DE LA. FABRIQUE SAINT-ANDRÉ DE CHARTRES
Pour cognoistre les réparations, procès et aultres choses faiz en ladite église depuis l’an 1418, oultre lequel temps on ne trouve auTCuns comptes des gagiers précédans. Les sieurs Halligre, Jourdan et Courtin ont fait rédiger et escript ce c[u’ils en ont peu trouver, pour ce que leurs successeurs en prennent ce qu’ils verront bon estre pour la deffense de ladite église , contre ceux qui s’efforcent chacun jour impugner et débatti'e les droit/ d’icelle.
L’an 1418, les gagiers firent recouvrir Sainct-Nicolas’ et pour ce Costa 110 sols.
L’an 1418, furent faictes deuz croix de pierre, l’une sur la porte du cymetière,cpii depuis a esté rompue d’un bout, l’autre sur les trois pucelles-, qui coustèrent XXV sols.
L’an 1420, achapt des gagiers de Boigneville près Garchesb d’ung calice d’argent pesant deux marcs, deux onces, deux gros, pourXLVI livres, cinc]^ sols.
Item, d’iceulx gagiers furent acheptés paremens et chasubles à estoiles, X livres.
L’an 1419, furent achepté les crucyfyx de Sainct-André
^ Saint-Nicolas était une église, qui aurait été primitivement le siège de la paroisse. Le sanctuaire se trouvait au-dessus delà fontaine de Saint-André.
2 Le tombeau des trois pucelles était placé sous une arcade pratiquée dans neuf pieds de terrasse que la ville possédait le long des fortifications {Lépinoix).
^ Seine-et-Oise.
et peints les quatre anges qui estoient au cueur, sur les piliers de bois, pour XXII livres.
Les autels sainct Nicolas furent deffaiz et retfaicts, ceux de sainct Sébastien et de sainct André furent bénitz et consacré par M. de Chartres.
Les exécuteurs de feu messire Thibault Jousset donnèrent une Légende-Dorée, l’an 1422.
L’an 1422, par Voisin Soret et Perrin Germain furent faictes les chaires d’amprès le maître autel du cueur, et coustèrent 98 livres.
Audit an, l’obit du roy fut fait ; on mis quatre cierges pesant XX livres, et y avoit2 escuz de France.
L’évesque de Chartres est tenu le jour de Sainct- André bailler deux cierges de trois livres.
L’an 1424, fut faicte une fenestre, dans le cueur, sur l’ostel,pour mectre le tableau que a voit donné M® Guillaume Greslier, prévôt de Normandie.
L’an 1427, du temps de Thomas Millon, fut acheptée la taxe d’argent du tabernacle pour administrer.
L’an 1431, fut achepté ung calice d’argent des gagiers de Gastelles, du consentement du chaj^itre de Chartres, pesant XI onces. p
Audit an, furent réparez les voultes du clocher et celle de la Magdeleine, derrière le cueur.
L’an précédant, le jour de la Penthecouste, fut la procession de céans à Sainct-Saturnin et doivent les gagiers à ceux de la dite église dix sols en lieu d’une torche, quod mirum, actendu le jour.
La fabrice est tenue mettre chacun an,le jour de Sainct- André, du charbon sur la fosse de feu messire André Guillaume, mareglier de céans, et donna cent sols*.
* Cette coutume curieuse et dont nous retrouvons peu de traces semble se rattacher à un autre usage alors général. Au moment de la
L an 1434 furent couvertes les ailles du costé de sainct Michel.
Fust Tyniaige de sainct André du cueur peinte etcousta LX sols.
Audit an, fut achepté le ciel rouge qui souloit estre sur le mai stre autel.
Fut la procession du mard\^ de la Penthecouste à Sainct- Jehan en Vallée.
Li’an 1438, du temps de maistre Jehan du Pont, licencié es lois, lut achevé l’allée ou aille du cousté de sainct Michel, et fut desgagée une paix d’argent de iVI. Nicolle de Brou, curé de céans, et notaire du chapitre de Chartres, auquel elle avait été engagée pour ce faire.
Ledit M*^ Nicolle, voyant que le jour et foire de Sainct- André, les bestes porchines amenez à ladite foire se c^endoient au cloistre de céans, et qu’ils fouilloient et descouvroient les os des trépassés, irnpetra lettres royaulx parlesc^uelles estait mandé de faire prohiber de n’y c'endre lesdites bestes porchines, mais en autre lieu ; lesdites lettres furent entérinées par Li chambre des comptes, et est dit que le marché desdites bestes porchines ledit jour se tiendroit près le pont Bras-de-Fer, hors la porte Himboust, parcjuoy est à présumer que ladite porte ouvroit lors', et depuys lesdites bestes porchines ne se vendent ne assemblent plus audit clouaistre.
Ledit an fut faicte et érigée une pierre de taille en la my la nef de céans, sur lac|uelle on mettait les petits enffans
sépulture on plaçait dans le cercueil des petits vases en terre, remplis de charbons ardents sur lesquels on jettait de l’encens comme pour embaumer le corps. Encore aujourd'hui on encense le corps du défunt et pendant les pidères liturgiques, à l’église, et dans le cimetière, avant de combler la fosse.
‘ La porte Imboust fut murée ou détruite pendant le siège de 1591, d’après I.épinois.- - - ' - — - -
mors et autres trespassés , qui n’estoit mis dedans le cueur; ladite jDierre fut abatue quant on pava ladite église.
Vin de Pasqiies. On dit que Boileau fonda le vin qu’il faut pour administrer le jour de Basques, et pour ce faire qu’il ordonna estre baillé par le chapitre de céans deux barils de vin, chacun baril contenant vingt huitspots, et sine falloit autant, vouloit que le résidu fust donné aux pauvres.
Ladite œuvre a tousjours clepujs esté et est en possession et saisine continuelle que par chacun an, le samedi de Basques, que le procureur dudit chapitre de céans est tenu d’appeller, 'après vespres, les gagiers qui appellent aucuns des paroissiens pour aller gouster le vin quil fault pour le lendemain, jour de Basques, pour administrer, en quelque lieu qu’il adviseroit, pour prandre et choisir tel vin que bon sembleroit ausdits gagiers et parx'ochiens, que paieront lesdits chanoines ou leur procureur'.
Le jour de Sainct-Georges la procession fut à Sainct- Maurice.
L’an 1439, les verrières de dessus la grande porte et celles du costé furent refaites.
Les chaires d’ung costé du cueur furent faictes. ^
Le mardi de la Benthecouste la procession fust à Jozaphat, et revint par Notre-Dame de Chartres.
L’an 1440, la procession du lundi de la Benthecouste fut à Sainct-Bère et le mardi à Jozaphat.
L’an 1441, le 19 d’aoust, par le commandement de
‘ Cette coutume est évidemment dérivée de l'usage antique de la communion sous les deux espèces. Elle fut pratiquée en un certain nombi'e de paroisses jusqu’à la Révolution, aujourd’hui encore il en reste quelque chose ; dans les grandes cérémonie cléricales, ordination, communion générale des prêtres le jeudi saint, à la clôture des retraites ecclésiastiques, on présente en plusieurs églises aux clercs communiants un calice plein de vin pour se purifier la bouche.
l’official et bailli des Chartres, les gagiers envoyèrent plusieurs gens au siège de Galardon, pourquoi ci despens cent sols.
L’an 1452, le XI L juillet, les gagiers de Sainct-André baillèrent à messire Milles d’illiers, lors doyen et depuys évesque de Chartres, XXIllI écus d’or pour l’expédition de la bulle de sept quarantaines de indulgences données à ladicte église par le pape Nicolas, comme appert par quittance dudit d’illiers.
L’an 1454, les chanoines baillèrent 1111 sols aux gagiers pour leur a\ oir prestez la croix, chandelliers d’argent et cierges, pour aller es processions de Pasques*.
L’an 1457, le dessous de l’arche fut renduyt es Joincts du pavé cjui est en l’eau, et ytrouva-t-on peu de choses à fciire.
Audit an, tut taicle la fenestre à mettre la chandelle au cueur près le maistre autel, et l’huys de fer du trésor.
Item, le dyadesme de la relique de sainct André, et les encensiers d’argent furent mys à point, et la petite custode du maistre autel.
Les aveugles de Sainct-Julian, durant qu’ils taisoient leur service en leur maison de la rue Sainct-Julian, en ceste paroisse, estoient tenuz payer par chacun an, le jour de Sainct-Martin d’e.sté, pour les oblacions qui se taisoient en leur chapelle, cinc|uante sols, c|ui est pour montrer que les oblacions qui ce font sur la porte Guillaume et Saint- Lman sont à ladite fabriceh
L’an 1458, le sacraire ou tabernacle de Sainct-Nicolas
‘ L’église de Saint-André était en même temps canoniale et paroissiale; de nombreuses difficultés naissaient de cette dualité, la fabrique ayant à sa charge l’entretien du monument, des vases sacrés et des ornements.
- Ce passage prouve une fois de plus cgi’il y avait réellement une chapelle à la porte Guillaume.
(fut faict) à fleurs de lizd'or, et les armoires du sépulchre dudit lieu.
L’an 1459, fut faict de neuf le crucifix de céans la noince du doigt de madame saincte Katherine fut enchâssée et mise en une potence d'argent et cristal, qui fut rompu le XL jour de janvier 1491, quant les autres reliques de céans furent desrobéez par Rabier et ses conpagnons.
Le ciel de la feste Dieu fut achepté XII [ escus.
Audit an, fut de nouvel faict et edifîié ung mur de pierre ou cymetière d’entre les deux églises, depujs le coing du clocher jusques à l’église Sainct-Nicolas, qui faisoit la séparation du cymetière c|ui estoit devers où sont à présent les galeries et ung autre lieuprophane du cousté de la rivière, vulgairement lors appelé le cymetière aux excommuniés, lequel mur après la perfection des dites galeries fut abatu et démoli et lesdits deux cymetières uniz de terre et bénists par feu bonne mémoire M’*'. Milles d’Illiers, évesque de Chartres, l’an MCCCCIIIL’^ (1480).
L^an 1462, y a eust procès contre messire Barthélémy Dumoulin, chevalier, pour la maison du grand Gobelet.
Gervesote ou Philippe la recluse d’entre les deux églises donna tous ses héritages'.
L’an 1462, la vigille de saint Sébastien, maitre Jacques Massard, licencié en loix, demeurant à Dreux, réintégra par figure, au clouaistre de céans, ung prisonnier qu’il avoit prins ou fait prendre a huit ou neuf pieds du pres-
‘ Au feuillet 88 v" on trouve la mention suivante :
(( L’an 1470, Philippe Denisarde, recluse entre les deux cymetières donna tous ses héritages assis à Souchamp, près Saint- Arnoul, lesquels furent baillez à vingt-cinq sols de rente à Richard Lubin.
« Depuys y eut une autre recluse nommée Gervaisote.
« L’an 1489, mourut le bon hermite, qui estoit au audit lieu des recluses et luy succéda ladite fabrique. »
bytciire' du curé Millautl, et esloienl présants : Estienne Tîoisrand, notaire, le promoteur de l’évesché, Guillaume Petit, audiencier, Perrin Le Beau, appariteurs et autres plusieurs, c|ui est pour monstrer les fins et limithes et grandeur de la terre sainete- dudit clouaistre et cvmetière.
Révérend en Dieu messire Milles d’Illiers, évesque de Chartres, fist ordres (ordination) audit Sainct-André.
L’an Pi(i5, fut vendue une tombe à maistre Nicole d'If, en son vivant chanoine de Chartres, laquelle tombe avoit servi de autel dans le cueur Sainct-Nicolas ou de présent est sépulehre, dont fut in ventif maistre Jehan Courtois, curé de céans, pour trois écus, en laquelle tombe il fist insculper sa statue et semblance avecques celle de sa mère, qui furent inhumés en l’église Sainct-Nicolas. Ladite tombe fut amenée céans quant on pava ladite église pour servir de pavé, et la firent mettre près la porte de céans, et y est encore de présent.
Audit an, furent remises à point les verrières du cueur et coListèrent XXIII livres XI sols.
Et aussi furent peins les quatre angeloz qui estoient sur les quatres pilliers de boys, qui est autour du maistre autel.
Item, les verrières d’auprès les fons de Sainct-Nicolasb c[ui coustèrent IIII cents livres V sols, c|ui est beaucoup plus que ne valent de présent quasi toutes les verrières de ladite église^, mais il faut distinguer les temps.
' Ce presbytère avait été affecté à fusage des curés par Jean Fou Ion, chanoine de Saint-André, aux termes de son testament accepté par Gauthier, évêque de Chartres, en septembre 1234. {Lépinois, 1 p. 289, note 3.)
