‹ Pièces et morceauxChapitre 125 sur 202 · L'ÉTÉ · texte numérisé non relu

L'ÉTÉ

la fille de Cérès.

la Beauce. je fais florès.

l'automne aux coteaux de la verte Garonne.

l'été nez cueillir mes glayeuls, mes bleuets.

l'automne mes celliers de plus rares bouquets 1

l'été loissonneurs ! Voici le char antique, ré, traîné par trois paires do bœufs, garçons, avec des chants pieux, en dansant sur un mode rustique, tassés, plus haut qu'une maison, ntement, en tremblant sur leur base, rant passer le pain do la saison, Immortels, s'arrêtent en extase.

l'automne endangeurs ! A l'en tour du pressoir les paniers, ruisselants de vendange.

Videz, videz encor! Raisin blanc, raisin noir.

Que tout tombe à la cuve excepté ce qu'on mange...

Voici les demi-Dieux : Bacchantes, Agipans,

Sylvains 1 Avec le vin jaillit la gaîté folle.

Silène sur son âne accourt : La farandole

S*enroule, et l'emprisonne en ses cercles dansants.

Evohé ! Evohé ! *

Sur le mot a s'enroule ». les Quatre Saisons, la Nuit, le Jour se donnent la main, et dansent autour de Chronos en criant : Evohé ! Evohé!

CIIRONOS arrêtant l'Automne

Ohé ! ma fille, Ohé !

Dans ses « propos de table »,

Au chapitre premier, Sminthéo Apollon

Le dit, je m'en souviens : certes le vin est bon,

L'usage en est parfait, mais l'abus condamnable.

l'automne, tendant à Chronos une coupe qu'elle vient de remplir avec le vin d*un petit tonneau pendu à sa ceinture.

Tenez, père Chronos, que dites- vous de ça ?

CHRONOS après avoir bu

Merveilleux ! On dirait, ma foi, de l'Ambroisie !

l'automne

Et c'est tout simplement du vin de Malvoisie.

Jamais pour Ambroisie un vin blanc ne passa.

CHRONOS

Étonnant ! Étonnant ! Donne encore une goutte.

Après avoir dégusté à nouveau Quoi I c'est du Malvoisie ?

* L'Automne conduisant la ronde : L'Hiver, Nyx. l'Été, Phos, le Printemps.

l'automne

Oui, c'est certain.

CIIRONOS buvant encore

Ecoute.

Es-tu bien assuré de ce que tu me dis ?

l'automne

Parbleu ! je Tai cueilli, je l'ai fait.

CFÏRONOS

Cadédis !

Ce vin de Malvoisie est un vin qui m'enchante, // boit de nouveau,

l'automne D'un hectolitre ou deux, je te ferai la rente, Si cela, père Chron, peut faire ton bonheur.

CHRONOS attendri

Ma fille, dans mes bras ! Toutes là, sur mon cœur ! // prend ses quatre filles dans ses bras ; un peu gris et chantant * « Je VOUS présente un père, un père, un père, « Radieux et prospère, prospère, prospère y^

Il se balance légèrement à droite et à gauche^ imprimant le mouvement aux Quatre Saisons, Nijx et Phôs, placés en arrière, suivent également le mouvement. Coup de tonnerre dans la coulisse.

Allons bon ! le Patron qui m'appelle !

l'automne

Jupin I

• L'Hiver, l'Autoinne. Chronos, l'Ët^. lo Printemps. En arrière N\ t et Phos.

CHRONOS dégrisé

Jupin ! le roi des Dieux, sacré par le destin 1 C*est sa manière à lui de tirer la sonnette.

l'été Que peut-il nous vouloir ?

CHRONOS

Encor quelque amourette, A moins que... cependant... la plainte des mortels N'ait monté jusqu'à lui dans l'encens des autels. Sa4)risti ! Dépêchons. Voici ce qu'il faut faire :

Faisant signe au Printemps qui s'avance et passe devant l'Été Toi, tu vas profiter de ce coup de tonnerre, — Les mortels aveuglés n'y verront que du feu — Pour faire ta rentrée au monde sublunaire.

Fausse sortie du Printemps : Chronos le rappelant Donne leur de beaux jours, des prés verts, du ciel bleu, Des roses !... franchement, tu ne les gâtes guère. Toi l'Hiver, plus un mot, plus un pas ; reste coi.

L'Hiver passe à droite A SCS trois filles Pour plus de sûreté, je vous garde avec moi : Nous passerons le temps à faire une quatrette. Deuxième coup de tonnerre

Allons, bon ! Encor lui ! c'est à perdre la tête. Va-t-on vite. Printemps.

Avec un geste comique

Tiens, te voilà béni.

Exil le Printemps, Chronos, qui s'est précipité après lui, crie à la cantonade :

Et viens chercher l'Été, quand ce sera lini.

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