SCÈNE IX
Les mêmes, ABDALLAH, roi de Carthage, sous le costame de son propre ambassadeur
FLORIMONDE
Messire Ambassadeur Vous venez à Tinstant de me faire connaître Le message étonnant de l'Émir, votre maître, Vous plaît-il d'en redire en public la teneur ?
ABDALLAH
Volontiers. Du roi de Carthage Oyez, reine, et vous tous, le sublime langage.
Lisant « O reine, tu m'as offensé En rejetant mon alliance Et, dans ton orgueil insensé, Tu n'as pas redouté l'effet de ma vengeance ! Je pourrais, sans livrer de bien rudes combats,
Mettre la main sur tes États ; Mais faciles succès ne sont pas pour me plaire. J'aime mieux renoncer aux chances de la guerre Et j'offre de combattre en combat singulier
Tout chevalier — S'il en est un, plus courageux que sage, Prince, baron ou damoisel —
AUCASSIN El NICOLETTE. — 2* ACTE
Qui voudra, pour te rendre hommage, Relever le présent cartel »
J'ai dit.
AUCASSIN (H jette son yant aux pieds d'Abdalla
Eh bien, tu peux porter ce gage A ton sublime souverain,
Et lui signifier qu'à partir de demain Je Fattendrai huit jours, là-bas, -dans la prairie Le heaume en tête et la lance à la main !
ABDALLAH
Jeune présomptueux, es-tu las de la vie?
AUGASSLN
Je suis las de ta vanterie.
ABDALLAH
Ah ! c'est trop fort ! Par Allah, C'est moi qui suis Abdallah !
Chien de chrétien, défends ta vie.
// tire son sabt
AUCASSIN
Eh bien, moi je suis Aucassin !
Misérable, ta félonie Est bien digne d'un Sarrazin I (// se précipite sur Abd(Mah, plus prompt que la fc
4t AUCASSIN ET NICOLEITE. — 2« ACTE
voler en éclats le cimeterre levé sur lui d^n coup de son épie qui se brise en même temps, le terrasse sous son genou, et tenant la pointe de sa dague au défaut de la cuirasse).
Te rends- tu, mécréant !
ABDALLAH
Je suis vaincu.
AUCASSIN
Confesse Que tu ne connais pas de plus noble princesse :
ABDALLAH
C'est vrai.
(Se reletfant).
Je la proclame volontiers La plus belle de mes conquêtes !
Car tous ici, tant que vous êtes, Reine, dames et chevaliers.
Vous êtes tous mes prisonniers.
Pendant qu'Abdallah prononce les de}'niers mots, ses soldats qui ont fait tout à coup irruption dans les galeries du palais, dont ils sont tnaitres, entourent Florimonde et ses femmes d'un cercle de lances et d'épées.
AUCASSIN
Traître ! tu payeras de ta vie Ton infamie !
Armé de Vèpèe qu'Isolier vient de lui faire passer, il porte à
AUCASSIN ET NICOLETTE. — 2° aC
Abdallali un coup terrible qui le fait chanceler, ma se jettent au devant de lui et le couvrent de leurs ci bravement secondé par Nicolelte et par Isolier, s'est p de la porte par où la Reine a pu s'enfuir, et le défend prodiges de valeur contre les assaillants dont le fi cesse.
La toile lombo.
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