- La terre sainte jouissait du droit de refuge et de sauvegarde, et la juridiction ecclésiastique seule pouvait s’y exercer. Le cloitre de la cathédrale jouissait du même privilège.
•' Ces fonts baptismaux étaient en forme de cuve bysantine pour le bciptême par immersion (Lépinois, de Chartrett, I, p. 237).
Les curez ne peuvent et ne doibvent mettre clemourer leurs chapellains hors le clouaistre, et pour ce que ledit curé Millaud auroit mis demourer messire Jehan Roulleau,naguères décédé, sonchapellain, hors ledit clouaistre, fut par l’official de Chartres contrainct de le faire demourer audit clouaistre.
L’an 1466, les gagiers firent couvrir d’argent le livre où sont les évangilles, où sont élevez les jmaiges du crucifix, Notre-Dame, sainct Jean, d’un costé, de l’autre cousté l’ymaige monsieur sainct André, tenant sa croix pesant cinq marcs, troys onces, à neuf livres cinq sols le marc, pour ce XLIX livres, VIT sols, l denier, pour le reliaige XVII sols, VI deniers, pour façon dudit argent, XXI livres, IIsols, VI deniers, qui valent LXXVITIIIivres, V’’ sols.
L’an 1467, furent peintz les bastons de la croix et du ciel de la teste Dieu, et coustèrent XXII sols, V^l deniers.
Le VII® jour d’aoust 1469, Helye Pilloys estant curé, fut faicte procession de Notre-Dame de Chartres et fut chantée une messe haulte devant le corps monsieur sainct Piat.
L’an 1472, furent faictes les orgues de céans ; pour estain, façon, boys, menuserie coustèrent la somme de VIIP^VIl livres (167).
Fut aussy faicte une croix de fer sur la porte du cimetière Hallé, que le vent abbatit.
On fist peindre Tymaige estant à la porte et portail de céans.
L’an 1475, fut achepté l’orceau pour porter aux trépassés et cousta XXX sols.
Le tabernacle de boys de Notre-Dame du pillier fut faict, lequel depuys a esté ousté cjuant on fist le pulpître.
F ut faict sainct Christofle, la relique duquel donna, ainsi
qu’on dit, le bonhomme Marchesnoir qui demeuroit au Dauphin, et pesoit ladite ymaige cinq marcs sept onces d’argent; la façon cousta XXVI escuz, le cristal LI sols, et pour tout IIID^XVIII livres (98).
Fut arse et brûlée la lanterne où est la lampe de Sainct- Nicolas, et pour en faire une autre cousta LI sols.
L’an 1470, les gagiers mirent en procès les maîtres des t^xiers et austres maîtres jurés dudit mestier de texier en d 'ap de ceste ville de Chartres, pour leurs droits, savoir, quant ilz sont hors d’apprentissaige, doibvent chacun deux dix sols, et equant ilz sont passez maistres, LX sols tournois, ainsi qu’il est contenu en verrière de Sainct-Nicolas, lequel argent est converti en l’entretennement de la lampe qui art jour etnuyt en ladite église devant le très précieulx corps de notre sauveur Jésus Crist'.
L’an 1482, on fît faire le comble de la nef à tiers point de bois tout neuf, ainsi qu’il est, et cousta cinq cent livres. On dit c|ue feu Symon Courtoys, vigneron, demeurant à la Roche le Comte, donna pour se faire cent livres, quand il alla en voyage de Jérusalem, où il demeura.
Les gagiers baillèrent par échange aux doyen et chanoines de céans la chapelle de la Magdeleine, estant en une tourelleC derrière le cueur de céans, à l’encontre de
' Primitivement, d'après une ordonnance du 26 janvier 1389, ils devaient payer les deux tiers des sommes versées par les compagnons, « pour desservir et gouverner la lampe de Me’’ sainct Nicollas de la confrérie aux tissiers ». Cette redevance s’appelait « le devoir de bienquiétance et de maîtrise ». — « Iceulx texiers , en l'an MCCCCIX firent faire, en icelle église Sainct-Nicollas, une verrière à laquelle ils avoient faict faire en painture et figure une lampe, couppe devantpour reposer le corps Jhésus-Crist, afin qu’il fust perpétuel mémoire que lesdits texiers estoient et sont tenus soustenir ladite lampe, et qu’ils en sont fondeurs. » (Fol. 117 et 127).
® Le plan publié par Lepinois laisse apercevoir plusieurs de ces gracieuses tourelles qui ont disparu avec le chœur au commencement du siècle.
, telle part et portion que ledit chapitre avoit en une autre thorelle appellée le thrésor, estant derrière ledit cueur, et d’une maison et jardin où sont de présent les galeries.
L’an 1488, les gagiers firent abattre ladite maison baillée par lesdits chanoines, et firent faire les galeries depuys l’église deA:éans jusques à Sainct-Nicokis et firent unir le cymetière avec le cymetière des excommuniez par messire Miles d’Illiers, évesque de Chartres.
Environ ledit temps, avoit este beniste la chapelle de Notre-Dame de Pitié, lors naguères faicte aux despens de feu messire Jehan Courtois, naguères curé de céans, et fut faicte ladicte bénédiction ou dédicacé d’icelle chapelle, le jour Sainct-Siméon et Sainct-Jude, des osements desquels ou de l’ung d’eulx furent mys en l’autel de ladite chapelle.
Vol des reliquaires de Saint-André^ .
Le XI janvier mil llIP IIIP’^ XI (1491), Jehan Rabier, pbre, natif du diocèse de Senlis, Honoré Rousseau, Anthione Macet et Guillaume Cochonnet, c^ui avoit esté clerc de céans en son jeune aige, crochetèrent le guichet de la porte de devant, puys celuy du cueur, du cousté de Sainst-Jehan, l’huys de fer c^ui estoit au devant de l’huys du trésor, lequel depuys a esté porté à l’Hostel-Dieu, après crochetèrent ledit huys dudit trésor, oustant la trape, crochetèrent l’huys près ladite trape, descendent audit trésor, crochètent aussi quattre fenestres estant oudit trésor, où estoient les reliques et joyaulx, c|ui ensuyvent, c’est assavoir en la première fenestre, la chasse qui est couverte d’argent doré, aux c{uattre coings de laquelle sont les ymaiges de messieurs saincts André, Pierre,
‘ Ce vol a été raconté avec force détails et développements par Ad. Lecoq, dans ses Annales, Souvenirs el Traditions hislorifjues du pays Chartrain, p. 63 à 90. Chartres, 1375.
Jehan-r3apüste et Paul, le tout d’argent doré, et en ung bout ung escu d’argent où sont les armes de la ville de Chartres, plusieurs anneaux et autres affiquez d’or et d’argent. D'ung cousté, une croix enrichie de pierres, où a du fust de la vraj^e croix Notre-Seigneur. De l’autre cousté, audessus sont des ossements de monsieur sainct Baptiste, et audessoulz, ung chief d’ung des innocens; item ung l'remillet* en façon de trèfle d’argent pendu à ladite chasse, dedans lequel sont des reliques de monsieur sainct Marc et plusieurs autres sainctz.
Item, prindrent lesdits malfaiteurs la relique et ymaiges du glorieux sainct André, sainct Xristofle, lesquels ils rompirent et assemblèrent ainsi c[ue ung aiz.
Item le reliquaire saincte Catherine, le cristal ducjuel ilz rompirent et myrent en l’estât qu’il est de présent.
En l’austre fenestre d’auprès, trouvèrent deux chandelliers, deux platz d’argent que donna le feu bonne mémoire maistre Régnault Demoulins, en son vivant prebtre chanoine et chambrier de l’église de Chartres, en son vivant demourant en la maison canonial assise au clouaistre de céans, où est à présent demourant maistre Marcelin le Feuvre, chanoine de Chartres, lequel Demoulins est inhumé en l’eglise de céans soubz la tombe d’airain estant au cueur; esquels chandelliers et platz sont inculpez ses armes, de l’an 1411 ; lesquelz chandelliers et platz furent par lesditz malfaiteurs plyés et mis ensemble.
Prindrent aussi lesdits malfaiteurs plusieurs calices, les sanguines^ desquels ils laissèrent et mirent es couvertures de chaulme d’aucuns murs près la banlieue de
’ Fermoir, agrafe.
' Petits instruments en argent, en forme de chalumeau ou de cuiller pour l’absorpsion du Précieux sang, quand la communion sous les deux espèces était usitée.
coste vaille de Chartres, dont aucuns turent trouvés, les autres non.
Et pareillement emportèrent le sacraire ou eouppe d'argent doré, ou pied duquel sont les appoustres, d’ung cousté une verrière de cristal et l’autre cousté r3miaige de sainct Xristofle, ouc[uel on porte le sainct Sacrerîient de l’autel, le jour de Feste-Dieu. laquelle verrière ne fut oncques rompue, combien que lesdicts malfaicteurs s'efforcèrent ce faire pour plyer ledit joj^au, ainsi qu’ilz confessèrent, qui fut réputé quasi pour miracle.
Et semblablement robèrent une croix d’argent doré sur ung pied de cuivre aussi doré, enrichie de plusieurs pierres précieuses, et en icelles sont plusieurs pièces des feustz de la vraye croix notre Saulveur Jesus-Christ et de monsieur sainct André et autres reliques.
Item, ung tableau d’argent doré où sont paintes les ymaiges Notre-Dame tenant son tils, sainct Pierre et sainct Paul, le tout d’asur, lesquelz croix et tableau ledit Anthoyne Macé desroba à ses compaignons , cuidant (|ue ledit tableau feustd’or, et les porta en la maison de feue sa mère, et les mist en le train de son lit, et le pied^de ladite croix le geta es retraiz de ladicte maison, cognoissant cjue ce n'estoit que cuyvre, ainsi que on disoit lors.
Et ne lessèrent pas quelque somme d’argent estant en ung coffre, estant audit trésor qui appartenoit au dojam et chappttre de céans.
Et lessèrent tant seullement une croix de boys couverte d’argent , où sont plusieurs ossemens et mandibule des Innocens.
Ung chevalet de boys couvert d’argent ouquel sont les reliques c|ui ensuyvent : du feust de la vra^^e croix, de sainct Jacques le majeur et sainct Jacques le mineur, des cheveulx de sainct Nicolas, du braz sainct Plaise, des os
IMKCICS Dlh'AClllCi;S
de Sciiact Léger, de saincl André, de saincl Denis , de sainct Jehan Baptiste, des unze mille \derges, de la verge d’Aron, et autres plusieurs reliques.
Ung grand tableau aussi couvert d’argent fermant à coupletz, où sont plusieurs reliques, c’est assavoir des cheveux Notre-Dame, des vestements sainct Pierre, des ossements sainct André, sainct Christolle, sainct Cosme, sainct Dam3X'ii, de la couste sainct Laurcns et la dens monsieur saincl Jehan-Baptiste et autres plusieurs beaulx reliquaires.
Pour lequel larcin tout le peuple, non pas seullement de ladite paroisse, mais uni^'ersellement, et du petit jusques au grand, de quelque estât et condition qu'il feust, se nroult.
Et obtinrent com mission lesdits gagiers, de monseigneur Jehan Baulding lieutenant général du bailli de Chartres, pour prandre et constituer prisonniers toutes et chacune les personnes mal renommées et autres qui seront treuvéez ledict jour es estuves et autres lieux suspeetz et mal renommés.
Ladicte nuyt, lesdits malfaiteurs pour sceller mieulx leur cas, descendirent es fossés de ceste AÛlle de Chartres, près la porte Sainct-Jehan, par le mov^en de la corde du puys Saincte-Fo\g qui lors estoit en nature et depiucs a esté comblé, et de là s’en allèrent à la Croix-Thibault pour eulx en aller à Oin ville près Poirsac les Anneau, en la mestairie dudit Macé et ses cohéritiers.
B est à noter, qiiod est juirandu/n, que le doA'gt de monsieur sainct André client en la rue, près les murs, pardessus lesquelz passèrent les dessusdits, par dessus lequel doi^gt passèrent plusieui's gens sans le casser, et fut apporté dès le matin en ladite église.
Et aussi que au jno\'cn de Uulite commission, lesdits
gag'iers et autres plusieurs personnes charchoyent par les estuves et autres lieux suspectz, s’ilz trouveroient gens mal renoumez. Ledit Anthoyne Macé , l’ung desdits malfaiteurs qui estoit demeuré en la ville pour savoir quelle poursuite on fairoit, estoit présent et aidoit à faire ladite cherche, comme s’il eust esté et pur et vray innocent dudit cas.
