistrées dans y Armorial (fénrral: « D'or au chevron de gueules cimé d'un oiseau de gueules, tenant en son bec un rameau de sinople et accompagné en pointe d'un chien de sable assis sur un tertre de sinople. »

Après Gas et Morville, achetés en lOhli, Fleuriau acquit encore en ITll.'l la Bâte, près l'ipernon, qu'il revendit l'année suivante en gardant Indirecte féodale cédée plus tard au comte de To.douse. à qui il vendit également Rambouillet en 170b.

Outre son lils, qui suit, il eut Marie-Jeanne qui en 1703 épousa au château de Madrid Jean, marquis de Gassion.

Son fils, Charles-Jean-Baptiste Fleuriau. naquit en ibSb, porta les titres de comte de Morville, fut procureur général au grand conseil, ambassadeur en Hollande, 1718. ministre de la marine, 1722, et des aft'aires étrangères, 1723, regu à l'Académie française la même année. Disgracié par le roi eu 1727, il mourut en 1732.

11 avait épousé Charlotte Elisabeth de \’ienne, qui portait : « De gueules à à l’aigle eplo^'ée d'or. » 11 en eut Jeanne Thérèse, dame de Morville, mariée le 19 juillet 1728 à Alexandre Nicolas de la Rochefoucault, marquis de Surgères.

Le premier seigneur connu d'Armenonville, est Hugues de Remenonville. cité plus haut, page 183.

La terre d'Armenonville fut longtemps la possession d'une branche cadette de la famille de Gallardon. En 1237, Philippe deGallardon, seigneuid'Armenonville, était maître des Arbalétriers de France, ainsi que Pierre de Gallardon en 1321. En 1398, Jean de Manou, du chef de sa femme Agnès de Gallardon, était seigneur d'Armenonville et comme tel défendit son dioit

cm I )cl I i r - son chasteau c't jardin d’A rnm'non vi I le. Cc(|Lie pou vant ])arlailtement sans prendre le.s petits jaial ins du sieur cure\ il s’en empara, au grand bonheui' dudit sieur curé et ses sueeesseurs, ])uisc[u’en dédommagement il leur lit hastir, en I année K)d2, le plus beau ]:>res]:)vtaire peutêtre de 1 evesché de (’hartres, sur un tond acquis et donni' par i\l. de Loucelles, chanoine.

('e presbytaire est scitué entre la rivière qui passe au travers du \dllageet le canal du ro v ; à la grande porte de l’église, d’un bout, le carfour. d’autre bout, le dit canal d’un costé. le moulin, d'autre, la maison de Charles Cabilleux à cause de sa l’emme; il fut commencé à bastir le sixième jüillet mil six cens quatre-\dngt-dou/e, et l’année

de haute justice à Armenanville contre les prétentions de Louis, comte d'I'ltampes, qui le réclamait comme seigneur de (jallardon. En 1497. on trouve encore un Piiilippe de Oallardon, possesseur d'un hef à Ouancé. près ICpernon. La branche ainée de ('lallardon s’éteignit en la personne de Jeanne, femme de Guillaume, chevalier, et en secondes noces de Jean du Chastel. Un Guillaume de Tianchelion qui vivait en 1340, avait épousé Isabeau. de Manou, fille de Jean de Manou, chevalier. Il en eut deux, fils : Guillaume, mari de Guillemette du Kocher, et Jean, seigneur de Simenières.

Ilélion (le Traiicheliun, fils de Guillaume, chevalier, est seigneur de Remenonville-les-Gallardon et du Coudray, en 1454, sans doute par héritage. Il était mort après 1492 et a\ant 1497. 11 avait eu de sa femme Catherine de Rosny (morte a\ant 1521), Jeun, l’ainé, qui suit, (.luillaume, Charles, ■leanne, qui épousa Morignon Hue, Anthoinette. femme R de Guillaume de Lailh', et 2" de Martin de Courtalain, sieur de Moynville en Reauce.

Jehan de 'J'ranchelion. écuver était mort le 2U mars 1521. U épousa, en 14.S9, Marguerite de Halleinillier dont il eut :

l'i-aiK-üi/s de Tranchelion, son successeur et fils ainé, qui épousa en 1522 Jehannede Richebourg, qui était veuve en 1,539 ; Robert, sieur de Gobine. mari de Marguerite de Rastard, et Rertranne, femme de Philippe de Saillv.

