‹ Pièces et morceauxChapitre 32 sur 202 · A MARIUS GIRARD · texte numérisé non relu

A MARIUS GIRARD

QUI m'avait envoyé son livre « LI AUPIHO » AVEC CETTE DÉDICACE : A MON AMI ET GAI CONFRÈRE.

Ami? Certainement, c'est vous qui Tavez dit ; Si bien dit qu'au reçu de votre dédicace Je ne sais quel écho soudain vous répondit :

Ami? Tel est Teffet du mot mis en sa place.

Je ne sais même pas pourquoi je vous dis vous : Le tutoiement étant un privilège rare Que nous devons garder avec un soin jaloux — Privilège du Grrec, interdit au Barbare !

Donc, j'ai reçu ton livre et j'ai relu tes vers, Sonores, colorés... une grâce, une aisance !

Harmonieux toujours, dans leurs rhythmes divers : Que dirai-je de plus ? Ce sont vers de Provence. Les miens sont nés ici, mais pas tous, tu verras. Regardes -y de près : tu t*en apercevras. Que si, frappé d'un mot, d'un trait, d'une cadence, Tu crois y reconnaître un air de provenance, Cueille le vers, ami, frotte deux ou trois fois. Comme on fait d'une sauge ou d'une férigoulc Chez nous, loin des jardins où se presse la foule,

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Et flaire le parfum qu'il laisse entre tes doigts. Si la senteur révèle une essence secrète, Un arôme, que sais-je ? un goût de montagnette, Il n'en faut pas douter : c'est un vers provençal, Dig'ne de Marius ainsi que de Mistral !

Et je te Toffre. Ainsi, font les plus belles filles ! Car fussent-elles d'Arle ou bien de Tarascon, Ou même de Maillane, au pied de THélicon !

Fussent-elles encore plus belles, plus gentilles, Elles ne peuvent pas offrir d'autres appas Que ceux dont les dota le beau Ciel de là-bas. Même à toi, chantre aimé, poète des Alpilles.

Avril 1891.

6U l'OÉSIËS DIVERSES

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