Et voyant lesdits gaigiers et autres parrochiens estre de.stituez de l’aide humain pour reconnaître lesdites reliques et biens, se retournèrent vers Dieu, monsieur sainct André et sainct Antoyne de Pade (Padoue) et proposent aller en procession à Sainct-Françoys y c[uérir et invoquer l’aide dudit bon sainct Anthoine de Padoue, et pour ce faire préparent la croix, bannières et le résidu iles reliques délaisséez pour les porter en procession audict lieu.
Et ainsi que ladite procession vouloit partir pour aller aux Cordelliers et Sainct-Françoys, vint une personne en ladite église disant à haulte voix : Mes enffans, achevez ce que vous avez commencez, ceulx qui ont fait le malfait sont pris à Oinville près .Vuneau, en la mestairie de Jehan Macé. p
Ce fait, plusieurs vont à ladite procession avecques toute humilité et dévotion ; les autres à grande diligence, à pié, à cheval, droit au lieu de l’Oinville, vindrent nouvelles que les dits malfaicteurs estoientaux boys Saint-Martin, les autres disans etre autre lieu ; schidifur incertum in contraria vulf/iis.
Et cependant ledit Anthoyne Macé s’en va audit lieu d’Oinville, et disoit-on lors que son cheval ne vouloit aller oultre.
Lesdits malfaicteurs avoient mis et cachez lesdites reliques, c’est assavoir ladite châsse en ung fumier, près la Croix-Thibault, c|ui est en la paroisse de céans, oultre
leciviel lion on disoil c|iio ledit Rallier avoil dit n'avoir pu porter ladite ehâsse.
Kt le surplus desdites reliques, les auroient cachées ou bois dudit Oinville, en des feilles et mousseaux, et v a voient fait des marques.
Et advint que le soir dudit larcin que ung bon homme, en fagotant et couppant une hart, descouvrit la potance du relique saincte Katherine, cuidant que de la patte fust ung calice.
Au mo3mn de quo\- vint le brinb que on a voit veu lesdits Rabier et Cochonnet en ladite mestairie, qui a' attendoient ledit Anthoine Macé par supection par la justice dudit lieu; furent prins lesdits malfaicteurs et les mirent en ung ban.
Ce incontinent fut sceu, et se trouvèrent audit lieu quatre ou cinc( cens chevaulx, grand nombre de gens de pié, et entre autres ,lehan Courtin.run des gagiers, Alathrv Jourdain, .lean Cov<K, sergent roval qui arrivèrent des premiers, lesquels par parolles blandices et aucunes comminatoires trompèrent moA'en enA^ers ledit Rabier de leur enseigneur les lieux où ils aA'oient m3AS lesdites relicjues audit bf)A^s, ce c{u’il fist à grand difficulté tant pour la commotion du peuple ou autrement.
Et fut trouvé l'image de mon dit sieur sainct André premièrement, à raison de quo3' commencea-t-on à crver à haulte A’oix, et e.ruJfnvernnf f/nudlo innffiio valde, puis après sainct Xristoilc, qui aA’oit le col rompu, les plat/, chandelliers, calices, touz pl3^ez ensemble.
IR ung sachet de cuir où estoient plusieurs chrochetz de fer et quelque somme de deniers que on disoit appartenir ausdit do3mn et chappistrede céans.qu'ilz ont depu3 s eus. sans touteffoAAS Apouloir fraA’er aux fraiz et mises qu’il a couApenu faire, mais sur ce je m’en rapporte à raison.
Fa au regard de ladite elu'isse. ledit Uabier, fort estonné ])our lamultitude du peuple, ne scavoit où il l’avoit mise, et s'advisa, dist qu'il l'avoit laissée au piéz d'une croix, près la banlieue, où elle fut ti'ouv'ée par ledit .lourdain, (|ui l’aporta en ladite église, et sitoust qu il fust aperçu à la porte, tout le peuple l'environna tellement que a grand peine peult-il gaigner ladite église en une heure depuys la porte Guillaume. Et le résidu des autres reliques furent apportées par les gagiers et autres paroissiens; laquelle recouvrance en ev peu de temps fut lors tenue pour miraculeuse, et furent lesdictes reliques et joyaulx gardez par lesdits gagiers en la maison dudit Courtin, jusques à ce que ledit trésor fust remys à poinct. y
Et furent amenez en une oharrete prinsonniers lesdits Uabier, Cochonnet et Maeé, et mys en la tour du ro\' notre sire à Chartres, entre cinq et six heures du soir, aeeompaignez de plusieurs personnes, en grand nombre, et sortoit-on par les rues à ce que plus facilement on les aperceust.
Leur procez est faict à toute diligence par ledit Baudry, lieutenant dessusdit, et sont iceulx Cochonnet et Macé condampnez à estre penduz et estranglez, dont ilz appelèrent. Voici le procez par ladite court :
Veu par la court le procez faict par le bailli de Chartres, ou son lieutenant, à l’encontre de Guillaume Cochonnet et Ant hoine Macé, prisonniers à la conciergerie d u pala}^s, à Paris, appellans de la sentence contre culx donnée par ledit bailli, par laquelle et pour raison des larcins et sacrilèges commys en l’église Sainct-André d udit Chartres, aveq feu maistre Jehan Uabier et autres cas déclarez audit pi'ocès, ils ont esté condamnez à estre penduz et estranglez aux fourches patibulaires dudit Chartres, et
leurs biens déclare/ conlisciuez au roy, à la cliaro-o de la satisfaction raisonnable de ladite église.
Veues aussi les lettres de remission par eulx depuys obtenues du roy, pour raison dndit cas. dont ils ont requis et demandé l'enterignement en ladite court, avecques les lettres d'ampliation aussi obtenue/ par ledit Anthoine Macé. aussi l’examen fait par ordonnance d'icelle court à la rec|ueste dos doyen et chanoynes, gagiers et proviseur de ladite fabrique de ladite église Sainct-André de Chartres, sur leurs dommaiges et intérêts faicts par lesdits prisonniers à cause desdits sacrilèges, ensemble la déclaration faicte par ledit Rabier au lieu de Montfaulcon, quant il fut exécuté, et tout considéré, dict a esté que la court, en obtempérant c|uantàce auxdites lettres de remission et amplvacion, a mvs et met lesdites appellacions et ce dont a esté appelé au néant, sans amende et pour cause. La dite cour pour réparacion desdits casa condempné et condempne lesdits Cochonnet et Macé envers lesdits tlo\'cn, chanoines, chappitre, gagiers et proviseurs de Sainct-André de Chartres, pour tous leurs despens, dommaiges, intérêt/, en la somme de deux cents livres, à tenir la prison jusqu’à plaine satisfaction d'icelle somme, et si a banny et bannist ladite court iceulx Cochonnet et Mace à tou.sjours de ce royaulme, sur peine de la hart, et déclare le résidu de leurs biens confisqué, ladite satisfacion préalablement faicte. Prononcé le XXI IL' jour de juing mil IITL cent niL^' XI (1491).
Et furent auparavant lesditz Rabier, Cochonnet et Macé dégradez par feu Monseigneur messire Milles d’Illiers, evesque de Chartres, accompaigné de deux ou tro3"s abbés, et pour ce faire obtint bulles expresses au cas ; par ce c|u’il est requis plus grand nombre.
Ladite dégradcition fut faite sur les echauffaulx estant au clouaistre Sainct-André, sur lesquels naguères on avoit joué le mistaire de sainct Ladre, la Magdeleine etsaincte Marthe. Et ainsi que le reverend ratissait d’ung Cousteau les doitz dudit Rabier, et qu’il estoit devestuz et despoillé des vestemens et habitz sacerdotaulx, sauf de l’aube, cheurent et tombèrent lesdits échaufaulx et y furent blessez et navrez entre autres Nicolas de Montauldouyn, maistre des charpentiers c|ui les avoit pris et asseurez sur sa vie. Toutell’oys ledit reverend tist mener ledit Rabier en sa maison épiscopal, et acheva la dite dégradacion, et icelle dégradacion faicte, furent vestuz lesditz malfaicteurs chacun d’iceulx d’une hugue' de toile mespartie. En cest estât furent délaissiez aller, et furent prins par les officiers de la court lave.
1492^ furent faicts les murs du c\'metière du cousté de la rivière pour soutenir les terres, qui cousta grande somme de deniers
Les gagiers firent repaindre le crucifi.v de l'église de céans et sa croix, le sepulchre et ymaiges de sainct Nicolas.
Et aussi firent faire quattre pilliers de cuyvre du maître autel, quattre angeloz autour du maistre autel et le crucifix et pillier dudit autel , la croix et lanterne où est myse la custode en laquelle rc[)ose le Corpus Domini.
1 496, durant ledit temps, la femme Jeulîroy le Prince donna une chasuble de damas vermeil. On a achepté grande quantité de damas l'ouge dont fut faict ung ciel sur l’autel.
Laurent Pommeraye et.lehan Aubouvn, dit des Vergers, curez de ladite église.
1497, les gagiers avoient ousté le sacraire de dessus le
' lluguc, hucqucs, robe ou manteau. Souchot emploie le mot Canic de toile blanche et noire (//(jtO ilc ('.harlrcs. lY, li^■. Yl, ch. 2.
— io —
inuilrt' autel, et dejmv’s remys par Guillaume llali;;'re et ses comj:)agnons.
1501, les gagiers tirent reparer toute l'église de céans ainsi qu'elle est de présent, sauf les entrées des grottes; et pour ce taire tirent ouster toutes les selles dont aucuns ne furent contens, et en lieu tricelles tirent mettre des nathes. Après ce ont fait desmolir et abbatre le pulpiltre ancien et en son lieu fait faire et construire ung autel bel et som|)tueux de menuzerie, pour lequel neuf cents li vres.
Pour ])1lis facilement veoir dedans le cueur de l’église, font (ouster) au costé du viel et ancien lutrin et pulpitre deux tables qui empeschoient la veue.
. . , Le pain bénit avoit accoustumé estre tousjours offert au maistre autel.
Catherine Ferrand, veufve Jehan Courtain, donna ung ])arement de taffetas blanc, semé à estoilles d'or, et une imaige de Notre-Dame pour servir aux jours et testes de Notre-Dame.
Les |;)ardons octroyés et donnez à resglise de céans par douze cardinaux à Rome, le 10 Jiovembre 1537, aux des- ])ens de maistre Jacques G uéset, l’un des curez de ladicte église, de 1200 jours de pardons aux bienfaiteurs de la dicte église, sont es jours de la teste de sainct André, le 2'' dimanche de LA vent, la Nativité de Notre-Seigneur, le 2'' dimanche de Caresme, le jour de la Résurrection de Notre-Seigneur, le jour de la Penthecouste et du Saint- Sacrement,, 1a Nativité Notre-Dame, LAssumption Notre- Dame, la Nativité Notre-Dame.
La nuyct d'entre le samedy 22 et dimanche 27'= jour de novembre 1555, fut la couppe estant au cueur, en laquelle estoit et reposoit le divin et précieux corps de Notre SauA’eur et rédempteur de J hésus-Christ, desrobée, et fut lasainctc hostierechcrchée en Lesglise dudit Sainct-
Aiulré sans être trouvée. Et ledit jour de dimanche lut faict procession à l’entour du cimetière, estant devant la grande porte, en laquelle fut porté le Sainct-Sacrement par M‘® Pierre Beaunyer, un des curez dudit Sainct- André, et la prédication faicte par AI. Loys Charpentier, docteur en théologie, chanoine de l'esglise Notre-Dame de Chartres.
Le mercredy ensuyvant, 26" jour desdits mois et an, fut faicte procession généralle en ladicte esglise de Sainct- André, et furent portez le reliquaire de Nostre-Dame, iceluyde sainct Lubin et sainct Alarc... Le sermon fut faict audit lieu et cimetière, devant la grant porte, par AI. Loys Charpentier, docteur en théologie et chanoine de ladite esglise Notre-Dame. Et y assista grand nombre de peuple.
La nuict d’entre le samedy IL et dimanche 12*^ jour de janvier 1556 (vieux style 1555), les grandes eaux vindrent en si grande habondance que ledit jour de dimanche elles passèrent par-dessus les murs de la fontaine de Sainct-André, et furent les paroichiens de cette paroisse demeurant en la rue de Petite-Rivière et la Tannerie, pour la grandeur de ladite eaue estant et coullant esdites rues, contraintz aller par-dessus les murs de ladite ville et venir au pont de la porte Guillaume et passer avec des scelles haultes. Et par aucuns desdits parroichiens qui ont souvenance avoir veu par cy-devant la grandeur de l’eaue, fut dict c|ue en l’année 1528, y a 127 ans, elle approcha de hauteur que elle est aujourd’hu3^
Le cinquiesme jour de mars 1555 (nouveau style 1556j fut encommencée en l'église Sainct-André la confrairie de Sainct-Sacrement de l’Eucharistie.
