SCÈNE V PIERROT (il va ouvrir), ARLEQUIN, ALCOFRIBAS
PIERROT
Justement, Arlequin !... avec Alcofribas.
ARLEQUIN
Oui, Pierrot, en passant nous avons vu d'en bas Briller à ta fenêtre une grande lumière Et nous avons sonné bravement. La portière A daigné nous ouvrir...
PIERROT
Et je ne m'en plains pas.
Mais, pour battre l'antiffe, à cette heure incongrue Que diable faisiez- vous, dites-moi, dans la rue ?
ARLEQUIN troublé
Nous respirions le calme et la fraîcheur du soir...
Et qui finalement m'a mis martel on PIERROT entre les déni Et dessus?...
ALOOFRIBAS
Mais aussi ce n'est pas î Colombino n'est pas rentrée à la mais Depuis hier matin !
PIERROT
Elle ne peut pas I Autrement.
ALCOFRIBAS
Pourquoi ça ?
PIERROT
Voyons, la Le spectacle finit à minuit.
ARLEQUIN
C'est certs
PIERROT
Une heure pour changer d'habit et de Elle ne peut rentrer avant le lendems
ARLEQUIN à Alcofribc
Que me contais-tu donc ?
ALCOFRIBAS
C'est passeï Nous demeurons tout près du « Spect
Peut-être avez-vous eu quelques sott
PIKRKOT — POLITICIE
Quel bon coup de sifflet I Je ne si D'une philosophie... aussi haute I
ARLEQUIN
Voilà qu'il me querelle à présent
PIERROT
Philosophie est bon en effet. — (.
Messire Alcofribas, je retiendrai Mais enfln vous pouviez vous cal — Et bien facilement — en allant
ARLEQUIN
Nous l'avons fait.
PIERROT
Eh bien, qu'a c Que vous a-t-il appris ?
ARLEQUIN
Rien du t Venait de s'envoler avec sa tourti Une bien grande Dame, arrivée e Nous a dit le portier. Il la croit É Vu ses armes.
PIERROT
Pourquoi ?
ARLEQUIN
Je n'ai Mais la livrée est blanche, et l'att
PIERROT
C'est ma voiture, alors ! Je la troi
4 8 PIERROT — POLITECIEN. 4'^'^ ACTE
ARLEQUIN
Tiens, c'est juste.
PIERROT troublé
Elle sort, et ne m'en parle pas!...
Que veut dire ?
ARLEQUIN
Eh bien, quoi ? Vas-tu crier miracle?
Ne peut-elle donc pas aller seule au spectacle ?
PIERROT
Ah ! tant qu'elle voudra, je n'y vois aucun mal. Accompagnée ou non, cela m'est bien égal. .
Et pourtant— ce que c'est qu'un mauvais pli dans l'àme — Il me déplaît que Punch tourne autour de ma femme.
ARLEQUIN
Pierrette est un miroir de candeur, c'est bien sûr.
PIERROT
Un miroir, tu Tas dit. Oui, mais tel souffle impur, S'il s'approche trop près, en ternit la surface... Et ce n'est pourtant pas la faute de la glace.
// se dirige vers la porte du fond.
ARLEQUIN
OÙ vas-tu ?
PIERROT
Je m'en vais demander au cocher Si Madame ce soir est allée au théâtre, Et quelle heure il était, quand il fut la chercher...
ARLEQUIN
Mais Paul on ce moment doit ronfler comme quatre.
Tiens, je n'y pensais pas... c'était poi Ne crois pas que cela m'empêche de
ARLEQUIN Parbleu ! [Pierrot se dirige vers la chambr Mais où vas-tu ? Quelle hu T'agite sans motif?
PIERROT
Je m'en vais voii Et je reviens... Attends ! Tu seras pli Quand j'aurai débrouillé ce mystère î
ARLEQUIN
Ça ne m'apprendra pas ce que fait C( Et ta Pierrette dort, elle aussi, j'imaj Vas-tu la réveiller ?
PIERROT
Mais pour qui n:
Moi, qu'ainsi j'aille faire affront à sa
ARLEQUIN
A la bonne heure I... Ami, ta parole i M'a tout ragaillardi ; mon angoisse ei Et je m'en vais dormir, bien sûr qu'e Colombine est chez nous en train d'e
ALCOFRIBAS
Ces maris sont heureux ! Mais c'est c Qui descend sur leurs fronts ?...
ARLEQUIN
Allons,
âo
PIEIIROT — POLITICIEN. \''' ACTE
SCÈNK VI
PIERROT
Vont-ils, commo il le croit, retrouver au bercail Colombine ?... tant mieux I... mais moi, que vais-je faire ? Essayer de dormir... me remettre au travail ?
// s'assied à son bureau, et puis tout à coup se lève avec violence. Certes, je ne suis pas un mari débonnaire I...
// se promène à grands pas, et s'arrête brusquement. Je suis peut-être pis !
// se rassied. Puis, se tournant du côté de la chambre de sa femme :
Pardonne, mon amour Et dors paisiblement jusqu'au lever du jour !
La Toile tombe
PIKRROT — POLITICIRN. 2-^ ACTE