‹ Pièces et documents relatifs à la tenure seigneuriale, demandés par une adresse de l'Assemblée législative, 1851Chapitre 107 sur 162 · LE SIEUR DE ST. LUSSOX · texte numérisé non relu

LE SIEUR DE ST. LUSSOX

Jean Talon, conseiller du roy en ses conseils, intendant de justice, police et finances de la Nouvelle-France, Tsles de Terre-Ncufvc, Acadie et autres pays de la France Septentrionnallc.

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut :

Sa Majesté ayant de tout temps recherché avec soing et le zele convenable au juste tiltre U8 fils aisné de l Eglisc les moyens de pousser dans les pays les plus incogneus par la propagation de la Foy et la publication de l'Evangile la gloire de Dieu avec le nom chrestien, fin première et principalle de lestabîissement de la colonie françoise en Canadas et par accessoire de faire cognoistre aux parties de la terre les plus esloignées du commerce des hommes sociables la grandeur de son nom et la force de ses armes, nayant pas estimé quil y en eust de plus seurs que de composer cette colonie de gens capables de la bien remplir par les qualitez de leurs personnes, laugmenter de leurs travaux et leurs applications a la culture des terres et de la soustenir par une vigoureuse deffense contre les insultes et les attaques ausquelles elle pourroint estre exposées dans la suitte des temps, a fait passer en ce pays bon nombre de ses fidelies sujectz et officiers de ses troupes et autres dont la pluspart se conformans aux grands et pieux desseins de Sa Majesté, voulantz bien se lier au pays en y formant des terres et seigneuries dune estendiie proportionnée a leur force, et le sieur De St. Lusson nous ayant requis de lui en départir, Nous, en considération des bons, utils et louables services quil a rendus a Sa Majesté en différends endroitz tant dans lancienne France que dans la nouvelle depuis quil y est passé par ordre de Sa Majesté et en veùe de ceux quil témoigne vouloir encore rendre si-après, en vertu du pouvoir a nous donné, avons accordé, donné et concédé, accordons, donnons et concédons par ces présentes au sieur de St. Lusson une lieue de terre de front sur ^ de profondeur, a prendre sur

le fleuve de St. Laurens, scavoir : une demye lieu au-deça de la petite rivière qui est entre lEschaftaux au Basque et le Saguenay, et une demye lieue au-dela, ensemble lisle nommée llsle au Lièvre ; pour jouir de la dite terre et isle en fief, seigneurie et justice, luy, ses hoirs et ayans cause, a la charge de la foy et hommage que le dit sieur de St. Lusson, ses hoirs et ayantz cause, seront tenus porter au chasteau de St. Louis de Quebek, duquel il relèvera aux drois et redevances accoustumées et au désir de la Coustume de la prévosté et viconté de Paris, qui sera suivie a cet esgard par provision et en attendant quil en soit ordonné par Sa Majesté, et que les appellations du juge qui pourra estre estably au dit lieu ressortiront pardevant ; a la charge quil tiendra feu et lieu dans

la dite seigneurie dans lan, et quil stipulera la mesme chose dans le contract quil fera a 8CS tenanciers, que le dit Sr. de St. Lusson conservera les bois de chesne qui se trouve-

ront sur la terre qu'il se sera réservée pour faire son principal manoir, mesme qui! fera la reserve des cliesnes dans l'estendûe des concessions particulières faites a ses tenanciers qui seront propres à la construction des vaisseaux ; pareillement, quil donnera incessament advi^ au roy ou a la compaignie royalle des Indes-Occidentalles des mines, minières ou minéraux si aucuns se trouvent dans l'estendûe du dit tief, et a la charge d'y laisser les chemins et passages nécessaires;.

En tesmoing de quoy nous avons signé ces présentes, a icelles fait apposer le cachet de nos armes et contresigner à Quebek par nostre seoretaire.

Ce septiesme novembre mii-six-ccnt-septente-deux.

(Signé) TALO:*^.

Et plus bas, Par mon dit Seigneur,

VAUNIER.

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