L556, fut faicte procession generale en laquelle on porta la Saincte-Chàsse, et alla ladite procession par le chemin
l’iiXKS DKTACHICIOS
d'en hault, où l'on a coutume aller aux octaves du Sainet- Saerement.
l.iC dimanche. 7® jour de juillet 155(), veut ung jubilé de plenière remission, et le dimanche fr' jour de mars 1Ô55, y en avoit eu ung premier..
L’an 1556, fut, d’après le conseil et consentement des parroichiens de Sainct-André, marchandé à fondre les quatre eloclesdu clocher Sainct-André et rine petite du clocher Sainet-Nieolas, avecqucs Jehan le Royer dit Cerdes (a//à.s Cadert) moyennant la somme de six vingt livres (120) et une paire de chausses à son homme, suyvant lequel marché c|ui avoit esté passé par messire Mathurin de I3aignaulx, notaire royal à Chartres, ledit jour, ieeluy Royer auroit, le mercredy 29'' jour de juillet, cassé le mestal desdites quatre cloches, et le lendemain mis au fourneau, et furent fondues, et commencèrent le lendemain, jeudi, 30'' juillet, le métal lasehé es moulles, environ deux heures après mynuit, et levées de terre le A’endredy, dernier du mois de juillet et samedi R*' jour d'aoList, l’une d'icelle nommée Marie, la seconde André, la troisième Pierre et la quatrième Jehan.
Le dimanche 23'^ d'aoust 1556, furerd lesdites quatre cloches baptisées, savoir est Marie et Jehan par M' Claude Blanehart-d’un des curez dudict Sainct-André, auxquelles auroient esté j)arrains diserette personne M''^, Symon 'Fbomas, chanoine de Chartres, prieur curé de Champront, M"^ .laeques du Ru, conseiller au siège présidial de Chartres, M"' Jehan Haligre grenetier', et maître Régnault Haligre, licencier es loix, maire des doiens et chapitre de Chartres, et pour marraines damoiselle Marie Chantault, veufve de deft'unet maître Girard Aearie, en
‘ Il mourut le 2U décombre 156b
son vivant controleur de Normandie, et (îeneviesve Roussignol, A’eufve de l’eu Robert Maugu^v
Les deux autres, qui sont André et Pierre, furent baptisés par messire Pierre Beaun3rer, l’un des curez dudit Sainct-André ; et pour parrains à Sainct-André furent prins discrettes personnes Symon Pigeard, do^^en dudict Sainct-André, Marin Chevalier et Symon Berthelot chanojme en ladite eglise, honorable homme M'“ Jehan Thomas, conseiller et advocat audit siège présidial, et pour marraines Bienvenue Boucher, veufve de feu M“^
Gilles Guennée et Le Maire, femme de M'*' Jehan
le Jeune, advocat audit Chartres.
Et pour parrains à Sainct-Pierre honorables personnes M““ Jacques Haligre, esleu pour le ro\" à Chartres, M'*^ J ehan Robert, advocat au dit lieu, M"" Charles Percheron, notaire et procureur en cour d'eglise audit Chartres, et discrette personne M‘® Guillaume Haligre, curé de Faveril; pour marraines Françoise Grenet, femme de M'*' Girard Gratian, receveur du domaine de Chartres, et Barbe du Ru, veufve de feuM. Jehan Arseul, en son vivant conseiller au siège présidial de ceste ville de Chartres.
Pour parrains à Sainct-Jehan honorables personnes André Soret, Martin Soret, Jehan Soret dict le Jouain, Jacques Duchesne et Charlez Bizet, pour marraine la veufve de feu Jehan Alauvoisin.
Les deux cloches c[ui sont Pierre et Jehan furent montées au clocher le mard\" 25*^ jour d’aoust 1556, et pendues habiles pour sonner.
Le jeudi ensuivant, 27'^ desdits mois et an, les deux autres c{ui sont Marie et André furent montées audit clocher.
Le jour et teste Sainct-Thomas, 2L décembre 1563, furent benistes par M"” Guillaume Halligre, prebtre, l’ung
lies eurezilo loilileon-liso monsicui' Sainct-A miré, doux petiles dociles pour servir à l’église monsieur Sainct-Nicolus. à laquelle bénédiction des deux cloches c|ui furent nommées Gilles et Nicolas , furent prins pour parrains et marl'aines, savoir est pour Gilles, M. René Percheron, prêtre, chanoine en ladite église et curé de Boncourt, M. Jehan Pastey (?) aussi chanoine, M'® Jehan Guillemin, notaire et procureur en court d’eglise à Chartres, M'® Philippe Le Febvre, procureur en cour la3^ et mademoiselle l’advocatte du ^o^^ femme de M® Jehan Thomas adAmcat du ro\\ et mademoiselle Mathurine, femme de M®® Claude Halligre, grenetier.
Pour parrains et marraines, pour Nicolas, Fabian Ifeville, Anthoine Roussignol, Charles Fouet et Alichel Sedille ; la lille de defunct M'® Jlector Le Beau, Anne Gauville femme de honorable homme M'® Jehan Chenev\'x. advocat et conseiller pour le ro\^ à Chartres.
Le dimanche, cinquiesme Jour de septembre 1557, fut faicte procession généralle en la grand esglise, commandée de par le rojq affin de prier Dieu pour la paix, c{u'il plaise au souverain seigneur d’v vertir nostre ennemv" l’empereur et Engloys, cpiy aujourd’huy nous font grand guerre en nostre pa3\s de France, tcelle procession, partant de Notre-Dame de Chartres, faisant le tour que l’on a acoustumé faire le jour des octaves de la Fe.ste-Dieu, icelle accompaignée de toutes les paroisses deladite ville, mesme des autres abbaA^es d’alentour de Chartres, tous à grant nombre et grant reA^erence, avesques tous et chascuns leurs ornements de leui's églises, pour a icelle accompagnez le Sainct-Sacrement, relic^uaires de Notre-Dame de Chartres, scaA’oir est la béniste Saincte-ChâsseNotre-Dame, en laciuelle repose la saincte tunicque de la benoiste Auerge Marie. fort enrichiede pierres présieiises et aultres joyaulx.
et le fut de la vra}"e croix, Notre-Dame saincte Sollenne le chef monsieur sainct Marc, le chef monsieur sainct Lubin, et tous les autres bénits reliquaires de ladite eglise. A laquelle procession assistèrent huict cens pouvres, ayans chacun ung sierge alumé à la main, et tous et chacuns messieurs les gens tenant le siège présidial de Chartres, nouvellement estably pour le roy, ayant chacun ung sierge de cire vierge, item messieurs les eschevyns de ladite ville et plusieurs autres notables personnaiges, pareillement ayant chacun ung sierge vierge en la main, et icelle pi'ocession faicte, fut dicte et sélébré la grant messe en l'esglise Notre-Dame par monsieur le sousdo3^en,'en grant révérence, ensemble fut faict sermon en la court de l'évérend père en Dieu monsieur de Chartres, par monsieur Loys Charpentier, chanoyne en ladite eglise et docteur, homme fort savant, lec^uel fist un fort beau sermon, autant beau c[ue fist jamais.
Ce mesme an, Sainct-Cantin fut prins des gens de l'Empereur, et en l’envitaillement cr3melle ville fut tué monsieur d’Engu\mn, frère de monsieur de Vendosme, et plusieurs autres gros personnaiges prins à rançon, mesme le connétable de France fut prins, et le bruict est commun qu’il y eut de la faulte dudit connestable. Ce mesme an, est couru grandes malad^^es par le ro^aiulme.etenest beaucoup morts à raison d’ycelles malad3''es.
L’an 1566, le E'’ de décembre, les gagiers ont faict faire et pu3^s après baptiser les deux cloches de Sainct-Nicolas, l’une et la plus grande desc[uelles a nom Nicolas et l’autre Gilles.
L’an 1567, le dimanche 8'’ jour dejuing, fut faicte une procession généralle, lac^uelle partit de l’église Nostre- Dame de Chartres et alla jusc{ues à Nostre-Dame de Josaphat, en lacpielle procession furent portés plusieurs
saintz reliquaires, entre autres le feust de la Vra3'e- Croix Nostre-Seigneu r, la Saincte-Châsse où repose la ehemise Nostre-Danie, M. sainct Thaurin et M"“^ saincte Sollemne estant en l’abbaA'e tle Saint-Père-en-Vallée, en laquelle j^rocession assista grande quantité de gens d église, jusques à d ou 40t) prestres, et grande multitude de torches et de peuple. Kt fust t'aicte la procession ])Our prier Dieu affin de donner de l’eaue aux biens de la terre. Et est à notter que depuis le mois de febvrier jusques audict jour il ne avoitpleu.
Le dimanche, dernier jour de févu'ier 1568, le prince de Condé, avecques ses adhérens huguenotz qui estoient envin^n 45,000, mirent le siège devant ceste ville de t'hartres, et la battent d'artillerie furieussement, et lirent brèche près la tour du Masacre, vers la ]:>orte Drouasse, et battirent auss^" ladite porte, et tinrent le siège seize jours, mais Dieu voulleut regarder et avoir pitié de toute ceste ville et babitans, et la glorieuse V’^ierge Marie, sa mère, et les bons saints anges de Paradis, et aussi notre bon patron monsieur sainct André. Et est à noter que la plus forte partie des ennemis Allemens et artillerie estoient dedans les Filles-Dieu, et fut prins des grosses ormes au semetière devant l’esglise Sainct-André pour monter l’artillerie de ceste AÛlle. M. de Lignières, gouverneur pour le Roy en ceste ville, delTendit la querelle de Dieu et de la ville vertueusement. Ladite ville n’eust aucun secours du Ro3^
L’an 1575, le jeudi 12*^ jour de mai, teste de l’Ascension Nostre-Seigneur, les religieux des Jacobins de ceste ville de Chartres commencèrent à faire leur chapjDÎtre général et provincial, où se furent trouvez plusieurs docteurs grands personnaiges de leur ordre, et ce jourd’huy continué à faire leurs processions, et furent après vespres
venuz en cesle esglise Jiionsieur Sciincl-André, et le dimanche suivant, ayant esté à l’église Nostre-Dame de Chartres, où ils firent porter le Saint-Sacrement de l’hostel, toutes les rues ]iar lesquelles sera passée ladite procession estoient tendues.
Le dimanche, 22*= jour de janvier 1570, furent les eaux si grandes et impétueuses qu’elles surpassèrent d’un demy pied et plus pardessus les murs et closture de la fontaine dudit Sainet-André, en sorte que les habitants de la vallée estoient contrainez, pour venir à la messe parrochiale, passer par derrière leurs maisons et par dessus les remparts.
L’an 1578, les gagiers entreprinrent de faire couvrir le derrière du eueur de ladite eglise,"ete...
Item, a aussi convenu achapter du piastre pour employer aux tourelles dudit derrière.
Le dimanche, 8 juin 1578, fut faiete procession generalle pour la grande secheresse et stérillité d’eau, et alla ladite procession en l’eglise monsieur Sainct-Françoys.
Autre procession generalle faiete pour la sécheresse en l’église M. Sainct-Martin-au-Val , où fut portée la Saincte-Chàsse et autres reliques, et se trouva plusieurs processions des champs.
Autre procession generalle faiete le dimanche, KK' aoust, à Sainet-Martin-cUi-Val, où fut porté la châsse monsieur sainet Thaurin.
Le 26“ juin 1579, y eust tremblement de terre en eeste ville en quelques endroictz ; aussi ledit tremblement a esté en aultres villes plus grand que iey, mesme à Orléans, et point en la ville de Rouen, nv aux lieuxeirconvoysins.
Le dimanche, L*’ jour de febvrier 1579. le roy de France et la royne, sa femme, vindrent de Oollayn-
\ illo, (lislaiU (le eeste \’ille de J/i lieues, en eeste dite \dlle, en \-oyage par dévotion, et arrivèrent fort tart. Et le lendemain, (jui estoit la l'este de la Purification Nostre-Dame, assistèrent à matines et tout autre di\ in service, qui fut dict le matin en l’église Nostre- Dame de Chartres. Et après disner^ assistèrent aussi au sermon et prédication qui fut faicte ]:>ar M. Charpentier, chanovne et docteur en ladite église de Chartres, et à vespres qui furent dictes en icelle. Et s’en retournèrent ledfebvrier audict Dollaynville.