/.i/o/i ou Ileli/on de Tranchelyun, escuyer sieur de Remenoniille près Gallardon, épousa Marguerite Aubry, fille de Christophe Aubry, seigneur de Radré au Maine. 11 avait pour frères : Gaston, sieur de la Roche, époux de Marie de Saint-Rémy, fille de Jacques de Saint-Rémy et de Yolande de Loré. celle-ci fille de xXmbroise de Loré; et Robert mort en 1558

Ilélion de Tranchelion, écuyer, qui en 1629. donnait 9 quartiers de terre, était sans doute fils du précédent Hélion Ce fut lui qui vendit sa terre à l'hilberl du Mesnil Fardien, qui était seigneur d'Armenonville en 1637, tandis qu'Alexandre de Tranchelion. n'était plus que seigneur de la Tourneuve, à Hanches, en 1665

De Fardieu, Armenonville passa entre les mains de Charles de Fortisles. que le vendit à Charles FLeuriau, en 1649 (p. 186).

•Merci à M. Roger Durand de ses notes sur les Tranchelion .

d'après il fut bénit et haliité pour la ])remière fois. Disons donc, comme il est vray, C[ue monsieur de i^oucelles l’a fondé, monsieur tl’Armenonvil le l’a basly et édifié et le sieur Bailleid l a décoré et emhcllv.

Mort de M Fleuriau, l()9'i.

Itn l’année l()‘d'i, le t|uin/dème feuvrier est tlécédé à Paris en l’ho/tel de la Thrésorerie, et a été inhumé en la cave de la dite d'hrésorerie, messire Charles Fleuriau, chexallier, seigneur d’Armen<.)nville et autres lieux, conseiller secrétaire du roy, maison, couronne de f'’ rance et de ses linances. Son cceur a été apporté de Paris par monsieur de l.oucelles, chanoine, et chevécier de Notre-Dame de Chartres; et inhumé au milieu du chœur de l'église de ce lieu, sous les pieds du prêtre cpiand il commence rintroït. Sa louange est écritte sur le marbre tpie l’on v \ oit ; il a vécu quatre-\ ingt-dix ans, avec tant de probité et douceur, (pi'il avoit l'approbation de tout le monde et ne choquoit jamais personne, lia veue sa famille comblée d’honneurs et richesses jusqu'à la troisième et cjuatrième génération; enfin plein de jours et de merittes, il est décédé de la mort des justes ; llrcvis laii.s, in;it/iiH laa.s. Je n’ay garde il’entreprendre de faire un détail de la vie de jiKjnsieur Fleuriau ; car outre que ce journal entier ne sufhroit pas pour contenir Line partie scLdement de ses belles actions, il arriveroit peut-être que mon style, peu convenable, en laisseroit, après bien du tra\ail, une moindre idée dans l'es[)rit que ces ])eu de paroles qu’a employez très j Lidicieusement un fils liien né pOur composer l’épitaphe de son père ; C’est M. d’Armenonville.

Fin l’année lG9b, monsieur tl’Armenonville, intendant des finances a cpdtté le château d’Armenonville pour a 1 1er habiti'i* celui du lioreau, ayant aLq)ara\'ant achetlé Gaz et depuis Mor\d I le, llaïudies et Houx.

Guerre — peste

famine — 1(3!/.).

.!(' ferciy icy mention de eette année Id!)!), en laquelU' il •senihloil que tous les (léaux de Dieu joints ensemble de- \-oienl anéantir le genre humain. La guerre, la ])este et la famine éloient de concert ]:>our aflliger les hommes, mais non encores, par la miséricorde de Dieu. ]iour en détruire l'espèce. Les François étoient les ])lus en péril, car tous les princes ligués ensemble méditoient leur ridne. Leroy de France. I.ouis c[uatorze, étoit seul contre tous, que dis-je seul, Dieu étoit avec luv, car il tlelfendoit la cause de la religion : et la réussite l'a bien fait voir. A la guerre étoit jointte la pe.ste. qui depeuploit les villes et les villages. Fa condition des riches (d gens aysés n’étoit ]:>as niei Meure ([Lie celle des])auvres. ("est en cette (jccasion que messieurs les curés ont mis en prati([ue cette ma.vime des saints livres : Bonus jmslnr nninuiin siuini daf. /iro nvihus suis. Fn effet l'on a compté j usqu'à \dngt curés (tu desservans cjui sont morts dans la vallée de Maintenonb

' Il est exact de dire que souvent le clergé a été victime de son devoir et clue les pasteurs des âmes sont toujours disposés à donner leur vie pour le salut de leur troupeau.

