‹ Pièces et morceauxChapitre 124 sur 202 · SCÈNE IIP · texte numérisé non relu

SCÈNE IIP

^lEs, L'HIVER, suivi de Phôs et de Nyx, qui se tiennent à distance en ayant Vair de grelotter,

CIIRONOS Ah ! j'en apprends de belles

5 Mais avez-vous essuyé vos semelles ?

3 propreté dans les appartements, le puis soufl*rir tous les empiétements s sont reprochés. Je sais votre conduite, tomne d'abord, par le Printemps ensuite, De plus en plus en colère.

is tous égaux : Trois mois, et demi-tour, ne partez pas sans espoir de retour, )le!... Répondez !

l'hiver Le moyen de répondre, ne cessez pas, Seigneur, de me semondre !

lis ix>ur parler que vous vous soyez tu.

GHRONOS

l'impertinent, le drôle, le têtu !

Hiver. Chronos, Printemps, Phôs.

l'hiver Dam ! si vous persistez à m'accabler d'outrage, Je ne soufflerai mot.

CURONOS

Ah 1 c'est trop fort, j'enrage !

l'hiver

Eh bien, si le Printemps, vrai, n'est pas revenu, C'est la faute aux humains oui, ils m'ont retenu.

ClIRONOS

Ils te maudissent tous.

l'hiver

Eux ! pas du tout ! Chimère I Chacun se plaint de moi, mais chacun me préfère. Un beau jour de Janvier ! est-il rien de pareil ? Une bonne gelée avec un gai soleil.

On se sent tout gaillard, tout dispos. C'est la pluie Qui rend l'homme grognon, qui lasse, énerve, ennuie ! Mais il pleut en Été, mais il pleut au Printemps, Mais il pleut en Automne, et, Dieu sait ! tout le temps. Vive un petit froid sec ! Et puis, vous le dirai -je ? Rien ne vaut à mes yeux un bel effet de neige.

Tenez quoi de plus beau se peut-il concevoir!

Montrant le paysage par Vouverture de la grotte. On dirait, ma parole, un site de Norwège.

Le ruisseau, qui sort du lavoir.

Bordé de blanc, parait tout noir !

Là-bas, sur le canal, la petite flottille, Prise dans les glaçons, se dresse : tout scintille,

LKS yUATRK SAISONS

igcs, les mâts, comme sucre candi.

[ voile, d'argent et dç perles ourdi, •les buissons, s'accroche aux aubépines, îiiers, se suspend aux pignons des chaumines. La sente, la mare, la cour, est désert. La charrue inutile, donnée au milieu du labour, l'angle du champ son Y immobile ent les corbeaux se poser tour à tour...

splendide !

CHRONOS

Pour un artiste 1 t pas moins vrai que le coup-d'œil est triste.

l'iiiveu 1 au coin du feu, quand le couvert est mis, nne soirée avec de vieux amis !

ibe ! Le bois sec qui pétille dans l'àtre, e, régal à l'avance promis, m fait danser une flamme bleuâtre !

IX des enfants, a.ssis tout à l'entour !

ir des parents, et l'esprit ! et l'amour I

te au dehors, silïle, souffle qu'importe!

Ile est épaisse, et solide, la porte.

z la musette et donnez-vous la main, et nous allons sauter jusqu'à demain !

,s si méchant, cet hiver qu'on diffame is si vilain,

S'acb^essant au public.

N'cst-ilpas vrai, Madame?

LES QUATKE SAISONS 4 5

Et sa tête frisée et poudrée à frimas,

N'est pas absolument sans grâce, n'est-ce pas ?

CHRONOS

Plaidoyer merveilleux ! Pas un mot de la cause. C'est parfait. Mais je vais, pour ajuster la chose, Pour calmer toute plainte, éviter les raisons. Je vais mander ici les deux autres saisons.

(À Phôs.) Allez quérir l'Été !

{A Nyx.) Faites venir l'Automne.

NYX

OÙ les trouverons-nous ?

GIIRONOS

Dans leur lit, ma mignonne.

Allez, et dites leur qu'on les attend ici.

On chante dans la coulisse, Phôs et Nyx écoutent. PIIÔS Inutile, Seigneur, toutes deux les voici.

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