Le mercredi et jeudi 8 et9a\'ril 1579, y a eu de si grandes inondations d'eaues qui n’est mémoire d’homme de les a\a)ir veues si grandes et si fortes, et passoientpar dessus le premier pont de la porte Guillaume, mesme entrèrent j usques aux crottes de l’église de céans, et y estoient de la hauteur de la table qui est audit lieu : lesc|uelles eaues ont faict grandes pertes et dommages.
Le 6 décembre 1579, fut enterré monsieur Morcellin, gardien des Cordelliers de eeste ville, qui tomba mort faisant desmollir le lieu où soulloit estre l’hostel Dieu de l’église Saint-lli laire.
Le dimanche, 10 octobre 1580, la veuve Jehan Sorte/, a donné ung corporallier de vehjurs viollet, où 3' a une imaige saincte Catherine.
Le neuviesme avril 1581,llenr3" 111, rov' de Eranceetde Poullongne, estoit en eeste ville en dévotion, et touscha les mallades en la grande salle de monsieur l’evesque de Chartres.
Le dimanche, 3 décembre 1581, lut octro3-é ung pardon en forme de jubillépar monsieur l’evesque de Chartres, M. Nicollas de Thou.
Le vendredi, 2 février 1582, jour de la teste de la Chandelleur, arrixa le 1*03’ de h’rance et de Poullongne,
Henry, du nom, et la royne Lo\^se de Vaudemonl, sa femme, lesquels vindrent en dévotion de Paris en reste ville, et ce à pied, encore que le temps feust fort donné à la pluN^e, longtemps il y éivoit, tellement que les eaux estoient fort grandes. Et arrivai la Royne le P‘ febvrier, sur les quatre heures du soir, et le Roy le lendemain, sur les sept heures du matin.
Le lundy, 19'' febvrier 1582, fut faict marché à Marin le Vavasseur, painctre vitrier demourant à Paris, pour faire tout de neuf toutes les vitres de derrière le cueur, se consistant en Pi vitres, en toutes les quelles victres seroit ]>aincte l’histoire de la Nativité de Moise et comment les enffans d’Ysrael furent délivrez de la captivité du Pharaon, le tout moyennant la somme de XXV soLs'iparisis chacun pied du verre, sur lacj^uelle somme audit le Vavasseur la somme de lüO écuz et pour toute la besongne la somme de 723 livres.
Jacques Haligre, conseillers au siège présidial, Ger- A'aise Cousin, Martin Bâcher, gagiers, acheptèrent une croix qui sert à tous les jours, pour la belle croix qui se portoit à tout heure à la pluye.
Plus, auroient faict faire des deniers de l’œuvu'e ung autel derrière le cueur, et deulx portes neulves auxdeulx descentes du cymetière Hallé.
Plus, ont faict lever le maistre-autel du cueur de trois marches de tous costez, et enrichi ledit maistre-autel d’une corniche de boys doré de fin or, et tout plastré ledit maistre-autel et blanchi, à celle fin de veoir Nostre- Seigneur par dessus l’aigle de dedans la nef.
Plus, auroyent faict faire les cj^uatorze vittres de derrière le cueur, et plastrer et blanchir ladite chapelle de derrière, tant haut que bas.
Plus, ont faict abattre deux clouasons qui faisoient la
PIKCrS DÉIACIIÉKS
clo.sUire de l'église, et retenir les euuverlures ])ar dessus u\'ee gros Iresl, proprement eharpenté.
Plus, faict paver les deux aesles des deux trésors de earreau de torpot, et faiet niectre à ny veau lediet derrière de eueur, à eelle lin de ne monter point, faisant la proeession tout autour de l’église et aller tout droit.
Plus, faiet laire deulx livres eou\'erts de vert, qui sont l)our servir le jour de la dedieasse monsieur sainet Antiré, le 19^= jour de may.
Plus, auroient faiet planter six douzaines d’ormeaulx au grand eymetière de devant l’église, et sont tous prins, exeepté une douzaine tj[ui sont mors.
L’an 1582, le roy list ung édiet, le 3*-' jour de novembre, j3ar lequel il veult la nouvelle réformation des festes mol)illes de l’année ensuyvant estre gardées selon le mandement de notre saint père le pape, en ee faisant que le 9'' jour de déeembre j^roehain expiré, le lendemain (|uc l’on eompteroit le lO'^’ seroit tenu au nombre, par tous les endroiets de son royaulme, le 20*^ jour dudit mois, et le lendemain 2P auquel jour sera eélébré la feste de Monsieur sainet Thomas, de sorte que le jour qu’aultrement et selon l’aneien ealendrier on eust eompté le Ib'", soit eompté le 25% en ieelluy célébré le jour et feste de Noël.
Le dimanche, 2(3'-' jour de juin 1583, fut faiete procession générale à Nostre-Dame de Josaphat, et fut portée la Sainete-Chàsse, le fust de la vraye croix de Notre-Seigneur, et la châsse madame sainete Sollenne, et la messe parochialle fut dicte à quatre heures du matin.
Le mercredi, 28“ décembre 1583, les Druydes, avec tous leurs SLibjetz, vindrent en procession, tous habillés de blanc , partirent de Dreux avec bien 32 paroisses circon voisines, en grande révérence, vindrent en vo3xige
on IV'giisc Nostre-Dame de Cliartros, aporlèrenl le corps Nostre-Seigncur en lapins grande révérance cj^u'il estoit au monde possible, toujours psalmod\mnt, chantant hymnes et proses en révérence de la Vierge. M. Lefèvre, archediacre de Dreux, chanoine en l’église Nostre-Dame de Chartres, apporta le ('orpus Domini du depuis la ville de Dreux jusc[ues en ceste ville de Chartres. Le clergé alla au devant desdits Druydes en grande révérence, excepté M. l’évesc[ue de Chartres c{ui les attendoit à l’église de Nostre-Dame, juxte la porte Roialle, accompaigné de MM. les doyen, chanoines et chajDpitre, tous revestuz de fort belles chappes. Estant arrivez lesdiz Druydes en l’église Nostre-Dame, M. de Chartres print le Corpus Domini cj^ue portoit ledit archediacre, et le porta sur le maistre-autel de ladite église, où fut faict ung beau motet en musicc^ue, et fut dict vespres ; du dejm3"S lesdiz Druides se retirèrent là où ilz peurent, car la ville estoit si pleine de si grande multitude de gens, mesme aussi toutes les églises de ceste dite ville estoient pleines desdits pellerins. Le lendemain au matin, furent dictes matines, et à l’issue de matines, il leur fut faict ung sermon en l’église Nostre-Dame par ung nommé Rembure, jacobin, ajmnt presché l’Advent auditDreulx. Le sermon ftn\% fut faicte procession soubz terre, là où fut porté le Corpus Domini par ledit seigneur évesc|ue, avec plusieurs autres fort beaulx relic|uaires. La procession estant faicte, ledit évesc|ue dit la grand'messe. La grand’messe finie , M. de Chartres print le corps Nostre-Seigneur du depuis l’outel, et le porta jusques à la porte Royalle, où ledit archediacre de Dreux le receut, le reportant en grant révérence jusc^ues en la ville de Dreux.
Le mardi 13'’ mars l.jS'i, TIenr\' de Val lois, rov de
l''r;ince c'I dc> P(nil<^nü;nc, arri va en ccste ville de Chartres, en voyage, à l'heure de sept heures du soir, aecompagné de 12 religieulx Cappueins et de 6 religieulx de l’ordre des Bonshommes, et bien de bO tant cardinaulx, prinees t[ue grand/, seigneurs de son rojmulme , estant party de sa ville eappitale de Paris, estant luy et toute sa eompagnye habillé de linge blane, en façon d'aidbe, et saint d’une eeincture de Cordelier, et la pluspart de sa compagn^^e nudzpiedz, portant par l’un desdiz pèlerins ung grand erueifix, tous marehans j3ar ordre, tousjours chantant ou prime, tierce, sixte, nonne ou la letanie. Toutes les rues de ceste ville par où le Roy passa estoient tenduz de tapisserie. Tout le clergé alla audevant de luy, revestuz tous en chappes, jusques à Sainet-Barthélemy, excepté M. l’évesque de Chartres, qui l’actendoit avec MM. les chanoines dedans l’église Notre-Dame, j Lixte la porte Royalle. Receu de l’évesque et de tous MM. les chanoines bien honorablement avec ledit clergé, estant entrez dedans l’église Nostre-Dame, chantèrent tous lesdiz pellerins ung salut devant l’image Nostre-Dame en faux-bourdon, puis entrèrent dedans le cueur, commencèrent nonne, vespres et complie, tant qu’ilz furent dedans ladite église jusques près deunze heures du soir. Le lendemain, qui estoit mescredi ensuy vaut , 14'^ jour de mars, jour monsieur
sainct Lubin, le Roy et sa dicte eompagnye vindrent au matin en la dicte église Nostre-Dame, avec leurs diz habitz blancs, dire matynes, prime, tierce, sixte, ou3'r la messe que l’évesque de Chartres dit, et après la messe ledit évesque administra le Roy et toute sa compagn3^e. Après la saincte communion, M. Rosse, docteur et confesseur du Roy, fist la prédication. La dicte prédication h nie, le Rov se retira pour prendre son repas à l’é-
vcsché là où il cstoit logé avec lescli/, sieurs pcllcrins. Leur repas prins, vindrent tous ensemble rendre grâces à Dieu et à Nostre-Dame de Chartres ; commencèrent après à dire vespres ; vespres dictes, prindrent congé de M. l’évesque et du clergé, et s’en allèrent en l’ordre que dessus, chantant, psalmodiant, par la porte Sainct- Michel , accompagné dudict clergé, allant droict à Nostre-Dame de Clér3% de Cléry à Paris, et la pluspart des grands seigneurs estoyent nuds pieds.
En ce temps, mort èt trespas de feu M. Jacques Haligre, gagier, vivant conseiller au siège présidial de Chartres.
La veille de monsieur sainct André, Alexandre Pintart (élu gagier) de cette paroisse et Perrine Chemyn, sa femme, en ceste année 1584, ont donné l’image Notre-Dame qui est sur l’hostel de derrière le cœur de ladicte église, juxte le cimetière Hallé ; et le jour des roys 1585, 17 janvier, messire Nicolas de Thou, évesc^ue de Chartres, a sacré l’hostel et beny l’imaige de Nostre-Dame. en la présence des curez, chanoines et gagiers de ladite fabric[ue, et faict ung Sanefa saactoriim C[u’il aposa dedans ledict hostel, en ledit relicj^uaire ainsi apposé a este remis des reliques de saincts de céans, autour y a fait mettre son seing et sceau et le nom des gagiers inscrits.
Leniardy,XII may 1587,feust baptisée et bénite la grosse cloche de monsieur sainct Nicollas par messire Gervaise Moussu, curé dudit Sainct-André, et fut ladicte cloche nommée Marie, encore que l’écriture d’alentour porte le nom de Nicollas à raison que l’autre cloche a le nom de Nicollas qui servoit devant icelle cloche à raison c[u’elle estoit tombée et les ances d’icelle rompues.
Le XVI septembre 1587, M. Pierre Symon, lieutenant général pour le roy à Chartres, sur les 4 à 5 heures du soir, en revenant de Sainct-Jullien à son logis, mourut
(l'une mnlladio subito, estant en sa maison, au grand regret de la \ ille.
l,e dimanche, 21K septembre 1587, sur les quatre à cinq heures du soir, furent mis en trois nouvelles capses ou châsses, les ossements de saint Solen, 14'’ c'vesque de Chartres, c|ui régnoit en l’an de la Nativité de Nostre-Seigneur 485, et institua le roy Clovis en la Idy ; les ossemens de sainct Caletricus, 17'^ évesc[ue de Chartres et successeur de M. sainct Leobin, leciuel rcgnoiten 537; les ossemens de sainct Bertaire, 30'^ évesc|ue de Chartres et qui régnoit en l’an 355. Et furent pos(.z lesditz ossemens ès dictes capses par révérend père en Dieu messii'o Nicollas de Thou, évesc|ue de Chartres, et furent portées lesdictes châsses ledit jour en pi'ocession tout à l’entour de l’esglise de Nostre-Danie avecciues grande dévotion.
Le dernier d’octobre 1587, s’elleva une tempeste en ceste ville qui dura jusc[ues à unze heures du matin, lac|uelle mis parterre plusieurs personnes et les offensa, et tombèrent des édifices plusieurs tuilles et matières.
