SCÈNE II Lks mêmes, le PRLNT
LE PRINTEMPS
Me voici, père Chron. Qu'est-ce ? L*(
CliUONOS
Je te crois, polisson ! Mais tu pairas Voyons, d'où venez-vous, Monsieur Que faisiez- vous ? Parlez !
LE PRINTEMPS
Je jouais
• GHRONOS
Au tonneau, maintenant, gamin ! El Des papillons, des nids, des zéphirs, Que les dieux t'ont commis ? et l'obli De relever T Hiver après sa faction ?
Déserteur !
LE PRINTEMPS
Mais, Seigneur, que faut L'Hiver n'a pas voulu m'abandonner Toujours il fait semblant de vouloir
4 LES QUATIŒ SAISONS
Mais il revient, le traître ! et vite il faut filer, C'est le plus fort.
CHRONOS
C'est faux ! Imposteur que vous êtes !
LE PRINTEMPS
J'ai déjà, grâce à lui, compromis deux toilettes, Et vous grondez encor, pour me récompenser !
Eh bien ! je no suis pas près de recommencer !
GIIRON'OS
Voyons, sans te fâcher, conte-moi ça, mignonne, Si ce n'est pas ta faute, alors je te pardonne.
LE PRINTEMPS
Mais vous paîrez les frais de mes deux robes.
ClIRONOS
Soit.
LE PRINTEMPS
Eh bien, le mois dernier, au bord de notre toit,
La neige qui restait fondait en gouttelettes.
Dans rherbe aux alentours pointaient les violettes^
Et, parmi les cyprès, les amandiers en fleurs
Riaient! C'était mon tour. Vite, vite, mes sœurs !
Nymphes des prés, des bois, Nymphes de la fontaine.
Préparez mon costume.... une robe de reine !
On m'apporte un chef-d'œuvre, un miracle, un bijou !
Un tors de fleurs des champs, pâquerette et coucou,
Enguirlandait la jupe et drapait le corsage.
Sur la tête un chapeau d'aubépine! je gage
Que rOlympe jamais ne vit rien de plus beau...
Je ne pus même pas m'en parer. Le Verseau N'ouvrit jamais au Ciel de telles cataractes. Que l'Hiver devant vous réponde de ses actes.
CHRONOS
C'est juste.
LE PRINTEMPS
Un mois après, c'était la mi-avril, Le merle avait chanté. C'est la lin de l'exil. Me dis-je, et je commande une robe nouvelle, Couleur du Temps, avec cette vieille dentelle Que vous m'avez donnée. Au lieu de falbalas.
L'artiste avait posé des touffes de lilas Où pendaient çà-et-là les grappes du cytise : C'était charmant, divin ! Bref, une robe exquise ! Je la mets pour sortir. Mais voyez le complot l Le vent souffle, il fait froid, la neige tombe à flot ! Je prends une bronchite, et ma pauvre toilette, Gâtée en un clin d'œij, tombe on loques...
CURONOS
Mazette !
C'est jouer de malheur ! de la neige en Avril !
Montrant le poiny à la cantonade.
Polisson ! je m'en vais t'envoyer au Brésil
Amenez-moi l'Hiver.
PIIÔS
Br l'Hiver en personne?
GIIRONOS
Eh bien, oui, quoi, l'Hiver !
• yw^~
NYX remontant
L'Hiver ! ah ! je frissonne !
nous rapprochons, il va nous engourdir.
[RONOS acœmpagnant la sortie de Phôs et de Nyx vous soufflerez dans vos doigts. Quel plaisir ire son fait !
Le Printemps passe à droite,