Mais nous croyons qu'il y a ici une erreur de date. Ce n'est pas en lG!)t) que la vallée d’Eure a perdu plus de vingt curés. C'est en Kitlii. Nous avons relevé, dans l'inventaire des registres de l’état-civil, les noms de 18 d'entre eux décédés du 8 juillet au 2 octobre.

18Ut .1 juillet. Inhumation de Charles Lescureau. curé de Saint-Piat, 59 ans.

. 10 — Eougerange, curé de .louy, 43ans.

■ Il — Laurent Serrant. prêtre, frère jumeau du curé de N'ogent-

)) 2 at)ùt.

le-Koi, 41) ans.

Pierre Pignon, curé de Pleury.

Collet, curé de Coulombs, .50 ans.

Deslandes, curé de Ahlliers.

Leferon, curé de Néron, 45 ans.

Biaise Chartrain, vicaire de Saint-Piat.

Cournet, aussi vicaire de Saint-Piet.

lluneault. chapelain de Grogneul en Saint-Piat, 135 ans. Theot François, curé d'Houx, 49 ans.

Louis Serrent’, curé de Nogent-le-Koi, 45 ans.

et le sieur liailleu], euré de eelle paroisse. c|ui éeril eeey, est le seul qui est resté en eette vallée, non par delTaut de zèle, puisqu'il desservoit les |)aroisses voisines avec la sienne, mais parce que son heure n’étoit pas venue. (Jue dirai-je de la cherté des vivres? Cn pain de huit livres a vallu jusc[u’à quarante-cinq sols en ce pays, et les pauvres, quoy qu’à demy assistés |Dar les charités publiques, ordonnées par le ])arlement de Paris, mourant de faim, mangeant le son détrempé avec l'eau, mangeant les herbes et feuilles de choux crues. On en a veu dans Paris ramasser avec avddité les écailles de |)ois cpi'on jette dans les é\ders ou égoutz des cuisines, le sang des bœufs qui coLiloit dans les ruisseaux près des boucheries, manger les chex aux qu'on trainoit à la voirie.

Après cela, ne dirons-nous pas que Dieu avoit appesantv sa main sur son peuple d’une manière extraordinaire pour le punir de son extraordinaire malice et souveraine iniquité.

Bêtes féroces

.l’oubliois un grand (léau. Des bestes féroces achevèrent de désoler ce paxcs. On ne parloitcjue de femmes et enfans mangés, et quoyque personne de cette paroisse îi’ait é])i'ouvé leur cruauté, je ne laisserav pas de le mettre icy, car je suis témoin oculaire de deux désastres de cette nature, arrivés à Bailleau, en la personne de Jean Haslé, bedeau de l'église, que messire Marie, curé de la paroisse, sauva d’entre les dents d'une de ces bêtes, en a^xmt receu treize playes ; et en la personne d'une tille a])partenante à Jean Haras, tailleur, c|ui étant toute déchirée, comme

1894 10 septembre. J ustin Concié, curé de .Sainl-Martiii de Nigelles, 44 ans.

» 17 — Mâchefer, curé d' Yernienonville.

■> 2 octobre. François de Pomollain, curé de GciDardon, 41 ans.

» De Cujis, curé de Maintenon.

» Un vicaire de Maintenon.

» I.aigneau, curé du Houllay-Thierr3'.

l’iliCES OETACIIÉES 2!)

iMi Ici rapporloit elle/ son i^ère, demandoit qu’ont I enlerast en passant par devant le cimetière ; ce qui ne fut o'uères dideré qu’une heure au pins, avant expiré en arri- \aint à la maison.

.1 ayme mieux et je demande au seigneur c^ue les siècles à venir retusent |)lustost leur croyance à ces narrations lunestes que d’estre contraints de les croire par une expérience d’aussy grands maux, que nous en avons veus de nos jours. Dieu nous \-euille jiréserver de semblables 1 Ainsi soilt-il.

Don d'une lampe, Ib98.

Ifn l'année mil six cens ([uatre-vingt-dix-lunt, messire Dierre llocherou, advocat en parlement, intendant de la maison de monsieur d'Armenonville, intendant des finances et receveur du grenier à sel de Chartres, et madamoiselle smi éjiouse donnèrent une lampe d’argent et cinquante livres à l'église d'Armenonville pour serA'ir aux grandes fêtes devant le saint Sacrement ; elle a commencée de servir le vingt neufvième jour de juin de cette année, fête de saint Pierre et saint Paul, patrons de cette ])aroisse, du sieur donataire, pourlec[uel je lis instantes prières à Dieu, ce jour-là, au Memento de la messe, alin qu'il eut son présent agréable.