Le 27*^ d’octobre 1587, l’on commença à desmollir le rond point du derrière du cueur de l’église de monsieur Sainct-André, pour faire les cinq arcades et c^uatre pilliers, et furent les entrepreneurs Jehan et Macé les Drouaulx, maistres maçons de ceste ville de Chartres, pour et moyennant la somme de310 escus,pour leur paier seullement de desmollir, tailler deux desdits cqiatre pilliers et les cinq arcades, et doibveTit les gagiers, Haligre, Beaunier et Soret fournir de pierres de Sainct-Luc et de Vert et aultres matériaux.
Le lundi, 14 décembre 1587, sur les deux heures après midi, fut mise et aj^posé la première pierre du premier jullier des cinc( arcades qui sont derrière le cueur, ledict
pilliei' v'ers la chapelle de Sciinct Hierosme, par nol:)le homme M. Louys Boucher, chantre et chanoine de Notre- Dame de Chartres, chanoine de Sainct-André, et fut ladicte première pierre beniste par ledit sieur Boucher et chanté avecques le clergé Veni Creator et Te Deum Laiidamiis, et furent sonnées les cloches.
Le 24'^ octobre 1588 b vigille Madame sainte Katherine,M. Henry de Lorraine, duc de Guise, pair et grantlmaistre de France, homme valleureux et cathollique, deffeit et tua une grande armée de reistres hérétiques, qui par quatre ou cincj[fois estoient venuz en ce royaulme, et signaumtmt en ce pays chartrain, à leur désonneur et confussion, à Aulneau, cinc{ lieues de ceste ville, sans que des gens du bon prince n’en mourut que 3, chose admirable ! Lesdiz reistres et autres héréticcj[ues françois avoient esté défiais, dès le mois de décembre 1567, par feu de bonne mémoire Fi'ançois de Lorraine, duc de Guyse, père du bon prince, près la ville de Dreux, et encore cette nation de reistres s’en retournèrent, au mois de mars 1568, du siège devant ceste ville, à leur honte.
Le dimanche, 17« jour de janvier 1588, furent baillé et délivré par Denys Gofriche, maistre maçon de ceste ville, le petit calice d’argent, deux burettes d’argent, et un petit corporallier que feu messire Pierre Beaunier, chanoine de Sainte-Croix d’Orléans, et enfant de ceste ville, en l’église de monsieur sainct André, près et joignant la chapelle du Pillier, donna par son testament et dernière volonté aveccj[ues la somme de deux cens escuz, de sur lac^uelle a esté prins la somme de 400 livres pour ayder à bastir une chapelle de Nostre-Dame de Lorette, près
NI y a évidemment ici une erreur ; la bataille d'Auneau eut lieu le 2i novembre 1587. Nous verrons au reste que ce n'est pas la seule fois que le chroniqueur s'est trompé. (L. Merlet).
ladicle chapelle de Noslre-Dame de Pillier à l’iiilenlion dudit Jîeaunier.
Lediet jour fut accepté le don de feu Madame Perrine Chauvin, femme de Alexandre Pintard, ce montant ledit don à 20 livres amortisahles de cent escus.
I,e lundi, 18 janvier 1588, révérend père en Dieu maître Nicollas de TIkju, évesque de Chartres, vint visiter les églises de monsieur sainct André et sainet Nicollas, en lac|uelle estant, advisa qu’il serait bon et nécessaire de transporter de ladicte église de sainct Nicollas les fons baptismaux, avec(|ues le saint ciboire, en l’eglise de Monsieur sainct André, aussi C[u’ilseroit bon et utile de bailler à rente ou vendre au profict de ladicte église le cimetière llallé, d’aultant qu’il est poilu et ne sert de rien ; et le dimanche ensujvant, 24 dudict mois, furent assemblés les parochians pour cet elïect, lescjuels ne furent d’advis C[ue l’on transporta dudit Sainct-Nicolas le saint ciboire ni les fons baptismaux, mais bien que l’on alliéna le cimetière Hallé, ou l^ien que l’on le bailla à rente.
Le mercredi, 27 janvier 1588, fut assis le second pillier des cinq arcades de derrière le cueur, tirant vers la chapelle de madame saincte Barbe, soubz lequel estoit l’entrée de l’ancien trésor, c^ui est à présent bouché, depuis la première descente jusqu’au bas, pour l'assurance dudit pillier, et va ledit trésor ancien soubz le derrière du cueur.
Le jeudi, 7 d’apvril 1588, révérend père en Dieu, messire Nicolas de Thou, évesque de Chartres, accompagné du clergé et de plusieurs manans et habitans de ladicte ville^ se tranporta en l’église de M. sainct Lubin, à présent les Capucins, et là estant, après plusieurs hymnes chantez à la louange de Dieu, mist et apposa la première pierre du nouveau bastiment de ladicte église au coing de la nef qui est à l’entrée.
Le samcdy, 14*^ j'^ur de may 1588, le roy Henri, IIL
de ce nom, sur les dix heures du malin, arriva en reste ville, par la porte des Espares, venant de Maintenon, à raison qu'il trouva les portes Drouaze et de Chastellet fermez, et se retira Sa dicte Majesté de Paris, le 13*= dudict mois, sur les six h«,*ures du soir, pour éviter aucune entreprinse et sédition populaire. Le lendemain, fut faict procession generalle à Saint-Père en Vallée, et fus! porté la Saincte-Chàsse Nostre-Dame et autres reli- C][uaires, où le Roy assista et plusieurs princes et chevalliers et trois mafeschaux de France ; et fist le Roy demourance en ceste ville environ cincj semaines.
Le de may, sur les huict heures du soir, arrivèrent de Paris les Capusins dudict lieu, accompagnés de M. du Bouchage, capusin, portant la croix avec une très grande et singulière dévotion, et estoient avecques eux les pénitens gris, qui précédoient à l’entrée de Nostre- Dame les diz Capusins, chantans et psalniodians les ungs et aultres. Et estant les diz religieux entrés dedans le CLieur de Nostre-Dame, lesdiz pénitens crièrent à haulte \'oix par trois fois Miséricorde, se frappans et gettans par terre : lesquelles choses excitèrent plusieurs manans et habitans du dict Chartres et aultres à plorer et gémir.
Le dimanche, 22*^ de may, le Roy toucha les mallades des escruelles. sur les dix heures du matin, et là se trouvèrent bien 8 ou 9U0 mallades, tant Espaignolz (|ue aultres. Ledict jour, sur les cinq à six heures du soir, les Capusins et pénitens gris vinrent de l’église cleM. Sainct- Piat en l’église de Nostre-Dame, et de ladicte église se transportèrent en l’église de M. Sainct-Martin-le-Vivendier en pi'ocession, faisant plusieurs mistaires de la Passion, dont aulcuns des assistans se trou\ èrent édifiés et la pluspart des aultres scandalisés.
Ce jüurdliLiy, G de j uillet 1588, a esté mise et posée la première pierre du 3^ joi Hier des cinq arcades du derrière du CLieur, vers la chapelle de Sainct-Hyerosme par M® l^hilippe Pigeard, doyen du chapitre dudit Sainct- Anch'é, et a ledit doyen donné à ladite fabrique deux livres.
Le 23® de juillet 1588, les quatre basteans des c|uatre cloches ont estez reforgés, à l’œusvre de Notre-Dame de Chartres, par deux maistres forgerons cj^ui estoient venus exprès pour reforger tous les marteaulx des six grosses cloches de Nostre-Dame.
Le samedi, 30 de juillet 1588, fut la première pierre du quatriesme et dernier pillier, vers la chapelle de madame Saincte-Barbe, mise par Adrian Le Febvre, chanoine de céans et de l’église Nostre-Dame, lequel a donné à la fabrique ung escu pour la dicte pierre.
Le roy Henry, IIP de ce nom, vint en ceste ville, le jour de sainct Pantaléon 1588, et y fut six semaines ; et huict jours après arrivèrent M'"® la Royne régnant, M"’® la Royne mère du Roy, AIM. les cardinaulx de Bourbon, de Cu3^se, de Vendosme, MM. les ducz de Guise, tle Nemours, d’Elbœuf, le chevalier d'Omalle et plusieurs grands seigneurs et dames, et le 5® de septembre', se j:)artii'ent de ceste ville pour aller à Blois tenir les Etatz et ouyr les doulléances du peuple de France.
Le 13® d’octolire 1588, feut necto^'é l’église et abatues les arraignes du lambrv" d’icelle par Claude CouldraAg maître maçon, avecc|ues l’une des cages de Nostre-Dame.
' La date du 5 septembre est fausse. On lit dans le registre du clerc de l’œuvre de Notre-Dame : « Le lundy, au matin, 29® aoust, le roy et toutte sa compaignie sont partiz pour aller à Blois » (Note de M. Merlet).
et fut Icclict Couldré suspendu et levé en hault dudit lambris avecques une des cordes des cloches.
L’an 1589, le dimanche premier jour d’octobre, feste de monsieur sainct Remy, furent esleuz et nommez par les paroissiens de Sainct- André pour estre gaigiers et proviseurs d'icelle église, M’’® Jehan Nicole, conseiller du ro}’ au baillage et siège présidial de Chartres et gardes des sceaulx dudit siège, René Bonhomme, secrétaire ordinaire de la chambre de Sa Majesté et receveur du duché dudit Chartres, et Thomas Royet, marchant, maître tanneur.
Le jeudi absolu, 19*^ apvril 1590, l’arcade des Crottes, où l’on fait la fonte, fut reffaicte, laquelle estoict crevée.
Nous gaigiers avons faict, durant le siège, lever et rassoir après ledict siège (de 1591) les vistres du derrière le cueur et des chapelles pour obvier à la fureur du canon.
Nous avons faict faire une chasuble de vellours rouge et custodes de damas cramoisy et ung parement de vellours rouge cramoisj^ aulz autel auquel y a une Nostre- Dame de Pitj^é, sainct Jehan-Baptiste et Sainct-Paul, faietz parEstienne Lescureau, brosdeur.
Nous avons aussi achepté de l’église Sainct-Mauricesept milliers deulx cens de thuilles, dont nous avons faict recouvrir les bas costez, du costé du ccmietyère des Innocens, et faict rechercher en plusieurs lieulx où le canon avoyt desmolli durant le siège et le reste mys en magazin.
Le mardy, 12'^ jour de feburier 1590 (lisez, 1591), fut mys le siège devant ceste ville par le Roj^ de Navarre et son armée, et les faulxbourgs de la porte des Espars saisis et baricquadez, comme furent après les aultres faulxbourgs incontinent après.
Le mercredi des cendres, 27® dudit moys, ladite ville feut battue de 306 coups de canon à la porte des Epars.
Le mardy, 5® jour de mars, la ville feut battue à toute
oiiltnmco ol Iroys n'osai! Ix, pentlanll csqiiplzfeul l:iien tiré 500 coups (le canon ; audit assault l'eul tué les cappitaines (xollias et Sanson, du party contraire et M. Picheray lilessé, qui est depuys deceddé.
(En marge on lit : Il se trompe en ce lieu ; le sieur de Pichera3" fut blessé le mercredi, au contraire lesdits San- S(^n fut tué et Gollias prisonnier.)
Le dimanche, 27 février 1594, fut sacré et oingt en l’église Nostre-Dame de Chartres par Monseigneur le révérend évesque de Chartres, M. de Thou, Henry quatriesme, roy de France et de Navarre, ledit seigneur évesque accompaigné de plusieurs prélatz, ecclésiastiques ; et pour faire lequel sacre, a esté apporté la saincte Ampoule par les religieulx de Marmoutc^er, accompaignez des plus notables hommes de la ville de Tours.
l'in ladicte année 1594, le 22 de mars, fuct réduicte en l'obéissance du ro\^ la ville de Paris, en mémoire de quo3' a esté chanté le Te Deum et faict feu de joie eii ceste ville Ont les gagiers faict recouvrir les chapelles du costé de Sainct-Jehan et des Tro3^s-Maries, ensemble la chapelle du trespassement Nostre-Dame.
l.e dernier jour de décembre audit an. a esté faict procession generalle et chanté le Te Deum laudamus pour rendre grâces à Dieu de ce qu'il lu3" a pieu conserver le roy de l'entreprinse faicte sur Sa Majesté de l’assassiner par urt c|uidam nommé Chastel, de la ville de Paris, c[ui fut tiré à quatre chevaulx, et en signe de jo3^e a esté faict des feuz par toutte la ville.
Les gagiers ont faict refaire, en l’année 1596, tous les livres de ladicte église, par ung nommé messire Michel Dufay, prebtre, c|ui se retiroit pour lors au logis de monsieur le do3"en de Sainct-André, pour lesquels lu3^^ auroient pa3^é la somme de cent dix livres.
