L’HGLISE SAINT-ANDRÉ DE CHARTRES
Malgré foutes ses riehesses en monuments religieu.r, malgré son incomparable cathédrale, Chartres ne peut voir sans regrets, sans une amère tristesse, Vétaf de délaissement et de ruines de l'ancienne église collégiale de Saint-André.
Construite dans la dernière moitié du XIC .siècle , retouchée au XIII‘^, agrandie aux A’IT'’ et XVIC siècles, elle offrait un assemblage harmonieux de toutes les grandes époques de l'art chrétien. I^a vue qu'en a gjubliée M. de iXpnnois dans son Histoire de Chartres^ et la partie importante qui subsiste encore nous font à jamais déplorer et les catastrophes désastreuses qui Vont défigurée et sa profanation persistante.
Elle fut autrefois, et pourquoi ne le deviendrait-elle pas dans l'avenir, un centre reUgieu.r des plus actifs. Construite dans un des quartiers les plus popiileii.r de la ville, dans la cité ouvrière, elle recevait dans son enceinte les te.viers et les corroyeiirs. Elle ne fut pas en effet une simple église collégiale, elle était au.ssi, elle était surtout une paroisse. Les curés et ses gagiers prétendaient hautement à la prééminence sur les chanoines, tous les offices paroissiau.v se faisaient solennellement au grand autel' et, malgré
pvntefitafiona e1 procès scculairos, les chanoines ne purent jamais avoir gain de cause.
Elle serait encore 'une église fréquentée avec amour par ce peuple crogant de la Lasse ville, hélas trop éloigné d'un sanctuaire à lui P aussi nul ne peut la contempler avec indifférence , et nous voudrions rendre une x'oi.v A ses murs .silencieuT.
Les documents historiques sur cette église, sur la paroisse, sont assez nomhreu.r. Entre tous, le plus précieux est un vieux manuscrit, connu sans le titre de Livre de Bois de Saint-André, [Archives d'Eure-et-Loir, G. 3705) ainsi nommé pour ses ai s en bois, deux planches en chêne, qui lui servent de couverture.
Une bonne partie de manu.scrit , du folio 198 au folio 360, est consacrée à une sorte de chronique, relatant, année par année, les principaux faits de la vie paroissiale , les reeettes et les plus grosses dépenses, les usages et les coutumes. Tout cela constitue un tableau d'un véritable intérêt, c'est, prise sur le vif, une étude de mœurs curieuse et instructive. Nous avons donc cru faire œuvre agréable à nos lecteurs, en publiant les passages les plus dignes d'attention de ce journal, de ce livre de raison d'une grande fa mille telle qu’une parois.se.
Nous ajouterons, dans un supplément, les faits relatifs à cette même église que nous aurons pu découvrir dans le cours de nos recherches, ou qu'on voudra bien nous comniuniquer.
Puissions-nous ainsi attirer de nouveau sur ce monument précieux la bienveillance de nos concitoyens , et la vigilance des pouvoirs publics.
Ce !?6* février 1895.
Ch. Mktais.