Nomination de l’évêque d’Ayre.

Cette mesme année mil six cens quatre-vingt-dix-huit, aux fêtes de Pâques, messire Louis-Gaston Fleuriau. trésorier de la Sainte-Chapelle de Paris, fut nommé, par Sa iVlajesté, évêciue d’Ayre en Gascogne; il en receu les bulles de Rome le premier décembre de la même année, et fut sacré dans la chapelle du séminaire Saint- Sulpice, le 18'^ janvier 1699. Il presta les sermens entre les mains du roy le A février de la mesme année, et partit de Paris, au grand deidl de tout le monde, pour sc

rendre è son évesehé, le dixième m;iy d<‘ la dille aniU'e. Il n’v eut que luv qui, brûlant d’un véritable zèle de la gloire de Dieu et du salut des âmes, ne témoigna que de la joye, non seulement d’aller loin, mais surtout de quitter la trésorerie de la Sainte-Chapelle de Paris, le |)lus agréable bénéfice de è'rance et où. comme tout le monde scait. il étoit aymé, chéry et adoré.

Monsieur Bailleul, chapelain de Notre-Dame de Sous-Terre.

Le neuf\'ième jour de décembre tic l'année mil six cent quatre-vingt-dix-huit. AP Antoine Bailleul curé de cette ])aroisse, allant être chapellain (le Notre-Dame Sous- Terre de Chartres, poussé à cela |:>ar l’esperance de s'v mieux porter, et miticv monsieur de la (ir)tterie, pu'estre de re\a'sché d'Amicais (d vicaire de (lallardfjn, pour, après une année de desserte de la cure par commission, en être gratiffié par ledit sieur Bailleid. pour le bon ])laisir de monsieur d'A rmenon \ i I le et M . l'abbé de Josaphat Rottelin, il qui cette lois il api^artient de nommer. L-e dit sieur Bailleul, ayant été nommé par nion dit sieur d'.Vrmenon ville, le neuf\dème joui- d'aoust de l’année IblH), le^ dit sieur Bailleul revint à la cure (|u’il avoit t|uittée, en reprenant de nou\elles prox’isions de monsieur l'al)l)é de Josaphat en datte du 2' aoust Ibt)!), autant pour obéir aux ordres de son évêque que par le désir de conserver sa santé c[ui diminuoit tous les jours l)ien loin d’augmenter, comme il s’étoit persuadé. Ce retour fut sans contredit bien agréable à ses paroissiens (|ui avoient été trou- \'er monseigneur l’évesque pour le redemander.

Mort de M. de Loucelles. 170b

Le P' jour de l’an 170(1, AL d’Armenonvi Ile fut nommé par le roy directeur général des finances. Cette inéme année, le Pi'' d’aoust. mourut à Chartres, en sa maison

l(>, nprôs un an de jnaladio, M. Jean (]e l,oneelles, prestre, I'''' c-ui'é de celte paroisse, chanoine cl checccicr de Notre-Dame de ('dartres. Après avoir fait son tc'stament par le(|nel il donne aux sieurs curés d’Armenonville un arpent de \ io-ne et nn |)ré ciu'il s'étoit réser\'é. sa \'ie durant ; ]:>Uis il donm' aux dits sieurs curez tous ses livres, ù l'exception d'une quinzaine de volumes que le sieur d'Auherval a pour sa vie, caprès lac|uelle ils seront reuduz aux dits sieurs curez, selon l'intention du tielfunt, le tout [)our une naesse haute au jour de son décès. Il a aus.sy tlonné cent lix res à la charité des pauvres malades, et de son vivant a voit augmenté la pension de l'échoie de la somme de cinc|uante livres de rente, assise avec les soixante livres de la fondation de l'échoie, sur le moulin et ses dé[)endances, procurant par là à l’échoie un contract de cent dix lixres de rente hieia assurée, n'v en avant jamais eu auparavant. Ce nou\-eau contract a esté passé à i'aris par de\ ant l^e Moine, iiottaire. sous les procurat ions de demoisel le Klizabeth d’Agneaux. d'Andrée Dauly, s(eu r d'escole, et des gagiersen charge, comme il se verra dans le contract qui sera transcrit en ce livre. Tous ces bienfaitz de feu M. de L.oucelles, joints aux grands ser- \ ices c|Li il a rendus à la ]:>aroisse et à la cure d Armenonville, dont il a esté le premier curé, méritent que sa mémoire nous soit à jamais en \'énérati(.)n et que nous ne l’oidilions ])as dans nos |)rières. Jier/tiie.sciil in jmce. Amen.