Aiissv auroient achepté en l'onnéo 1597, neuf pièces de tapisserjes, façon de Brucelles, autrement dictde Flandres, pour faire la tenture du cueur, d’un marchant de Paris, moyennant la somme de neuf cens livres tournois.
L’an 1004, ont faict faire deux ensensouers d’argent par Symon Duhan, maitre orfebvre en ceste ville de Chartres, pesant les deux dix mars, à la raison de 26 livres tournois pour marc, cj^ui est pour la somme de 260 livres, et aussi deux chandelliers d’argent pesant les deux 19 mars, une once et demye c[ui font 264 livres 17 sols.
Jehan Foucoult, prebtre, chanoine de l’église de céans et procureur sindiedes doyens et chapittre de céans.
L’an 1606, ont faict dorer d’or ducat l’image de M'' sainct André, qui se met sur la tablette avecciues les autres relicj^ues, et faict faire le soubzbassement c{ui y tient, donné le cri.stal y enchâssé, soubz lecj^uel y a une petite croix prise de celle où fus crucifié mondict sieur de sainct André.
Oultre ce, ont faict faire six voultes aux esles et deux costés du maistre autel, es clefs descj^uelles sont peintz et représentez les images de M‘® sainct André, sainct Pierre, sainct Claude, sainct Philippe, sainct Nicolas, et une croix en forme de roze.
Pour porter lesquelles voultes, ont, à leur poursuitte et et diligence, eu permission de M. de Chartres et des gens du roy d’enlever de la chapelle de M'' Sainct-Georges de la banlieu les Chartres, trois gros piliers de pierre qui ne servoient de rien ; ce c{u’ils auroient faict, et ceulx faict tailler et dresser derrière le cœur Sainct-André, où ils sont de présent.
Ont faict mettre plusieurs pierres de taille au bas de la grande arche où passe la rivière, faict reprendre et cimenter tous les joincts des pierres que l’eau avoit canées et dégradées, de telle façon c|ue les c^uartiers estaient
tombez en l'eau ; ce ([ui estoit fort nécessère de re*pnrer pour l’éminent péril que l’eau cachoit.
Au bout desquelles voultes et g^aleries ont faict dresser deux grands autels pour célébrer la saincte messe. — Ont fait descouvrir une petite arcade de pierre de taille au cimetière Hallé, c[u’on appelle les Pucelles, qui estoit toute comblée de terre pendant le siège, laquelle terre a servi à renchausser les saus et plançons dudict cimetière.
Plus, ont faict faire à l’arche dudict Sainct-And ré où passent les harnois, un faux arc de pierres de Berchères, et faict reprendre les fractures qui y estoient, y avoit long temps.
Aussi, ont faict faire une chaize neufve, soubz le pepitre, pour faire le prosne de la messe parochial. et faict racoustrer et rehausser celle de la nef.
Outre, ont faict faire de grandes armoires à douze lavettes qui sont au trésor, servants à mettre les tiltres et papiers concernant le revenu de l’église.
Plus, ont faict faire le ciel de toille blanche ouvrée qui se met en caresme au dessus du maistre autel, un petit de mesme étoffe sur le ciboire, et un aultre de damas rouge avec son dossier sur V Ecce-IIomo.
Damoyselle Marie Le Cheneviz, épouse de feu Jabin, sieur de Rainsy, a donné à la fabric^ue un tapis de tapisserie pour servir à toutes les bonnes fêtes à parer la tablette, ouc[uel les armes de ladite demoyselle sont.
Messire Mathurin Robert, prebtre et chanoyne de l’église Nostre-Dame de Chartres et de celle de Sainct- André, a donné le verre et la façon de deux vistres qui sont les dernières du cueur, auxquelles il a fait mettre ses armes.
Le sieur Haligre, l’ung desdits gagiers, a donné 30 livres tournois pour une aultre vistres faicte au cœur et pour
une place qui luy a esté accordée dedans l’église^ proche et joignant la chapelle des Trois-Maries.
De plus, les gagiers ont, pour l’ornement du cœur de la dite église^ et pour exciter les particulliers à faire charité et aumosme à cest effaict, faict mettre au rond point du cœur les armes de Louis, 13“ du nom, roy de France et de Navarre, lors régnant, celles de révérend Père en Dieu messire Léonore d’Estampes de Vallancay, évesque de Chartres, et celles de messire Hanry Hurault, comte de Cheverny, lieutenant général pour le roy au gouvernement du pays chartrain, et gouverneur particulier de ladite ville de Chartres, lequel seigneur comte de Cheverny a en ceste considération donné à la fabrique la somme de cent livres tournois.
Aussi, en l’année 1G08, ostèrent la despence superllue et excessive qui se faisoit tant la veille, le jour, que le lundi de Pascjues, où se dissipoit tout ce que l’on donnoit aux tablettes tant le jeudi absolu, vendredi sainct, samedi que le jour dePasques et tout ce qui se trouvoit es troncs et escuelles, encor ne pouvoient-ilz suffire.
Et de plus, ont acheté deux pièces de tapisseries pour parfaire le tour du cueur de l’église.
Aussi, ont faict faire de menuiserie, estofer, paindre et dorer un sacrai re, en forme de daume, qui se met sur le maître autel pour y poser le corps de Nostre-Seigneur lesus-Christ.
Davantage, ontfaict faire en rotondité et forme de soleil le Porte-Dieu au quatre temps et à la Feste-Dieu, et faict dorer icelluy d’or ducat.
En 1G19, ont achepté un calice d’argent doré cizelé pezant troys marcs et deni}^ un gros, revenant, à raison de 34 livres le marc, à 119 livres onze sols G deniers ; ont faict faire un couvercle d’argent doré à la couppe servant à la
communion et refaire la patte d’icelle, gravé en icelle l’image de sainct André et une croix au-dessus.
Sera cy remarqué que Monseigneur messire Léonore d’Estampes, depuys peu reçeu et installé évesque de Chartres, estant descendu en ladite église Sainct-André, le dimanche 28 février 1621, pour faire sa visitte, a veu les images, ornements.
Sera aussy cy remarc^ué que par la transaction passée entre les gagiers et le chapitre le 5 novembre 1621 a esté accordé qu’au lieu du vin que lesdits chanoines estoient tenuz fournir pour la communion du jour de Pasques, ilz sont obligez payer à l’advenir la somme de huict livres, pour chascun an, auxdictz gagiers, au jour du jeudy absolu, pour satisfaire à l’achapt dudit vin à raison de Ui donation faicte par un nommé Jean Germain, dict Boisleau, de troys arpents de vignes proche la fontaine de Luysant, et que ladite somme est suffisante pour acheter du meilleur vin du plus haut prix qu’il puisse être.
L’an 1622, les gagiers ont, ]>our l’ornementation et décoration du chœur de ceste église, faict paindre, azurer et dorer la vouste et muraille, les montans, traverses et rotondité de bois du rond poinct du cœur, iceux faict parsemer de Heurs de lis d’or sans nombre, et paindre les quatre grans images estant au hault de ladite muraille ; Nicollas Pauvert, maître paintre de ceste ville en a esté l’entrepreneur et a commencé la dite besongne, mais depuis, recognoissant son entreprise estre desad ventage use et y avoir de la perte, il se seroit pourveu contre le marché, et auroit obtenu lettres à la chancellerie de Paris pour être relevé, mais par sentence du prévostde Chartres fut débouté et condamné à parachever ladicte paincture. conformément à son escript, de laquelle sentence ayant appelé, il seroit tost après décédé, en sorte que les gagiers
furent conlrainls de faii'e parachever ladite besogne par Pierre Maçonnés, maitre painetre, qui s'engagea de painedre selon le dessin encommencé au cueur de la dite église Sainct-André j usques au trais tjui est ]>ar de\'ers le crucifix du pupitre.
Comme pareil lementdamoyselle Anne Guillemin, veu ve de delfunt noble homme Monsieur Jehan Morin, vivant lieutenant particullier, accesseur criminel au J^aillage et siège présidial de Chartres, a faict mettre une •tomljc dedans la nef de lad,ite église, au lieu où est ensépulturé le delfunct sieur son mary, et une épitaphe contre un pillier, devant lequel est le lieu et la sépulture des sieur et dame Guillemin, ses père et mère, et pour cette permission a donné 19 livres 4 sols.
Et aussi, une grand |)artye des paroissiens donne pour ayder à faire la paincture du cueur cy devant mentionnée à deux fois la somme de six vingtz seize (136) livres.
1628. — A esté faict des prières ])our la conservation du roy qu'il a pieu à Dieu luy envoyer sa santé de sa grande malladye ; et lesdites prières ont esté faictes péir toutte la France comme a esté à Chartres, le vendredy deuxiesme jour dejuing 1628, commancez par messieurs Sainct-Père en Vallée, et le lundy, 5‘^jour du mois, à Sainct-André, avec grande cérémonye et préparatifs.
Du dymanche, 2' jour de j uillet 1628, fut faicte proce.ssion generalle à Sainct-Francoys pour commencer le sainct Jubillé, qui dura 15 jours jusqu'au 16*-’ jour dudit mois, et aussi pour la conservation de Sa Vlajesté, dont fut donnée une station en l’église de Sainct-André par messire Léonore d'Estampes de V^allençay, évesque de Chartres.
Le dymanche, 17'^^ de septembre 1728, le commencement de la contagion est arrivé à Chartres, et est sortie la
majeure partie des habitants de ladite ville, pour leur en aller aux champs, et n’est demeuré que fort peu des habitants de ladite ville, et néanmoins en est décédé la plus grande partye. Et fut faicte une assemblée generalle, où fut ordonné par MM. les maires et échevins, enjoignant à chacune paroisse de faire faire trois ou quatre fosses pour enterrer les pestiferez, et commettre des hommes pour faire lesdites fosses, dont, en ladite année, le cymetière de Sainct-Nicollas fut remjrly, encore que l’on mettoit six à sept corps en une mesme fosse.
Voyant ladite contagion sy forte, l’on fut constraint de faire enlever les saincte huile et eau beniste qu’estoient au fonds à Sainct-Nicollas et les mettre dedans l’église de Sainct-André, en la chapelle de Notre-Dame de Pityé, où les baptesmes des enfïans se faisaient, ensemble l’eau beniste du jour de Pasques et Pentecoste.
Le mardy, 3" octobre audit an, messieurs du Chapitre de l’église Notre-Dame de Chartres, voyant que ladite malladie augmentoit de jour à autre, fut tenu chappitre auquel fut ordonné que la chcisse de tous les saincts serait descendue pour qu’il fut faict tous les jours procession, et se faisait à vespres, et estait portée à ladite procession en grande dévotion. '
Et le mardy, dernier jour d’octobre, attendu la grande malladye contagieuse, la procession qui avait de coutume de se faire avec les chandelles soubz terre ne fut faicte à l’entour de ladite église, neantmoings qu’il n’y avoit personne, à cause que chacun estoit aux champs.
Le l'"*' jour de novembre audit an, l’este de Toussainct, noble homme P. Robert, conseiller du roy au baillage et siège présidial de Chartres, a donné à l'œuvre et fabric[ue Sainct-André une tasse d’argent pesant 2 onces, pour mettre la saincte huile des sainctes onctions. Priez Dieu ])Our luy.
Le dimanche, 7'‘jour de janvier 1629, une partj^e des habittans estant retirée et revenue en leurs maisons, fut faicte une assemblée, yssue de la messe parochialle, en la manière accoustumée, pour adviser où l’on metteroit ceux que decedderoient de la contagion, en cas c[u’il arrivast de la malladye, en voyant le cjmietière Sainct-Nicollas rempli, fut advisé c[u'ils seroient portés au cymctière Hallé.
Le lundy, 3 may audit an, et mercredy 11 juillet, a esté faicte processioù par la demande de Messieurs les chanoines et consentement des paroissiens à Messieurs sainct Roch et sainct Sébastien, où ont assisté les sieurs doyen et chanoine, curez, vicc[uaires et habituez, avecque la plus grande partye des paroissiens avec grande dévotion, et fut porté aux églises de messieurs sainct Roch et sainct Sébastien à chacun ung cierge pesant, 10 livres de cire.
Le dymanche, 27 mai 1629, fut faicte une procession generalle où messire Léonore d’Estampes de Vallancay, évesque de Chartres, estoit, où fut portée la saincte châsse de Nostre-Dame à Josaphat; et estoient assistans touttes les paroisses de ladicte ville avec leurs reliques, et tous messieurs les prestres revestuz de leurs chappes, pour remercier Dieu et la Vierge et sainct Roch et sainct Sébastien de nous avoir conservés de la contagion , fut commandé le jeune trois jours devant, le mercrçd^q vendredy et samedy.