M. d’Armenonville quitte le Loreau et Rambouillet

M. d'Armenon\ il le c|Luttant le Loreau est allé faire sa demeure à Rambouillet, et a\aint vendu cette dernière terre à IVl . le comte de Toidouze, est allé faire sa demeure au château de la Muette au bois de Boulogne, dont il fut fait capitaine ])ar le rov, en reconnaissance de la vente de Raml)ouillet.

Nomination de l’évêque d’Orléans. —

Son entrée solennelle

L’évèque d'Ayro' est l'ait é\ èque d'Orléans au grand contentement et de luv et de toutte sa l’amille. il estait indisposé (.sic) à agréer depuis longtemps. Le L' jour d(> mars 1700, il lit son entrée triomphante, porté sur les épaules de quatre hommes, habillés aux dépens des t[uatre barons qui assistoient à la cérémonie, l'eprésentés ]:>ar quatre gentils hommes, qui tenoient les c|uatre coins du tapis de velours violet, qui couvroit le marchepied du fauteuil, au milieu d’un peuple innombrable. Il délivra douze cens prisonniers t[ui marchoient deux à deux devant luy, après avoir reçu agenouilez sa bénédiction et leur absolution. On le conduisit processionnellement depuis St-Euverte, en passant par St-Aignan, j uscj^u’à la cathédrale, où il célébra la messe du Saint-Esprit, après quo}" iltraitta son clergé, toutte la justice et l’université, à quinze livres par teste, et le repas luy coûta cjuinze mil livres, c’est acheter bien cher une fumée d’honneur. II traitta aussy les prisonniers déliA'rez. Cette cérémonie finit par un sermon, prononcé par M. le théologal d’Orléans, dans la cour de l’évèché ; après lequel l’évèque, à la fenêtre de la salle d’en haut, en habits pontificaux, fit lire par un secrétaire son privilège, et donna l’absolution aux prisonniers. Elnfin. le lendemain, il dit la messe basse en sa chapelle, au milieu des concerts de music|ue, et à la fin, ayant fait une belle exhortation aux judson-

' I.ouis-Gastoa t'Ieuriau d'Armenon\ille, naquit à Paris de Charles l'ieuriau et de Françoise G\ii!lemin ; il était frère cadet de Joseph-Jean- Baptiste Fleuriau, seigneur d’Armenonville. 11 fut chanoine de N.-D. de Chartres et trésorier de la Sainte-Chapelle de Paris, et fut nommé évêque d’Ayres en 1G9S, et sacré le 18 janvier 11)99). (\’oir plus haut).

Le premier acte de son admitiistration à Orléans fut d'appeler les prêtres de Saint-Sulpice pour diriger le grand Séminaire, établi par son prédécesseur dans l'emplacement de la collégiale de Saint-Avit. Il mourut en 1738 et fut inhumé dans la cathédrale.

nici\s déli\'JX‘.s. il Ic's congédia, leur en laisanl tléli\rer à chacun leur grâce par écrit et gratis. Je fus témoin ocu laire fie tout ce que j’en escril.

M. D’Armenonville, directeur des Finances.

Un an a|>rès, jour par jour, M. cFArmenonville fut remboursé de sa charge de directeur général des finances, ayant ciueh|ues années au]:)aravant esté fait conseiller d’Etat, comme pour le relever du chagrin et de l’abbatement oii l’avoit plongé la perte d’un nommé Lanotie, son ancien domestique, qid p(jur s’estre mal comporté en sa fortune, et avoir commis des injustices, fui condamné au piloris, trois jours de marché, et ensuite envové aux galléres poiu' neul ans oii il \dent de mourir.

L’Hiver de 1701).

En l'année I7(.)9, la veille des rfrvs, commença un hiver si rude que tous les bleds gelèrent, non seulement dans la France, mais en ])resque toutte l’iuirope. On resema de l’orge en la place des bleds, qui vint avec tant d’abondance tju’on en a recueilh’ dix huit septiers par septier ; laquelle orge nous nourrit encores aujourd’hui. On l’acheta j usqu’à cinquante livres pour la semer ; plusieurs rebuttez du prix n’en semèrent pas. On voyoit la plus part des campagnes en friche ; et cependant par un coup favf)rable de la Providence di\dne, il en restera après que tout le monde en aura esté rassasié pendant toutte l’année 1710, qui se préparé bien. Le bled a vallu à Gallarclon jusqu’à soixante et dix livres le septier, l’orge en sortant de Laoust a vallu dix escus et l’été en suivant, qu’on s’attendoit à une extrême famine, le bled n’a vallu que 25 livres et l’orge 8 livres. En quo^^ la prudence des plus avisés a esté trompée. Dieu soit bény. Les hommes

ont en ce temps este nourris a\ ec les hèies, car ils ont mangé du pain de poix, de feuves rouges et grosses feves, d’avoine, de nentilles, de cesse, de poix gris, etc. Les pau vres ont esté assistés pararrestdu j)arlement et n’ont pas laissé de bien soulïrir sans mourir ; cet hiver, tel qu’il ne parut jamais depuis cent ans, a fait mourir tous les arbres fruitiers et principalement les noyers, dont il n’en est ])as rechapé un seul.

Guerre d'Espagnô. — Les vignes gelées.

A ces misères est joint le lleau de la guerre, ctui ne finit pas, nonobstant les prières continuelles qu’on fait pour la paix. Il s’agit de la couronne d’Espagne, que Philippe cinquième, français de nation, fils de monseigneur le Dauphin, porte sur sa tète depuis neuf ans, et ([Lie Charles, archiduc d'Allemagne, veut lui oster. Touttes les puissances sont contre Phili[)[)c, et l’i^n est dans l’attente de la fin de tant de mau.x. l æ \ in d’ailleurs vaut 50 écLis le poinçon, parce ([ue les \dgnes sont gellées pour la troisième fois. .luge/, de l’aflliction de tout le monde, particulièrement des vignerons, ([ui sont ruinés et sont réduis à manger du |)ain d’orge et ([uelquefois de seon d’orge et boire de l’eau. — .l'écris cecy afin que les hommes à venir se consolent dans leurs misères ([ui ne [peuvent, je ne dis pas égaler, mais jamais sur|:)asser celles de notre tems.

Lambris et tableaux de l’église.

A la fin de l'année 1709, a esté peint le lambris de cette église, pour la somme de cinquante livres, et un nou veau tableau de l’Annonciation à esté mis dans un vieil cadre en la [>lace de la femme adultère, pour vingt ciru[ livres.

L’école.

Parlon.s à présent de notre pauvre échoie désolée. Depuis la sœur Lalloyer, elle a toujours esté en empirant ; la danioiselle d’Agneaux à commencé à la négliger, allant tous les an>. demeurer à Chartres, ché son cousin, chanoine, lés dix mois entiers, laissant l’échoie à faire à la sœur Andrée DauÇ-, (pii, n’a3umt pas d’expérience et n’étant pas secourue, ne pou voit réussir. Cette danioiselle, après la mort dudit cousin, s'est retirée en Normandie, avec son neveu le sieur d'^Vuberval, devenu curé de Gefosse. A cette danioiselle a succédé Marie Lerou, native de Chartres, laquelle nonob.stant son ignorance crasse et sa vie polliçonne, n'a pas laissé de suV)si.ster deux ans.

C'est le commencement du malheur, car outre ses autres imperfections, elle avoit une langue diabolique et ennemie de la paix ; et je l’avois introduite séduit par son air hijtocrite et ses mensonges, .le n'a\' cessé de travailler justpi'à ce ([u'elle ail esté dehors. En sa place, j’\' ai mis Marie Joyeux, tille sage, native de cette paroisse et très pacihque. Sur cette instal lation, s'est conçue la jalousie des paroissiens, qui n'a pu soulfrir ([u’une fille de leur pav’S joüit d une fondation faille en leur paroisse. Sur cela, on compose un placet oii cette hile étant traittée de vachère, est toutte aussy tost congédié par le seigneur qui, quelcpie tenis après, nous eiivo3Xi de Paris Alarguerite Coutelet, auss3^ de Chartres, qui reigne à présent avec une telle audace et ambition qu'on ne jteut l’explicpier. Son cajoital est d’étre indépendante du sieur curé, les seigneurs la nourissant en ces sentimens, ce qui la rend si insolente t|u'elle fait confusion aux honnects gens. Alessieurs mes successeurs ; que Dieu \'ous préserve d’une telle dévote ; laissians-la, elle est aveugle et conductrices d’aveugles.

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