Le mardy, 23 aoust, fut assemblée generalle sur la plaincte de quelques habitans que tous les cymetières de la ville estoient pleins et remplis... fut ordonné c[ue les deceddez de la contagion seroient enterrez dehors de la ville, c’est assavoir Sainct-Martin et Saincte-Foy, à la Madgdeleine, hors la porte Chastellet, ceux de Sainct-
Saturnin et Sainet-Michel.au c\nrietière de Sainct-Saturnin. liors la porte des Epars, Sainet-Aignan, Sainct-André et Saint-Hilaire; au cvmetière Sainct-Barthelemy ; dont il arriva, le 8 septembre, teste de la Nativité Nostrc-Dame, c|ue ladite dcltense fut publiée, une grande sédition, à la messe parrochiale, et mesme quelques paroissians furent mis ])risonniers.
l,e dimanche, 17 mars ( 10.80), ]:»rocession generalle à Saint-Maurice pour commencer le sainct jubillé, et le lendemain. 18 mars, station pour visiter les églises Notre- Dame. . . et dura j usc[u'au samedi de Pasques 10.30.
Le mardv, 20 juillet, le sieur Morin Pintard gagier a faiet faire le contrestable . . . de l'autel de M. sainct Bon.
Le mardv, 10 septembi'e 1030, a esté marchandé à honneste homme Claude Chauvel, fondeur, de faire faire les cinq cloches, à seavoir quatre qui sont au gros clocher de Sainct-André, les faire sur le ton 1*03^1 ré, mi, fa, bien sonnantes et accordantes et carillonnantes, et fournir de mestal, et la cloche Sainct-Nicolas, mov^ennant la somme de 410 li vres.
Le lund}^ 11 novembre 1030, feste de sainct Martin, les cloches de Sainct-André furent cassées et l’on mict le mestal au fourneau sur les 10 heures du soir, et furent fondues sur les 4 ou 5 heures du matin, et n’en fut coulé c[Lie les deux grosses cloches, par l’accident c|ui arriva audit fondeur parla débâcle dudit fourneau, c|ue le meslal couloit au bas dudit fourneau, où estoit la fente jusqu’à la quantité de 2478 livres qui furent retirez, présent grande quantité de j^ersonnes, à cause du grand feu cjui estoit. Et ledit mestal retiré, et fut mis dedans ledit fourneau raccommodé, estant midi, et fut coullé sur les 0 heures du soir, où il avoit une grande c^uantité de monde. Eut chanté ausdictes deux fontes par messieurs
les curés, vicquaires et habitués Veni (Creator avec l’antienne à M. sainct André et le Te Deuni à la fin.
Le samedi, dernier jour de novembre, teste Sainct- André, issue de la procession Nostre-Dame, messire Vincent Jollivet, maître des enlîans de chœur de ladite église Nostre-Dame, Robert Annechin, Jacques Bauldouin, chantres de ladite église Nostre-Dame^ et de la part de messieurs Denis Mousset et Thomas Chauvel fondeurs, M"*'" Jehan Beignet et Jehan Drouart aussi chantres et sous dojœn de ladite église et monsieur Toussaint Le Roj, joueur d’instruments du musique, nommés pour visitter lesdictes cinc| cloches, sj" estoient bien sonnantes, accordantes et carillonnantes sur le ton en ré, my, fa, c^u'estoient obligez à les rendre, lesquels desnommés ont tous juré et affirmé en leur âme qu’il étoit recepvable, bon et vallable.
Le lundi, 2 décembre audit an 1630, a esté faicte la bénédiction des cloches en la gallerie de Sainct-Nicollas, et fut toute la gallerie tapissée de tous costés. Au haut de ladite gallerie, un hostel garni de damas blanc, avec le ciel du Sainct Sacrement, pour faire la bénédiction, les sainctes huilles en deux vessels d’argent, tant celles c[ui servent à baptiser les enffans que celles c[ue l’on porte à bailler à ceux cj[ue déceddent, estoient aussy huict chandelliers d’argent, un petit cuvier où estoit l’eau beniste. Après C{ue Monseigneur l’évesque de Chartres fut venu à ladite église SainctAndré, qui fut receu par MM. les doyen, chanoine et tout le clergé avec la croix, et conduit au chœur, où fut chanté l’antienne de M. sainct André, et commanda MM. les curés de faire ladite bénédiction et non M. Girardot, son grand vicc^uaire et official, et fut M. Germont, à cause qu il était de sepmaine, et M. Lochon qui ensuivoit, après lesc[uels estoient vestus de
chacun une aulbe et estolle et chappe de damas blanc, assisté du marquillier, vestu aussi de son aulbe, fanon estole et tunicque de damas blanc, et ledit Germont benist la grosse nommée A nne-Andrée-Noelle et ledit Lochon bénist Marie qui est la seconde et Jehanne la quatriesme.
Kt pour parrains et marrenne desdites cloches, à sçavoir la première et plus grosse, nommée Anne, messire Leonord d'Estampes de Vallancay, par la grâce de Dieu évesque de Charti'es, conseiller du ro\^ en ses conseils d'estat et privé, et pour marenne damo3^selle Anne Guillemin, veuve feu noble homme Jehan Morin, conseiller du roy, lieutenant particulier, assesseur au baillage et siège présidial de Chartres,
A la seconde desdites cloches, nommée Alarie, pour parrain venerable et discrette personne messire Jacques nicher, do\"en des chanoines à ladite église Sainct-iVndré, et pour marraine dame Barbe Edeline, femme de noble homme messire Jehan Couart, conseiller du roy et de Monseigneur le prévost de Chartres. La troisième desdites cloches nommée Andrée, pour parrain noble homme messire T>e Noir, conseiller du roy, lieutenant particullier au baillage et siège présidial de Chartres, et pour marraine dame Brissard, femme de noble homme messire Girard Vanier, conseiller du roy et président en l’élection de Chartres.
La quatrième desdites cloches, nommée Jehanne, pour parrain noble homme M. Jacques Moreau, conseiller et eslu pour le roi en l’ellection de Chartres, et pour marraine damoyselle Erançoise de laPoustoire, fille de noble homme Louis de la Poustoille (s/c), conseiller du roy au baillage et siège présidial de Chartres.
Et la cinquième et dernière c{ui est celle de Sainct- Nicollas, nommée Nicolle, pour parrain Jehan Chevallier,
marchand tanneur et pour marraine damoiselle Jehanne Edeline, veuve en seconde nopces de feu Claude Vallée, conseiller au baillage et siège présidial de Chartres.
[Les feuillets '280 à 366 ont été enlevés.}
A cette chronique, nous devons ajouter le récit d’un dernier événement qui a défiguré pour toujours l’église de Saint- André. Dans la nuit du lÜ au 11 mars 1861, un terrible incendie mit en péril le précieux monument, et n’en laissa subsister que le gros œuvre. Voici quelques extraits du rapport publié par le Journal de Chartres dans le numéro du 14 mars.
« Dimanche dernier, à 1 heure de la nuit, la ville de Chartres a été jetée dans le plus profond émoi par les coups précipités du tocsin : le feu dévorait l’ancienne église Saint-An iré, servant actuellement de magasina fourrage pour les besoins du quartier de cavalerie. Nous disons dévorait, Ccir il est hors de doute cj^ue l'incendie avait dû commencer depuis longtemps déjà avant c{u’on ait pu s’en apercevoir de l'extérieur. Dès minuit et demi, d’ailleurs, deux habitants de Chartres, MM. Ludovic Beaugendre et Louis Ains, avaient, en traversant la rue de la Brèche, remarc|ué les flammes qui s’étaient fait jour du côté de la deuxième fenêtre, percée dans l’aile gauche de la façade. Quoic^u’il en soit, à une heure, au moment où le tocsin se faisait entendre, tout l’intérieur du bâtiment était en feu. Le coup d’œil que présentait la vieille basilique était magnifique d’horreur. Dépouillée de sa couverture de tuiles t^ue la chaleur et la dilatation de l’air avaient fait éclater de toutes parts, la charpente, un vrai chef-d’œuvre, se dessinait comme une immense grille noire sur le rouge ardent de la fournaise cj^ui l’avait jusqu’alors laissée à peu près intacte. Sur les côtés, sur la
façade, les croisées, les croisillons, le porche, la rose llambloyaient et dessinaient leurs arêtes avec une netteté et une vigueur surprenantes.
« A distance, on eût dit d'une illumination féerique.
« Derrière soi, le coup d’œil n’était pas moins étrange ; éclairées ]:>ar la lueur de cet énorme brasier, les vieilles maisons construites en amphithéâtre, les puissantes assises de l’abside de la cathédrale , placée à deux cents pieds au-dessus, étaient empourprées d’un reflet sanglant. La clarté était telle qu’on pouvait distinguer jusqu’aux détails des sculptures des galeries supérieures.
« On pcnirra s’imaginer l’intensité de la lumière que devait produire le brasier quand on saura que 4000 quintaux métriques de fourrages brûlaient simultanément.
« En peu d’instants, une partie de la population fut sur pied et se porta sur le lieu du sinistre.
(( On organisa alors les premiers secours, mais l’incendie, nous l’avons dit, avait de telles proportions qu’on dût reconnaître l’inutilité de la plupart des tentatives, etqu'on se borna à préserver un magasin attenant à l’église Saint- André, et rempli, du haut en Ijas, d’avoine.
« Mais l’incendie avait progressé dans l’intérieur de l’église. Atteinte peu à peu par les flammes, la charpente s’était enfin consumée. Tout à coup, un craquement sinistre se fit entendre, et poutres, madriers, chevrons, culbutant, roulant l’un sur l’autre , allèrent alimenter la fournaise incandescente en soulevant un immense nuage d’étincelles et de fiammèches.
(( Une fois la charpente tombée, l’incendie ne présenta plus de nouvelles péripéties. Son extinction ne devint plus qu’une question de temps.
« Hier matin, le pignon de la façade qui contenait une magnifique rose du st^de gothique fiamboyantCXV^^ siècle)
a dû être abattu, ])our cause de sécurité pul)lique. Lézardé par le feu, il ne présentait plus, dit-on, de garantie de solidité et s’inclinait même au vent.
« Nous ne voulons pas nous faire ici juge des motifs qui ont pu dicter une pareille résolution, mais il nous sera bien permis de regretter qu'on n'ait j^os, avant d’en venir à cette cruelle extrémité, tenté de consolider ce pignon. Tl est triste à penser que les hommes ont été, dans ce cas, plus acharnés que ne l’avait été l’incendie. Comme monument historique, l’église Saint-André pouvait et dos ait es])érer plus de vénération. . .
« Quant aux causes de cet incendie, elles sont restées j usqu'à présent, ignorées; cependant on penche à croire
cjLie ce sinistre est pluté)t le résultat de l’imprudence que d’un acte criminel... »
M Piebourg, architecte départemental, dans une lettre du 12 mars 1861^ avait conclu à la démolition de cette rosace : « Le pignon principal se trouve complètement isolé, disait-il ; les pannes et le ])oids de la couverture n’étant plus là pour le maintenir en éc[uilibre, ce pignon épnjuve, par intervalles , des mouvements d’oscillation d’autant plus sensibles que le vent souffle aujourd’hui avec \'iolence . . Les nervures de la rosace sont aux trois quarts calcinées et désagrégées par le feu. . . Je ne croirai donc ]5as, M. le Maire, me rendre complice de l’incendie en A'ous conseillant de faire à la sécurité générale le sacrifice de la rosace de Saint-André. » [Archives deVlIhlcl- (le-Ville).
D'après la tradition, la rosace ainsi condamnée offrit une longue résistance aux efforts des démolisseurs. Mais la science avait parlé et ne voulût pas avoir tort.
.Vinsi étaient anéantis, sur le point de se réaliser, les
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désirs de Régnault, évêque de Chartres, qui avait résolu de rendre an culte ce temple si A'énérableh
Si mutilé c[u'i I soit, si vile ([ue soit sa destination présente, faut-il |)erdre tout espoir ?
Le monument est encore solide et imposant. Des administrateurs intelligents, des ehrétiens généreux peuvent, dans un avenir ]Arochain, faire alliance pour réhabiliter ces juurs et les rendre à leur auguste et primitive destination .
Cavciud consalcs!
' Un vœu de la Sociélit archéoloijiifuc^ tendant à taire de cette église un musée lapidaire, ne fut pas mieux accueilli.
CONFRKRIE DE SAINT-MICIIEI